11 décembre 2025 | tiré du site Europe solidaire sans frontières | Piquet de grève à Lisbonne. Photo Tiago Petinga/Lusa
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article77287
« Rien ne peut masquer l’ampleur de cette grève et la volonté des travailleurs de rejeter ce paquet de mesures sur le travail, qui est très claire dans tous les secteurs », a déclaré jeudi matin le secrétaire général de la VGTP devant l’école Marquesa de Alorna, à Lisbonne. Comme les autres écoles de la ville et la grande majorité des écoles du pays, elle a fermé ses portes lors de la grève générale, ce qui constitue un exemple supplémentaire de son « impact très fort sur la majeure partie de l’administration publique ».
« Si quelqu’un avait besoin d’avoir une idée précise des préoccupations des travailleurs, cette grève générale en donne la mesure », a résumé Tiago Oliveira, insistant sur le fait que les travailleurs ont compris que le paquet de mesures sur le travail « constitue un recul profond de leurs droits et ne sert aucun travailleur ».
« Voici la réponse des travailleurs : retirez le paquet de mesures sur le travail de la table des négociations » a exigé le dirigeant syndical, accusant le gouvernement de s’être « campé sur ses positions dès le début. Lorsqu’il a déclaré qu’il ne modifierait en rien les éléments fondamentaux de la proposition, l’ampleur de l’attaque en cours, au service des intérêts des grandes entreprises, est devenue évidente », a-t-il rappelé.
Des critiques similaires avaient été formulées par le dirigeant de l’UGT tôt dans la matinée sur la chaîne RTP, Mário Mourão accusant le gouvernement de conditionner les négociations et n’excluant pas la possibilité d’une nouvelle journée de grève générale si le gouvernement persistait dans sa proposition actuelle.
À l’école Marquesa de Alorna également, José Manuel Pureza, le coordinateur du Bloco de Esquerda s’est joint au piquet de grève et a salué l’ampleur du mouvement « dans tous les secteurs et dans tout le pays ».
« Les gens ont compris qu’il s’agit d’une attaque sans précédent contre les droits des travailleurs et qu’en s’attaquant au travail, on s’attaque à la vie quotidienne des gens : précarité éternelle pour ceux qui entrent sur le marché du travail, heures supplémentaires payées avec des réductions, parents dont les droits sont limités. C’est une agression qui vise à détruire des vies », a déclaré José Manuel Pureza aux journalistes.
Pour le coordinateur du Bloco, cette grève « est un cri de révolte et en même temps d’espoir qu’il est possible de changer cette situation et d’avoir des règles de travail compatibles avec une vie digne pour tous ». Pureza a répondu aux critiques du premier ministre Luís Montenegro en affirmant que « c’est le gouvernement qui se livre à un jeu politique évident. Il n’y a aucune raison rationnelle à cette réforme », qui ne traduit qu’un « pur préjugé idéologique ».
José Manuel Pureza a commencé à accompagner la grève générale mercredi soir avec le piquet de grève chez Autoeuropa, où le taux de participation a contraint à l’arrêt de la production.
Les médecins, les enseignants et les pilotes d’avion exigent le retrait du paquet de mesures sur le travail
Tôt dans la matinée, plusieurs dirigeants syndicaux se sont adressés aux journalistes, sachant déjà que le taux de participation à la grève générale était très élevé. Au nom de la Fédération nationale des médecins, Joana Bordalo e Sá a assuré à la population que les services minimums étaient assurés, mais que les consultations et les opérations chirurgicales prévues pour aujourd’hui seraient reportées. La syndicaliste affirme que ce paquet de mesures affectera également les médecins, car il instaure des contrats plus précaires et un système d’heures supplémentaires que les médecins ont toujours refusé. Elle estime que Luís Montenegro n’a d’autre solution que de retirer la proposition, « à moins qu’il ne veuille aggraver les conditions de travail des médecins et des professionnels du Service national de santé (SNS) ».
« Quatre médecins quittent chaque jour le SNS, 15 % de la population n’a pas de médecin de famille, les délais d’attente aux urgences dépassent 17 heures, les femmes enceintes accouchent dans les ambulances, avec déjà 174 accouchements dans les ambulances depuis le début de l’année. L’intransigeance du gouvernement dans la manière de négocier avec les médecins n’a pas attiré davantage de médecins vers le SNS, bien au contraire. Le SNS est plus fragilisé et il n’y a qu’un seul responsable, c’est le gouvernement et Montenegro », a résumé la dirigeante de la FNAM.
Dans une école de Porto également fermée, Francisco Gonçalves, secrétaire général de la Fenprof, a évoqué les raisons pour lesquelles les enseignant.e.s s’opposent au paquet de mesures sur le travail, car « si les conditions générales prévues par le droit du travail sont mauvaises, il est impossible d’avoir un statut décent pour la carrière enseignante ».
« Les travailleurs enseignants et non enseignants ont compris ce qui est en jeu », comme le prouve leur adhésion à cette journée de grève générale. Le syndicaliste espère que le gouvernement saura en tirer les leçons, « et en fonction de l’attitude du gouvernement, nous devrons ajuster pour l’avenir les formes de lutte les plus appropriées » .
Dans le transport aérien aussi, un service minimum a été assuré, avec la réalisation de 63 des 238 vols prévus par le groupe TAP. Helder Santinhos, président du syndicat des pilotes d’aviation, a déclaré à la télévision publique RTP que pour cette profession, les mesures sur le travail sont avant tout néfastes car elles remettent en cause la primauté des conventions collectives. « Notre position est celle de la solidarité avec les secteurs les plus vulnérables, nous pensons que personne ne devrait rester indifférent » à cette attaque contre les travailleurs. Au sujet des sondages qui montrent que la grande majorité de la population s’oppose au paquet de mesures sur le travail, le syndicaliste déclare que « le gouvernement peut ignorer la réalité, mais il ne pourra pas éviter les conséquences de cette réalité ». Et s’il insiste pour faire passer ces lois, « le syndicat ne restera pas sans réagir » assure-t-il.
Esquerda.net
P.-S.
• Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro
Source - Bloquo de esquerda, 11 décembre 2025 - 10h35 :
https://www.esquerda.net/artigo/pais-responde-ao-pacote-laboral-com-forte-adesao-greve-geral/96849
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