Édition du 12 mai 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Syndicalisme

Le premier mai de cette année, un observateur de la réalité sociale du Québec sera confus de sa polarité.

Depuis longtemps : on sait que «  toute lutte de classes est une lutte politique  ». Le fait qu’on ne paie que deux dollars pour une tasse du café au Québec n’est possible qu’à cause d’un cheminement d’exploitation et de domination qui dépassent la myopie de la localisation de la lutte.

D’une part :

Il y a un ensemble de mesures contre la classe ouvrière, les minorités visibles, le service public, la liberté de presse, pour se limiter à quelques exemples.

Avec leprojet de loi n° 7, « le gouvernement la CAQ a décidé d’amputer la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) de son indépendance ».
Au Québec, environ juste 10 % des négociations collectives s’amènent au lock-out ou à la grève. Malgré ce point, Le projet de loi 89 vise à limiter énormément ces moyens de pression éventuels de la classe ouvrière.
Cette année, 6300 travailleurs étrangers de la santé sont menacés d’un départ forcé. Et ce genre de mesure xénophobe malgré le besoin frappant de main-d’œuvre de province.
L’augmentation des investissements, dont celui de General Dynamics à Salaberry-de-Valleyfield est un exemple parmi d’autres, suscite la complicité des entreprises établies au Québec dans le génocide qui continue à prendre des victimes quotidiennement à Gaza, même après la trêve du 10 octobre 2025 qui a été complètement ignorée par le régime génocidaire d’Israël.

Et l’on peut continuer à mentionner d’autres mesures inhumaines semblables de la part de l’autorité québécoise et des propriétaires du capital.

D’autre part :

Une vingtaine d’organisationsprogressistes de la classe ouvrière ont prévu les activités de deux jours au lieu d’un seul jour cette année.

Plus de 200, oui, 200, associations, syndicats, regroupements et collectifs se mobilisent avec un slogan central diamétralement opposé à la réalité imposée par les autorités du Québec. Un rappel : dans ce territoire, les grèves de solidarité sociale et politique sont légalement interdites. Le gouvernement et ses alternatives imminentes visent à restreindre même la grève liée au « premier front », c’est-à-dire la condition de travail, le salaire et l’intensité du travail. Dans ce même territoire : ce nombre incroyable des entités collectives résume leur réclamation dans une phrase : vers la grève sociale.
Ce slogan signifie plusieurs points. Tout d’abord, la sociale signifie la possibilité de se mobiliser à la base d’un dénominateur commun qui dépasse l’hétérogénéité de la classe ouvrière. Malgré l’hétérogénéité de nature de travail, de genre, de l’ethnicité de ses membres, la classe ouvrière forme une totalité organique. Chacun de ces membres dépend mutuellement aux autres membres de cette totalité, non seulement pour répondre à ses besoins particuliers, mais également dans la réussite de sa lutte, économique, mais aussi sociale. Chacun de ces membres n’a que sa force de travail à vendre pour répondre à ses besoins.

De plus, il signifie le volet politique de la lutte. Depuis longtemps : on sait que «  toute lutte de classes est une lutte politique  ». Le fait qu’on ne paie que deux dollars pour une tasse du café au Québec n’est possible qu’à cause d’un cheminement d’exploitation et de domination qui dépassent la myopie de la localisation de la lutte. Ceci est réfléchi même dans le titre complet du premier mai : la journée internationale des travailleuses et des travailleurs. Mais d’aller d’une reconnaissance individuelle à la mobilisation d’un tel nombre de collectivités montre une conscience sociopolitique très élevée. C’est en reconnaissance de cet aspect international de la lutte que nous lisons dans le même texte : «  Le système mondial se redessine sous le joug de la guerre et de l’impérialisme et que le génocide en Palestine se poursuit dans un silence insupportable. »
De ce slogan et de cette détermination à la réalisation de cette réclamation, il y a une piste ardue à creuser.

Bon courage !

Bonne journée internationale des travailleuses et des travailleurs !

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Syndicalisme

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

Abonnez-vous à la lettre