Au détour d’une modalité incluse à la dernière minute avant l’adoption, au printemps dernier, du projet de loi 7 portant sur l’efficacité de l’État, le gouvernement de la CAQ a signé l’arrêt de mort de ce syndicat, forçant l’éparpillement des 160 travailleuses et travailleurs au sein de trois syndicats distincts.
Une intégration qui se fera d’ailleurs au rabais : pour pas moins de 17 corps d’emploi, les postes appariés dans la fonction publique sont moins bien rémunérés. Un déclassement qui aura des incidences majeures pour le reste de leur carrière, dénoncent les salarié-es touchés.
« Nous maintenons ce que nous affirmons depuis le printemps dernier : non seulement notre intégration forcée au sein de la fonction publique va à l’encontre de la liberté d’association protégée par la Charte, mais elle affaiblit aussi l’indépendance de la Commission, qui a pour mission de défendre les droits et libertés de la Charte », soutient la présidente du syndicat, Marie-Iris Légaré.
« En réalisant cette intégration forcée et au rabais du personnel de la Commission à la fonction publique, ce gouvernement n’améliore pas l’efficacité de l’État : il piétine plutôt les droits des syndiqué-es concernés et traite avec désinvolture une institution vénérable garante des droits et libertés de toute personne au Québec. C’est une atteinte de plus à la santé démocratique du Québec », poursuit-elle.
La présidente de la CSN, Caroline Senneville, déplore que les gestes antidémocratiques d’un gouvernement caquiste en fin de vie emportent un syndicat qui était à l’avant-plan de la défense des droits des enfants et des populations vulnérables. « En plus de défendre les droits de ses membres ainsi que la mission première de la Commission, le syndicat de la CDPDJ était très actif au sein même de nos instances pour faire primer la question des droits fondamentaux et de l’importance de les préserver. En forçant la dissolution de ce syndicat autonome, le gouvernement s’attaque aux fondements mêmes du droit d’association », affirme-t-elle.
« Cette réforme n’a fait l’objet d’aucune consultation », rappelle pour sa part la présidente de la Fédération des professionnèles-CSN, Katrin Peter. « Le gouvernement de la CAQ n’a offert aucun espace de discussion où nous aurions pu débattre, en toute transparence, des conséquences d’une telle décision sur l’application d’une loi aussi fondamentale que la Charte des droits et libertés - de même que sur le personnel chargé de la faire respecter. »


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