Édition du 7 février 2023

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Santé

SIDA

Le traitement est indissociable du respect des droits fondamentaux universels

« L’accès universel à la prévention et au traitement est impossible sans le respect universel des droits fondamentaux. »

Paula Akugizibwe, coordonnatrice des campagnes pour la AIDS and Rights Alliance for Southern Africa, a fait état de la violation des droits fondamentaux que constitue le manque criant d’accès aux tests et aux traitements.

Lorsqu’il est question d’un plan efficace pour s’attaquer à l’épidémie du SIDA, on ne peut séparer les stratégies de traitement et la prévention du respect des droits fondamentaux universels. Il est également primordial de lutter contre la stigmatisation et d’investir dans la prévention et l’éducation. C’est ce message que veulent transmettre les délégués du SCFP présents à la 18e Conférence internationale sur le SIDA, qui a lieu à Vienne du 18 au 23 juillet 2010.

Cette année, le thème de la conférence, « Rights here, right now » (Les droits, ici et maintenant), met en relief une réalité : la prévention et l’éducation sont indissociables du respect des droits universels. Les associations de scientifiques et celles qui défendent les droits de la personne conviennent qu’elles doivent travailler ensemble.



Un des principaux orateurs de la conférence était le docteur Yves Souteyrand, coordonnateur de l’Unité d’information stratégique à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a fait remarquer que malgré les progrès accomplis du côté de la science, rien n’a bougé sur le front des droits de la personne. Sur les 33 millions de personnes dans le monde qui vivent avec le VIH, 26 millions ont été infectées récemment (depuis 1990) et le SIDA a déjà causé 20 millions de décès. Chaque jour, 7 400 personnes contractent le VIH et 5 000 autres meurent du SIDA. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des personnes nouvellement infectées vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, ce qui démontre clairement que le SIDA est un enjeu de justice sociale et de droits fondamentaux.

De l’avis de l’OMS, les taux globaux d’infection ont peut-être fléchi ces dernières années, mais ils demeurent élevés chez les groupes stigmatisés, comme les travailleurs du sexe, les utilisateurs de drogues injectables et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH).



Les hommes qui sont actifs sexuellement avec d’autres hommes sont 19,3 fois plus à risque de contracter le virus que la population en général. L’homosexualité étant criminalisée dans 80 pays, il est évident que la prévention pour les HSH est loin d’être un fait général. Les statistiques démontrent que les pays où les infections au VIH augmentent sont aussi ceux où l’homosexualité est illégale.

Cette affirmation vaut aussi pour les utilisateurs de drogues injectables, qui, étant victimes de stigmatisation, n’ont pas accès au traitement. Par exemple, dans les pays d’Europe de l’est et d’Asie centrale, seul 1 utilisateur de drogues injectables sur 100 est traité. Quarante pour cent des pays réduisent ou limitent l’accès au traitement du VIH-SIDA pour ces personnes.

Le docteur Souteyrand l’a clairement exprimé : « L’accès universel à la prévention et au traitement est impossible sans le respect universel des droits fondamentaux. »

Paula Akugizibwe, coordonnatrice des campagnes pour la AIDS and Rights Alliance for Southern Africa, a fait état de la violation des droits fondamentaux que constitue le manque criant d’accès aux tests et aux traitements.

Le 19 juillet, le conférencier invité était l’ex-président des É.-U., Bill Clinton, qui a fait valoir que les soins de santé devraient être un droit et a décrit sa fondation, la Clinton Health Access Initiative (CHAI), grâce à laquelle plus de 2 millions de personnes en Afrique ont pu bénéficier d’un traitement. M. Clinton était heureux d’annoncer que le Fonds mondial pour le SIDA venait tout juste d’accepter de soutenir un projet d’échange de seringues pour les utilisateurs de drogues injectables. Il a aussi souligné la nécessité de consolider le système de soins de santé en général et d’investir dans la prévention et l’éducation.



Les représentants du SCFP à la conférence sont Sue Roth, membre de la section locale 1063 du SCFP et du Comité pour la justice mondiale ; Gloria Lepine, membre de la section locale 3550 du SCFP et du Conseil national des Autochtones du SCFP ; et Michael Butler, adjoint exécutif au secrétaire-trésorier national. Il sont accompagnés de Trevor Gray, membre de la section locale 4308 du SCFP et collaborateur du Prisoners HIV/AIDS Support Action Network à Toronto, et de Victor Elkins, membre du Syndicat des employés d’hôpitaux et représentant du Congrès du travail du Canada.
 


Dans son document d’orientation stratégique, adopté à son dernier congrès national, le SCFP a identifié l’enjeu du VIH-SIDA comme prioritaire. Notre plus récente action est une pétition en ligne destinée à appuyer la demande des syndicats africains pour l’accès universel au traitement et aux services reliés au VIH-SIDA. Au cours des prochains mois, le Comité pour la justice mondiale et le Service de l’égalité vont mettre en œuvre leur stratégie.

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