Vos privilèges d’hommes par rapport aux femmes ? Vos privilèges d’hétéros ? Vos privilèges de riches, de possédants, de dominants ou de prétendants à la richesse, à la possession et à la domination de l’autre ? La réalité de la crise écologique vous traumatise et vous vous refusez absolument à la regarder en face ? Eh bien le woke, ce précieux bouc émissaire, est là pour vous, juste pour vous, pour y concentrer toutes vos récriminations et vous épargner ainsi de tels traumatismes.
Vous ne comprenez que vaguement ou pas du tout de quoi il en ressort ? Ce qu’est un woke au juste, d’où ça vient, puisque c’est relativement nouveau, ce que ça mange en hiver, en fait, un woke, des wokes ? Peu importe ! Et c’est là toute la beauté de l’affaire. Ne pas comprendre, ne pas vouloir savoir, fermer les yeux sur la misère des uns, sur la détresse des autres, ou sur la crise climatique, vivre dans une bulle d’incompréhension, de peurs et d’égoïsme, voilà ce qui vous sauvera, sans doute !
Marotte de la droite et de l’extrême droite, les termes « woke » et « wokisme » – puisqu’on a aussi fait du terme original un système ou une doctrine – nous viennent du dénigrement de l’idéal de Martin Luther King, à l’époque de la ségrégation raciale aux États-Unis dans les années 1960, alors qu’il exhortait les étudiants à rester « éveillés » face au racisme et aux injustices.
Ils ont par la suite servi à dénigrer progressivement, entre autres, les mouvements « Les vies des Noirs comptent » et « #MoiAussi » il y a une quinzaine et une dizaine d’années ; puis, enfin, dans une confusion et un obscurantisme complets, tout ce qui servait les objectifs de justice sociale, de partage des richesses, d’égalité entre les femmes et les hommes et entre les personnes de différentes origines, les mouvements écologistes et de libération animale, de démocratie véritable, tout ce qui en fait s’avérait le moindrement progressiste.
Ce qui contribue d’abord à la diffusion et à la popularité de tels mots et concepts, c’est bien sûr l’accaparement des moyens d’information, d’expression et de divertissement par des intérêts privés, défenseurs de leurs privilèges de classe. Ce qui y contribue aussi, c’est la confusion des idées qui résultent de l’emploi de ces mots et concepts brouillons.
Utilisons les vrais mots pour dire les vraies choses ! Ce sont des mots comme « justice », « égalité », « fraternité », « sollicitude », « compassion », « démocratie » et « solidarité », entre autres, qui devraient couvrir les pages et remplir les ondes de nos médias écrits et électroniques et des médias sociaux. Et des sujets comme « société égalitaire », « féminisme », « égalité de genre », « démocratie directe », « crise écologique » et d’autres encore.
Nous tous, des classes moyennes et populaires, qui formons la vaste majorité de la population, cessons d’utiliser et de propager des mots qui nous desservent et nous dénigrent, comme « woke » et « wokisme », et recommençons à utiliser des mots qui nous servent et nous rapprochent, des mots qui nous unissent.
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