En 2024, les PDG d’Air Canada, du CN, de CPKC, de Rogers, de Bell et de TELUS ont reçu de 12,4 millions à 23,6 millions de dollars chacun de rémunération totale.
Cela revient à de 124 à 199 fois la rémunération annuelle moyenne par emploi dans leurs secteurs respectifs.
« Ces PDG gagnent plus en quelques heures que de nombreux travailleurs et travailleuses gagnent pendant toute une année », dit Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada. « Et voici qu’ils acclament un projet de loi qui affaiblirait le pouvoir des travailleuses et travailleurs de négocier de meilleurs salaires et conditions de travail. »
Des groupes d’employeurs ont accueilli publiquement les modifications que le projet de loi C-39 apporte à l’article 107 et certains préconisent des pouvoirs encore plus vastes d’intervention gouvernementale dans les conflits de travail.
Le projet de loi C-39 donnerait à la ministre du Travail un vaste pouvoir discrétionnaire d’intervenir dans une grève légale si « l’opinion » de la Ministre est que la grève va ou pourrait aller à l’encontre de « l’intérêt national ». Le CTC a demandé l’élimination des dispositions à cet effet.
« Le droit de grève est ce qui donne aux travailleuses et travailleurs du pouvoir à la table de négociation », précise madame Bruske. « Sans lui, les travailleuses et travailleurs se trouvent à demander à certaines des entreprises les plus puissantes du pays de leur donner volontairement une juste part. »
L’écart entre les PDG et les personnes salariées est frappant :
– PDG de TELUS : 20,6 millions de dollars — 199 fois la rémunération moyenne dans le secteur des télécommunications.
– PDG de CPKC : 23,6 millions de dollars— 188 fois la rémunération moyenne du secteur du transport ferroviaire.
– PDG du CN : 18,6 millions de dollars — 148 fois la rémunération moyenne du secteur du transport ferroviaire.
– PDG de Rogers : 14,1 millions de dollars — 136 fois la rémunération moyenne du secteur des télécommunications.
– PDG d’Air Canada : 12,4 millions de dollars — 128 fois la rémunération moyenne du secteur du transport aérien.
– PDG de Bell : 12,8 millions de dollars — 124 fois la rémunération moyenne du secteur des télécommunications.
« Quand les travailleuses et travailleurs perdent du pouvoir, les employeurs en gagnent », ajoute madame Bruske. « Le projet de loi proposé par le gouvernement fait pencher la balance à la table de négociation. Les travailleuses et travailleurs seront les victimes de ce projet de loi, et les entreprises qui détiennent déjà énormément de pouvoir économique seront les seules gagnantes. »



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