Le 3 juin 2026 en soirée, une cinquentaine de Robins, on fait irruption dans l’épicerie Métro Bigras dans le quartier Centre-Sud de Montréal, pour en ressortir presque aussitôt les bras chargés de denrées « libérées » et disparaitre dans les ruelles d’où ils et elles étaient venus. L’intégralité du butin a été redistribué le soir même dans le quartier Côte-des-neiges, aux abords du parc Martin Luther King. Le contenu de la quarantaine de sacs fut étalé sur une grande nappe et une bannière arborant « FREE FOOD, SERVEZ-VOUS » invitait les passant.e.s à se servir selon leurs besoins. En guise de signature, les Robins des Ruelles avait laissé, avec la nourriture, plusieurs exemplaires de leur manifeste La Faim justifie les moyens : récit de liberté paru la semaine dernière.
C’est la quatrième action « d’auto-rabais » (vol politique) de ce type revendiqué depuis le premier coup d’éclat le 16 décembre dernier. C’est aussi la deuxième fois que la chaine de supermarché Métro fait les frais de son avarice.
« C’est en quelque sorte un impôt en nature, sous forme de bouteilles d’huile d’olive, de sacs de café et de fromages. On récupère ce que les mafieux de l’alimentation extorquent aux ventres vides en attendant de les exproprier pour de bon. C’est obscène ! Les épiceries jettent chaque semaine plus qu’on pourrait mettre dans nos sacs. Pour maintenir l’illusion de l’abondance dans ce système détraqué, il faut toujours des surplus, donc des pertes. » témoigne Jean Lepetit, ayant pris part à l’action de mercredi. »
Après s’être fait cambriolé par trois Pères Noels et leur horde de lutins, Métro s’était défendu de faire fortune sur la misère des autres en faisant miroiter leur don de 26 millions. Mais la charité des riches et puissants ne parvient plus à camoufler leur responsabilité directe dans la hausse artificielle du coût de la vie, en particulier du panier d’épicerie depuis la pandémie. Ceux qui ont faim ont commencé à s’organiser et la peur à changer de camp.
Par leurs actions, les Robins revendiquent une véritable dé-marchandisation de la subsistance donc de l’alimentation. Se contenter de détaxer certains produits et permettre a une famille de quatre d’économiser 50$ en épicerie sur une année, comme planifie la première ministre Christine Fréchette, parait insultant ou risible à la vue des profits records réalisés sur le dos de la population par les géants de l’alimentation. Ce n’est ni ce que la situation exige ni ce que nous accepterons.
Dans leur communiqué, les Robins des Ruelles déclarent :
« La guerre impérialiste, la crise écologique et l’appauvrissement généralisé sont le fait d’une même clique d’oligarques qui nous rend la vie impossible. Il nous faut nous organiser et reprendre ce que nous savons nous revenir de droit : un avenir, l’autonomie et de quoi subvenir à nos besoins. »
Les actions des Robins des Ruelles répondent à l’appel des Soulèvements du Fleuve à résister à la marchandisation de la subsistance.
À ce propos, ils concluent :
"Bien au delà de l’aide concrète qu’elle a pu apporter a un nombre très restreint, cette séquence d’action vise avant tout a dénoncer les fausses solutions qu’on nous sert tiède depuis quelques années face à la montée du coût de la vie. Cest pourtant simple : il n’est pas acceptable de mettre un prix sur la survie. Il nous faut mettre fin au règne de l’Économie. Nos actions entendent aussi montrer par l’exemple qu’il est encore possible d’agir en ce monde : sa dérive vers le pire n’est pas inévitable. Nous nous soulevons parce qu’il est toujours possible / pour qu’il soit toujours possible de résister / de subsister. »
Information sur le groupe d’action autonome Les robins des Ruelles :
Les Soulèvements du fleuve ont reçu un communiqué de la part de Robins des Ruelles avec la demande de le contextualiser et de le partager aux médias. Les Soulèvements du fleuve jouent un rôle de diffusion. Les Robins des Ruelles sont des groupes automones et anonymes qui sont passés à l’action contre Métro le 15 décembre 2025, puis contre Rachelle-Béry le 3 février 2026 et contre un Maxi le 30 avril 2026.
À propos des Soulèvements du fleuve :
Les Soulèvements du fleuve rassemblent des personnes révoltées par l’état du monde qui, à travers leurs gestes et leur discours, tentent d’ébranler le règne de l’Économie, de créer des brèches dans sa domination. L’Économie, c’est ce qui cherche à exploiter chaque forêt, chaque rivière et chaque être vivant, à transformer chaque moment de nos existences en travail et à faire de toute chose une marchandise. Nous aspirons à construire une force politique qui vise à se libérer de l’Économie et de son emprise, à s’opposer aux géants industriels, à la mafia alimentaire et aux grands propriétaires. Partout et tout le temps, s’organiser contre ses rouages, créer du commun, expérimenter d’autres manières d’être au monde. Nos ennemis sont ceux qui nous ont dépossédé-es de nos moyens de subsistance - de notre capacité collective à nous nourrir, à nous loger, à nous soigner, à nous amuser. Leur expropriation est notre horizon. Nés en réponse à l’appel international des Soulèvements de la terre, les Soulèvements du fleuve ont, depuis, traversé des luttes et des saisons. Nous résistons, car nous savons que d’autres mondes sont possibles. Il est venu le temps de se soulever.
Source : LesSoulèvementsdufleuve.org
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