Deux semaines après le début de la campagne électorale, tous les partis devraient dévoiler leur vision du réseau collégial, mis à mal par un sous-financement chronique et la vétusté des deux tiers des infrastructures, selon l’analyse de la Vérificatrice générale. Les formations politiques doivent aussi comprendre le pôle central que représentent les cégeps de région aux quatre coins de la province, dont en Gaspésie.
« Sans les cégeps et leurs campus satellites, la dévitalisation des régions du Québec s’accélérerait. C’est dire qu’il faut redoubler d’efforts non seulement pour retenir les jeunes et les profs, mais pour en recruter de nouvelles et nouveaux », insiste Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).
« Notre campus, comme les autres du Cégep de la Gaspésie et des Îles, contribue à maintenir l’accès aux études supérieures ici, en région. Grâce à notre enseignement, combien de personnes étudiantes restent deux ou trois ans de plus ou même décident de revenir s’installer pour de bon après leurs études universitaires dans des centres urbains ou après une période de travail de quelques années ? » se questionne Marjorie Dallaire, présidente du Syndicat du personnel enseignant du campus de Carleton-sur-Mer-CSN.
Le Cégep de la Gaspésie et des Îles, dont le campus de Carleton-sur-Mer, s’avère sans conteste l’un des plus grands employeurs de la région. Aussi, ensemble, ils accueillent plus de 1 400 personnes étudiantes (plus de 330 à Carleton-sur-Mer).
Des défis propres aux cégeps de région
Parmi les défis rencontrés par les cégeps de région figure le recrutement de la population étudiante issue de l’international. Celle-ci est en baisse actuellement, étant passée de 9,5 % à l’automne 2024 à 8,9 % à l’automne 2025. Il faudrait donc lever les quotas pour son accueil dans ces établissements, qui en ont besoin afin de maintenir l’offre de programmes et améliorer les structures d’accueil facilitant l’intégration des personnes immigrantes.
D’ailleurs, l’enjeu démographique pousse les cégeps à se faire davantage compétition. Or, il faudrait plutôt en limiter les effets, qui sont néfastes pour toute la communauté collégiale. On pourrait, par exemple, établir un mécanisme paritaire de suivi de l’offre de programmes à l’échelle du réseau dans la perspective d’assurer sa cohérence et la vitalité des cégeps dans l’ensemble des régions.
« J’appelle toutes les dirigeantes et tous les dirigeants des partis politiques en campagne à être à l’écoute de la voix des régions. Investir dans nos cégeps, c’est investir directement dans l’économie de nos territoires. Voilà une stratégie concrète pour aider les travailleuses et les travailleurs, alors que les fins de mois sont difficiles à boucler dans un contexte de guerre commerciale et d’inflation », conclut Dany Fournier, trésorier du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM-CSN).







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