Édition du 24 mars 2020

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Les déclarations homophobes d'un candidat à la présidence provoquent un tollé

« L’appareil excréteur ne sert pas à la reproduction » et « deux pareils ne font pas un enfant » : ces commentaires de Levy Fidelix, candidat d’extrême droite à la présidentielle au Brésil, ont déclenché lundi une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.

(tiré de Fugues)

« Il y a des candidats qui n’assument pas cela par peur de perdre des voix. Je préfère ne pas avoir ces voix et être un père, un grand-père qui instruit son petit-fils. Je ne vais pas encourager l’union homosexuelle », a affirmé Levy Fidelix lors d’un débat télévisé dimanche soir alors qu’on l’interrogeait sur sa position sur le mariage gai.

Le mariage gai et la dépénalisation de l’avortement sont parmi les sujets les plus polémiques de la campagne électorale au Brésil, le plus grand pays catholique du monde mais où les évangéliques et néopentecôtistes progressent à grands pas et détiennent un groupe important au parlement.

Les principaux candidats — la présidente sortante Dilma Rousseff qui brigue la réélection, l’écologiste Marina Silva et le social démocrate Aecio Neves — les abordent avec soin.

Levy Fidelix, qui n’atteint même pas 1 % des intentions de vote, a demandé de plus que « ces personnes qui ont ces problèmes (d’homosexualité) reçoivent une aide psychologique ». « Et bien loin de nous », a-t-il souligné.

« L’opinion de (Levy) Fidelix reflète l’idéologie machiste et homophobe d’une grande partie des Brésiliens, qui répètent encore préférer avoir un fils voleur qu’homosexuel », a déclaré le fondateur de Le Groupe gai de Bahia, Luiz Mott. Ce groupe, qui existe depuis 35 ans et est la plus ancienne ONG de défense des homosexuels d’Amérique latine, précise que le nombre de meurtres d’homosexuels avait été d’au moins 312 en 2013, et de 338 en 2012.

Sur Twitter, les commentaires n’ont pas tardé à fuser : le hashtag #LevyVocêÉNojento (littéralement Levy tu es dégueulasse) était en tête des sujets les plus commentés au Brésil avec plus de 15.000 publications sur le réseau social dimanche soir.

En réaction, un « Beijaço gai » (grand baiser gai) a été appelé via Facebook sur la principale avenue de Sao Paulo mardi et rapidement 5 200 personnes avaient déjà confirmé leur présence.

Le mariage gai et la dépénalisation de l’avortement sont parmi les sujets les plus polémiques de la campagne électorale au Brésil, le plus grand pays catholique du monde, où les évangéliques et néopentecôtistes progressent à grands pas et détiennent un groupe important au Parlement.

Les principaux candidats — la présidente sortante Dilma Rousseff, l’écologiste Marina Silva et le social démocrate Aecio Neves — ont déploré lundi les commentaires de Levy Fidelix.

L’Ordre des avocats du Brésil a présenté mardi une demande de sanction contre Levy Fidelix, voulant même annuler sa candidature.

AFP

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