Tiré de Entre les lignes et les mots
18 juillet 2026
Des centaines de personnes manifestent actuellement à Paris pour l’abolition totale de la prostitution – et regardent avec incrédulité une Allemagne qui semble vouée à demeurer le bordel de l’Europe.
La prostitution rend les gens malades ! C’est un crime en France depuis dix ans : le 13 avril 2016, la loi abolitionniste a été adoptée, criminalisant les clients des prostituées, sur la base du modèle nordique. Dix ans plus tard, 500 personnes ont manifesté à Paris – pour l’abolition totale de la prostitution dans le pays. Tous les acteurs et actrices qui ont rendu cette loi possible ont pris la parole. Ce combat n’a pas été facile. Elle a été menée au-delà des clivages partisans, les socialistes y jouant un rôle de premier plan.
La loi a été adoptée à l’époque grâce aux témoignages poignants d’anciennes travailleuses du sexe qui ont eu le courage de dénoncer la violence, le sexisme et le racisme dont elles avaient été victimes.
En Allemagne aussi, de grandes manifestations ont récemment eu lieu pour réclamer une meilleure protection des femmes contre la violence masculine. 250 femmes éminentes issues de la politique, des affaires et de la culture ont présenté dix revendications au gouvernement fédéral. Ces revendications sont importantes et légitimes, mais la plus cruciale fait défaut : l’abolition de la prostitution ! Comment est-ce possible ?
Depuis la légalisation de la prostitution en 2002, l’Allemagne est devenue le bordel de l’Europe. Elle est devenue une plaque tournante de la traite des personnes. La prostitution et la demande ont explosé depuis lors. En France, l’on ne comprend pas que l’Allemagne n’ait toujours pas pris de mesures efficaces pour remédier à cette dérive.
Violence sexuelle à l’égard des femmes
La Confédération générale du travail (CGT), l’un des syndicats les plus importants et les plus anciens de France, a également pris clairement position : la prostitution ne peut être acceptée comme un travail alors que l’un de ses objectifs principaux est de lutter contre le sexisme. La prostitution repose sur le sexisme. La dignité n’est pas négociable. Sacrifier un groupe, c’est sacrifier toute une société. Le rôle du syndicat est de protéger tout le monde, a déclaré un porte-parole de la CGT. Il est donc incompréhensible que des syndicats allemands, tels que Verdi, continuent de parler de « travail du sexe » et ne remettent pas en question le « système prostitutionnel ».
En France, la prostitution est reconnue comme une forme de violence sexuelle à l’égard des femmes. Elle légitime la violence masculine et patriarcale, déshumanise les femmes et les réduit à l’état de marchandises. La prostitution légalisée fait obstacle à l’égalité entre les sexes et accroît la violence faite aux femmes dans l’ensemble de la société. La prostitution existe en raison de la vision patriarcale des femmes dans la société, selon laquelle elles sont subordonnées aux hommes.
Dans l’ensemble, tous les ministres, députés et invités venus du monde entier sont choqué-es par la situation en Allemagne. Notre pays affiche des résultats catastrophiques à cet égard. Une députée française a raconté ce qu’elle avait récemment vécu à Berlin. Visiblement choquée, elle a lancé cet avertissement : « Si on permet que l’on achète des femmes, alors il n’y a plus de limites. On peut tout acheter. Même des femmes enceintes. »
Des problèmes occultés
Ces réflexions ne semblent pas avoir atteint de nombreuses femmes politiques allemandes de gauche, telles que Ricarda Lang, Bärbel Bas et Franziska Brantner, qui ont exprimé leur solidarité avec Collien Fernandes. Collien Fernandes ferait bien de se trouver d’autres amis que ces politiciennes « pro-travail du sexe », qui pourraient même l’exploiter pour leur propre image. Ces soi-disant « féministes » portent une responsabilité historique dans le développement d’une industrie du sexe qui produit chaque jour des milliers de victimes d’exploitation sexuelle.
Les critiques ne visent pas uniquement les partis de gauche. Le ministre fédéral de la CDU, M. Prien, a demandé une nouvelle évaluation de la loi, ce qui prendra encore 18 mois. Elle a nommé Tillmann Bartsch, connu pour son opposition au modèle nordique, à la tête de cette « Commission de protection des prostituées ». Elle a constitué son équipe en conséquence. Elle avait également dirigé la dernière évaluation, qui n’avait abouti à rien et avait été critiquée pour son manque de rigueur scientifique. Cette évaluation sera elle aussi infructueuse. C’est une perte de temps et d’argent. Les problèmes seront une fois de plus dissimulés. En France, on se demande quel pourrait bien être l’objectif de telles décisions illogiques.
À l’époque, le mari de Collien Fernandes soutenait ouvertement le système de la prostitution et avait même été nommé « Pacha du mois » par le magazine EMMA. Elle se tenait à ses côtés en 2013 lorsqu’il parlait de sa nouvelle émission, « Qui veut baiser ma chum » : deux hommes veulent savoir lequel a la chum la plus « sexy ». Ils les envoient donc tous les deux dans une maison close pour voir combien de clients chacune arrive à racoler. Celle qui obtient le plus de clients gagne. C’est vraiment tordu, je me le demande ? Une émission comme celle-là et des déclarations de ce genre seraient illégales en France. En Allemagne, c’est considéré comme drôle et tout à fait normal. Cette culture allemande des maisons closes est en partie responsable du fait que de jeunes hommes deviennent des agresseurs.
Paresse politique
Collien Fernandes n’a pas contredit son mari à l’époque. Mais elle aurait dû le faire, puisqu’elle est elle-même devenue plus tard victime de ses fantasmes misogynes. Aujourd’hui, elle devrait exiger l’abolition de la prostitution et se distancier des « féministes » qui veulent rester complices du patriarcat. Ces femmes, après tout, se battentpour les droits des clients et des proxénètes en cherchant à leur garantir une impunité totale.
La prostitution n’est rien d’autre que ce que le mari de Gisèle Pélicot faisait avec sa femme : disposer à certains moments d’une femme immobile et soumise, avec laquelle on peut faire ce que l’on veut.
Il y a dix ans, la ministre française de la Condition féminine de l’époque, Madame Vallaud-Belkacem, a prononcé un discours remarquable à l’Assemblée nationale. Elle a évoqué une « paresse de la pensée » chez certains députés qui affirment que la prostitution a toujours existé. Ils refusent tout simplement d’imaginer autre chose. Si l’on appliquait cette idée à l’Allemagne, on pourrait dire que presque tous les députés font preuve de paresse sur cette question.
La cérémonie à l’Assemblée nationale s’est terminée par une table ronde au cours de laquelle des féministes ont annoncé leurs nouveaux combats : l’organisation OnlyFans et la pornographie en général. La lutte continue !
Et que fait l’Allemagne ? Grâce à nos femmes politiques incompétentes, nous demeurons le bordel de l’Europe. La triste réalité de cette étroitesse d’esprit est que des milliers de femmes en paient le prix chaque jour dans la prostitution, en subissant des violences sexuelles.
Honte à toi, Allemagne !
Ingeborg Kraus
Ingeborg Kraus est titulaire d’un doctorat en psychologie et est une psychotraumatologue de renommée internationale.
https://tradfem.wordpress.com/2026/...
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