Édition du 6 avril 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Lettre ouverte au comité de suivi environnemental de la cimenterie de Port-Daniel–Gascons

Inquiétudes face à la fusion des actifs cimentiers nord-américains de la
Caisse de Dépôt et placement du Québec (CDPQ) et du conglomérat brésilien
Votorantim Cimentos

À l’attention du comité de suivi environnemental de la cimenterie :
*Julie Leblanc*
Conseil de l’eau Gaspésie Sud *Caroline Duchesne*
CREGIM *Geneviève Lemoyne*
ZIP-Baie des Chaleurs

*Emmanuelle Rancourt &Mathieu Béland*
Nature Québec *Corinne Pedneault &*

*David Bourdages*
CIRADD *Maryse Tremblay*

Ciment McInnis
*Kateri Pouliot*

Ciment McInnis *Richard Loiselle*
Médiateur

Bonjour à vous, membres du comité de suivi environnemental de la cimenterie
de Port-Daniel–Gascons.

Le 10 décembre dernier, nous avons appris comme vous tous et toutes la
fusion des actifs cimentiers de la CDPQ et du conglomérat brésilien *Votorantim
Cimentos*. Cette transaction ravive nos préoccupations en matière
environnementales et c’est pourquoi nous ouvrons avec vous cette discussion
dans l’espace public.

L’un de nos premiers questionnements concerne la volonté qu’a *Votorantim
Cimentos* de réduire « rapidement » de 10% les émissions de GES émises par
la cimenterie[1]. Pour y arriver, ont-ils toujours la volonté de
transformer les fourneaux afin de brûler de la biomasse ? Si tel est le
cas, quelles sont les garanties quant à ce qui pourra être incinéré dans
ces fours ? Sur le site Internet de *Verdera, *une filiale de *Votorantim
Cimentos, *on comprend que l’entreprise se spécialise dans la gestion des
déchets industriels qu’elle brûle dans ses cimenteries (procédure
actuellement en vigueur dans 14 usines brésiliennes). On peut y lire que :

*« Désormais, Votorantim Cimentos est prête pour une autre étape
importante, en agissant directement sur le marché de la gestion des déchets
avec sa propre marque, Verdera
 »**[2]**.*

Les déchets utilisés sont, entre autres, des sols contaminés, des pneus et
du caoutchouc, des déchets liquides et pâteux, des déchets solides ainsi
que de la biomasse. La liste n’est pas exhaustive. Ils invitent les clients
à les contacter afin de leur proposer d’autres types de déchets[3].

Au regard de cette préoccupation, nous souhaitons nous assurer que le rôle
du comité de suivi sera maintenu, malgré la transaction, afin de garder un
œil sur les activités de *Votorantim* et de la CDPQ. Nous sommes d’avis que
le Comité de suivi Environnemental devrait rigoureusement servir de relais
entre la cimenterie et la population. Nous croyons donc que votre rôle
devrait être celui d’exiger la transparence de *Votorantim*. *Nous
demandons toujours*
<https://environnementvertplus.org/l...> *
au comité de travailler sur la mise en place d’un système de publication
des données de qualité de l’air à Port-Daniel, en continu et en temps réel.
*À notre sens, la qualité de l’air et les émissions atmosphériques font
partie de ce qui a un énorme potentiel de risque pour la santé publique, à
long terme, d’autant plus dans l’optique où des déchets industriels
pourraient être brûlés ici.

Rappelons que l’article 25 de l’Entente-cadre sur la création et le
fonctionnement du comité de suivi environnemental de la cimenterie précise
que « les membres du Comité Environnemental discuteront de toute autre
modalité […] de diffusion d’informations à caractère environnemental en
lien avec les activités de la cimenterie ». Pour l’instant, il est
seulement possible d’obtenir les données sur les émissions atmosphériques
de la cimenterie via la loi sur l’accès aux documents des organismes
publics, et seulement lorsqu’il y a dépassement des normes d’émissions. Il
faut être chanceux pour obtenir des résultats, et cela prend trop de temps
lorsqu’il y a une situation urgente comme les émissions de poussières
subies à l’été 2020. Nous croyons que les procédures de diffusion actuelles
ne répondent pas à des critères minimaux de transparence et que ce dossier
fait partie du mandat qui vous a été confié dans l’entente.

Comme nous le mentionnions dans les médias dernièrement, le dossier de la
CDPQ en matière de transparence laisse beaucoup à désirer. Celui de
*Votorantim*, nous ne le connaissons pas, mais nous savons que c’est une
entreprise qui a une grosse amende à payer au Brésil, soit environ 700
millions de dollars canadiens pour avoir mené un cartel du ciment là-bas :
contrôle sur les intrants pour empêcher les cimenteries hors cartel de
produire, fixation des prix 66% au-dessus du niveau normal de
libre-concurrence, etc. Cette situation qui s’ajoute aux autres éléments
mentionnés ci-haut nous incite à beaucoup de prudence. Aussi, nous vous
demandons de demeurer extrêmement vigilant.es face à cette entreprise aux
pratiques qui suscitent de sérieux doutes.[4]

Dans l’attente d’une collaboration active,

Le conseil d’administration d’Environnement Vert Plus

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