Édition du 2 décembre 2025

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

25 novembre : contre la violence faite aux femmes

Lutte contre les violences patriarcales faites aux femmes :nous ne voulons plus attendre !

Partout dans le monde, au travail, à la maison, dans la rue : les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux minorités de genre restent une réalité insupportable. Elles ne viennent pas de nulle part : elles découlent d’un système de domination : le patriarcat ! Violences conjugales, violences sexuelles, violences sexistes au travail, violences intra-familiales touchent en immense majorité les femmes.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/11/17/25-novembre-2025-contre-le-patriarcat-ni-oubli-ni-silence-marchons-contre-les-violences/?jetpack_skip_subscription_popup

Ce système patriarcal qui les génère et les perpétue est la première cible de la lutte à mener. Depuis plusieurs années, Macron se contente de modifications juridiques à la marge sur ce sujet, sans donner les véritables moyens d’éradiquer ces violences. Nous pouvons, nous devons agir !

3 milliards pour que les femmes ne subissent plus les violences sexistes et sexuelles, c’est donc trop demander ?*

La rigueur budgétaire que la Macronie et ses alliés tentent de nous imposer ne pourra qu’accentuer ces violences. Au delà du fait que les femmes sont toujours plus impactées par les coupes budgétaires, ce sont aussi les associations qui en payent le prix. En particulier celles qui luttent contre les violences et accompagnent les victimes au quotidien. Alors que le nombre de femmes victimes de violences conjugales et intrafamiliales n’a jamais été aussi haut (en hausse de 11% en un an selon les chiffres du ministère de l’Intérieur), les subventions des associations diminuent drastiquement, le système d’aide est saturé. 40% des victimes qui demandent un hébergement sont renvoyées chez elles, donc confrontées à un conjoint violent.

Quant à la prise en charge des plaintes, là encore les améliorations se font attendre. Les moyens manquent, notamment en matière de formation des forces de l’ordre, l’Etat ne les prenant plus en charge financièrement depuis janvier !

Pour Solidaires, il est aussi nécessaire d’agir contre les violences conjugales et leurs conséquences sur nos lieux de travail. En sensibilisant l’ensemble du personnel, on permet une meilleure détection et orientation des salariées concernées. Les entreprises comme les administrations doivent prendre des mesures d’actions sociales et administratives pour aider matériellement les victimes (logement, prise en charge des frais juridiques, aménagement d’horaires, facilités de mutation, congés rémunérés pour faire des démarches …).

* Où trouver 3 milliards ? Boîte à idées :
• l’augmentation du budget de l’armée dans le projet de loi de finances 2026 est de 6,7 milliards…
• un nouveau porte-avion nucléaire est en cours de construction en 2025, coût estimé 10 milliards…
• la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises pourrait rapporter de 4 à 6 milliards en 2026 si elle était maintenue.

Sexisme et culture du viol, toujours ancrés dans la société…
La question spécifique des violences sexuelles n’avance pas ou si peu. Avec l’un des plus petits budgets de l’État, aujourd’hui, les moyens manquent toujours cruellement. Le nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées a doublé sur la période depuis 2016, et ça n’est que la partie émergée !

… Et dans les entreprises !

60% des femmes sont ou seront victimes de violence sexistes et sexuelles au travail. Les remarques indécentes répétées, blagues sexistes, attitudes et gestes non sollicités sont encore le quotidien de nombreuses travailleuses. Dans les cas d’agressions sexuelles et de harcèlement, les victimes se confrontent trop souvent à des directions qui tentent de leur mettre des bâtons dans les roues. Ici aussi, elles doivent se battre pour que les rôles ne soient pas inversés, leurs agresseurs considérés comme des victimes et elles, comme des coupables…

La ratification de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail de 2019 (première loi mondiale contre les violences sexistes et sexuelles au travail) s’est faite à moyens constants, sans adopter de lois qui auraient permis clairement de valider des droits supplémentaires pour les femmes, ce n’est pas admissible ! Alors que d’autres pays ont pris des mesures comme l’Irlande qui a instauré un congés payés aux victimes de violences domestiques

Malgré tout, les choses bougent, même si c’est encore trop lent, trop rare. Les femmes, seules ou dans des collectifs, des associations féministes, avec les syndicats, parlent et dénoncent les faits dont elles sont victimes et ce dans de nombreux domaines : le sport, la culture, les universités, mais également les associations, les partis politiques, les structures syndicales. Aucun milieu n’est épargné par les violences sexistes et sexuelles.

Désormais il faut agir, concrètement !


L’extrême droite, ennemi mortel… Des femmes !

La montée en puissance des mouvements réactionnaires et masculinistes, en France comme ailleurs dans le monde, représente une menace majeure pour les droits des femmes et des personnes minorisées de genre.

Bien que les tentatives de le dissimuler soient nombreuses, le sexisme demeure l’un des fondements idéologiques de l’extrême droite. Certaines femmes s’y engagent ouvertement et défendent ses thèses, tout en promouvant une vision rétrograde du rôle des femmes : celui d’une mère blanche, gardienne des « valeurs traditionnelles » de la France, dévouée à son foyer et soumise à son mari.

L’une des stratégies les plus efficaces de ces partis d’extrême droite consiste à détourner certaines revendications féministes. Ça n’est qu’un moyen de plus pour diffuser, sous une apparence plus lisse, les idées nauséabondes et réactionnaires des fascistes.

Leur propagande mensongère s’appuie sur des thèmes comme les violences de rue ou le harcèlement, qu’ils attribuent exclusivement aux « étrangers violeurs ».

Derrière cette instrumentalisation des peurs se cache une volonté de contrôler à nouveau les femmes, de les cantonner à un rôle docile et subordonné, loin de toute émancipation politique et sociale.

Solidaires revendique :

* 3 milliards dans le budget consacré à la lutte et la prévention contre les violences sexistes et sexuelles
* Des moyens conséquents pour les associations qui luttent et accompagnent les femmes victimes de violences,
* l’augmentation du nombre de places d’accueil en hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales.

* Au travail, un droit à 20 jours de congés rémunérés, sans préavis et sans justificatif, destiné à faciliter les démarches nécessaires aux victimes de violences intra-familiales
* Des aménagements de travail tels que des droits à la mobilité géographique, fonctionnelle, ou des changements d’horaires en cas de violences conjugales notamment.
* L’interdiction de sanctions et du licenciement des femmes, et des minorités de genre, victimes de violence.

* Le renforcement des services de soins, de justice et d’accompagnement socio-éducatif compétent en matière de violences intra-familiales.
* Une reconnaissance des violences intrafamiliales pendant le télétravail en accident du travail.
* De faciliter les démarches de déclaration (plaintes, signalements, information à l’employeur) afin d’éviter la répétition des entretiens où les femmes et l’ensemble des victimes doivent exposer les faits de violences intrafamiliales.
* La formation des salarié·es et des différents acteurs de la prévention et de l’encadrement à la lutte et la prise en charge des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles
* La reconnaissance de toutes les violences au travail
* Une véritable prévention avec la mise en place effective et non détournée de l’EVARS (Éducation à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité).

Solidaires appelle à participer massivement aux manifestations et rassemblements autour de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes !

violences !

Pour la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, nous manifesterons en solidarité, comme nous l’avons déjà fait le 11 octobre, avec et pour les femmes du monde entier : celles qui sont victimes des violences machistes, des conflits armés, des famines, des spoliations de terres et de leurs biens naturels, des gouvernements réactionnaires et des états théocratiques. Avec toutes celles qui ne peuvent pas parler, dont les voix sont étouffées, qui subissent des violences sexuelles, des tortures et des mutilations.

Le 25 novembre nous marcherons pour rendre hommage à toutes les victimes de la violence machiste, les femmes, les filles, les personnes LGBTQIA+, à toutes celles qui souffrent et qui luttent, en dépit des risques encourus. A toutes celles que nous avons perdues.

Les violences et l’impunité des agresseurs persistent 8 ans après l’élection d’Emmanuel Macron, en plein #MeToo. La plupart du temps, encore, les victimes ne sont pas crues, les plaintes classées sans suite. Le parcours judiciaire revictimise bien souvent les femmes et constitue un obstacle à la sortie de la violence comme la baisse du financement public des associations d’accompagnement des victimes.

Les violences sexistes et sexuelles surviennent partout, et tout le temps : dans nos espaces familiaux, sur nos lieux de travail et d’études, dans l’espace public, dans les transports, dans les établissements de soin, les cabinets gynécologiques, dans les maternités, dans les ateliers des chaînes d’approvisionnement des multinationales, les commissariats, les centres de rétention, dans les milieux du théâtre, du cinéma, du sport, en politique… Dans tous les milieux sociaux.

Elles trouvent racine dans le patriarcat et se situent au croisement de plusieurs systèmes d’oppressions.

Ainsi les femmes les plus touchées par ces violences sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : les femmes victimes de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie, les femmes migrantes, sans papiers, les travailleuses précaires, les femmes sans domicile et autres femmes précarisées, femmes en situation de handicap, les femmes lesbiennes et bi, les femmes trans, les femmes en situation de prostitution, et celles victimes de l’industrie pédo et pornocriminelle.

Sans autorisation de travailler, les femmes étrangères dont les demandeuses d’asile sont très vulnérables aux réseaux de prostitution, de proxénétisme et de traite des êtres humains.

En France, en 2024, c’est encore plus d’un féminicide tous les trois jours commis par un conjoint ou un ex-conjoint Des femmes assassinées parce qu’elles sont femmes. Le nombre de femmes victimes de violences dans le couple et les enfants co-victimes ne diminue pas, tout comme les viols ou tentatives.

La quasi-totalité des agresseurs sont des hommes (97,3%).

Une femme en situation de handicap sur cinq a été victime de viol. 50% des lesbiennes et 75% des bi ont été confrontées à des violences dans l’espace public et 85% des personnes trans ont déjà subi un acte transphobe. Les femmes âgées de plus de 70 ans ne sont pas prises en compte dans les enquêtes sur les violences, elles représentent pourtant 21% des féminicides.

160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, en majorité au sein de la famille. Sur les lieux de travail plus de 8000 viols ou tentatives ont lieu chaque année et un tiers des femmes subissent du harcèlement sexuel. Les employeurs publics et privés doivent faire cesser les violences et protéger les victimes, y compris de violences conjugales.

La montée de l’extrême droite en Europe et dans le monde constitue une menace majeure pour les droits des femmes et en France, le danger de son accession au pouvoir n’est pas écarté. Ces droits sont attaqués dès que l’extrême droite est au pouvoir.

Depuis quelque temps, elle prétend lutter contre les violences faites aux femmes. Sous couvert de défendre certaines d’entre elles, ces mouvements exploitent la question des violences sexistes à des fins racistes et fémonationalistes, ne s’indignant que selon l’origine, la nationalité ou la religion réelle ou supposée des agresseurs. Dans ce climat délétère, les femmes portant le voile sont de plus en plus souvent la cible d’agressions dans la rue, dans les médias, comme dans les discours politiques.

Les groupuscules fascistes attaquent régulièrement des militantes et militants sans réaction des pouvoirs publics.

Derrière les slogans et les postures prétendument féministes, l’extrême droite ne défend ni la liberté des femmes, ni leur émancipation, ni l’égalité, et se désintéresse profondément de la réalité et des droits des femmes qui luttent dans le monde.

Sans politique publique à grands moyens, sans prévention et sans éducation, les garçons et les hommes continueront de perpétrer des violences

Les organisations féministes et syndicales exigent :

* Une loi-cadre intégrale contre les violences, comme en Espagne.
* 3 milliards d’euros nécessaires pour la mettre en œuvre

* Une Éducation à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité (EVARS) effective partout
* L’arrêt immédiat de la baisse des financements
et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent les victimes et assurent l’éducation populaire sur les questions de violences et d’égalité femmes-hommes.

Tant que l’une d’entre nous n’est pas libre, tant que les violences machistes s’exerceront sur une seule d’entre nous, nous lutterons !

Nous appelons à participer aux mobilisations à l’occasion de la journée internationale des droits des enfants et pour le jour du souvenir trans (TDoR).

Contre les violences faites aux femmes et aux filles, les violences sexistes et sexuelles, manifestons partout le samedi 22 novembre 2025 et le mardi 25 novembre 2025 !

Le 20 octobre 2025

Manifestons partout le samedi 22 novembre 2025
et le mardi 25 novembre 2025 !

Premières signataires au 25 Octobre 2025

ACDI Cameroun , ActionAid France, Assemblée des Femmes, Attac France, CGT confédération Générale du Travail, CNT-SO Éducation/Recherche, Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles, Collectif National pour les Droits des femmes, Collectif des Féministes Narbonnais.es, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), CRID, Égalités, Excision parlons-en !, FAGE, FEMEN France, Femmes Égalité, Femmes Solidaires, Femmes Solidaires 80, Fondation Copernic, Force Féministe (57), France Amérique latine FAL , FSU, Genre et altermondialisme, Iran Justice, Las Rojas Paris, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Maison des femmes Thérèse Clerc de Montreuil, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement de la Paix, Mouvement des femmes kurdes, Organisation de Solidarité Trans (OST), UNEF le syndicat étudiant, Union des femmes socialistes SKB, Union Étudiante , Union syndicale Solidaires, Visa – Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes.

En soutien
Génération-s, L’APRÈS La France insoumise, Les Jeunes de L’APRÈS, NPA-l’Anticapitaliste, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti Socialiste, Socialisme ou Barbarie France, Réseau coopératif Gauche Alternative, Union communiste libertaire

Télécharger l’appel :
Appel GREVEFEMINISTE 25 novembre 2025 au 25102025

https://www.grevefeministe.fr/25-novembre-2025-contre-le-patriarcat-ni-oubli-ni-silence-marchons-contre-les-violences/

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#25Nov25
Appel à l’action : Ni guerre, ni galère — justice, paix et souveraineté pour les femmes paysannes, maintenant !

Bagnolet, 3 novembre – Depuis 26 ans, le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, rappelle au monde : NON à la violence contre les femmes ! Cependant, cette journée intervient dans un contexte marqué par de multiples crises — climatique, alimentaire, économique, politique, migratoire et des soins — qui menacent les avancées en matière d’égalité, au point que, selon ONU Femmes, il faudra près de 300 ans pour atteindre l’égalité de genre.

La situation reste plus alarmante que jamais : les quelques droits acquis par les femmes — en particulier par les femmes paysannes, bergères, pêcheuses, sans-terre, salariées agricoles et saisonnières — reculent aujourd’hui, tandis que les taux de violence continuent d’augmenter en milieu rural.

Selon le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation des femmes et des filles rurales, 43% de la population mondiale vit en zones rurales, et parmi les 80% des personnes vivant en situation d’extrême pauvreté dans ces zones, la moitié sont des femmes. Le rapport souligne que l’inégalité persiste : les femmes rurales ne gagnent que 82 centimes pour chaque dollar perçu par les hommes dans l’agriculture, et dans de nombreux pays, seules 29% des lois garantissent effectivement l’égalité des droits fonciers.

Nous observons également avec grande inquiétude la montée de la droite et de l’extrême droite à l’échelle mondiale, ainsi que les conservatismes qui portent atteinte aux droits historiques et fondamentaux des femmes. Cette dynamique s’accompagne de guerres, conflits, génocides, crises climatiques, discriminations, colonisations directes et indirectes des territoires, et militarisme, exposant les femmes paysannes, les enfants et les personnes LGBTQIA+ à de graves menaces pour leur sécurité et à diverses formes de violence systémique et structurelle.

En tant que mouvement paysan international, nous sommes horrifié·e·s de voir que, dans certaines régions du monde — Gaza, le Soudan, le Congo, Haïti et l’Équateur — les populations subissent quotidiennement massacres, exécutions brutales et attaques extrêmes, où la violence atteint son paroxysme.

En 2024, l’ONU a estimé que 676 millions de femmes, filles, soit 17% de la population mondiale, vivaient à moins de 50 km de zones de conflit, le chiffre le plus élevé depuis les années 1990. Cette réalité constitue une catastrophe humanitaire de dimension planétaire. Malgré l’ampleur de ces atrocités, les droits internationaux et les mécanismes de protection restent largement dépassés, incapables de protéger les survivant·e·s. Les femmes, et les filles paient le prix le plus lourd et sont exposées à des tactiques de guerre brutales, telles que l’utilisation de la famine ou de la violence sexuelle comme armes de guerre.

Les femmes rurales comme urbaines, qu’elles vivent dans le monde arabe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie ou en Europe, subissent toutes violences, injustices et crimes contre l’humanité. Ces réalités sont indéniables et ne peuvent plus être minimisées. La violence affecte tous les aspects de la vie d’une femme : physique, psychologique, sexuelle, économique, politique, patrimoniale, culturelle, institutionnelle et environnementale.

À cela s’ajoutent des taux alarmants de féminicides, preuve que le droit fondamental à la vie des femmes — gardiennes de la vie — reste en danger permanent. Selon un rapport de l’ONU publié en 2024, chaque jour, 140 femmes, et filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d’un proche, soit une personne toutes les dix minutes.

Cette réalité reflète les défaillances d’un système mondial à la fois capitaliste, patriarcal, colonial et raciste, qui oriente les politiques locales et internationales et condamne la moitié de la planète à vivre dans un danger permanent et une injustice structurelle, loin de toute égalité de genre. L’universalité de ces faits n’est pas anodine : elle est renforcée par les hiérarchies patriarcales et la faible représentation féministe dans les espaces de pouvoir, perpétuant la violence structurelle et l’inégalité de genre.

Les femmes paysannes, autochtones, travailleuses migrantes, sans terre, bergères, pêcheuses, nomades et cueilleuses sont en première ligne des luttes et résistances contre toutes les formes de violence et contre le système capitaliste mondial qui confisque la souveraineté des peuples et la paix. Gardiennes des systèmes de vie et de la résilience des communautés, elles sont au cœur des combats pour la justice climatique, la terre et une alimentation saine. Protectrices de la terre, elles préservent leurs territoires et les semences, et nourrissent leurs familles, leurs communautés et le monde entier. Leur travail de soin défie les modèles économiques et politiques de mort : elles préservent les pratiques agricoles ancestrales, assurent la production et la transformation des aliments, garantissent une alimentation saine pour toutes et tous et jouent un rôle crucial dans la lutte pour la souveraineté alimentaire, tout en proposant des changements structurels basés sur les droits et en étant actrices politiques de transformations qui soutiennent la vie et la planète.

Elles réalisent un travail productif — qui soutient les économies locales et les territoires — et un travail reproductif — qui préserve la vie, la solidarité et la cohésion des communautés. Pourtant, au cœur même de cette mission vitale, elles se trouvent privées de leur droit à la terre et aux ressources qui garantissent leur autonomie, leur dignité et la justice. Elles sont les plus touchées par la famine, les crises climatiques, la pauvreté et le manque de soins.

C’est pourquoi notre mouvement considère que la véritable révolution vers un monde plus juste, en paix et capable de garantir la souveraineté alimentaire ne pourra advenir sans les femmes et leur justice. Nous poursuivons notre lutte paysanne, femmes et hommes uni.e.s, pour défendre la vie et la justice dans le monde contre ce système global basé sur la logique de destruction et le profit capitaliste, qui menace la Terre-Mère, les systèmes écologiques, les communautés rurales, la souveraineté alimentaire, notre santé et les générations de demain.

Notre vision du monde, basée sur les principes de souveraineté alimentaire, réforme agraire et pratiques agroécologiques, est une réponse à toutes ces crises contre la pauvreté et la famine.

En ce jour, nous appelons toutes nos organisations régionales et locales, nos allié·e·s, nos mouvements et collectifs sociaux, ainsi que toutes les personnes de conscience, à se réunir et à se mobiliser pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les diversités, tant à la campagne qu’en ville, et face aux guerres et aux génocides.

Notre lutte pour la paix est collective et solidaire.
Ensemble, nous pouvons changer cette réalité et affronter un système capitaliste mondial qui nous affecte toutes et tous.

Rejoignez l’action mondiale !

Tout au long du mois de novembre, nous vous invitons à vous auto-organiser et à partager vos actions locales avec nous. Nous vous encourageons également à tisser des alliances avec nos organisations nationales et régionales afin d’amplifier nos luttes collectives. Nous le ferons en construisant l’unité d’action ! Il est temps d’enraciner les féminismes dans les luttes paysannes et d’unir nos forces dans la lutte pour la souveraineté alimentaire !

Le 25 novembre, nous lancerons notre nouvelle publication : « Justice climatique, la perspective du féminisme paysan et populaire », disponible en espagnol, français, anglais et portugais. Consultez notre site officiel pour la télécharger et l’utiliser dans les formations aux niveaux régional, national et local.

Kit de communication : lien ICI– Affiche officielle + Formats pour les réseaux sociaux — adaptez l’affiche à votre langue locale ; une version vierge est également disponible.

Mur des actions mondiales : téléversez via ce LIEN les actions locales et régionales que vous réaliserez durant cette journée. Utilisez également ce mur comme outil de consultation pour découvrir toutes les actions menées à l’échelle mondiale.

Utilisez ces hashtags : #25N25 #StopAuxViolencesFaitesAuxFemmes #FemmesEnLutte #FéminismePaysanEtPopulaire

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Lutte contre les violences patriarcales faites aux femmes :
nous ne voulons plus attendre !

Partout dans le monde, au travail, à la maison, dans la rue : les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux minorités de genre restent une réalité insupportable. Elles ne viennent pas de nulle part : elles découlent d’un système de domination : le patriarcat ! Violences conjugales, violences sexuelles, violences sexistes au travail, violences intra-familiales touchent en immense majorité les femmes.

Ce système patriarcal qui les génère et les perpétue est la première cible de la lutte à mener. Depuis plusieurs années, Macron se contente de modifications juridiques à la marge sur ce sujet, sans donner les véritables moyens d’éradiquer ces violences. Nous pouvons, nous devons agir !

3 milliards pour que les femmes ne subissent plus les violences sexistes et sexuelles, c’est donc trop demander ?*

La rigueur budgétaire que la Macronie et ses alliés tentent de nous imposer ne pourra qu’accentuer ces violences. Au delà du fait que les femmes sont toujours plus impactées par les coupes budgétaires, ce sont aussi les associations qui en payent le prix. En particulier celles qui luttent contre les violences et accompagnent les victimes au quotidien. Alors que le nombre de femmes victimes de violences conjugales et intrafamiliales n’a jamais été aussi haut (en hausse de 11% en un an selon les chiffres du ministère de l’Intérieur), les subventions des associations diminuent drastiquement, le système d’aide est saturé. 40% des victimes qui demandent un hébergement sont renvoyées chez elles, donc confrontées à un conjoint violent.

Quant à la prise en charge des plaintes, là encore les améliorations se font attendre. Les moyens manquent, notamment en matière de formation des forces de l’ordre, l’Etat ne les prenant plus en charge financièrement depuis janvier !

Pour Solidaires, il est aussi nécessaire d’agir contre les violences conjugales et leurs conséquences sur nos lieux de travail. En sensibilisant l’ensemble du personnel, on permet une meilleure détection et orientation des salariées concernées. Les entreprises comme les administrations doivent prendre des mesures d’actions sociales et administratives pour aider matériellement les victimes (logement, prise en charge des frais juridiques, aménagement d’horaires, facilités de mutation, congés rémunérés pour faire des démarches …).

* Où trouver 3 milliards ? Boîte à idées :
• l’augmentation du budget de l’armée dans le projet de loi de finances 2026 est de 6,7 milliards…
• un nouveau porte-avion nucléaire est en cours de construction en 2025, coût estimé 10 milliards…
• la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises pourrait rapporter de 4 à 6 milliards en 2026 si elle était maintenue.

Sexisme et culture du viol, toujours ancrés dans la société…
La question spécifique des violences sexuelles n’avance pas ou si peu. Avec l’un des plus petits budgets de l’État, aujourd’hui, les moyens manquent toujours cruellement. Le nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées a doublé sur la période depuis 2016, et ça n’est que la partie émergée !

… Et dans les entreprises !

60% des femmes sont ou seront victimes de violence sexistes et sexuelles au travail. Les remarques indécentes répétées, blagues sexistes, attitudes et gestes non sollicités sont encore le quotidien de nombreuses travailleuses. Dans les cas d’agressions sexuelles et de harcèlement, les victimes se confrontent trop souvent à des directions qui tentent de leur mettre des bâtons dans les roues. Ici aussi, elles doivent se battre pour que les rôles ne soient pas inversés, leurs agresseurs considérés comme des victimes et elles, comme des coupables…

La ratification de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail de 2019 (première loi mondiale contre les violences sexistes et sexuelles au travail) s’est faite à moyens constants, sans adopter de lois qui auraient permis clairement de valider des droits supplémentaires pour les femmes, ce n’est pas admissible ! Alors que d’autres pays ont pris des mesures comme l’Irlande qui a instauré un congés payés aux victimes de violences domestiques

Malgré tout, les choses bougent, même si c’est encore trop lent, trop rare. Les femmes, seules ou dans des collectifs, des associations féministes, avec les syndicats, parlent et dénoncent les faits dont elles sont victimes et ce dans de nombreux domaines : le sport, la culture, les universités, mais également les associations, les partis politiques, les structures syndicales. Aucun milieu n’est épargné par les violences sexistes et sexuelles.

Désormais il faut agir, concrètement !

L’extrême droite, ennemi mortel… Des femmes !
La montée en puissance des mouvements réactionnaires et masculinistes, en France comme ailleurs dans le monde, représente une menace majeure pour les droits des femmes et des personnes minorisées de genre.
Bien que les tentatives de le dissimuler soient nombreuses, le sexisme demeure l’un des fondements idéologiques de l’extrême droite. Certaines femmes s’y engagent ouvertement et défendent ses thèses, tout en promouvant une vision rétrograde du rôle des femmes : celui d’une mère blanche, gardienne des « valeurs traditionnelles » de la France, dévouée à son foyer et soumise à son mari.

L’une des stratégies les plus efficaces de ces partis d’extrême droite consiste à détourner certaines revendications féministes. Ça n’est qu’un moyen de plus pour diffuser, sous une apparence plus lisse, les idées nauséabondes et réactionnaires des fascistes.

Leur propagande mensongère s’appuie sur des thèmes comme les violences de rue ou le harcèlement, qu’ils attribuent exclusivement aux « étrangers violeurs ».

Derrière cette instrumentalisation des peurs se cache une volonté de contrôler à nouveau les femmes, de les cantonner à un rôle docile et subordonné, loin de toute émancipation politique et sociale.

Solidaires revendique :

* 3 milliards dans le budget consacré à la lutte et la prévention contre les violences sexistes et sexuelles
* Des moyens conséquents pour les associations qui luttent et accompagnent les femmes victimes de violences,
* l’augmentation du nombre de places d’accueil en hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales.

* Au travail, un droit à 20 jours de congés rémunérés, sans préavis et sans justificatif, destiné à faciliter les démarches nécessaires aux victimes de violences intra-familiales
* Des aménagements de travail tels que des droits à la mobilité géographique, fonctionnelle, ou des changements d’horaires en cas de violences conjugales notamment.

* L’interdiction de sanctions et du licenciement des femmes, et des minorités de genre, victimes de violence.
* Le renforcement des services de soins, de justice et d’accompagnement socio-éducatif compétent en matière de violences intra-familiales.
* Une reconnaissance des violences intrafamiliales pendant le télétravail en accident du travail.
* De faciliter les démarches de déclaration (plaintes, signalements, information à l’employeur) afin d’éviter la répétition des entretiens où les femmes et l’ensemble des victimes doivent exposer les faits de violences intrafamiliales.
* La formation des salarié·es et des différents acteurs de la prévention et de l’encadrement à la lutte et la prise en charge des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles
* La reconnaissance de toutes les violences au travail
* Une véritable prévention avec la mise en place effective et non détournée de l’EVARS (Éducation à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité).

Solidaires appelle à participer massivement aux manifestations
et rassemblements autour de la journée de lutte
contre les violences faites aux femmes !

[https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/nationales/lutte-contre-les-violences-patriarcales-faites-aux-femmes-nous-ne-voulons-plus-attendre/

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