Édition du 13 octobre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 5 mai 2020

Lutter pour cultiver l’espoir

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Dans cette édition de Presse-toi à gauche, Yvan Perrier s’interroge sur le silence de Québec solidaire dans le dossier des négociations des secteurs public et parapublic, René Charest plaide pour une refonte en profondeur du système québécois de santé dans le sens de plus de démocratie et le trio d’auteurs Cheolki Yoon, Jon Milton et Jorge Frozzini souligne l’apport important des migrants dans notre économie marquée par la crise.

Pour Yvan Perrier, le gouvernement de la CAQ opère des négociations à vitesse variable selon les syndicats auquel il fait face et selon ses propres priorités alors que l’opposition est muette sur ces enjeux. Il déplore cette absence d’intérêt de la part des partis d’opposition, en particulier de la part de Québec solidaire. Le parti de gauche est absent de la scène des négociations n’ayant énoncé qu’une seule critique depuis le début de l’année. L’auteur l’invite à plonger dans cet enjeu central dans le contexte de la crise sanitaire et à tenir des débats sur le traitement que la population souhaite pour les salarié.e.s des secteurs public et parapublic.

René Charest souhaite lancer des délibérations autour d’une réforme du système de santé et des services sociaux. Ce dernier victime des réformes centralisatrices néolibérales des dernières décennies est devenu un monstre sur lequel peu ont prise. L’auteur suggère une réforme qui s’appuie sur la « démocratie sanitaire » reposant sur deux socles : la protection des usager.ère.s et la participation citoyenne, le tout inspiré des cliniques communautaires comme le Québec en a connu dans le passé.

Cheolki Yoon, Jon Milton et Jorge Frozzini font la démonstration que les migrants contrairement aux discours racistes et xénophobes que nous entendons trop souvent dans l’espace public contribuent largement à l’effort collectif de la société québécoise. L’apport des travailleurs et travailleuses issu.e.s de l’immigration est visible en ces temps de crise du Covid-19 partout dans les services, l’industrie, l’agriculture et les commerces jugés essentiels. Cet apport se réalise malgré les embûches que ces personnes rencontrent, notamment en matière de permis de travail et de normes du travail et la précarité qui en est la conséquence Ils et elles méritent la sécurité d’emploi et un statut d’immigrant.e.s sécuritaire tout comme la reconnaissance de la population québécoise.

De plus, Pierre Mouterde souligne l’importance des voix capables de briser le consensus imposé par les élites dans la situation actuelle, Isabelle Naessens voit dans le confinement une occasion « de redéfinir notre société et de retrouver le talent de vivre », Eve-Marie Lacasse de la Ligue des droits et libertés croit que le déconfinement se fait au détriment des droits du travail, le président national des TUAC Canada, Paul Meinema parle des répercussions de la pandémie de la COVID 19 sur les membres des TUAC qui travaillent dans les secteurs du commerce de détail de l’alimentation et de la transformation de la viande, notamment l’usine de Cargill en Alberta. Gérard Montpetit souligne le côté sournois du gouvernement fédéral qui profite de la crise pour relancer l’industrie pétrolière et nous vous offrons le discours prononcé par Lucie Gosselin lors des activités entourant le 1er mai à Québec.

Sur la scène internationale

Cette semaine nous mettons l’accent sur différentes luttes partout dans le monde. Nous le faisons pour bien montrer que la pandémie n’a pas démobilisé les gens.

Comme un signe d’espoir.

La plus grande grève des loyers en un siècle a commencé à New York et ailleurs

C’est le pays le plus touché par la covid à l’heure actuelle. Et par la crise économique qui s’en suit. C’est pourquoi parler mobilisation aux États-Unis paraît exceptionnel. Les médias nationaux et internationaux ont plus rapporté les actions des groupes d’extrême droite contre le déconfinement que de l’organisation de cette grève des loyers pour le 1er mai. Et l’ampleur et l’importance de cette dernière pour les gens est bien plus grande : « au moins 400 familles vivant dans des immeubles contenant chacun plus de 1500 logements coordonnent des grèves de loyers à l’échelle de l’immeuble. En outre, plus de 5000 personnes se sont engagées en ligne à refuser de payer un loyer en mai 2020. »

La riposte organisée est bien là. Mais il y a aussi le non paiement des loyers faute de revenus. Les loyers coûtent chers à New York (2 980 $ pour une chambre à coucher). 

« Dès la première semaine d’avril, un tiers des locataires du pays – environ 13,4 millions de personnes – n’avaient pas payé leur loyer ; depuis lors, 26 millions de travailleurs ont rejoint les rangs des chômeurs. »

En lançant le mot d’ordre « Vous ne pouvez pas payer ? Ne payez pas ! » le mouvement transforme une incapacité financière en mouvement collectif. Le droit au logement est une droit à la dignité. Les gens qui peuvent payer sont invité à ne pas payer leur loyer par solidarité.

Ce mouvement revendique :
« Selon une pétition de Housing Justice For All, les grévistes veulent une annulation des loyers dans tout l’État pendant quatre mois, « ou pendant la durée de la crise de santé publique – selon la période la plus longue » ; un gel des loyers et l’assurance que chaque locataire ait le droit de renouveler son bail au même montant ; et que le gouvernement « reloge de toute urgence et de façon permanente tous les New-Yorkais sans abri et investisse dans le logement public et social dans tout l’État ».

Les politiciens et politiciennes sont aussi interpellés dans cette mobilisation. Cuomo n’a pas répondu favorablement aux demandes mais d’autres Démocrates l’ont fait.

« Mercredi, la députée Ilhan Omar (démocrate du Minnesota) a présenté un projet de loi sur l’annulation des loyers et des hypothèques. Il prévoit la remise des loyers et des hypothèques tout en offrant une aide aux propriétaires en cas de perte de revenu. »

Cette lutte s’annonce donc importante à l’approche des élections présidentielles.

Des professionnels de santé lancent un appel à un mouvement populaire

Cet appel à la dénonciation nous vient du personnel soignant en France de tous les horizons sociaux. « Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante. Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes »

Pour eux et elles, il faut en finir avec l’hypocrisie, préparer l’avenir et surtout éviter que l’endettement actuel justifie la perpétuation des coupures en santé.

La déclaration énonce des objectifs et des actions car pour eux et elles
« Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns. »

« Nos vies dépendent des premiers de corvée. Pas des premiers de cordée ! »

Cet article commence avec une vidéo de la centrale syndicale CGT qui laisse parler des travailleurs et des travailleuses, à l’occasion du 1er mai, de leur situation actuelle.

Ensuite le texte reprend un interview d’Olivier Besancenot, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste sur la situation actuelle alors que l’on fête, confiné-e, le 1er mai.

Pour lui, le 1er mai est une fête historique mais aussi une lutte actuelle « parce que le premier mai est imbriqué à l’histoire du combat pour la journée de huit heures, avec une offensive qui précisément remet en cause la durée du temps de travail en l’allongeant jusqu’à 60 heures en mettant aussi en cause les congés payés, les jours fériés et les Réduction du Temps de Travail. »

Mais, pour lui, ce 1er mai : « C’est un tournant historique qu’on est en train de prendre sans le savoir parce qu’on a le nez dans le guidon. Mais ce n’est peut-être pas simplement la fin d’une période, la fin d’une époque mais la fin d’une civilisation telle qu’on l’a connue »

Il continue de préciser la particularité de la situation à partir de la réalité des travailleurs et travailleuses surtout celles et ceux en première ligne.

Et il termine avec cette belle image « Parce qu’en réalité nos vies aujourd’hui elles dépendent de qui ? Elles ne dépendent pas des premiers de cordée. Elles dépendent des premiers de corvée. Des éboueurs, de ceux qui nous mettent l’électricité, de ceux évidemment qui sont dans les hôpitaux, dans les Ehpad, c’est à dire en fait à des prolétaires qui s’ignorent et j’espère qu’on s’en souviendra. »

Cinq mouvements anti-banques au Liban

« à la suite des mesures prises par l’Association des Banques, qui avait imposé des restrictions sur les retraits de fonds, mesures qui ont particulièrement touché les petits déposants et les employés. » un mouvement de protestation s’est développé au Liban dans la foulée des actions du 17 octobre.

L’article décrit les cinq groupes qui ont mis en branle cette lutte contre les banques.

« Legal Agenda a choisi cinq de ces groupes pour décrire leurs mobilisations, leurs orientations et leurs réflexion pendant le soulèvement, des groupes qui partaient de théories politiques et pratiques diverses et ont une vision différente des événements et des mobilisations. »

Il y a d’abord : « Le groupe « La Tente du sit–in de Halba » met Akkar au cœur du soulèvement.

Ce sont des jeunes de différents milieux et couches sociales uni-e-s contre le pouvoir confessionnel et contre le pouvoir des banques.

Autre groupe : Le secteur de la jeunesse et des étudiants du Parti Communiste Libanais. En région, ce groupe s’est concentré contre les succursales bancaires. Il a aussi travaillé avec d’autres groupes de mob.

Comme groupe : Groupe Kantari : actuellement la seule violence est celle du pouvoir. Il a surtout agit en bloquant des routes. Ce groupe n’a pas de ligne politique comme tel.

Aussi :Le groupe de la Jeunesse de la Banque : c’est au pouvoir d’avoir peur.
Ce groupe s’adresse aux responsables gouvernementaux et « exige une économie productive basée sur l’activation des secteurs de l’industrie et de l’agriculture »

Et enfin le dernier regroupement qui en fait n’est pas un groupe mais une campagne politique :Le groupe « Nationalisation des banques » : la nationalisation est la solution. « Cette campagne a été mise sur pied quand on a senti que le discours de classe et revendicatif des premiers jours commençait à décliner au profit du discours libéral. Les membres de la campagne se sont mis d’accord pour réorienter le discours de la rue vers l’économie et sa politisation, et pour relever le niveau des revendications »

Ces groupes, malgré leur base politique et leurs actions différentes, ont réussi à se solidariser et à dénoncer le pouvoir financier.

Ce #1 Mai, en tant que La Via Campesina, nous réaffirmons que les droits des travailleur·se·s sont aussi les droits des paysan·ne·s !

Au départ le texte dénonce les violences et les répressions partout dans le monde ; la pandémie servant d’excuse facile pour réprimer les mobilisations « leur préoccupation n’est pas de sauver des vies, mais d’essayer de sauver l’économie capitaliste, qui repose sur le sang de milliers de personnes dans le monde. »

L’appel décrit la situation de différents groupes sociaux en passant des paysans et paysannes, des gens qui pêchent ou travaillent dans la forêt. L’accès aux marchés leur est interdit mais les super marchés des multinationales peuvent ouvrir. Y est aussi mentionné les situations difficiles des communautés d’ascendance africaine, autochtones, migrantes, LGBT et femmes.

Les violences domestiques, les déplacements pour les personnes migrantes sont aussi mentionnées. Les restrictions des gouvernements cachent aussi les emprisonnements, les répressions et les tortures. La surveillance numérique est aussi dénoncée.

Et en conclusion, cet appel du 1er mai insiste : « Nous devons renforcer les alliances entre les organisations populaires, en préservant la vie des personnes qui se battent pour leur territoire, pour leur culture, pour une façon de produire de la vie qui ne détruise pas la planète »

Et le texte se termine ainsi : « Il est temps de renforcer la solidarité, d’exercer la résistance, de cultiver l’espoir »

Bonne lecture

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