Cette réserve d’eau potable alimente actuellement 350 000 citoyennes et citoyens de Québec, de Wendake, de L’Ancienne-Lorette et la base militaire de Valcartier.
En plus de fournir de l’eau aux humains, le lac St-Charles et son bassin versant constituent un milieu de vie riche pour plusieurs espèces de poissons, d’amphibiens, de reptiles, de mammifères et d’oiseaux.
Le lac est alimenté par les cours d’eau de surface et souterrains en provenance d’un bassin versant qui inclut les villes de Stoneham et de Lac Delage. L’eau de pluie qui glisse sur les surfaces peut aussi se retrouver dans le lac St-Charles.
La pollution générée par les activités humaines se retrouvent donc en grande partie dans le lac. Certaines mesures sont prises pour freiner cette pollution, par exemple, moins de sel est épandu en hiver sur les écoroutes situées en bordure du lac.
Actuellement, la cause principale de pollution du lac, ce sont les rejets des usines d’épuration des eaux usées de Stoneham et de Lac Delage. Car ces usines ne sont pas en mesure de traiter tout le volume d’égouts qu’elles reçoivent. Cela crée des surverses, c’est-à-dire que les eaux non traitées débordent des bassins et se retrouvent directement dans le lac St-Charles. Par exemple, lorsqu’il y a beaucoup de skieurs au centre de ski de Stoneham, il y a surverses. Ces surverses augmenteront avec le développement de la Ville de Stoneham. Les pluies diluviennes, qui seront de plus en plus fréquentes avec les changements climatiques, sont également à l’origine de surverses.
Selon les scientifiques, le raccordement des usines d’épuration des eaux usées de Stoneham et de Lac Delage au réseau d’égout de la Ville de Québec constitue donc la mesure la plus sensée pour régler la principale source de contamination du lac St-Charles. La Ville de Québec n’a pourtant fait aucune démarche pour obtenir des subventions en vertu de programmes existants au gouvernement du Québec et du Canada alors que plusieurs de ces programmes se termineront bientôt.
Contre toute attente, en 2023. la Ville de Québec s’est attaquée à un problème, qu’il faut certes régler, mais marginal par rapport à la pollution actuelle et future générée par les deux usines de traitement des eaux usées. Dans les zones écologiques les plus sensibles, le changement des installations septiques pour les résidences ayant plus de 30 ans, a été imposé, même dans le cas d’installations qui étaient parfaitement fonctionnelles et conformes selon les normes provinciales. Surtout, la Ville de Québec n’a pas choisi la solution privilégiée, depuis nombre d’années, par les experts à savoir, connecter ces résidences à l’égout municipal ! Et la Ville de Stoneham a agi dans le même sens.
Par-dessus le marché, malgré que la technologie de fosses tertiaires ait été imposée par la Ville de Québec, les tests effectués sur les rejets de plusieurs fosses septiques ont ensuite démontré qu’ils dépassent de beaucoup les normes. Ce sont les citoyens concernés qui ont tiré la sonnette d’alarme alors que la Ville de Québec a refusé de divulguer la situation dans son ensemble à la demande de journalistes et de citoyens.
De plus, les installations septiques s’avèrent dispendieuses en dépit des subventions versées, exigent des coûts très élevés d’entretien et certaines d’entre elles sont tombées en panne. Également, le remplacement des fosses septiques a entraîné l’abattage de plusieurs arbres alors que la végétation contribue à l’absorption de divers polluants qui autrement se retrouveraient dans le lac.
Soulignons que l’usine d’épuration de la Ville de Québec ne pourra pas traiter une eau de plus en plus polluée sans de nouvelles mises à niveau coûteuses et qu’aucune technologie ne permettra de traiter une eau trop polluée, certains polluants n’étant pas identifiés par des tests, donc non traités.
Protégeons la ressource eau, plutôt que de la dépolluer et sauvegardons, par la même occasion, toute la faune qui en dépend !
En conséquence, Mères au front ville de Québec demande aux personnes candidates aux élections municipales d’appuyer les propositions suivantes :
• Que la Ville de Québec demande aux gouvernements une aide financière pour le raccordement à son réseau d’égout des usines d’épuration de Stoneham et Lac Delage et réserve des montants en vue de ce raccordement ;
• D’évaluer rapidement la possibilité d’établir un réseau d’égout dans les rues des zones sensibles du bassin versant de la prise d’eau potable de la St-Charles afin de raccorder, au fur et à mesure, les installations sanitaires lorsqu’elles seront désuètes.
• De mettre sur pause le programme de changement obligatoire de fosses septiques.
• D’établir un dialogue avec les citoyens qui ont déjà changé leur fosse septique afin de trouver une solution raisonnable aux problèmes qu’ils ont signalés.
• De revoir, simultanément, la planification en vue d’une meilleure préservation de la qualité de l’eau potable du lac Saint-Charles afin d’augmenter sa résilience devant la menace des changements climatiques sur les écosystèmes.
Béatrice Lara Bilodeau, pour Mères au front ville de Québec
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