Tiré de Entre les lignes et les mots
23 août 2026
Comme indiqué, ce conflit dure depuis près de trois ans et constitue un mouvement de grève tout à fait légitime et légal visant à contraindre TM Sweden – la filiale de Tesla en Suède – à conclure une convention collective pour ses salarié·es. Mais comme l’a rapporté le journal *Arbejderen* cette semaine, Elon Musk, propriétaire de Tesla, a recouru à de nouvelles méthodes brutales pour mettre fin à la grève des mécanicien·nes.
Il les a tout simplement libéré·es de leurs contrats en les rachetant. On ignore le montant exact de cette transaction, tout comme on ignore ce que l’oligarque de la tech compte désormais faire de ses activités suédoises, mais cela n’est pas difficile à imaginer. Il va manifestement embaucher de nouvelles et nouveaux mécaniciens qui n’oseront pas parler de syndicalisation ou de conventions collectives.
Et surtout, elles et ils accepteront les salaires plus bas pratiqués dans les ateliers Tesla par rapport aux autres salaires du secteur de la mécanique en Suède.
Ce n’est pas la première fois que Musk s’en prend violemment aux travailleurs/travailleuses qui tentent de se syndiquer. Il a lui-même déclaré par le passé qu’il « n’était pas d’accord avec l’idée des syndicats ». Aucun·e employé·e de Tesla, où que ce soit dans le monde, ne bénéficie d’une convention collective ; aux États-Unis, certain·es ont même été licencié·es pour s’être affilié·es à un syndicat.
Dans le conflit suédois également, Musk a déjà eu recours à des briseurs de grève chargés de saper la mobilisation des mécanicien·nes en grève. Il n’est donc pas surprenant que la Confédération internationale des syndicats (LO) mentionne spécifiquement Musk dans un rapport de 2024 comme l’un de ceux qui portent gravement atteinte aux droits des travailleurs et des travailleuses.
Ce n’est qu’au prix d’une lutte acharnée et persistante que le mouvement syndical peut espérer mettre un terme à l’érosion des droits des travailleurs:travailleuses à laquelle nous assistons partout dans le monde.
Et c’est précisément ce qu’il est. Musk, ainsi que d’autres oligarques de la tech et capitalistes monopolistes, souhaitent depuis longtemps en finir avec l’organisation syndicale. Ils comprennent en effet que les syndicats constituent un rempart contre les mauvaises conditions de travail et qu’ils limitent les profits et les richesses colossaux que les propriétaires de ces mastodontes internationaux peuvent s’accaparer.
C’est une tendance qui devrait inquiéter tous et toutes les travailleuses. Lorsque des hommes riches comme Musk peuvent simplement se débarrasser des syndicats dans leurs entreprises en payant, cela se traduit par une détérioration des conditions de travail pour nous toustes. Cela leur donne carte blanche pour faire baisser les salaires, faire de la précarité la norme et supprimer des acquis tels que les retraites, les congés payés et les droits liés à la maternité.
Mais ce n’est pas seulement la fortune de Musk qui a contribué à ce que le mouvement syndical suédois subisse aujourd’hui cet échec. Une partie de la responsabilité incombe également à IF Metall – le syndicat à l’origine de la grève – et à son approche très prudente du conflit.
Selon le journal suédois Dagens Arbete, IF Metall aurait lui-même incité ses adhérent·es à résilier leurs contrats.
Un mécanicien confie au journal qu’il ne peut s’empêcher de se demander si cela a toujours été la stratégie d’IF Metall : ne pas apporter le soutien nécessaire, afin que les mécaniciens démissionnent d’eux-mêmes, et ainsi mettre fin au conflit sans que cela ressemble à une défaite pour IF Metall.
Les droits des travailleurs/travailleuses sont donc mis à mal à la fois par les rois de notre époque, les « techoligarques », et par un mouvement syndical qui n’est pas suffisamment disposé à les affronter.
Ce n’est qu’à travers une lutte acharnée et persistante que le mouvement syndical peut espérer mettre un terme à l’érosion des droits des travailleurs et des travailleuses que nous observons partout dans le monde.
Ce ne sera pas une lutte facile, mais elle est absolument nécessaire si l’on ne veut pas que des siècles de lutte pour des conditions de travail et de rémunération décentes aient été vains. Ce n’est que par l’organisation que la classe ouvrière peut faire valoir ses droits face au grand capital.
https://arbejderen.dk/leder/musk-eskalerer-sine-antifagforenings-taktikker-og-underminerer-aarhundreders-haardt-vundne-arbejderrettigheder
Traduit par DE
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