Édition du 14 avril 2026

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États-Unis

No Kings Day : par millions contre la guerre de Trump et sa politique migratoire

Aux États-Unis, huit millions de personnes ont pris part aux 3 300 manifestations « No Kings » contre le président Donald Trump et sa politique, défilant dans les 50 États le samedi 28 mars. J’ai moi-même manifesté avec ma famille à Brooklyn, à New York.

Hebdo L’Anticapitaliste - 794 (02/04/2026)

Par Dan La Botz

Crédit Photo
28 Mar 2026 Richmond - Probonophoto.org Sammy Braxton-Haney

Il s’agissait de la troisième mobilisation de ce type, chacune plus massive que la précédente, démontrant l’ampleur du rejet populaire de la présidence Trump. Saint Paul, capitale du Minnesota et ville jumelle de Minneapolis, était le point central de cette journée nationale d’action, en raison de l’exemple particulièrement courageux de résistance populaire face aux actions violentes et illégales de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). À Minneapolis, des agents de l’ICE ont tué deux citoyenNEs, Renee Good et Alex Pretti, en janvier, alors que la ville se soulevait dans des ­mobilisations pacifiques pour se défendre.

« Regime Change Here Now »

S’exprimant à Saint Paul, Bernie Sanders a déclaré : « Face à l’occupation sans précédent de cette ville par l’ICE, l’armée intérieure de Trump, cette communauté s’est levée et, avec une solidarité extraordinaire, a riposté et a gagné. Le Minnesota a montré au peuple américain, et au monde entier, ce qu’est la démocratie, ce qu’est l’action militante de terrain, et ce que signifie défendre les idéaux américains de liberté et de justice. » Sanders a également dénoncé l’oligarchie économique : « Nous ne laisserons pas ce pays basculer dans l’autoritarisme ou l’oligarchie. Aujourd’hui, nous ne disons pas seulement non à l’autoritarisme de Trump : nous disons non à M. Musk, non à M. Bezos et à M. Zuckerberg… Vous ne pouvez pas tout avoir. »

Comme toujours, les manifestantEs portaient leurs pancartes artisanales. Un slogan très répandu était : « No Kings, No War, No ICE ». D’autres proclamaient : « No Kings, No Fascists », ou encore : « Regime Change Here Now ». Il m’a semblé qu’il y avait moins de drapeaux américains que lors des deux précédentes mobilisations « No Kings », peut-être parce que, dans un mouvement devenu massif, les participantEs ne ressentent plus le besoin de prouver leur patriotisme.

Une démonstration de force collective

Cette mobilisation était plus importante, plus dense, plus profonde, plus large. Dans de nombreuses grandes villes, les manifestantEs ont convergé depuis leurs quartiers vers les centres urbains, signe d’une organisation locale en progression. Les syndicats, en revanche, étaient peu présents et la vie quotidienne n’a pas été fortement perturbée. La fonction principale de ces manifestations a peut-être été de donner un visage humain aux sondages qui montrent un recul de Trump et des Républicains. Mais ces mobilisations sont aussi essentielles parce qu’elles permettent à chacunE de s’exprimer et de prendre conscience de sa propre force collective.

Contre la guerre et le racisme

À sept mois des élections de mi-mandat, le mouvement « No Kings » a également pris une tournure plus ouvertement électorale, avec la participation de candidatEs du Parti démocrate venuEs mobiliser un électorat. La plupart des participantEs espèrent voir les Démocrates reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès. Selon eux, cela permettrait de mettre fin à la guerre contre l’Iran et de stopper les violences contre les immigréEs.

Les Afro-AméricainEs ne se sont pas mobiliséEs en grand nombre, bien que certainEs responsables noirEs les aient appeléEs à participer. John E. Warren, éditeur du journal San Diego Voice and Viewpoint, a écrit : « Les NoirEs, qui ne sont pas venuEs en grand nombre, doivent sortir et être comptéEs parmi celles et ceux qui manifestent. Nous sommes les victimes de la campagne “No Diversity, Equality and Inclusion” (DEI) lancée par le président contre nos programmes et notre culture… Seule notre participation électorale peut arrêter Donald Trump et ses efforts pour faire des États-Unis un pays semblable à la Russie ou à la Hongrie, avec un pouvoir autoritaire plutôt qu’une démocratie. Nous devons montrer à nos voisinEs et à nos adversaires que nous comptons toujours. Nous votons toujours et nous pouvons encore faire la différence lors de chaque élection. Plus d’excuses : place à la participation, dès ce week-end avec le No Kings Day. »

Les Démocrates pourraient bien reprendre le contrôle du Congrès, mais Trump restera président. La guerre contre l’Iran se poursuit, l’ICE continue ses attaques contre les immigréEs, les prix augmentent : les mobilisations devront donc se poursuivre.

Dan La Botz

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Dan La Botz

L’auteur est un professeur d’université américain et un militant de l’organisation socialiste Solidarity.

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