Édition du 29 septembre 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le Parti de la rue (PDLR)

Rubrique électorale du PDLR - 3

Où est le débat public ?

Un journaliste du Devoir détecte une fatigue électorale chez les électeurs et mentionne qu’ils commencent à saturer, car ils reçoivent trop d’informations. Cela m’amène à la question suivante : où trouvent-ils ces informations et quelle en est la qualité ?

J’ouvre une parenthèse anecdotique, dans un but d’illustration. Apparemment mes algorithmes de médias sociaux me prennent pour un Mister Greenwood ou Brown habitant en banlieue de Leeds avec ses nombreux chats. C’est la seule hypothèse qui expliquerait pourquoi je reçois intempestivement de l’information sur Declan Rice, un joueur de foot qui, s’il est sans doute doué – mais qu’est-ce que j’en sais, je ne regarde jamais le foot anglais -, ignore tout de la politique québécoise. Cela intercalé avec des pubs de nourriture pour chats et de litière.

Blague à part, où est mon contenu de chambre d’écho ? Je suis une femme de gauche très politisée et maintenant sans chat. Presque tout ce que je vois passer, c’est du contenu sur Éric Duhaime et, très occasionnellement, la CAQ. Serait-ce que les partis ont moins investi les plateformes ou que les contenus ne rejoignent plus les publics auxquels ils sont destinés ? Ou, que l’hypothèse des contenus de droite de plus en plus diffusés est-elle la bonne ? Lors des deux élections précédentes, celle de 2018 et 2022, les médias sociaux pouvaient servir comme une sorte d’agora depuis laquelle on pouvait s’informer des diverses vues et tendances. J’ai l’impression que ce n’est plus possible, car la quantité de matériel sans pertinence peut décourager n’importe quel internaute. Par ailleurs, il y a un moment qu’on ne peut plus publier de liens vers le contenu journalistique qui nous intéresse. Sans compter les attaques par Bots qui polluent les pages des gens de gauche, comme la candidate de QS, Amélie Drainville, a pu en faire l’expérience au début de la campagne.
L’autre chose, l’information à laquelle on a accès dépend de nos abonnements. Je n’ai plus de chaine généraliste, ainsi je n’ai pas le réflexe d’aller voir les débats des chefs, regarder RC demande une logistique agaçante, il faut avoir un accès internet, un compte RC, pour accéder à certains contenus à certains moments et réussir à les opérer depuis une télé intelligente. Justement, une partie de l’information qui se trouvait dans l’espace public est maintenant derrière des murs payants, dès que l’on a épuisé le nombre d’articles gratuits, on doit payer ou renoncer. Ainsi, je ne suis plus abonnée au Devoir, car j’ai un abonnement Apple. Je croyais que c’était une bonne idée, car cela me donnait accès à l’Agence France Presse et à Reuters, puis des médias britanniques, en contrepartie, j’ai dû sacrifier des médias québécois, car bien évidemment, les contenus sont limités. Je pensais que mon fil Meta compenserait. Il ne le fait pas. L’information est de plus en plus une marchandise.

Puis, même quand on met la main sur de l’information qu’on pourrait croire fiable, elle est parfois détournée par le sensationnalisme. Dans l’article, une électrice s’inquiète des oiseaux de malheur, démissionnaires des firmes d’IA qui annoncent la fin du monde dans dix ans et de l’influence que cela pourrait avoir sur le vote (ce n’est pas son opinion que je conteste). On penserait qu’ils ont des menaces crédibles : « Mais à mesure que la technologie progresse, elle pourrait mener des actions létales, allant au-delà de notre compréhension, comme retirer l’oxygène de l’atmosphère. » Pour réaliser une telle opération, une intelligence virtuelle doit pouvoir s’appuyer sur un moyen technologique qui existe. Sachant que les trappes à CO2 que l’on veut développer pour lutter contre le réchauffement climatique ne sont pas encore au point, on peut dire que les risques d’asphyxie planétaire sont minces. Nous pouvons aller voter le 5 octobre sans manquer d’air.

Le risque le plus immédiat que l’IA fait courir sur la politique est la manipulation des informations. Quand on demande quelque chose à l’IA, on ne peut savoir si elle nous communique une information pertinente ou si elle invente n’importe quoi. Par ailleurs, de plus en plus de gens chargent l’IA de penser pour eux. Par exemple, 75% des étudiants et étudiantes aux cycles supérieurs l’utilisent régulièrement . En le faisant, ils congédient leur capacité de jugement et d’analyse. Cela donne plus à craindre que les IA qui se prendraient pour le Terminator. Mais nous ne parlerons probablement pas de la mainmise des grandes entreprises de technologie sur la politique lors de cette campagne électorale et ce qu’elles font subir au débat public.

Résumé fait par une IN (intelligence naturelle) – vu que nous avons de moins en moins de capacité de réfléchir longtemps et que le reste de mon article est contaminé par mon cynisme, une capacité non encore maîtrisée par l’IA :

1. Les contenus des médias sociaux ne sont plus pertinents pour suivre la politique, car on peut difficilement y accéder parmi toute la junk.
2. Les contenus payants nuisent au débat public et gratuit.
3. Même dans les médias sérieux, il y a une contamination sensationnaliste qui veut faire générer du clic plutôt que de la réflexion.
4. L’IA est dangereuse pour les humains parce qu’elle joue sur nos capacités intellectuelles et cognitives.

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