Édition du 24 novembre 2020

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Économie

Pas de « nouvel ordre mondial » en vue

Contrairement au discours triomphant des dirigeants du G20, ATTAC-Québec ne croit pas qu’« un nouvel ordre mondial » est en vue et que la dernière rencontre tenue à Londres ait apporté des propositions valables pour contrer la crise que nous traversons.

Les dirigeants du G20 ont décidé, par exemple, d’accorder 500 milliards de dollars d’« argent nouveau » au Fonds monétaire international (FMI), portant son financement à 750 milliards. Même si l’on prévoit une réforme de cette institution, il n’en reste pas moins qu’elle est responsable d’une gestion désastreuse de l’aide aux pays moins développés, entre autres par ses plans d’ajustement structurel. L’aide aux pays du Sud passe une fois de plus par un endettement massif, malgré des mesures facilitant l’accès à des liquidités.

Le G20 s’engage à « atteindre une conclusion ambitieuse et équilibrée » du cycle de Doha. Cette relance risque une fois de plus d’affecter sérieusement les pays les plus défavorisés. L’ouverture très large des marchés, telle que préconisée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), est inéquitable et met les économies de ces pays en concurrence avec celle des pays riches, une concurrence impossible à soutenir.

L’ouverture des marchés prônée par l’OMC inclut le secteur financier. Or, la déréglementation telle que souhaitée par l’OMC entre en contradiction flagrante avec le besoin urgent de réglementer rigoureusement l’économie, et plus particulièrement la finance.

Cette injection massive et spectaculaire de fonds pour relancer l’économie ne va pas de pair avec une véritable volonté de la réglementer et, surtout, de la sortir d’un modèle de croissance illimitée néfaste pour la planète et les populations. Malgré quelques avancées concernant le secret bancaire, les paradis fiscaux, la rémunération des banquiers, les fonds spéculatifs et les agences de notation – dont il reste à vérifier la valeur – la démarche reste peu convaincante.

Plutôt que de « refonder » l’économie mondiale sur de nouveaux principes, les dirigeants du G20 confient le mandat de résoudre la crise à des institutions qui ont largement contribué à la provoquer : le FMI, la Banque mondiale, l’OMC. Plutôt que d’envisager des solutions d’aide et de coopération avec les pays les plus pauvres — qui étaient d’ailleurs écartés de ce sommet — les dirigeants du G20 choisissent de les endetter davantage.

Au final, les bourses jubilent, signe que la liberté de spéculer à outrance au péril de l’équilibre de nos sociétés ne sera pas entravée sérieusement. Plus que jamais, les dirigeants du G20 méritent d’être qualifiés de pompiers-pyromanes.

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