Édition du 4 mai 2021

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Itinérance

Pour que tout le monde s’en mêle

Plus de 350 personnes aux 2e États généraux de l'itinérance

Sous l’impulsion du RSIQ, plus de 350 personnes se sont réunies pour participer aux 2e États généraux de l’itinérance au Québec les 23 et 24 septembre 2010. Malgré une reconnaissance croissante de ce phénomène en augmentation, la tenue du rassemblement a été plus que nécessaire devant le retard pour la mise en places des mesures attendues.

Provenant de Montréal, de Québec et d’une dizaine d’autres régions concernées, les participants se sont inscrits massivement à cet événement qui se déroule à guichet fermé, faute de place. Cette mobilisation sans précédent du milieu est issue tant des réseaux communautaires, de ceux de la santé et du logement, des villes, des services policiers que de la rue elle-même. Une représentation à la hauteur de l’importance que revêt cet enjeu.

Des solutions existent

Les 1er États généraux de l’itinérance en 2005 avaient entrainé une mobilisation du milieu derrière la demande d’une Politique en itinérance. Une telle Politique est nécessaire pour faire de la lutte à l’itinérance une priorité au gouvernement, pour qu’il investisse dans les différentes solutions tant en logement, en services, en soutien aux organismes que dans la lutte à la pauvreté. Depuis, cette demande a sans cesse récolté davantage d’appuis (plus de 12 000 signataires), celui de nombreuses villes, dont Montréal, Longueuil, Gatineau et Sherbrooke, du Parti Québécois, du Barreau du Québec et de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

Il y a à peine deux ans se tenait une Commission parlementaire sur l’itinérance pour faire le point sur cet enjeu. Celle-ci a dressé un bon portrait de la diversité des réalités, des problèmes dans l’action gouvernementale et des solutions à y apporter, dont au premier chef la nécessité d’une Politique en itinérance. En décembre dernier, le gouvernement du Québec se dotait d’un Plan d’action interministériel en itinérance. Huit ministres du gouvernement s’engageaient ainsi dans soixante-dix mesures pour faire réduire et prévenir l’itinérance. Pour le RSIQ, bien qu’insuffisant dans sa portée, sa durée et sa vision ce Plan pourrait constituer une avancée, un outil pour articuler l’action gouvernementale et tendre vers une Politique en itinérance.

Le problème est que près d’un an plus tard, non seulement ces mesures tardent à se mettre en place, mais la volonté d’agir est trop faible. Pendant ce temps les ressources d’hébergement pour femmes itinérantes débordent à longueur d’année, les refuges font face à un nombre croissant d’hommes, les soupes populaires voient davantage de gens, dont un nombre croissant de personnes sans adresse fixe.

Rien n’est réglé…

Par la tenue des 2e États généraux de l’itinérance, le milieu refuse de voir croitre ce phénomène alors que des solutions existent, en terme d’accès aux services, de logement, de responsabilités des gouvernements, des institutions et des villes, de déjudiciarisation et de soutien au réseau communautaire. L’itinérance n’est pas une fatalité disait une déclaration issue des 1er États généraux en 2005. Rien n’est réglé, il ne s’agit pas de passer à autre chose, tout le monde doit s’en mêler proclame une nouvelle déclaration signée lors des 2e États généraux.

Fort de la mobilisation créée par ce rassemblement national, le RSIQ accentuera ses pressions pour que le gouvernement apporte les réponses nécessaires pour contrer l’itinérance. Plus tard cet automne, ses membres se rendront à Québec alors que la Commission de la santé et des services sociaux doit recevoir le rapport du gouvernement sur le suivi du Plan d’action interministériel et l’avancement des travaux pour une Politique en itinérance.

On a bien hâte de voir ce que Dominique Vien, nouvelle ministre déléguée aux services sociaux et responsable du dossier de l’itinérance aura à dire. Le milieu communautaire, les villes, le réseau de la santé et du logement sont unanimes, le gouvernement doit livrer la marchandise, trop peu a été fait.

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