Édition du 10 décembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 12 novembre 2019

Multiplication des soulèvements contre l'austérité et l'autoritarisme

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Cette semaine dans Presse-toi à gauche, Ginette Lewis analyse la situation à l’orée des négociations dans le secteur public québecois, Yves Bergeron commente le récent essai de Gabriel Nadeau-Dubois et les auteurs Sébastien Barraud et Frédéric Collins critiquent l’absence de la FTQ dans le débat sur la laïcité.

Pour Ginette Lewis, les prochaines négociations dans le secteur public dénonce l’absence de front commun, les centrales ayant opté pour une négociation sans alliance. À l’opposé de certain.e.s militant.e.s syndicaux qui croient qu’une telle stratégie dite du « défoncement » permettra de faire des brèches dans la ligne gouvernementale, elle croit que seule une vaste unité inter-syndicale démocratiquement organisée permettra de construire le rapport de force nécessaire pour obtenir des concessions de l’employeur.

Gabriel Nadeau-Dubois a récemment publié un essai intitulé « Lettre d’un député inquiet à un premier ministre qui devrait l’être » (Lux éditeur). Le but de cette publication : convaincre François Legault de la pertinence et de l’urgence de lutter contre les changements climatiques. Si l’auteur reconnaît à GND la justesse de sa lecture de la situation critique de cette lutte, il est pessimiste quant aux chances de succès du député solidaire de Gouin, le chef de la CAQ s’étant illustré comme un climato-passif, sinon un manipulateur des débats sur les politiques à mettre en place pour contribuer à la réduction des GES (voir sa position sur le 3e lien à Québec ou le projet GNL au Saguenay)

Barraud et Collins évoquent la constitution même de la FTQ pour montrer que la centrale a adopté une attitude contraire à ses propres statuts dans le dossier de la loi sur la laïcité de l’État. Selon eux, la FTQ aurait dû « au minimum s’opposer aux dangereux précédents historiques contenus dans cette loi ». Heureusement, rappellent les auteurs, la centrale a l’occasion de se reprendre lors de son prochain congrès en s’opposant non pas au principe de la laïcité mais « à l’utilisation préventive de la clause dérogatoire et la modification sans unanimité de notre Charte. »

De plus, nous vous invitons à la lecture alors qu’Olivier Bolduc, le candidat de QS dans l’élection partielle de Jean-Talon explique les enjeux de ce scrutin. Pierre Mouterde commente les récents débats soulevé par les attaques soutenues de Catherine Dorion contre les codes vestimentaires de l’Assemblée nationale. Nous avons regroupé dans une revue de presse les communiqués des organisations syndicales et populaires en réaction à la publication de la mise à jour économique par le ministre Girard. Guillaume Hébert commente la situation des finances de l’État québecois et Frederick Guillaume Dufour commente le recul de la CQA et de son ministre Jolin-Barette dans le dossier de la réforme du PEQ en matière d’immigration.

Sur la scène internationale

Pour illustrer la situation mondiale, voici une citation du texte que nous citerons plus bas Le monde se soulève contre l’austérité et l’autoritarisme
« Au cours des six derniers mois, des rébellions ont eu lieu en France, en Catalogne, à Porto Rico, à Hong Kong, au Liban, au Chili, en Équateur, au Honduras, en Haïti, en Irak, au Soudan et en Algérie. Ces rébellions ont généralement eu un caractère populaire et marqué à gauche et elles sont en colère, militantes et provocantes. Leurs caractéristiques communes sont qu’il s’agit de rébellions de la classe moyenne inférieure, de la classe ouvrière et des pauvres. Ces différents mouvements ont partout envahi les berges du système politique. Les vagues de protestation se heurtent aux fondements de l’État. Les militant-e-s dans la rue remettent partout en question le système, quel que soit le nom du système dans lequel ils vivent. Lorsque les gouvernements ont tenté d’écraser ces mouvements, les populations ont riposté, refusant d’abandonner la rue »
 
Presse toi à gauche fait de sa mission de tenir compte de cette situation mondiale. Nous vous invitons donc à lire les articles qui tentent d’analyser chacune des situations particulières. Comme Point de mire , nous avons mis l’accent sur des articles qui nous portent au-delà des mobilisations, des articles qui nous invitent à la réflexion sans nécessairement apporter de réponses claires.
 
Concernant la situation mondiale
« L’idée d’une révolte mondiale ». Nommer l’histoire

 Cet article en est un de polémique. Mais au travers de cette discussion, il est possible de trouver matière à réflexion. D’abord parler de révolte ne veut pas dire réduire l’ampleur du processus « Or, ces révoltes signalent la politisation soudaine des classes subalternes qui, comme les gilets jaunes l’ont montré en France, se saisissent du politique par tous les moyens à leur disposition. Parler d’une « idée d’une révolte mondiale » au lieu de nommer, sans guillemets, cette révolte globale en cours, implique donc d’en réduire la portée, voire, dans la compréhension de certains lecteurs, d’en nier la réalité ou l’existence » Le débat se poursuit entre révolte ou processus vers une révolution. Et tout cela à travers la loupe des médias. Est aussi abordé la question des armes. Et finalement la vraie question est posée : « Mais il y a autre chose : cela en vaut-il le prix ? Cela en vaut-il le prix, si, en fin de compte, ça finit toujours dans le sang de la répression et la défaite ? »
 
Et la réponse vient des propos de Rosa Luxembourg : « La route du socialisme - à considérer les luttes révolutionnaires - est pavée de défaites. Et pourtant cette histoire mène irrésistiblement, pas à pas, à la victoire finale ! »
 
Le monde se soulève contre l’austérité et l’autoritarisme

L’auteur essaie d’analyser la situation d’ébullition mondiale en fonction du contexte mondiale qui crée des similitudes mais aussi des situations particulières à chaque pays. Partout il y a :« le problème central est partout le désir d’être traité avec dignité et respect. » ... « Parmi ces rébellions, il y a des éléments communs : l’inégalité économique, l’imposition de l’austérité et l’abus de pouvoir de la part des gouvernements. Le sentiment est qu’ils ne se soucient pas de nous. » Tout cela amène l’auteur a parlé de « période de révoltes politiques synchronisées, mais non coordonnées, exigeant la démocratie et une vie meilleure. »
 
 Et l’auteur d’élaborer autour de périodes de mobilisations en les situant dans les enjeux économiques de la période de leur apparition :« La première de ces vagues ….de la révolution américaine en 1776, puis de la Révolution française de 1789, suivie de la révolution haïtienne de 1804, puis des révolutions latino-américaines. de 1810 à 1821. » ...« Une autre vague de ce type a eu lieu avec la révolution européenne de 1848 qui a balayé la France, l’Allemagne et l’empire austro-hongrois, » … « La période de 1917 à 1919 a entraîné des révolutions en Russie, en Allemagne, en Autriche et en Hongrie, ainsi que dans l’Empire ottoman. » ...« Et bien que 1968 n’apporte aucune révolution, ce fut une année de bouleversements radicaux de la France à la Tchécoslovaquie, jusqu’au Mexique »
 
Il aborde du même point de vue les mobilisations actuelles dans leur contexte de transformations économiques. « Partout, la classe capitaliste et ses partenaires politiques se sont enrichis aux dépens de la classe ouvrière et des pauvres. Tout cela a suscité un ressentiment énorme et bien justifié dans la majorité des pays du monde entier. » L’auteur poursuit en parlant de la répression, en parlant du caractère de classes plus ou moins prononcées de ces rébellions et conclut sur la situation actuelle en parlant de laboratoire « Cependant, il est également vrai qu’une grande partie du monde à l’heure actuelle est un laboratoire à la recherche d’une solution au capitalisme, et les spécialistes des sciences sociales qui gèrent les expériences se trouvent dans la rue. »
 
Concernant des problématiques particulières
L’agroécologie n’existe pas sans le féminisme

Nous avons choisi ce court texte car il tente de montrer que l’écologie doit avoir aussi une dimension féministe. D’abord parce que l’agriculture est au centre de la vie et de l’écologie. Et les chiffres sont parlants : « 821 millions de personnes ont souffert de malnutrition en 2017 contre 784 millions en 2015. Face à de telles réalités, il est fondamental d’accorder une attention particulière au rôle des femmes. L’impact de la faim et de l’insécurité alimentaire sur ces dernières, tout comme celui du changement climatique, est disproportionnellement élevé, d’autant plus qu’elles sont une partie de la solution à ces problèmes »… « les femmes représentent environ 43 % de la main-d’œuvre agricole dans les pays en développement. Les familles exploitent environ neuf exploitations agricoles sur dix dans le monde et 80 % des aliments sont produits par des fermes familiales et de petites unités de production alimentaire à travers le monde. »
 
Ce lien femmes-agriculture-lien avec la terre se poursuit aussi dans le soin aux familles et dans les travaux ménagers. Et les auteures d’insister « la nécessité d’adopter une approche féministe en vue de promouvoir l’agroécologie et la réalisation du droit humain à une alimentation et une nutrition adéquates, et d’ouvrir ainsi la voie à des systèmes alimentaires équitables et durables.
 
Je porterai deux coquelicots
 
Ce texte nous ramène au mois de novembre : celui des personnes mortes et de la guerre. L’auteur commence par l Première guerre mondiale « qui a laissé dans son sillage près de 19 millions de morts sur les champs de bataille d’Europe. De ce nombre, environ 8 millions étaient des civils innocents pris dans le feu croisé de ce sanglant conflit qui fut le tombeau des vieux empires et duquel, terreau fertilisé par les cadavres aidant, en émergèrent d’autres. » Il poursuit avec la Deuxième guerre et avec la situation actuelle où les progrès techniques ont exploser. « La guerre totale a aujourd’hui fait place à une nébuleuse de micro-conflits entre factions plus souvent qu’autrement pilotées depuis Washington, Paris ou Moscou, avec l’aide précieuse de « puissances moyennes », comme le Canada »
 
Il parle d’un marché de la mort de plus de « 1,8 trillion de dollars US, une hausse de 2,8% par rapport à l’année précédente, selon le Stockholm International Peace Research Institue (SIPRI). Et il conclut dans une phrase è noter pour notre réflexion en parlant des coquelicots « Le rouge en souvenir et en solidarité avec le sacrifice de mes camarades d’armes.Le blanc en souvenir des civils morts et comme symbole de résistance face aux guerres présentes et futures. »
 
Bonne lecture
 

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