Édition du 15 décembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

Économie américaine

Pour les PDG, tout va bien

Les travailleurs étatsuniens commencent à voir timidement s’améliorer la situation du marché du travail, mais avec lenteur. Les plus récentes données montrent bien une création de 1,5 millions d’emplois dans les derniers 12 mois, mais il y a encore 7,5 millions moins d’emplois aujourd’hui qu’il n’y en avait au début de la grande récession. Le taux de chômage est de 23,9 % chez les jeunes et de 15,3 % chez les noirs.

Conséquences de cette situation, la part des personnes couvertes par un régime d’assurance-maladie d’entreprise est passée de 64,2 à 55,8 %, le taux le plus bas depuis que les données de cet indicateur existent. Le revenu médian réel est revenu à sa valeur de 1997 (oui 1997 et non pas 2007) après une série de baisses successives et le taux de pauvreté a grimpé à 14,3 %, mais il est de 25,8 % chez les noirs et de 25,3 % chez les hispaniques.

De leur côté, les dirigeants d’entreprise, continuent à voir leur revenu progresser avec vigueur. Alors que la richesse globale des familles étatsuniennes a vu sa valeur dégringoler de 12,8 billions (mille milliards) $ depuis son sommet atteint en 2007, le revenu des dirigeants d’entreprise est déjà retourné, en 2010, au niveau qu’il avait avant la récession. Le revenu médian des PDG a augmenté de 27 % en 2010 pendant que celui des employés grimpait d’un maigre 2,1 %. Le salaire médian d’un PDG s’est élevé à 9 millions $, auquel il faut ajouter un bonus médian de 2,2 millions $. Ces gains des PDG font en sorte que les inégalités de revenu aux États-Unis atteignent le pire niveau depuis 1928.

Mais ce n’est rien à côté de la démesure des revenus des dirigeants de l’industrie de la finance. John Paulson, qui aurait fait fortune en 2007 en misant contre les subprimes, a gagné un revenu de 4,9 milliards $ en 2010 à la tête du hedge fund Paulson & Company. Il y a 10 ans, les dirigeants des 25 plus importants hedge funds récoltaient un revenu combiné de cette ampleur. Mais en 2010, le revenu combiné du top 25 s’élève à 22,07 milliards $, autant que 440 000 travailleurs gagnant un salaire moyen.

Par ailleurs, pour couronner le tout, puisque le revenu des dirigeants des hedge funds est essentiellement sous la forme de dividendes et de gains en capital, leur taux d’imposition aux États-Unis se situera autour de 15 %. En comparaison, le taux d’impôt marginal des travailleurs de la classe moyenne sera plutôt autour de 25 % ! Qu’ils continuent à voter pour la droite et tout ira pour le mieux…pour les PDG.

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