Édition du 29 septembre 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Europe

Préparer la gauche à la future crise en Russie

IVAN DRURY ZARIN a mené cette entrevue pour Against the Current avec Mikhail Lobanov, homme politique socialiste démocratique russe en exil et l’un des organisateurs de Radical Democracy, lors de la conférence internationale antifasciste qui s’est tenue à Porto Alegre, au Brésil, en mars 2026. [1]
En 2018, Mikhail Lobanov a remporté un siège au Parlement russe, battant haut la main l’un des candidats de Poutine les mieux financés, dans un bouleversement qui rappelle certaines des récentes victoires des socialistes démocratiques lors d’élections aux États-Unis. Mais au lieu de pouvoir occuper ce siège pour défendre une politique indépendante, socialiste démocratique et anti-guerre au sein du gouvernement russe, son siège lui a été volé par une fraude électorale ; la police l’a harcelé, arrêté et roué de coups, et a fait une descente à son domicile, le forçant à quitter le pays.
Sans se laisser abattre, Lobanov, aux côtés de nombreux autres coordonnateurs, s’emploie désormais à mettre en place l’infrastructure et à consolider la ligne politique de la gauche de demain en Russie. Radical Democracy trouve ses racines dans la diaspora de gauche qu’il a été contraint de rejoindre à l’étranger.
Mais contrairement aux groupes d’opposition russes libéraux ayant leur siège dans des villes européennes, Radical Democracy s’attache à renforcer et à formaliser le réseau de jeunes gauchistes et progressistes qui, selon lui, sont forts, mais vivent dans la discrétion partout en Russie.
« Radical Democracy » a récemment lancé un bulletin d’information Substack ➚ consacré à la politique post-soviétique, avec des articles rédigés par des universitaires, des militants et des journalistes russophones.

6 septembre 2026 | tiré d’International View Point
https://internationalviewpoint.org/Preparing-the-Left-for-Russia-s-Future-Crisis

Against the Current : Commençons par une présentation de vous-même, de votre organisation et de votre parcours au sein de la gauche russe.

Mikhail Lobanov : Je suis un mathématicien russe, mais aussi un homme politique de gauche, un militant de gauche originaire de Russie, aujourd’hui en exil.
J’ai organisé de nombreuses campagnes dans les universités, car j’ai été, pendant de nombreuses années, étudiant, étudiant à la maîtrise et professeur de mathématiques à l’Université d’État de Moscou, la plus ancienne et la plus grande université de Russie.
Avec mes camarades de l’Université d’État de Moscou, nous avons créé le Groupe d’initiative, une sorte de parti clandestin. Nos activités ont donné lieu à de nombreuses réussites.

Ce fut une expérience unique pour les universités russes, car à l’époque de l’Union soviétique, il était impossible de s’organiser sans subir de répression au sein des universités. J’ai vu émerger une nouvelle génération d’étudiants qui souhaitaient s’impliquer, recourir à l’action collective et exercer une influence sur la vie de leur université.

Nous avons organisé « Occupy Rectorate », une action inspirée d’« Occupy Wall Street », mais consistant à occuper le bâtiment de l’administration universitaire et à présenter des pétitions comportant des milliers de signatures contre les mauvaises décisions de l’administration.

Au bout de quatre ou cinq heures, le recteur de l’université finissait par dire : « D’accord, je peux vous parler, ainsi qu’à vos délégués », et parfois nous réussissions, après quelques difficultés.

Ce nouveau mouvement politique a gagné en visibilité avant l’invasion de l’Ukraine. Pendant plus de dix ans, cette stratégie nous a valu de nombreux succès, et nous avons réussi à rallier étudiants et professeurs à ces campagnes.

De plus, nous avons protégé l’université. De temps à autre, le gouvernement voulait prendre des mesures préjudiciables à l’université et nous l’avons défendue. Nous avons également protégé notre université contre les promoteurs immobiliers, car autour de l’Université d’État de Moscou s’étend une immense zone verte, avec de nombreux parcs où les promoteurs souhaitent construire des tours.

Tous les deux ans, nous devions lancer une nouvelle campagne pour protéger ces parcs. Ce fut une expérience très enrichissante. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles mes camarades et moi entretenons de bons liens avec les militants locaux des quartiers environnants de notre université.

À peu près à la même époque, j’ai été cofondateur et coprésident d’un syndicat indépendant regroupant des travailleurs universitaires de différentes universités en Russie. Baptisé « Solidarité universitaire », il existe toujours et poursuit son action, mais il s’agit d’un petit syndicat. Cette expérience est également assez importante pour l’avenir.

ÉCRASEMENT DU SYNDICALISME INDÉPENDANT

ATC : Était-il plus facile de former un syndicat indépendant dans le secteur universitaire que dans d’autres secteurs ?

ML : C’était une tâche très difficile, extrêmement difficile. Nous avons créé ce syndicat et remporté quelques petits succès dans différentes universités concernant les salaires, ainsi que la protection d’un professeur que l’administration voulait congédier. Mais nous n’avons pas réussi à créer un grand syndicat.

Il y a différentes raisons à cela, mais la raison fondamentale tient à la politique de Vladimir Poutine. Lorsqu’il était premier ministre, Poutine entretenait d’excellentes relations avec l’ancien président, Boris Eltsine, et les oligarques, qui l’ont alors choisi – alors qu’il était encore assez jeune et issu des services de sécurité – pour devenir président et les aider à sauver leur régime puissant et leurs biens.

Cela a fonctionné. Poutine avait compris, lorsqu’il était premier ministre et auparavant, alors qu’il était chef des services de sécurité, que la principale menace pour les oligarques était une démocratie indépendante et un mouvement syndical autonome.
L’une des premières mesures prises par Poutine a été de modifier la loi sur les syndicats et d’introduire des mesures visant à détruire les fondements et les perspectives d’avenir des syndicats.

Il a modifié le Code du travail (Trudovoy Kodeks), la législation russe en matière de travail, afin de anéantir les perspectives des syndicats indépendants. Parallèlement, les services de sécurité se sont employés à démanteler les syndicats.

ATC : Vous dites donc que l’une des premières manifestations du style de répression de Poutine a consisté à couper l’herbe sous le pied des syndicats ?

ML  : Lorsque les défenseurs des droits de la personne à l’extérieur de la Russie, en Europe et aux États-Unis, parlent de la répression en Russie, ils évoquent toujours les médias de masse ; ils parlent de la destruction par Poutine de la liberté de la presse. Ils affirment qu’il a corrompu les juges et les tribunaux.

Ce dont personne ne parle, c’est de la manière fondamentale et basique dont ce régime a anéanti toutes les perspectives d’avenir des Russes en s’en prenant aux syndicats de multiples façons, et pourquoi, pendant de nombreuses années, avant l’invasion de l’Ukraine, la plupart des Russes détestaient leur vie.

Comment ce régime a-t-il pu perdurer ? Comment a-t-il pu se présenter comme un régime couronné de succès ? Au cœur même de ce problème se trouve la destruction par Poutine des perspectives d’avenir des syndicats indépendants.

Et aujourd’hui, la guerre en Ukraine nous montre que l’armée de Poutine repose sur des salaires très bas. La plupart des hommes qui vivent dans les petites villes du pays ne parviennent pas à trouver un bon emploi offrant un salaire décent. Ils sont très pauvres, et la seule façon pour eux d’acheter un appartement ou une auto est de se rendre au front.

ATC : Il y a donc en quelque sorte un double effet de l’attaque contre les syndicats : d’abord, éliminer la base du pouvoir de la classe ouvrière que les gens pourraient utiliser pour résister aux autres réformes à venir. Ensuite, baisser les salaires afin de créer une conscription économique, de sorte que les gens pauvres soient obligés de s’enrôler dans l’armée parce qu’il n’y a pas d’autre travail.

ML  : Le régime de Poutine repose sur une pratique néolibérale : la dégradation des conditions de vie. Poutine et ses dirigeants ont importé les techniques néolibérales des gouvernements et des sociétés occidentales. Poutine a détruit les fondements de la solidarité et de l’action collective en Russie afin que les entreprises russes et les oligarques puissent mettre en œuvre des politiques néolibérales sans rencontrer de résistance ni de problèmes.

Et après 25 ans d’application de ces techniques néolibérales, les grandes entreprises occidentales s’exclament : « Oh, c’est un régime très efficace ! » Dans nos pays, pour faire quoi que ce soit, il nous faut de nombreuses années à lutter contre les syndicats, le mouvement ouvrier et les mouvements étudiants. Poutine est un dirigeant très efficace et performant ! Ses pratiques néolibérales sont meilleures que les nôtres, nous devons tirer des leçons de son expérience !

Je constate que dans certains pays d’Europe occidentale et chez certains politiciens républicains conservateurs aux États-Unis, on affirme — en public — être anti-Poutine. Mais dans la pratique, ils se disent : « Oh, c’est une bonne expérience ! » Et ils tentent de soutenir le régime de Poutine et d’appliquer cette expérience dans leurs propres pays.

Élection truquée et arrestation

ATC : Quelle a été votre expérience après le Groupe d’initiative, le mouvement étudiant, Solidarité universitaire et la nouvelle offensive de Poutine contre les syndicats ?

ML : Après ces années de luttes diverses dans les universités et les syndicats, en 2021, lors des dernières grandes élections législatives russes avant l’invasion de l’Ukraine, j’étais candidat de l’opposition.

J’étais candidat dans une circonscription de l’ouest de Moscou, où se trouvait mon campus universitaire, et nous avons mené ma campagne comme une véritable opposition. Ce fut une campagne électorale très intéressante et unique pour la Russie.
Ma campagne ressemblait à celle de Bernie Sanders, bien qu’elle ne portait que sur une seule circonscription. Elle était similaire à celle de Bernie parce que nous n’avons pas accepté d’argent des grandes entreprises. Nous n’avons utilisé que des dons provenant de gens ordinaires. J’ai obtenu environ 73 000 votes, et plusieurs milliers de votes ont été détournés au profit du candidat du parti au pouvoir par le biais d’une fraude électorale.

Nous avons réuni un réseau de militants : des militants universitaires, des militants écologistes, des militants locaux, des militants syndicaux, des groupes de gauche, et cela a fonctionné. Ce fut une campagne visible et couronnée de succès.

Cinq mois avant l’invasion de l’Ukraine, nous avons remporté cette élection. J’ai obtenu 40 % des voix, contre moins de 30 % pour le candidat le plus en vue et le plus célèbre du parti de Poutine, Evgeny Popov, un télé-propagandiste.

Tout le monde en Russie connaît cet homme, car il anime une émission politique quotidienne à la télévision. Depuis de nombreuses années, il inculque aux Russes qu’il faut haïr le peuple ukrainien, qu’il faut haïr les gens d’Europe occidentale et des États-Unis, qu’il faut haïr. Il disposait d’énormément d’argent pour cette campagne, mais c’est nous qui avons gagné.

Cependant, après la fermeture des bureaux de vote, le gouvernement a utilisé les machines à voter électroniques pour modifier les résultats. Le fait est qu’en réalité, je devrais être député au Parlement russe. Je serais un opposant anti-guerre au sein du Parlement russe. Et ce serait terrible pour le Kremlin.

Quoi qu’il en soit, ce fut une expérience extrêmement importante pour la gauche russe. Nous avons continué à présenter des candidats après cette élection et après l’invasion. Nous avons appuyé et créé une plateforme pour un candidat indépendant anti-guerre lors d’une élection locale à Moscou en 2022 ; nous avons créé la plateforme VyDvizhenie (Nomination) pour soutenir les candidats indépendants anti-guerre aux élections municipales de Moscou.

Nous avons également organisé divers projets, qui ne se limitaient pas aux campagnes électorales. Comme nous avons un programme de gauche, nous savons que les élections sont importantes, mais notre objectif ne se limite pas à nous présenter aux élections et à les remporter : notre objectif est de voir s’opérer un profond changement social dans notre pays et dans le monde entier.

Après une année de démêlés avec les services de sécurité et la police, j’ai été arrêté à deux reprises. J’ai été roué de coups par la police. Ils ont perquisitionné mon appartement à deux reprises. On m’a attribué le statut d’« agent étranger », et j’ai été congédié de l’université. Cela s’est produit en même temps que la révolte de Prigozhin (Groupe Wagner — n.d.l.r.).

J’ai compris qu’ils tentaient de me faire pression pour que je quitte la Russie et j’ai décidé que je devais quitter le pays et poursuivre mes activités en exil — sinon, ils m’enverraient bientôt en prison.

Au début du mois de juillet 2023, j’ai quitté la Russie. Mais je ne considère pas cela comme un exil. Il s’agit d’un voyage d’affaires politique temporaire.

MISE EN PLACE D’UNE INFRASTRUCTURE POUR LE MOUVEMENT

À présent, hors de la Russie, nous devons, d’ici quelques années, créer une infrastructure pour un mouvement fort à l’avenir. Nous voyons qu’après quelques années — nous ne savons pas exactement quand —, il y aura une crise économique et politique. Peut-être après Poutine, peut-être avec Poutine.

Dans les segments actifs de la société russe – la partie anti-Poutine et anti-guerre –, on trouve des gens dotés d’une très grande expérience : de bons médias indépendants, de bons journalistes, de bons défenseurs des droits de la personne, une bonne infrastructure informatique pour la société civile, de très nombreux jeunes militants, mais aucune structure politique.

Les personnalités hors de la Russie qui défendent un programme libéral, comme Vladimir Kara-Murza, Maksim Katz et Garry Kasparov, n’ont aucun lien avec la population à l’intérieur de la Russie.

Il existe un fossé énorme entre eux et les centaines de milliers de militants.
La majorité de la société russe ne s’intéresse pas à la politique en ce moment ; elle pense qu’il est impossible de faire quoi que ce soit face à Poutine, ou de faire quoi que ce soit contre la guerre. La majorité est anti-Poutine et anti-guerre. Pourtant, elle considère que Poutine et la guerre sont comme la température. Il fait très mauvais : je n’aime pas cette température, mais je ne peux rien y faire. Ces gens appuient une politique social-démocrate.

ATC : C’est ce qui m’a marqué dans votre intervention lors de cette conférence : qu’il existe un consensus social-démocrate général au sein des classes populaires, et que dans la classe moyenne, il y a un sentiment socialement progressiste général ?

ML : Pas dans la classe moyenne –– parmi les militants. Au sein de la population russe en général, il y a un consensus social-démocrate ; parmi les militants, il y a un progressisme social.

Aujourd’hui, les éléments actifs de la société russe sont la jeune génération, âgée de 20 à 30 ans. Pour ces jeunes militants, un programme progressiste, un point de vue progressiste, un point de vue de gauche, constituent le courant dominant.
Les vieux politiciens libéraux ne font rien d’utile pour la société russe, n’ont aucun lien avec la population russe et n’ont aucune perspective d’avenir. Il existe un fossé entre cette opposition libérale et les militants d’aujourd’hui. Il existe également un fossé considérable entre eux et les millions de personnes vivant en Russie.

Ces deux fossés sont très importants. À l’avenir, en cas de crise, nous devrons mettre en place très rapidement une structure efficace. Ce sont les militants qui créeront ce mouvement et son infrastructure.

C’est pourquoi nous devons dès maintenant unir ces centaines et ces milliers de jeunes militants afin qu’ils soient prêts. Un projet politique doté d’un programme social de gauche, en période de crise, mobilisera ces millions et millions de personnes.

Les gens ordinaires voient bien qu’ils n’ont pas d’argent comme les oligarques, mais ils peuvent créer leur mouvement, ils peuvent agir plutôt efficacement et ils ont des perspectives.

ATC : Est-il possible de rassembler ces militants autour d’une discussion alors que c’est illégal, qu’on ne peut ni former d’organisations ni créer d’infrastructures ?

ML : Oui, nous y travaillons étape par étape. C’est une tâche très ardue.

Si quelqu’un dans le monde sait comment faire la révolution dans cette situation, qu’il nous invite. Nous devons organiser une réunion sur Zoom et tirer des leçons de son expérience.

Dans notre situation, nous devons expérimenter. Au cours de la dernière année, nous avons lancé une plateforme de projet appelée « Démocratie radicale ». Ce n’est pas un parti, c’est un projet visant à créer une infrastructure pour un futur mouvement.
Nous invitons des militants à des discussions en tête-à-tête. En général, les participants sont des acteurs clés issus de différents milieux de gauche : médias de gauche, ONG indépendantes, défenseurs des droits de la personne. La personne que nous invitons à échanger chaque semaine est un acteur clé dans une, deux ou trois de ces initiatives.
Dans l’ensemble, nous observons un nombre considérable d’initiatives et pouvons ainsi cerner ce que nous pouvons faire et de quelle infrastructure nous avons besoin pour aider ces initiatives à se développer. Ce faisant, nous aidons les groupes de militants et de chercheurs à survivre et à développer leurs activités. Nous créons une infrastructure pour l’avenir.

La plupart des militants de gauche et féministes vivent encore en Russie, mais les militants les plus en vue et les plus expérimentés ont quitté le pays pour échapper à la répression. Nous transmettons les ressources, l’expertise et la solidarité de ceux qui sont en exil à nos camarades restés en Russie. Et cela fonctionne.

C’est la première étape de notre stratégie. Il s’agit d’une structure efficace qui cherche sans cesse à créer des liens, encore et encore.

La deuxième étape, que nous entamerons cette année, consiste à mettre sur pied une organisation associative. Ce n’est pas un parti politique. Ce sera une organisation où les gens s’entraideront afin que nos nouvelles générations puissent faire l’expérience d’une organisation associative imprégnée de débats politiques.

La troisième étape consistera à unir ces deux efforts et à former une grande organisation à partir de ces militants et des groupes de travail de Radical Democracy. Cette structure efficace sera contrôlée par ses membres. Ce sera une organisation démocratique et, nous l’espérons, au moment de la crise, elle sera au cœur d’une immense mobilisation démocratique en Russie.

Lorsque cette mobilisation aura lieu, ce sera pour nous l’occasion de concrétiser notre programme de gauche.

Et ce sera une occasion pour la société russe de remplacer l’autoritarisme par quelque chose de meilleur. Une transformation aussi profonde, saine et révolutionnaire en Russie sera une bonne nouvelle pour de nombreux pays voisins de la Russie et dans d’autres régions du monde.

ATC : Eh bien, et détruire ce laboratoire fasciste qu’est la Russie de Poutine serait également un cadeau pour le monde.

ML : Oui, oui, oui, oui, oui, oui.

ATC : Ma dernière question est la suivante : que peuvent faire les socialistes à l’extérieur de la Russie, en particulier aux États-Unis, pour contribuer à ce processus ?

ML : Aux gauchistes de ces pays et aux militants de gauche, nous avons besoin de votre expérience.

Par exemple, je suis actuellement à Porto Alegre pour la conférence antifasciste, et j’ai constaté que les expériences des camarades brésiliens sont importantes pour nous.
Au XXe siècle, le Brésil a connu une dictature militaire (1964-1985 — note de la rédaction), et les militants de cette époque ont tenté d’agir. Et ce fut une réussite : le peuple brésilien a remporté une transformation démocratique grâce à un immense mouvement de gauche, un immense mouvement syndical ; il a transformé son propre pays et continue de le faire.

En janvier, nous avons organisé une conférence à Copenhague, au Danemark, où l’un de nos camarades vit et travaille. Il a établi des liens avec des militants de gauche, qui ont demandé aux syndicats danois de fournir des ressources afin d’inviter 15 coordonnateurs de Radical Democracy à une conférence à huis clos d’une journée.

Nous avons réuni environ 50 militants politiques issus de différentes organisations et partis, des députés, des militants syndicaux, des journalistes, ainsi que des membres actifs de la diaspora russophone de Copenhague.

Nous avons discuté de la situation en Russie, des stratégies et des tactiques des militants de gauche et des syndicalistes, ainsi que de nos perspectives. Un compte rendu de la conférence a été publié dans Jacobin le mois suivant. (Voir « À la recherche de l’opposition perdue de la Russie », par Morton Hammeken, 6 février 2026.) Vous pouvez également inviter nos camarades à participer aux discussions et aux conférences que vous organisez.

Et vous pouvez demander à des journalistes de gauche russes de rédiger des articles en anglais. Les militants et journalistes russes possèdent souvent une expertise considérable non seulement sur la Russie, mais aussi sur d’autres pays post-soviétiques.
Il nous serait utile que vos publications de gauche et vos médias indépendants fassent appel à notre expertise, car l’exil n’est pas une vie facile pour les journalistes de gauche indépendants.

Nous réfléchissons et discutons de la situation en Russie, mais notre action politique repose sur un programme international. Au sein de Radical Democracy, nous participons non seulement à la vie politique en Russie, mais aussi, par exemple, à des projets politiques avec des personnes d’Arménie, du Kazakhstan, de la Moldavie et d’autres pays post-soviétiques.

Nous considérons notre stratégie comme une stratégie internationale axée sur la situation en Russie, car la politique russe revêt une grande importance pour de nombreux pays. Nous devons changer le monde entier.

ATC : Merci de nous avoir accordé votre temps et de tout votre travail. Trouvons un moyen de continuer à travailler ensemble.

ML : Oui. Merci.

Source : septembre-octobre 2026, ATC 244 ➚.
P.S.
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DOCUMENTS JOINTS
preparing-the-left-for-russia-s-future-crisis_a9719.pdf (PDF - 994,5 KIB)
Extrait PDF article 9719

NOTES DE BAS DE PAGE

[1] Photo : Mikhail Lobanov prenant la parole lors d’un rassemblement à Moscou. Liens.
Russie
Opposons-nous à l’expansion militaire et à la révision constitutionnelle du gouvernement Takaichi

Mikhail Lobanov
Mikhail Lobanov est un militant syndicaliste et anti-guerre russe.
Ivan Drury Zarin

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