Édition du 8 octobre 2019

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Opinion

Prix des aliments : du vol

Les aliments ne sont pas des produits discrétionnaires de luxe. Leurs prix injustifiés frappent de plein fouet les populations. Les politiciens pourraient mettre fin à ces activités effectuées sur le dos des pays pauvres, qui se font extorquer leurs terres au nom du bienfait de l’investissement étranger et avec la complicité de leurs gouvernements.

Libre concurrence et économie de marché, vous dites ? Des oligopoles partout, qui sont plus grosses et plus puissantes que les États et à qui les politiciens de service permettent de tout faire.

Jamais ces mastodontes n’ont été autant subventionnés par l’État, qu’ils veulent pourtant minimal. S’ils polluent et font des gaffes découlant de leur cupidité qui provoquent des pertes de nombreux milliards, pas de problème, puisqu’au nom du principe too big to fall, les gouvernements vont les renflouer avec l’argent des innocentes victimes qui feront alors les frais de leurs budgets d’austérité au nom du postulat never too small to tax.

Après les ressources naturelles, voilà que les spéculateurs se sont garrochés sur les denrées alimentaires qui, avant d’être dans votre assiette, ont souvent été achetées et vendues une cinquantaine de fois, passant par les mains de fonds spéculatifs, de grossistes, d’importateurs, de contrats à terme, qui, à tour de rôle, prennent leur quote-part sous la forme d’impôts déguisés payés aux opportunistes qui ne produisent rien. Pour avoir une meilleure mainmise sur le prix des aliments, ces arrivistes achètent des terres agricoles partout dans le monde.

Voici à cet effet les titres d’articles de journaux : « Le cacao sera bientôt précieux comme l’or », « Acheter des terres agricoles, un pari peu risqué », « Retour à la terre des spéculateurs », « Hausse des prix du maïs, du sucre et du coton : les spéculateurs salivent » et « Le blé s’envole à la Bourse de Chicago ». Rien ne justifie le prix exorbitant des aliments. Mais le bon côté de cette exploitation est qu’elle crée de la richesse pour les riches, tels les gros détaillants, comme l’indiquent les titres de ces deux articles : « Les prix des aliments gonflent les profits de Loblaw-Provigo » et « Metro réalise des profits records ».

Les aliments ne sont pas des produits discrétionnaires de luxe. Leurs prix injustifiés frappent de plein fouet les populations. Les politiciens pourraient mettre fin à ces activités effectuées sur le dos des pays pauvres, qui se font extorquer leurs terres au nom du bienfait de l’investissement étranger et avec la complicité de leurs gouvernements.

En fait, il y a un moyen plus serein de régler cette arnaque selon un « dossier » paru dans La Presse : « Forte hausse du prix des aliments : le temps est venu de passer à la caisse ». Fallait y penser ! Faut donc passer « Go » et payer sans rechigner votre dîme aux seigneurs. Je vous en supplie, ne soulevez aucune critique, aussi minime soit-elle, sinon on va vous traiter d’intolérants.

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