Édition du 2 mars 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Écosocialisme

Déclaration finale de la conférence écosocialiste sur la justice climatique

Produisons moins, partageons mieux, décidons ensemble !

La conférence internationale de 2020 s’est tenue (par internet) du 26 au 28 juin. Consultez la page (en anglais) de l’Ecosocialist Conference for Climate Justice : www.eco-soc.net

Nous affirmons que le mouvement pour la justice climatique, les organisations progressistes et les syndicats doivent discuter du lancement de vastes campagnes internationales :

1. Pour la réduction massive de l’élevage intensif et de l’industrie de transformation de la viande, en défendant par contraste le développement de l’agriculture biologique et de l’industrie alimentaire durable.

2. Pour la socialisation des transports, en particulier de toutes les compagnies aériennes et de l’industrie aéronautique et automobile, et pour leur conversion dans la production de systèmes de transport public gratuits/à bas prix et des produits socialement utiles, qui soient durables sur le plan environnemental.
Enfin, nous convenons de nous retrouver physiquement en 2021, pour poursuivre le travail de cette conférence écosocialiste pour la justice climatique et développer notre programme d’action et notre alternative écosocialiste.

La pandémie de Covid-19 a révélé la fragilité de l’économie mondiale néolibérale. Nous devrons ainsi faire face à une nouvelle vague d’austérité et de chômage, alors que les gouvernements défendant les intérêts des entreprises augmentent les impôts et réduisent les dépenses de l’État, comme ils l’ont fait après le krach financier de 2008. Tout ceci se déroule dans le contexte de l’effondrement imminent des écosystèmes mondiaux causé par une surproduction impitoyable, un agrobusiness vorace et l’exploitation délibérée d’hydrocarbures bon marché et polluants pour le profit des entreprises. Nous devons remettre en question ce mode de production capitaliste, fondé sur la croissance et la consommation.

Les mesures contre la crise climatique doivent tenir compte du fait que les femmes, les personnes non blanches et la classe ouvrière en général sont touchées de manière disproportionnée par les crises combinées de la pandémie, de l’économie et de la destruction de nos écosystèmes.

Si nous ne nous mobilisons pas maintenant, dans ces dix prochaines années le réchauffement climatique deviendra irréversible, ce qui entraînera une détérioration rapide de la santé et du niveau de vie de la plupart des habitants de la planète. C’est pourquoi nous avons besoin d’un mouvement de masse à l’échelle mondiale, pour obliger les gouvernements à empêcher une augmentation de la température moyenne à la surface de la planète au-delà de 1,5 °C d’ici 2030. Face aux intérêts économiques particuliers qui cherchent à empêcher la réalisation de cet objectif, nous devons construire un mouvement populaire suffisamment puissant pour changer le système.

Un tel mouvement international implique des objectifs précis. Nos revendications immédiates incluent notamment :

1. Le contrôle démocratique et l’appropriation publique de toutes les industries destructrices (comme l’industrie des combustibles fossiles), ainsi que leur conversion immédiate à des sources d’énergie renouvelables. Les travailleurs de ces secteurs devront pouvoir exercer leurs compétences et leur créativité pour la production de services et produits utiles et durables. Les industries de l’armement doivent être démantelées et converties en productions purement civiles et pacifiques. Enfin, un programme de reconversion doit garantir le plein emploi avec une réduction et un partage égal du temps de travail.

2. L’arrêt immédiat de toutes les subventions d’État aux industries aériennes et automobiles, et l’introduction de taxes punitives sur les émissions de carbone et les pollueurs. Nous nous battons pour une socialisation des compagnies aériennes et de l’industrie automobile, leur démantèlement drastique, leur conversion et enfin leur intégration dans un système de transport public abordable et durable. En outre, il est urgent de mettre en place des systèmes de transport urbain gratuits.

3. Un plan d’urgence international coordonné au niveau des États, des villes et des villages, pour une transition globale vers une économie neutre en carbone et équilibrée sur le plan écologique. Ce plan doit être élaboré via l’auto-organisation et la mobilisation de masse des travailleurs et travailleuses, des paysan·e·s, des femmes et des peuples indigènes. Il doit notamment inclure la conversion de l’agro-industrie et de l’élevage intensif en un système de production alimentaire écologique et durable.

4. Une transformation écosocialiste doit inclure la socialisation du travail de soins aux proches, et sa répartition équitable au sein de la société. Des emplois écologiquement durables doivent être créés dans les domaines de la santé et des soins gratuits et universels, du logement, de l’éducation et des services socialement utiles.

5. L’annulation immédiate de toutes les dettes, en particulier celles des pays du Sud global et de la périphérie. Les banques internationales et le commerce financier doivent être taxés pour financer un programme de conversion écologique dans le Sud global, en réparation de l’esclavage, du colonialisme et de la destruction écologique causés par l’industrialisation occidentale. La mondialisation économico-financière doit être remplacée par des relations économiques sociales et environnementales entre le Nord et le Sud. Dans cette perspective, notre écosocialisme est solidaire des mouvements populaires du Sud mondial qui luttent contre le néolibéralisme et qui affirment une souveraineté populaire et démocratique.

6. La socialisation de l’industrie bancaire et financière, et son remplacement par un service bancaire public, géré démocratiquement pour l’investissement dans des plans d’urgence de projets écologiquement durables et socialement justes.

Les mots et les bonnes intentions ne suffisent plus. Le capitalisme est littéralement en train de tuer la planète. Un changement de système au niveau continental et mondial est nécessaire. Nous avons besoin d’une alternative radicale, anticapitaliste, écologique, féministe, internationaliste et antiraciste qui place les gens et la planète avant les profits privés. L’écosocialisme offre une alternative au système capitaliste et un avenir pour lequel il vaut la peine de se battre.

Une action commune et décisive : les prochaines étapes

La mobilisation massive des populations est nécessaire pour arrêter la crise climatique. C’est pourquoi il est nécessaire de construire un mouvement international contre la destruction de l’environnement par le capitalisme.

Nous pensons que le mouvement international pour la justice climatique devrait s’accorder sur des campagnes de masse communes dans un avenir immédiat, dans le but de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. À cette fin, nous nous attèlerons à promouvoir un dialogue entre le mouvement pour la justice climatique, les syndicats et les mouvements sociaux progressistes. En effet, la protection du climat, la protection de la santé des personnes et les intérêts des travailleurs pour des emplois décents et significatifs doivent pouvoir trouver une expression commune.

Nous soutenons donc la mobilisation pour des manifestations de masse à Glasgow et ailleurs en lien avec la COP26 de novembre 2021. Nous soutenons également les initiatives pour une journée mondiale d’action et de mobilisation pour la justice climatique à l’automne 2020.

Stoppons la hausse à 1,5 °C !
Faisons passer les gens et la planète avant les profits !
Luttons pour une alternative écosocialiste !

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