« Le modèle d’affaires qui repose sur le recours à des travailleur.euse.s à statut précaire, dont le permis fermé ne permet pas d’aller travailler ailleurs, doit cesser. On voit des entreprises qui comptent sur 30 %, 40 % et même 50 % de main-d’œuvre captive, ça n’a pas de sens. Oui à une immigration permanente, mais non à l’esclavage moderne », lance le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.
Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi dernier que les permis des travailleur.euse.s étranger.ère.s temporaires déjà présent.e.s en région pourraient être renouvelés, même si la proportion des travailleur.euse.s embauché.e.s en vertu de ce programme dépasse le maximum de 15 % (qui a incidemment été rehaussé de 10 à 15 % vendredi dernier). On peut s’interroger toutefois sur le sort des TET de la région métropolitaine.
« Ce sursis donne de l’air pour régler la situation. Le délai doit être mis à profit de toute urgence par Québec pour accepter de façon permanente les travailleur.euse.s étranger.ère.s temporaires qui souhaitent immigrer et les entreprises doivent les soutenir dans cette démarche, y compris en facilitant l’apprentissage du français », ajoute Nicolas Lapierre.
Les Métallos s’inquiètent par ailleurs du peu d’empressement du gouvernement à sélectionner les travailleur.euse.s étranger.ère.s temporaires du secteur manufacturier dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). En effet, les invitations arrivent au compte-gouttes, et déjà Québec a signifié son intention de privilégier les travailleur.euse.s du secteur public, comme ceux et celles des réseaux de l’éducation, de la santé et des services de garde.
« Les usines et les entreprises du secteur manufacturier sont essentielles à l’économie du Québec et tout particulièrement de nos régions. Ça suffit de les ignorer dans les politiques d’immigration et de considérer leurs travailleur.euse.s comme une main-d’œuvre jetable. Le PSTQ doit profiter du délai pour multiplier les invitations à immigrer de façon permanente à ces travailleur.euse.s essentiel.le.s pour l’avenir de l’économie », souligne Nicolas Lapierre.
Rappelons que le Rapporteur spécial de l’ONU Tomoya Obokata a comparé en 2024 le Programme des travailleurs étrangers temporaires et ses permis fermés à une « forme moderne d’esclavage ».


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