Édition du 9 juin 2026

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Violence faite aux femmes

Projet de loi « Gabie Renaud » - « Un pas dans la bonne direction, mais des angles morts demeurent », dit la CSQ

MONTRÉAL, le 13 mai 2026 - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) accueille favorablement le projet de loi no 4 visant la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d’un partenaire intime et modifiant diverses dispositions législatives.

« Il s’agit d’un pas de plus dans la bonne direction. Nous voyons évidemment d’un bon œil que la mobilisation en ce qui concerne les violences faites aux femmes soit porteuse de pistes de solutions et se traduise en actions politiques concrètes », de réagir à chaud la première vice-présidente de la CSQ, Nadine Bédard-St-Pierre. Elle rappelle du même coup que l’organisation prendra toutefois le temps de bien analyser les tenants et aboutissants de ce projet de loi tant attendu et présenté ce matin.

« La violence faite aux femmes constitue un enjeu prioritaire qui devrait faire consensus et rallier les différents partis politiques. En ce sens, on ne peut que souligner l’effort du gouvernement pour mieux protéger les victimes de violence conjugale. Cela étant dit, à la CSQ, nous pensons que, pour ce faire, la mise en place et la coordination de différentes mesures sont nécessaires. Ce projet de loi en est une, mais des angles morts demeurent, notamment notre demande visant à inclure dans la Loi sur les normes du travail dix jours d’absence rémunérés pour fuir la violence conjugale. »

Rappelons que la CSQ, à l’instar, d’ailleurs, de plusieurs groupes syndicaux, porte cette demande depuis plus de quatre ans, alors que le Québec connait une inquiétante augmentation des violences conjugales.

« Cette loi est importante pour mieux protéger les victimes de violence conjugale. Il est urgent, alors que dix féminicides ont été commis depuis janvier 2026, d’adopter aussi une approche plus globale. Pour reconstruire sa vie, il faut beaucoup de temps. Mais il existe un moment charnière où la personne décide de changer de trajectoire : ces journées d’absence garantissent le temps nécessaire pour entreprendre les démarches afin de se protéger et de se mettre à l’abri du contrôle et des réactions violentes de l’agresseur, et ce, sans perte de revenu ni risque de compromettre son lien d’emploi », insiste Nadine Bédard-St-Pierre.

La Centrale rappelle aussi que le Québec accuse du retard ; les victimes n’ayant droit qu’à un maximum de deux jours d’absence, seulement si ces journées n’ont pas déjà été prises pour d’autres raisons (maladie, congé personnel, etc.). La plupart des provinces et des territoires canadiens permettent aux victimes de violence conjugale ou familiale de prendre de trois à cinq jours d’absence rémunérés. La fonction publique fédérale accorde, quant à elle, dix jours d’absence rémunérés à ses employées et employés victimes de violence familiale.

La CSQ poursuivra donc ses représentations afin de faire cheminer cette demande essentielle visant à mieux soutenir les victimes. « Mais, entretemps, tous les morceaux du casse-tête comptent. »

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