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Santé

Projet de loi sur la main-d'œuvre indépendante - Il en faudra plus pour arrêter l'hémorragie

QUÉBEC, le 15 févr. 2023 - Alors que le gouvernement se donne les moyens pour encadrer le recours à la main-d’œuvre indépendante (MOI) dans le réseau de la santé et des services sociaux, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) s’inquiète de l’ampleur toujours plus grande de ce phénomène.

« La solution durable pour mettre fin au recours aux agences de placement est d’investir pour améliorer les conditions de travail du personnel, qui tient à bout de bras les services publics. En ce moment, ces agences utilisent de l’argent consacré à la population pour augmenter leur marge de profit. Le gouvernement doit mettre fin à cette exploitation éhontée de l’argent public le plus rapidement possible », indique d’entrée de jeu Robert Comeau, président de l’APTS.

En six ans, les sommes investies à la grandeur du Québec pour embaucher de la MOI dans la catégorie du personnel professionnel et technique (catégorie 4) ont été décuplées. Leur coût total est passé de 7,7 M$ en 2015-2016 à 89 M$ en 2021-2022.

Dans ce contexte, l’APTS apprécie le fait que le gouvernement légifère pour limiter le recours aux agences de placement mais s’inquiète du contenu des règlements qui accompagneront le projet de loi no 10, Loi limitant le recours aux services d’une agence de placement de personnel et à de la main-d’œuvre indépendante dans le secteur de la santé et des services sociaux (PL 10). « Nous saluons les intentions du ministre Dubé de mieux encadrer et de limiter le recours aux agences de placement. Mais pour qu’elles se concrétisent, il faudra que ce projet de loi s’accompagne de mesures d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public. C’est la seule façon de convaincre le personnel qui a quitté le réseau public d’y revenir à long terme », prévient Robert Comeau.

Pour certains établissements, comme les CISSS de la Côte-Nord et de la Gaspésie, le recours à la MOI a pris une telle ampleur qu’il provoque des déficits structurels de plus en plus grands. « La population en paye déjà le prix puisque le gouvernement doit augmenter la part du financement sans être en mesure d’offrir de meilleurs soins et services », déplore le président de l’APTS.

De plus, l’aspect temporaire et aléatoire du travail en agence représente un défi majeur pour maintenir la qualité de soins et services. « Pour les éducatrices, les travailleuses sociales et les agentes de relations humaines par exemple, la nature même du travail nécessite de créer des liens de confiance basés sur des relations stables et durables. Les établissements font pourtant très souvent appel aux agences pour combler ces postes », s’étonne M. Comeau.

L’APTS fera prochainement part de ses recommandations et de ses attentes sur le PL 10 ainsi que sur les règlements qui en découleront.

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