Mission contredite
Plusieurs enjeux demeurent sans règlement malgré les échanges. Les travailleuses soutiennent que certaines positions de l’employeur sont difficiles à concilier avec la mission d’un organisme voué à l’accueil et à l’intégration des femmes immigrantes. « Nous avons nous-mêmes déjà eu à surmonter les défis que rencontrent les femmes que nous accompagnons au quotidien », explique la représentante syndicale Michelle Makoko. « Nous les informons de leurs droits et les encourageons à les faire respecter. Nous demandons simplement que les valeurs que porte l’organisme s’appliquent aussi à celles qui remplissent la mission », poursuit-elle.
« Le climat de travail s’est nettement détérioré depuis l’accréditation », dénonce par ailleurs la déléguée syndicale Aïcha Koné. « Les employées sentent qu’elles doivent se taire pour ne pas être mises à l’écart. Ce n’est plus seulement un enjeu de négociation, c’est un enjeu de santé et de sécurité au travail », ajoute-t-elle.
Des pratiques contestées
Depuis l’accréditation syndicale, deux postes de cadre ont été créés, portant à quatre le nombre de cadres pour une équipe de seize personnes. La direction dit vouloir ainsi accompagner les employées « de manière sereine et pacifique ». Le syndicat a déposé plusieurs plaintes en vertu de l’article 59 du Code du travail, qui interdit à un employeur de modifier les conditions de travail en cours de négociation sans le consentement du syndicat. « On nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour améliorer les conditions de travail, mais visiblement il y en a pour ajouter des postes de gestion », affirme le vice-président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSN, Mickaël Lavoie.
Des problèmes non résolus
Aucune avancée n’a été possible sur plusieurs enjeux centraux. L’employeur refuse notamment :
– de consentir à des augmentations salariales ;
– de reconnaître tout principe de rétroactivité ;
– d’encadrer le télétravail, une pratique pourtant déjà en vigueur dans l’organisation ;
– de reconnaître l’expérience de certaines employées ;
– d’appliquer à l’ensemble des employées la nouvelle structure salariale qu’il a lui-même déposée à la suite d’un audit des ressources humaines.
La conciliation, seule avenue
« Nous aurions préféré régler ce dossier à la table, mais après neuf séances et un refus obstiné de bouger sur les questions monétaires, la conciliation devient la seule avenue responsable pour faire progresser ce dossier », affirme le vice-président de la Fédération des professionnèles-CSN, Ryan W. Moon.





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