Édition du 17 février 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le mouvement des femmes dans le monde

Quel effet ont les propos de Trump sur les survivantes de violences sexistes ?

Je voudrais expliquer quelque chose qui est souvent ignoré ou tourné en dérision, mais qui est très réel pour de nombreuses victimes de violence conjugale et d’agression sexuelle, y compris des femmes qui ont travaillé d’arrache-pied pour échapper à ces violences.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Pour de nombreuses victimes, le comportement de Donald Trump n’est pas seulement une question de « politique » ou de « personnalité ». Ses paroles, son ton de voix et ses actions reflètent étroitement les schémas de violence qu’ont subis des victimes. C’est pourquoi sa présidence est profondément traumatisante pour beaucoup d’entre nous.

Voici les raisons spécifiques et factuelles qui expliquent cela :

1. Minimisation des abus

Trump a publiquement qualifié la violence conjugale de « petite dispute avec la femme » et a suggéré qu’elle ne devrait pas être traitée comme un crime grave. Les survivantes entendent souvent la même chose de la part de leurs agresseurs : « Ce n’est pas si grave. » « Tu exagères. » « Ce n’est qu’une affaire privée. » Entendre cela de la bouche d’un président rouvre cette blessure.

2. Normalisation des agressions sexuelles

Des propos enregistrés de Trump — p. ex. « Attrapez-les par la chatte » — décrivent les agressions sexuelles comme quelque chose dont les hommes puissants peuvent se tirer à bon compte. De nombreuses victimes ont été agressées par des personnes qui pensaient avoir des droits sur le corps des femmes. Entendre ce langage célébré ou minimisé publiquement reflète précisément cette dynamique de pouvoir.

3. Humiliation publique et intimidation

On voit souvent Trump ridiculiser, rabaisser et attaquer verbalement des gens — et en particulier des femmes — en public. Les victimes reconnaissent immédiatement cette tactique. Les agresseurs utilisent souvent l’humiliation, le ridicule et la domination pour maintenir leur contrôle. Ce n’est pas seulement ce qu’il dit, c’est aussi la manière dont il le dit.

4. Nier les paroles de survivantes ou tenter de les discréditer

Trump a contredit ou attaqué à plusieurs reprises des femmes qui ont accusé des hommes puissants (y compris lui-même) de sévices ou d’agression. Les survivantes éprouvent déjà du mal à être crues. Voir un président discréditer ouvertement les femmes renforce la crainte qu’il soit dangereux et inutile de prendre la parole.

5. Mesures politiques qui affaiblissent les mesures de protection des survivantes

Sous l’administration Trump, les définitions de l’agression sexuelle et de la violence domestique ont été restreintes, les enquêtes sur les violences sexuelles ont été réduites et le financement des services aux survivantes a été supprimé ou gelé. Pour les survivantes, il ne s’agit pas d’une politique abstraite : cela affecte leur accès aux refuges, aux services de conseil, à la protection juridique et à la sécurité.

6. Style de communication coercitif et contrôlant

Les professionnels de la santé mentale ont remarqué que le discours de Trump (manipulation mentale, déni, renvoi de la responsabilité vers autrui, attaques contre ses détracteurs) ressemble fortement à des tactiques de violence psychologique. Les survivantes ne réagissent pas seulement aux contenus : leur système nerveux réagit à des signaux de danger familiers.

7. Retraumatisation par le pouvoir

De nombreuses survivantes ont échappé à la maltraitance en reprenant du contrôle sur leur vie et en retrouvant la sécurité. Voir une personne dotée d’un pouvoir immense se comporter de manières similaires à celles de leur agresseur, sans subir de conséquences, peut déclencher chez elles de la peur, de la dissociation, de la panique et du désespoir.

C’est pourquoi tant de survivantes sont en difficulté.
C’est pourquoi certaines femmes se sentent en insécurité, invisibles ou émotionnellement épuisées.
C’est pourquoi l’injonction à «  simplement ignorer » de tels propos ne fonctionne pas.

Il ne s’agit pas d’être «  trop sensible ».
Il s’agit d’expériences vécues, de ce que l’on sait des traumatismes et d’une nécessaire prise de responsabilité.

Les survivantes méritent des leaders qui prennent les violences au sérieux, qui croient les victimes et ne normalisent pas les sévices ou la coercition — dans leurs paroles, leurs actions et leurs politiques.

Si vous ne comprenez pas pourquoi cela est difficile pour les survivantes, veuillez les écoutez-les avant de rejeter leurs voix.

Wendy Barnes, éducatrice et autrice
Traduction : TRADFEM
https://tradfem.wordpress.com/2026/01/21/quel-effet-ont-les-propos-de-trump-sur-les-survivantes-de-violences-sexistes/

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