Édition du 8 septembre 2026

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Amérique centrale et du sud et Caraïbes

Régimes politiques et mouvement ouvrier au Brésil

Depuis la fin du XIXe siècle, deux caractéristiques notables de l’histoire sociale du Brésil sont la forte intervention de l’État dans la régulation des relations de travail et l’adaptation des stratégies ouvrières face aux modèles économiques successifs. Entre répression, résistance et alliances, le mouvement ouvrier a défendu ses intérêts tout en réagissant et en participant aux transformations sociales et politiques du pays.

Introduction

Cet article examine l’histoire longue, depuis 1888 et l’abolition de l’esclavage, des rapports entre régimes politiques et mouvement ouvrier au Brésil, selon une approche macrosociologique. Le sociologue Olivier Fillieule1 distingue en effet trois niveaux d’analyse des mouvements sociaux : macro, méso et micro. Le niveau macro implique, selon les termes de Charles Tilly, « des analyses, historiquement situées, de macrostructures et de processus longs  »2. Le niveau méso s’intéresse au fonctionnement des organisations militantes. Le niveau micro, enfin, trace les trajectoires et origines des militants.

Washington Luís (1926-1930), dernier président de la República Velha (« Vieille République », 1889-1930), disait : « A questão social é um caso de polícia3 » (« La question sociale est une question de police »). Cette maxime représentait bien ce régime caractérisé par la puissance de l’alliance dite « café au lait » (café com leite) entre élites du secteur caféier (de la région de São Paulo) et laitier (de l’État du Minas Gerais) et par la répression du prolétariat rural et urbain. Le chanteur Chico Buarque l’évoque ainsi dans la samba «  Vai passar  » : « Palmas pra ala dos barões famintos / O bloco dos napoleões retintos / E os pigmeus do bulevar.  » («  Applaudissements pour l’aile des barons faméliques / Le bloc des napoléons colorés / Et les pygmées du boulevard  »). Les «  barons faméliques  » sont les riches propriétaires qui en veulent toujours plus, tandis que les « napoléons colorés » sont les militaires et les « pygmées du boulevard » le peuple pauvre. La métaphore animale fait référence à une structure sociale rappelant l’esclavage – partie intégrante de l’histoire du travail au Brésil. Rappelons-nous notamment du royaume autonome des Palmares fondé par des esclaves insurgés au XVIIe siècle, et dont le leader Zumbi reste une figure de la conscience noire. Le Brésil est, de fait, le dernier pays d’Amérique latine a aboli l’esclavage, par la Loi d’or du 13 mai 1888. Avant cela, l’économie, en particulier les secteurs agricole, domestique et portuaire, en était largement dépendante4. Dès 1890, face aux pressions des fazendeiros (grands propriétaires terriens) se plaignant d’une pénurie de main-d’œuvre, la República Velha encouragea par décrets l’arrivée d’immigrants européens5 (1890) et chinois et japonais6 (1892).

Toutefois, notre analyse sur le temps long de la dialectique entre régimes politiques et mouvement ouvrier au Brésil n’intègre pas les temps de l’esclavage. Référons-nous à la conceptualisation des mouvements ouvriers du sociologue Alain Touraine. Leur motif est d’abord la défense des travailleurs : «  une défense collective d’intérêts qui ne sont pas seulement économiques, mais qui ont toujours un fondement économique ou professionnel7  ». Les actions ouvrières sont aussi porteuses d’un modèle de société et donc « deviennent politiques […] car elles cherchent à modifier le système de décision à divers niveaux de l’organisation économique et sociale8  ». Cette lutte concerne particulièrement les structures de classe : «  Il n’y a de mouvement social qu’animé par une conscience de classe9. » Dans ce cadre, la lutte pour les intérêts des travailleurs auprès du régime politique nécessite donc l’existence de structures juridiques et institutionnelles l’autorisant (ou non). Or, les temps de l’esclavage se caractérisent par un vide juridique et institutionnel à cet égard. La República Velha créa de telles structures en 1890 en punissant d’une amende ou de la prison tout arrêt de travail10. De plus, le fait que des acteurs portent un modèle de société suppose un espace public traversé de clivages sociopolitiques. Cette condition est particulièrement pertinente en Amérique latine car, selon A. Touraine, l’État a dans une large mesure créé la société : il «  existe en Amérique latine une forme dominante d’intervention sociale de l’État […] qui correspond à la nature politique d’une société dépendante11 ». Après l’indépendance du Brésil en 1822, la prospérité économique produisit un consensus (des citoyens) en faveur de la monarchie. La position abolitionniste de la régente Isabelle, intronisée en 1887, provoqua l’opposition des fazendeiros : le consensus se rompit et l’espace public se cliva. Enfin, une conscience de classe nécessite une certaine cohésion et unité. Or, avant les années 1880, la division en soi et pour soi entre travailleurs libres et esclaves est trop importante pour qu’il soit valide de parler de conscience ouvrière.

En définitive, le développement du mouvement ouvrier dépend d’une modernité sociale et politique qui émergea au Brésil à la fin des années 1880. En nous inspirant de la conceptualisation de A. Touraine, nous analysons donc les rapports entre régimes politiques et mouvement ouvrier, avec en toile de fond l’État, l’économie et la société. Régimes politiques et mouvement ouvrier s’encastrent dans l’État, l’économie et la société, mais cherchent aussi à les changer. Insistons sur le verbe chercher, qui vise à se garder d’une vision téléologique de l’histoire. En raison de leur inscription dans des circonstances toujours singulières, les régimes politiques comme le mouvement ouvrier ne sont jamais fatalement voués à triompher ou à échouer. La portée de leurs actions est à analyser dans leur complexité et leurs contradictions.

L’analyse qui suit précise d’abord qu’il y a historiquement au Brésil un fort contrôle des relations de travail par l’Etat, ce qui influence les répertoires d’action12 du mouvement ouvrier. Ensuite, nous mettons en parallèle les modèles économiques promus par les différents régimes et les stratégies politiques du mouvement ouvrier. Enfin, nous comparons les modèles de société des régimes politiques et du mouvement ouvrier.

Le contrôle des relations de travail par l’Etat et les répertoires d’action du mouvement ouvrier

Sous la República Velha (1889-1930), le régime garantit à l’alliance café au lait que les relations du travail restassent organisées selon ses intérêts, y compris par la répression. Cette alliance se rompit en 1930 : un mouvement armé mené depuis le Minas Gerais destitua le président pauliste Washington Luís. Getúlio Vargas fut élu président le 3 novembre 1930 et déclara : «  On ne peut pas nier l’existence de la question sociale au Brésil comme l’un des problèmes qui devront être considérés avec sérieux par les pouvoirs publics13. » Cette promesse s’institutionalise sous l’Estado Novo (1937-1945), lequel organisa les relations de travail selon un modèle corporatiste. Un titre entier du Code pénal de 1940 est dédié aux «  crimes contre l’organisation du travail ». Le droit du travail fut unifié en 1943 par la loi de Consolidation des Lois du Travail14 (CLT), laquelle disposa aussi d’un contrôle par l’Etat de l’activité syndicale, notamment par un impôt syndical obligatoire. La dictature militaire (1964-1985) apporta peu de modifications à la CLT, si ce n’est le renforcement de la limitation du droit de grève. Avec la VIe République et la restauration démocratique (depuis 1985), le droit de grève fut inscrit dans la Constitution de 1988. Aujourd’hui, le Brésil est le seul pays au monde à avoir institué un ministère public du travail ; la loi dispose de nombreuses interventions obligatoires de la Justice du Travail (Justiça do Trabalho) dans les relations entre travailleurs et employeurs.

Ce contrôle des relations de travail par l’Etat – sous le mode de la répression comme de la prise en charge – influence les répertoires d’action du mouvement ouvrier. Avant 1930, dans l’agriculture comme dans l’industrie émergente, ses revendications étaient la réduction du temps du travail, le droit de grève (strictement interdit jusqu’en 193515) et la liberté d’organisation. Les actions ouvrières prenaient la forme de grèves violemment réprimées ; la plus notable est la grève générale anarchiste à São Paulo en juillet 1917. L’Estado Novo concéda à quelques revendications, comme le droit de grève en cas de « motifs pertinents quant [aux] conditions de travail16 » – de nouveau interdit par la Constitution de 1937. Ce retour en arrière illustre les contradictions du régime, entre dissolution de certaines revendications ouvrières dans le corporatisme et répression, par exemple par l’interdiction des partis politiques en 1937. Ceux-ci sont en effet des acteurs majeurs du mouvement ouvrier ; par exemple, le Parti Travailliste et le syndicat de l’Union Générale du Travail tinrent un congrès commun en octobre 1931.

D’importantes grèves marquèrent la IIIe République (1945-1964) ; cependant, le mouvement ouvrier se cliva selon deux répertoires d’action. Le premier assentit au contrôle de l’Etat et à des politiques du travail d’inspiration varguiste, notamment sous la présidence de João Goulart (1961-1964), auparavant ministre du Travail lors du bref retour de G. Vargas à la présidence (1951-1954). Le deuxième répertoire d’action, au contraire, chercha l’indépendance vis-à-vis de l’État. Par exemple, un intervenant du quatrième congrès du Parti Communiste du Brésil (1954) appela à lutter contre «  l’intervention dans les syndicats du gouvernement de latifundiaires et de grands capitalistes au service de leurs maîtres nord-américains17  ». Mentionnons aussi l’organisation croissante du mouvement ouvrier en milieu rural. Un exemple est le développement des Ligues paysannes, luttant pour la réforme agraire. La première est créée en 1954 dans l’État du Pernambouc ; en 1960, elles étaient présentes dans la moitié des États de la fédération. Sous la dictature militaire, les actions ouvrières prirent la forme d’une résistance face au régime. Le sociologue John Humphrey analyse ainsi ce changement de régime comme de répertoires d’action : «  Dans la période populiste, les grèves de masse de 1953 et 1957 avaient été organisées et dirigées par le mouvement syndical “officiel” et les syndicats comptaient sur l’État pour qu’il satisfasse leurs doléances. Après 1964 les syndicats firent face à un État hostile, ce qui les força de plus en plus à négocier avec les employeurs et à s’opposer ouvertement à l’État18. »

Depuis les années 1980, sans pour autant abandonner le modèle de la grève générale (en mars 1989, la plus grande grève générale de l’histoire du Brésil mobilisa environ 35 millions de travailleurs), les répertoires d’action ouvriers deviennent plus localisés : par exemple, des comités autonomes d’usine. Enfin, de nouveaux moyens d’action sont mis en œuvre, dont les plus célèbres sont ceux du Mouvement des sans-terre qui organise des actions d’éducation populaire et participe aux sommets altermondialistes.

Politiques économiques des régimes et stratégies politiques du mouvement ouvrier

L’État cherche aussi à organiser les relations de travail au moyen de ses politiques économiques19. La República Velha promut un modèle agro-exportateur. L’objectif était la conservation de l’ordre social comme garantie de développement économique, d’où la répression du mouvement ouvrier. Sans complètement abandonner le modèle agro-exportateur, l’Estado Novo adopta un modèle d’industrialisation par substitution aux importations. En réalité, l’industrialisation dépendit des structures économiques et sociales du modèle agro-exportateur, qui lui fournit ses excédents de capitaux (avec l’intervention de l’Etat) et sa main-d’œuvre (par l’exode rural). Les élites industrielles comptaient parmi les soutiens les plus fidèles au régime. G. Vargas cherchait à purger le processus d’industrialisation de toute conflictualité, d’une part par le consentement des classes moyennes qui profitaient des créations d’emploi, et d’autre part par le contrôle du prolétariat via les syndicats officiels. Dans les années 1950-1960, les politiques économiques soutenaient le développement de secteurs particuliers, notamment le pétrole et les chemins de fer. En réponse, le mouvement ouvrier, porteur d’un idéal d’unité du prolétariat, organisait des comités d’action intersectoriels, comme le Pacte d’Action Conjointe pendant la grève des 700 00020 à São Paulo en 1963. La dictature militaire comme la démocratie, quant à elles, relayèrent le modèle capitaliste néolibéral (quoique régulé par l’État-providence sous les gouvernements de gauche). Contre l’augmentation de la durée légale du travail en 1973, par exemple, les ouvriers de la métallurgie pauliste organisèrent des opérations escargot.

Tandis que les régimes politiques cherchent à définir le rôle du mouvement ouvrier dans l’organisation économique, le mouvement ouvrier cherche à former des alliances au sein des régimes pour défendre les intérêts des travailleurs. L’exemple le plus emblématique en est la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) qui combine idéaux révolutionnaires et alliances institutionnelles. C’est historiquement un syndicat classiste et de masses, appelant à l’unité du prolétariat en tant que classe productrice de richesses face à la bourgeoisie oisive. Elle reste étroitement liée au Parti des Travailleurs – celui des présidents Lula (2003-2011, depuis 2023) et Dilma Rousseff (2011-2016), comme le montre la circulation du personnel entre les deux organisations. Par exemple, Jair Meneguelli fut président du syndicat de sa création en 1983 à 1994, année où il est élu député fédéral du PT. Par ailleurs, en 2004, mécontente de l’action du PT, une partie de la CUT s’en désolidarisa pour fonder la Coordination Nationale des Luttes, qui s’associa d’emblée au Parti Socialiste des Travailleurs Unifié.

Divergences et convergences des modèles de société des régimes politiques et du mouvement ouvrier

Pour A. Touraine, dans les États d’Amérique latine qu’il identifie comme « nationaux-populaires », « le peuple est l’image mythique d’une réunification souhaitée mais lointaine de la société21 ». On y observe deux positions extrêmes : la « réunification sociale » prônant l’absence de classes et le refus d’un mouvement ouvrier, ou au contraire la reconnaissance de l’existence des classes et l’acceptation du mouvement ouvrier. Le positivisme (sous la República Velha) et le varguisme (sous l’Estado Novo) sont des exemples extrêmes d’idéologies de réunification sociale. Le positivisme, du reste, a durablement inspiré les élites politiques brésiliennes ; un héritage en est la devise officielle «  Ordem e Progresso  » (« Ordre et Progrès »). Il postule que la réalité ne se construit pas (elle existe de façon nécessaire) et que l’on peut comprendre la société comme régie par des lois universelles, existant au-delà des particularités nationales. Les classes sociales, en tant qu’expression de la particularité, sont alors un artifice que la politique, perçue comme science dure, doit éliminer. Le varguisme et la dictature militaire portaient un objectif semblable : éliminer les classes sociales par le corporatisme et le néolibéralisme, respectivement. Dans ce contexte, le mouvement ouvrier perd la raison même de son existence : la défense d’une classe contre une autre. Au contraire, les gouvernements de gauche de la VIe République reconnaissent l’existence d’une structure de classe et perçoit donc le mouvement ouvrier comme l’une de ses expressions normales ; plus encore, celui-ci contribue à la lutte contre les inégalités et à la construction démocratique, notamment par l’abandon de la violence politique. Lula déclare en 1989 : « Un jour nous allons faire la réforme agraire dans ce pays, un jour la classe laborieuse va contrôler les moyens de production de ce pays et cesser d’investir dans les armes22.  »

Les idéaux anarchistes, socialistes et communistes se développèrent sous la República Velha puis perdurèrent, malgré la répression, sous l’Estado Novo et la dictature militaire. Dès 1903, le journal Brazil Operário (« Le Brésil Ouvrier ») appelait à combattre le « capitalisme né de l’effort et de la sueur du travailleur23  ». La lutte armée contre la dictature militaire fut surtout le fait d’organisations extraites du parti communiste, comme l’Action Libératrice Nationale et le Mouvement Révolutionnaire du 8 octobre. Depuis les années 1980, le mouvement ouvrier brésilien s’éloigne de ces idéaux au bénéfice d’une vision supposément pragmatique de la structure de classe. Il est question d’un « nouveau syndicalisme », de tendance réformiste et jouant un rôle de conseil auprès de l’État. Par exemple, en 2002, le Syndicat des Métallurgistes affilié à la CUT proposa un plan en sept points pour redévelopper le secteur automobile24, selon un idéal de coopération entre travailleurs, employeurs et État.

Conclusion

Depuis la República Velha et ses politiques répressives, jusqu’à la VIe République qui légalise et légitimise syndicats et droit de grève, l’État au Brésil a cherché à encadrer, voire à instrumentaliser, les relations de travail et les formes d’organisation des travailleurs. En retour, le mouvement ouvrier a réinventé ses répertoires d’action, entre intégration au jeu institutionnel, résistance et stratégies d’indépendance. Les différents régimes politiques ont tenté d’accorder l’organisation du travail au service de leurs modèles économiques (agro-exportateur, industrialisation par substitution aux importations, capitalisme néolibéral), tandis que le mouvement ouvrier a organisé résistances et alliances pour défendre ses intérêts. Les modèles sociaux (positivisme, varguisme, néolibéralisme, démocratie sociale) ont impliqué reconnaissance ou négation des classes sociales, alors que le mouvement ouvrier a toujours affirmé le caractère fondamentalement conflictuel des rapports sociaux.

Aujourd’hui, le mouvement ouvrier brésilien a un rôle – reconnu par l’État – de participation à la vie démocratique et à la lutte contre les inégalités, tout en étant traversé de divisions internes entre radicalité et réformisme, conflit et coopération. Loin d’un récit linéaire ou téléologique, l’analyse macrosociologique montre ainsi une dialectique entre régimes politiques et mouvement ouvrier, accompagnant les transformations économiques et sociales du Brésil.

Coline Ferrant
Maîtresse de conférences en développement et politiques sociales (Assistant Professor in Social Development & Policy) à Habib University (Karachi, Pakistan).
coline.ferrant@ahss.habib.edu.pk

Notes
1.Olivier Fillieule, “Travail militant, action collective et rapports de genre”, working paper, Lausanne, Université de Lausanne, 2008.
2.Charles Tilly, Big Structures, Large Processes, Huge Comparisons, New York, Russell Sage Foundation, 1984. p. 2.
3.Cité par Maria Alice Barroso, Os Poseiros, Rio de Janeiro, Organizaçoẽs Simões, 1955, p. 188.
4. La recherche historiographique ne parvient toutefois pas à estimer leur proportion parmi la main-d’œuvre totale.
5.Decreto 528/1890.
6.Decreto-lei 97/1892.
7.Alain Touraine, « Syndicalisme et mouvement ouvrier » in Collectif, L’actualité de la charte d’Amiens, Paris, PUF,1987, p. 222.
8. Ibidem, p. 223.
9. Ibidem, p. 224.
10.Decreto 847/1890.
11.Alain Touraine, La parole et le sang. Politique et société en Amérique latine, Paris, Odile Jacob, 1988, p. 168.
12.D’après Charles Tilly, des « moyens d’agir en commun sur la base d’intérêts partagés » (La France conteste de 1600 à nos jours, Paris, Fayard, 1986, p. 541).
13. Cité dans Beatriz Dornelles, Porto Alegre em destaque : história e cultura, Porto Alegre, EDIPUCRS, 2004, p. 234.
14.Consolidação das Leis do Trabalho. Decreto-lei 5.452/1943.
15. Decreto-lei 847/1890.
16.Lei n°38/1935, art. 18.
17.Ely Brasil, « O Programa do Partido e a Atividade dos Comunistas na Luta pela Unidade e a Organização da Classe Operária », intervention au IVe Congrès du Parti Communiste du Brésil, Problemas – Revista Mensal de Cultura Política, n°64, 1954-1955.
18. John Humphrey, Capitalist Control and Workers’ Struggle in the Brazilian Auto Industry, Princeton, Princeton University Press, 1982, p. 25.
19. Là encore, il s’agit d’un processus généralement observé en Amérique latine. Par exemple, l’historien Leslie Manigat caractérise ainsi les rapports entre régimes caudillistes et élites économiques : « une vie politique correspondant à une société rurale au sein de laquelle la structure de la propriété est latifundiaire et le commandement socio-économique détenu par l’aristocratie foncière, l’Église et l’institution militaire » (L’Amérique latine au XXe siècle – 1889-1929, Paris, Seuil, 1991, p. 85).
20.700 000, soit le nombre de travailleurs alors mobilisés (Larissa Rosa Corrêa, « A “greve dos 700 mil” : negociaçoẽs e conflitos na Justiça do Trabalho – São Paulo, 1963 », História Social, n°14-15, 2008, p. 219-236).
21.Alain Touraine, La parole et le sang. Politique et société en Amérique latine, op. cit., p. 171.
22. « Governo Lula », Folha de S.Paulo, numéro spécial, 2002.
23.Brazil Operário, n°8, deuxième quinzaine d’août 1903 (cité dans Adalmir Leonidio, « Saint-Simonismo e Positivismo nos Primórdios do Movimento Operário no Brasil », Revista Mediações, vol. 10, n° 1, janvier-juin 2005, p. 173).
24.Claudia Rolli, « Sindicato tem plano para ajudar empresas », Folha de S.Paulo, 10 avril 2002.

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