Édition du 17 février 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Amérique centrale et du sud et Caraïbes

Rejet de l’agression impérialiste, de la collaboration néocoloniale du gouvernement, et pour les libertés et les droits du peuple travailleur

Les organisations qui composent la Rencontre nationale pour la défense des droits du peuple et d’autres courants anti-impérialistes, à partir d’une position d’indépendance de classe et de toute autre forme de pouvoir oppressif, prennent position face à la grave situation que traverse notre pays à la suite des attaques criminelles perpétrées par les États-Unis et le gouvernement de Donald Trump sur le sol vénézuélien. Nous assumons la défense du droit à l’autodétermination du Venezuela et de la souveraineté nationale, et appelons à rejeter l’agression militaire et l’offensive impérialiste contre le pays.

28 janvier 2026 | tiré de Vientosur.info | Contenu de l’affiche : Rejet de l’agression impérialiste, de la collaboration néocoloniale du gouvernement, et pour les libertés et les droits du peuple travailleur
Convocation des organisations signataires à un rassemblement devant la Défensoría del Pueblo à Caracas, le 28 janvier 2026.

1. Condamnation de la vile agression militaire des États-Unis sur le sol vénézuélien

Nous exprimons notre rejet le plus catégorique des bombardements menés par le gouvernement de Donald Trump à l’aube du 3 janvier dernier contre Caracas et diverses zones du territoire national. Nous dénonçons cette action comme une violation flagrante de la souveraineté, une agression criminelle contre le peuple vénézuélien, dont la conséquence se traduit par l’imposition d’un gouvernement sous tutelle impérialiste au Venezuela, chargé d’imposer une agenda colonial contre la nation, notre pétrole et ses ressources stratégiques.

L’attaque militaire étendue contre le pays, ayant causé la mort d’environ une centaine de personnes — militaires et civils — constitue la continuité et le point culminant d’une agression impérialiste systématique, allant des multiples mesures de coercition (« sanctions ») imposées pendant de longues années, à l’encerclement militaire dans les Caraïbes, en passant par les bombardements et assassinats de sang-froid en haute mer. Ces actions s’inscrivent dans une agenda de domination continentale, marquée par la résurgence de la funeste « doctrine Monroe », qui prétend accorder aux États-Unis le droit d’imposer leurs intérêts aux peuples du continent, dans le cadre de leur concurrence avec d’autres puissances. L’attaque et la soumission nationale infligées au Venezuela sont ainsi utilisées comme un exemple destiné à intimider les autres pays de la région.

Nous exprimons notre solidarité avec les familles des victimes de l’agression, ainsi qu’avec les personnes affectées par la destruction de leurs logements ou d’infrastructures de l’État, et avec celles et ceux qui ont été durablement marqués sur le plan émotionnel par les bombardements.
Nous exprimons également notre solidarité avec les communautés de Fuerte Tiuna, El Hatillo, des paroisses El Paraíso, San Juan, 23 de Enero, des secteurs proches de La Carlota, ainsi qu’avec le peuple de Caracas, de Miranda et de La Guaira dans leur ensemble, qui vivent depuis ce jour dans la confusion et l’angoisse face à la possibilité de nouvelles attaques.

En tant qu’organisations opposées au gouvernement vénézuélien, nous répudions avec force les politiciens patronaux qui, depuis l’opposition pro-impérialiste, applaudissent l’agression militaire contre le pays et le plan de soumission nationale de Trump. María Corina Machado, Leopoldo López, Antonio Ledezma et tous ceux qui partagent cette ligne politique méritent le rejet le plus ferme de la part du peuple travailleur vénézuélien.

2. Rejet de l’enlèvement de Nicolás Maduro et de Cilia Flores

Malgré nos profondes divergences politiques avec le gouvernement, nous rejetons l’enlèvement de Nicolás Maduro Moros et de Cilia Flores par des forces militaires étrangères. Nous exigeons des informations officielles, le respect de leurs droits humains et leur libération, car nous ne reconnaissons en aucune manière à l’impérialisme le droit d’arrêter et de juger un dirigeant vénézuélien, prérogative qui appartient exclusivement à notre peuple.

Nous exigeons le respect des principes d’autodétermination du peuple vénézuélien. Aucune puissance étrangère n’a la légitimité pour agir comme « gendarme du monde » ni pour appliquer ses lois de manière extraterritoriale sur le sol vénézuélien.

3. Le peuple vénézuélien a le droit inaliénable de débattre et de décider de son destin

Avec la brutale offensive néocoloniale contre le pays, ce n’est pas seulement le sort d’un gouvernement qui est en jeu, mais le présent et l’avenir du peuple vénézuélien. La condition même de pays souverain est remise en question. Il est proposé que la gestion des ressources nationales et du fruit du travail national soit décidée à Washington, depuis les bureaux du président des États-Unis, lors de réunions avec des magnats nord-américains et internationaux. Il s’agit d’un recul historique sans précédent.

Il est inacceptable que la classe travailleuse, la jeunesse et les secteurs populaires soient relégués à la marge. Nous exigeons de pleines libertés démocratiques pour débattre et lutter contre les prétentions néocoloniales insolentes imposées au pays : droit de tenir des assemblées libres de toute coercition sur les lieux de travail, d’étude et dans les communautés, afin de discuter de la situation et de définir les réponses à apporter aux projets de soumission nationale ; libre droit de réunion et de manifestation.

4. Notre rejet de l’impérialisme s’exprime depuis une opposition réellement démocratique et de gauche au gouvernement vénézuélien

Notre condamnation de l’agression impérialiste n’implique aucun soutien politique à la clique qui a exercé le pouvoir ni au gouvernement tutélaire de collaboration imposé après l’intervention des États-Unis. Nous affirmons notamment que :
• Le gouvernement a appliqué un ajustement économique brutal qui a détruit les droits de la classe travailleuse conquis au fil de longues luttes. À l’ajustement drastique destiné au paiement de la dette extérieure se sont ajoutées les sanctions impérialistes, visant à asphyxier une économie déjà en crise. Les conséquences de la crise ont été transférées sur les épaules des travailleurs et du peuple, tandis que les intérêts des classes possédantes nationales et étrangères ont été préservés, creusant toujours davantage les inégalités sociales. Tout pour les patrons, rien pour les travailleurs : telle a été la logique réelle du gouvernement. Il est donc urgent de rétablir les salaires et les pensions, les prestations sociales et les droits syndicaux et du travail spoliés.
• Nous dénonçons également l’emprisonnement persistant de personnes, militantes ou non, pour des motifs politiques, mécanismes répressifs qui ont approfondi la dérive autoritaire du gouvernement, notamment la Loi contre la haine, qui doit être abrogée.
• Les libérations obtenues sous la pression impérialiste exigent la solidarité et la mobilisation populaires afin d’accélérer ce processus et d’assurer la liberté pleine et entière de toutes les personnes libérées.
• Nous exigeons la reconnaissance de tous les droits démocratiques du peuple vénézuélien, la libération totale des prisonniers politiques et la réponse aux revendications des familles et organisations qui luttent pour leur libération, afin d’atténuer la souffrance infligée à des milliers de familles.
• Les arrestations arbitraires, perquisitions sans mandat, disparitions forcées et fouilles illégales menées par les forces policières et parapolicières doivent cesser immédiatement.
• Nous dénonçons l’opacité inacceptable entourant la réponse des systèmes de défense nationale et l’impact réel des attaques du 3 janvier. Nous exigeons du gouvernement actuel de Delcy Rodríguez une transparence totale sur les faits, l’identité des personnes assassinées et les dégâts matériels, leurs coûts et leurs conséquences pour la population.
• Nous exigeons comme mesure essentielle le rétablissement du salaire minimum en tant que droit de la classe travailleuse, conformément à l’article 91 de la Constitution, ainsi que d’autres mesures d’urgence pour restaurer des conditions de vie dignes.

5. Nous nous opposons à toute forme de gouvernement placé sous tutelle des États-Unis

Dans le cadre de l’attaque et de l’extorsion militaires impérialistes, le gouvernement de Trump impose des mesures draconiennes sur la gestion des ressources du pays, acceptées docilement par le gouvernement vénézuélien. La « collaboration » et la « cordialité » avec l’impérialisme sont devenues la ligne du gouvernement de Delcy Rodríguez, facilitant l’avancée néocoloniale et la remise de notre pétrole et de nos richesses naturelles.

Nous rejetons toute coopération avec les diktats de Washington, qu’il s’agisse du contrôle de l’industrie pétrolière, des ressources naturelles et énergétiques, de l’économie nationale ou des relations internationales.

6. Appel au peuple vénézuélien et à la solidarité internationale à la mobilisation : une réponse de masse et internationaliste est nécessaire

Trump prétend ignorer le peuple vénézuélien et son histoire de luttes indépendantistes et anti-impérialistes, en s’autoproclamant « président intérimaire du Venezuela » et en imposant des pressions ouvertement coloniales.

Plus que jamais, il est impératif de construire l’unité de la classe travailleuse et du peuple exploité autour de leurs intérêts de classe et de la défense de la souveraineté nationale. L’organisation et la mobilisation populaires sont indispensables pour affronter la domination impérialiste. Le destin du Venezuela ne doit pas être décidé entre élites négociatrices ni sous les ordres de Washington, mais par la volonté souveraine de son peuple.

Nous appelons le peuple travailleur vénézuélien, les peuples d’Amérique latine et les forces démocratiques du monde à se mobiliser contre cette agression militaire. La sortie de crise doit être ouvrière et populaire, rejetant à la fois l’interventionnisme néocolonial de Trump et la continuité d’un modèle qui privilégie les intérêts des riches au détriment des droits économiques, sociaux et politiques des masses laborieuses.

Toute l’Amérique latine est menacée. Nos peuples doivent s’unir pour faire face à l’envahisseur états-unien et à ses nouvelles formes de colonisation. Nous appelons à la mobilisation la plus large en Amérique latine et aux États-Unis mêmes, et invitons la jeunesse, la classe travailleuse et l’intelligentsia progressiste états-uniennes à s’opposer résolument à leur propre impérialisme.

À bas l’impérialisme yankee au Venezuela et en Amérique latine !

Retrait du blocus militaire yankee des côtes vénézuéliennes !
Pour de pleines libertés démocratiques et tous les droits du peuple travailleur !
Non à la capitulation nationale !
Pour la restitution des droits de la classe travailleuse !

Signataires :

PPT – APR
Parti communiste du Venezuela (PCV-Dignidad)
Mouvement populaire alternatif (MPA)
Révolution communiste
Ligue des travailleurs pour le socialisme (LTS)
Parti Socialisme et Liberté (PSL)
Marea Socialista
Unité socialiste des travailleurs (UST)
Bloc historique populaire (BHP)
26/01/26

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