11 août 2026
https://solidarity-us.org/site01/revoking-tps-trump-escalates-racist-assault/
Le 6 août, tous les permis de travail légaux prendront fin. Des licenciements collectifs auront lieu, ce qui entraînera la perte de leur logement pour les Haïtien·nes. Du jour au lendemain, des milliers de personnes résidentes légales deviendront « illégales ».
Les Haïtien·nes en attente d’une audience seront contraint·es de porter des bracelets électroniques, qui rappellent l’esclavage.
Les Haïtien·nes, même les enfants, sont considéré·es par le gouvernement comme « le pire du pire ».
Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a agi rapidement pour mettre fin aux protections du statut de protection temporaire (TPS), alors même que le ministère des Affaires étrangères affirme qu’il est dangereux pour quiconque de se rendre en Haïti.
Trump s’en moque. Sa haine envers les personnes Noires, qu’elles soient originaires d’Afrique ou qu’il s’agisse de leurs descendant·es dans d’autres pays du monde, est évidente, tout comme son objectif de « rendre l’Amérique blanche à nouveau ».
Des dizaines de milliers de Syrien·nes bénéficiant du TPS seront également touché·es.
Origines du TPS
Les Haïtien·es bénéficient du statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis depuis janvier 2010, date à laquelle Haïti a été désigné pour la première fois pour le TPS à la suite du tremblement de terre dévastateur qui a frappé le pays.
En 2026, de nombreux·es bénéficiaires haïtien·nes du TPS vivaient aux États-Unis sous la protection du TPS depuis environ 16 ans. Cette désignation a été prolongée et renouvelée à plusieurs reprises en raison des crises humanitaires, politiques et sécuritaires persistantes en Haïti.
Peu après son entrée en fonction, l’administration Trump a déclaré qu’elle annulait la prolongation du TPS accordée par l’administration Biden, estimant que le TPS était utilisé bien au-delà de son objectif temporaire initial.
Le DHS a déclaré qu’il « rétablissait le statut initial du TPS : temporaire ». L’administration a fait valoir que les prolongations répétées avaient permis à un nombre croissant d’Haïtien·nes de devenir admissibles au programme au fil du temps et a décrit le système comme ayant été « exploité et détourné ».
Le DHS a également indiqué que cette mesure s’inscrivait dans le cadre d’un effort plus large du président Trump visant à renverser les politiques d’immigration qu’il considérait comme encourageant l’immigration « illégale ».
Les détracteurs de cette décision — des Haïtien·nes, ainsi que des défenseurs des droits de la personne, des libertés civiles et des droits des immigrant·es — ont fait valoir qu’Haïti continue de faire face à une grave instabilité politique, à la violence des gangs et à des défis humanitaires, ce qui rend le retour dans ce pays dangereux pour de nombreuses personnes.
La communauté haïtienne
Le nombre de personnes d’origine haïtienne aux États-Unis se situe entre environ 1,1 et 1,5 million, selon la définition et les données utilisées.
Parmi les immigrant·es né·es en Haïti, environ 70 % étaient des citoyen·nes américain·es naturalisé·es en 2024. Avec un nombre estimé à 852 000 d’immigrant·es haïtien·nes, cela représente environ 585 000 citoyen·nes naturalisé·nes.
Les autres étaient généralement des non-citoyen·nes ayant divers statuts, notamment des résident·es permanent·es (détenteurs de carte verte), des bénéficiaires du TPS, des personnes en liberté conditionnelle (dont l’ordre d’expulsion a été suspendu en raison de l’instabilité du pays), des détenteurs de visa et certain·es immigrant·es sans-papiers.
Le DHS indique que 235 350 Haïtien·nes ont obtenu une carte verte entre 2010 et 2022.
Les immigrant·es haïtien·nes et les bénéficiaires du TPS sont concentré·es dans quelques grandes régions. Le comté de Miami-Dade, dans le sud de la Floride, ainsi que North Miami, Little Haiti, Fort Lauderdale et leurs environs abritent certaines des plus importantes communautés haïtiennes du pays.
À New York, notamment à Brooklyn, dans des quartiers tels que Flatbush et East Flatbush, on trouve des populations haïtiennes établies de longue date.
Dans le Massachusetts, à Boston, Brockton, Randolph et dans les localités voisines, ainsi que dans le New Jersey, à Newark, Irvington et dans les environs, on trouve d’importantes communautés haïtiennes.
En Géorgie, la région métropolitaine d’Atlanta compte une communauté haïtienne en pleine croissance. Des populations importantes vivent également dans certaines régions du Connecticut et du centre de la Floride.
En Ohio, d’où est originaire le vice-président J.D. Vance, ce dernier et Trump ont faussement affirmé que des Haïtiens de Springfield tuaient et mangeaient les chats et les chiens des résidents.
Le gouverneur républicain a désavoué ces attaques et a déclaré que les Haïtien·nes étaient des membres de la communauté qui travaillaient fort.
Destruction impérialiste
Ce que fait le gouvernement Trump n’est toutefois pas nouveau. L’hostilité envers les Haïtien·nes et les Noir·es caractérise depuis longtemps l’impérialisme américain. L’intervention directe des États-Unis en Haïti remonte à plus d’un siècle.
La seule révolte d’esclaves couronnée de succès a eu lieu en Haïti en 1891 contre la domination coloniale française. Haïti a obtenu son indépendance en 1804, mais la France a exigé des indemnités pour la perte de ses biens esclavagistes ; ces paiements se sont poursuivis pendant 150 ans. Il va sans dire que les esclaves affranchi·es n’ont reçu aucune réparation de la part de la France.
Au XXe siècle, les États-Unis, nouvelle puissance impérialiste dominante, ont pris la relève de la France pour mettre en place un système néocolonial fondé sur l’exploitation et l’oppression nationale. Cela a notamment donné lieu à une occupation du pays par les Marines qui a duré deux décennies, de 1915 à 1934.
La lutte pour la défense des réfugié·es haïtien·nes aujourd’hui s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte du peuple haïtien pour sa liberté.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre











Un message, un commentaire ?