Édition du 18 janvier 2022

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Environnement

Transition écologique : Quels emplois verts et sociaux proposer ?

Dans le cadre de sa série de conférences sur les emplois vert et sociaux à proposer dans une perspective de transition écologique, le Réseau Intersyndical de Québec solidaire recevait le 1er décembre dernier M. Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS.

12 décembre 2021

La conférence de Guillaume reprenait la note de recherche qu’il avait publiée au mois de novembre 2020 intitulée « Le gouvernement doit créer des emplois dans le secteur public ».

Dans cette note de recherche Guillaume proposait la création de 125,000 emplois dans les services publics non seulement pour combler les postes vacants mais aussi, et surtout, pour bonifier les services donnés à la population et rendre ces postes plus humains pour ceux qui y travaillent.

La proposition était ventilée comme il suit :
-  40,000 emplois pour donner les soins à domicile et en faire un service public
-  40,000 emplois créés par la nationalisation des RPA (maisons de retraite) privées
-  10,000 infirmières pour combler les besoins criants dans les hôpitaux et centres de soins
-  10,000 à 20,000 dans le réseau communautaire pour répondre aux besoins sociaux
-  15,000 emplois dans les centres d’enfance publics et privés, ces derniers deviendraient un service public

Une relance qui profite à toutes et tous

Comme le démontrent les sommes englouties par les gouvernements pour combattre la COVID 19, les moyens financiers sont disponibles quand les gouvernements jugent qu’il y a urgence. « Une politique d’embauche massive au Québec permettrait à la fois de mieux répondre à des besoins essentiels et de contribuer à une relance économique qui profite à tous et toutes. »

En ajoutant environ 125,000 personnes aux effectifs du secteur public par rapport au nombre de travailleurs/euses dans ce secteur avant la pandémie, la proportion d’emplois publics retrouverait le niveau qu’elle avait au tournant des années 80 soit 25%. Il s’agit donc de renverser quatre décennies de coupures dans les services publics effectuées tant par les gouvernements libéraux ou péquistes qui se sont succédé au pouvoir pendant ces années. La politique économique droitière de la CAQ avec ses relents antisyndicaux s’inscrit dans le même paradigme néolibéral que ses prédécesseurs. Il est temps de casser le moule.

Quel est donc le rapport de cette proposition avec la transition écologique ?

Comme l’ont soulevé plusieurs intervenants, la transition écologique vue d’une perspective transformatrice et anti-systémique qui devrait être celle prônée par un parti de gauche, présuppose la suppression des secteurs polluants comme les hydrocarbures et la réduction des GES d’une part, mais de l’autre, elle propose la création de nouveaux secteurs contribuant à la réduction des GES (les emplois verts) ainsi que la création d’emplois répondant aux besoins sociaux, comme ceux dans les services publics.

Nous nous inscrivons en faux contre la propagande de la CAQ et des secteurs patronaux qui tentent d’ériger une contradiction entre les actions radicales pour réduire les GES d’une part et le bien-être économique de l’autre. Notre vision de la transition écologique est celle d’une mobilisation continue des travailleurs/euses et des classes populaires pour imposer aux élites économiques un vrai programme de lutte aux changements climatiques ET la création d’emplois verts et sociaux. Le tout dans une vision de sortir à terme du système économique actuel responsable des crises tant climatique, que sanitaire et sociale.

Quel rôle jouer dans la réduction des GES dans les services publics ?

Cette question ouverte ne peut être répondue d’un revers de la main. Pour y parvenir, un dossier spécifique à chaque secteur d’activités tant en santé, en éducation que dans les officines où des services publics sont dispensés doit être élaboré par les personnels qui y travaillent. Il n’y a qu’eux qui sachent quels sont les intrants dans toutes les sphères de leur travail : matériaux utilisés, déchets produits, recyclage et réutilisation possibles, efficacité énergétique des bâtiments, transport des personnels, des utilisateurs et des marchandises, …

Un vaste chantier est à mettre en place. La prochaine rencontre ciblera la création d’emplois verts dans deux autres créneaux, soit le secteur industriel et le secteur de la rénovation éco-énergétique des bâtiments résidentiels et institutionnels. QS en 2018 dans sa brochure « Maintenant ou jamais » proposait la création de 300 000 emplois verts d’ici 2030. Le « Green Economy Network » en 2016 proposait la création de plus de 200 000 emplois « Feuille de route pour la création de 203 258 emplois au Québec » .

Cet ambitieux chantier nécessite que nous nous y impliquions. Un programme d’emplois verts révèle qu’il n’y a pas de contradiction à promouvoir emplois verts de qualité et la protection de l’environnement. Retrouvons-nous en février prochain pour en débattre ensemble.

Ghislaine Raymond
Roger Rashi
Réseau Intersyndical de QS

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