Édition du 13 avril 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

USA. Promesse brisée : Biden n’augmentera pas le salaire minimum

Le plan de sauvetage de l’économie proposé par Joe Biden en janvier dernier contenait une clause d’augmentation du salaire minimum, clause non retenue pour le vote du texte ce vendredi. Alors que l’augmentation du salaire minimum était l’un des principaux arguments de campagne du président américain, ce recul montre de manière frappante la réalité de la politique, derrière les discours, du démocrate.

Révolution Permanente
26 février 2021

Par Ju Angio

Le 14 janvier dernier, le tout juste président américain Joe Biden proposait son plan de relance de l’économie d’environ 1900 milliards de dollars pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire. Ce plan comprenait une clause d’augmentation du salaire minimum au niveau fédéral. Actuellement le salaire minimum se situe à 7,25 dollars de l’heure, la clause prévoyait de le porter à 15 dollars, ce qui représentait alors dans certains états de le multiplier par deux ! Certains États tels que Washington et New York ont déjà fixé le salaire minimum à 15 dollars de l’heure, sous la pression de plusieurs militants et syndicats. Pour autant, de nombreuses familles continuent de survivre avec 7,25 dollars par heure de travail, des foyers qui ont perdu 17% de leur pouvoir d’achat sur les 11 dernières années et vivent dans une grande précarité. En effet, avec quarante heures par semaine pendant cinquante semaines, ces travailleurs gagneraient moins de 15 000 dollars par an. C’est un peu plus de 1 200 dollars par mois, ce qui n’est pas suffisant pour vivre presque partout aux États-Unis, et certainement pas assez pour faire vivre une famille, quelle que soit sa taille. Selon l’office du budget du congrès, repris par France24, doubler le smic aurait permi de doubler les revenus de plus de 27 millions de travailleurs américains et sortir 1,3 millions de famille de la pauvreté.

Cette hausse des salaires était largement attendue par des millions de travailleurs dans l’ensemble du pays. C’était d’ailleurs l’un des éléments centraux de la campagne de Biden pour les présidentielles. Mais le 25 février, sois un jour avant le vote du texte, la chargée de protection des règles du sénat, a annoncé que cette clause ne serait pas voté avec le reste du plan de relance. Cela constitue un véritable revers pour les millions de travailleurs qui attendaient cette mesure pour sortir de la misère.

La porte parole de la maison blanche, Jen Psaki, a indiqué dans un communiqué cité par le Monde que « Le président Biden est déçu par ce résultat, puisqu’il avait proposé d’inclure la hausse du salaire minimal à 15 dollars […] car personne dans ce pays ne devrait avoir à travailler à temps plein tout en vivant dans la pauvreté » . Derrière les larmes de crocodile et la communication, le président Biden a pourtant clairement indiqué que cette demande ne sera presque certainement pas incluse dans un plan de relance.

Pour autant, cette pseudo déception ne corrobore pas ses propres paroles lors d’une conférence téléphonique secrète avec les gouverneurs dans laquelle il affirmait d’avance que le congrès refuserait d’adopter cette clause, mais surtout que Biden ne souhaitait pas se battre pour la faire passer. Un élément de campagne qui n’en restera donc qu’à l’état de promesse, le président démocrate préférant avancer dans les compromis avec les républicains, notamment sur la nécessité de faire passer au plus vite le plan de relance.

Selon Biden, le compromis et la posture de réconciliation défendue ne permettent pas l’inclusion d’une augmentation du salaire minimum fédéral. Que cet argument soit vrai ou non - et il semble y avoir peu de preuves qu’il le soit réellement - ce n’est clairement rien d’autre qu’une excuse pour Biden de se débarrasser d’une proposition qui est populaire auprès du public mais à laquelle certains membres de son propre parti sont fortement opposés. En fait, juste une semaine avant la conférence téléphonique, le Sénat contrôlé par les démocrates a adopté une résolution interdisant effectivement l’inclusion d’un salaire minimum fédéral de 15 dollars dans le plan d’aide. Ce détournement de ce qui était un élément central de sa campagne montre que l’administration Biden n’est pas l’amie des travailleurs, qu’il n’est pas disposé à se battre contre les membres de son parti sur ces questions, et que son véritable objectif en tant que président reste la stabilisation de l’économie américaine et le retour à l’exploitation comme d’habitude.

Cette position de compromis de Biden est aussi et surtout la meilleure excuse pour ne pas avancer dans l’augmentation du salaire minimum, tout en privilégiant l’avancée dans l’agenda néo-libérale de son administration tout en donnant des milliards aux entreprises par ce plan de relance. Dans le même temps Biden a autorisé les premiers bombardements en Syrie, pour maintenir la pression dans la zone et a appuyé l’interventionnisme impérialiste au moyen-orient. Il est et restera le meilleur allié des grands groupes capitalistes, des politiques impérialistes et un ennemi de la classe ouvrière qui doit relever la tête pour imposer sur le terrain de la lutte des classes de réelles avancées sociales.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...