Édition du 11 mai 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Mouvement contre le racisme

Un auteur et les contributrices à son livre soutiennent la mise en œuvre du

La toute nouvelle Association Awacak exige réparations, réconciliation et
justice
Feb 4, 2021

Tio’tia:ke (Montréal), le 4 février, 2021 – Aujourd’hui, jour du lancement
de *Plus aucun enfant autochtone arraché : pour en finir avec le
colonialisme médical canadien*, publié par Lux Éditeur (initialement publié
en anglais sous le titre *Fighting for A Hand to Hold : Confronting Medical
Colonialism against Indigenous Children in Canada*, par McGill-Queen’s
University Press), l’auteur et ses contributrices soutiennent publiquement
et sans équivoque la mise en œuvre du Principe de Joyce sans délai.

Selon Cindy Blackstock, membre de la Première Nation Gitxsan et directrice
générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières
Nations du Canada, qui a écrit la préface du livre : «  Les derniers mots
qu’a entendus Joyce Echaquan avant de mourir sont des tirades racistes
lancées par des prestataires de soins de santé qui étaient pourtant
chargées de la soigner. Dans un geste extraordinaire de bienveillance et de
compassion, la famille de Joyce a transformé cette douloureuse expérience
en changement positif, en nous donnant le Principe de Joyce, une mesure
visant à mettre fin au racisme systémique dans les soins de santé. Sa mort
est une histoire tragique ; son héritage, un acte d’amour inspirant.
Communiquez avec votre député·e à l’Assemblée nationale pour exiger que le
Principe de Joyce soit mis en œuvre. »

Le Principe de Joyce a été rejeté par le gouvernement du Québec, qui refuse
obstinément de reconnaître l’existence du racisme systémique et de ses
effets pernicieux. Samir Shaheen-Hussain, pédiatre urgentiste et auteur du
livre, affirme : «  *Plus aucun enfant autochtone arraché* expose la
violence historique et persistante spécifiquement infligée aux enfants
autochtones et à leurs communautés au Québec et au Canada. Ces violences se
sont systématiquement reproduites dans le contexte de la destruction des
langues et des cultures autochtones, ainsi que dans l’accaparement continu
des terres et des ressources des peuples autochtones. Les crimes commis
contre les Autochtones par le système de santé et par des
professionnel·le·s de la santé – comme les épidémies de variole planifiées
et les décès de tuberculose évitables ; les expériences scientifiques et les
mauvais traitements dans les pensionnats, les “hôpitaux indiens”, les
réserves et les communautés ; les stérilisations forcées ; les enlèvements et
les disparitions d’enfants – ne représentent rien de moins qu’une forme de
génocide. »

Dans la postface du livre, Katsi’tsakwas Ellen Gabriel, artiste et
militante Kanien’kehá:ka pour les droits de la personne et la protection de
l’environnement, propose une réponse aux crimes du Canada : «  Il faut que
la réconciliation, mot très galvaudé de nos jours, soit authentique et
s’accompagne de réparations et de restitutions
. » Au Québec, en
particulier, elle exige « la mise en œuvre immédiate et complète du
Principe de Joyce, une importante première étape dans le rétablissement des
relations avec les peuples autochtones qui vivent dans cette province, afin
que nos enfants et les futures générations puissent vivre dans un monde
plus sain, plus juste et plus aimant
. »

Comme le met en évidence *Plus aucun enfant autochtone arraché*, les
enfants autochtones ont directement souffert du colonialisme médical au
Canada. Au Québec, des familles dont le système médical a fait disparaître
les enfants il y a des décennies ne savent toujours pas ce qu’il est advenu
de leurs proches. L’Association Awacak, récemment mise sur pied, est une
coalition de familles des nations Anishinabe, Atikamekw, Crie et Innue.
L’association exige des réparations, la réconciliation et la justice. Sa
porte-parole, Françoise Ruperthouse, demande des gestes concrets : «  Nos
tragédies continuent. Pour nous, cela a assez duré. Nous voulons rendre la
dignité à ces enfants disparus, enlevés, ou décédés, et à nos familles.
Nous reprenons notre rôle de protectrices et de protecteurs de nos enfants.
L’autodétermination commence avec nous, nos familles et nos communautés. »

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