Le fait que les travailleuses de la santé soient identifiées parmi les secteurs prioritaires constitue un signal positif, mais cela ne suffit pas à rassurer les professionnelles en soins déjà plongées dans l’incertitude depuis l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Au total, environ 1 200 professionnelles en soins dont le permis de travail vient à échéance en 2026, déjà en emploi dans le réseau et essentielles au maintien des services, ont été directement touchées par la disparition du PEQ le 19 novembre 2025. Plusieurs vivent depuis des mois une grande détresse liée à la précarité de leur statut et à la possibilité de perdre leur droit de rester au Québec, alors même qu’elles comblent des besoins critiques dans de nombreux établissements.
« Que les travailleuses de la santé soient priorisées dans le PSTQ, c’est bien. Mais cela ne règle rien pour celles qui, depuis l’abolition du PEQ, vivent dans l’angoisse et l’incertitude. On parle de femmes qui soignent la population québécoise tous les jours, qui maintiennent à bout de bras des unités en manque de personnel, et qui ne savent toujours pas si elles pourront rester ici. Le gouvernement doit prendre la mesure de l’impact humain et organisationnel de ses décisions », déclare Julie Bouchard, présidente de la FIQ.
La FIQ réitère ses demandes au gouvernement : reconnaître une clause de droits acquis garantissant que les professionnelles en soins déjà établies au Québec puissent poursuivre leur vie et leur carrière ici ; stabiliser les règles d’immigration pour éviter que les travailleuses essentielles ne paient le prix de décisions administratives changeantes ; et collaborer avec les organisations syndicales pour assurer que les politiques d’immigration reflètent réellement les besoins du réseau.
« Le ministre peut bien annoncer des orientations et des exercices d’invitation, mais rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que les femmes qui soignent nos patient-e-s depuis des années pourront réellement rester au Québec. Et lorsqu’il laisse entendre que la responsabilité revient au gouvernement fédéral ou aux personnes elles‑mêmes qui n’auraient pas déposé leur dossier assez tôt, il détourne l’attention de l’essentiel : ce sont les décisions du Québec qui ont plongé ces travailleuses dans la précarité actuelle. Elles ont bâti leur vie ici, elles soutiennent un réseau en crise, et pourtant on les laisse dans l’incertitude. Tant que des solutions claires et engageantes n’assureront pas leur maintien au Québec, la FIQ continuera de dénoncer cette situation injuste et dangereuse pour l’accès aux soins », conclut Mme Bouchard.
À propos de la FIQ
Créée en 1987, la FIQ représente près de 90 000 professionnelles en soins (infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques) qui travaillent dans les établissements de santé à travers le Québec. Organisation féministe composée à près de 90 % de femmes, la FIQ se consacre à la défense des droits de ses membres, tout en veillant à la qualité des soins offerts à la population et à la pérennité du réseau public de santé.
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