Caricature tirée du journal Le Devoir
L’ALENA puis l’ACEUM ont consacré cette intégration économique bien que certaines transnationales manufacturières hors ACEUM, par exemple pour l’automobile, aient profité d’arbitrage avantageux, par exemple sur les salaires, pour investir au Canada afin d’exporter aux ÉU ce que dorénavant ces derniers ne tolèrent plus. Avec les nouveaux tarifs les ÉU ne veulent plus du partage de marché entre entreprises canadiennes et étatsuniennes quels que soient les secteurs. Les ÉU, affaiblis mondialement, ont opté comme parade la mainmise sur les Amériques jusqu’à faire du Canada le 51e état. Il s’agit pour eux d’avoir les ressources nécessaires pour contrer la Chine ascendante par le contrôle du pétrole bon marché du Moyen-Orient, et de ses voies maritimes, dont la Chine dépend en grande partie.
Il n’est quand même pas indifférent que le Canada choisisse une politique de confrontation en autant que ça ne soit pas une tactique pour au bout du compte mieux capituler. Cependant, s’il conserve la même matrice économique, le choix stratégique de la guerre commerciale mènera la société canadienne au pied du mur. Le Canada aura beau tenté de trouver de nouveaux partenaires au niveau de l’importance du marché des ÉU, ce sera en vain. La compétition internationale est devenu trop intense en ces temps de crise structurelle de l’économie capitaliste mondiale amorcée en 2007-08. En plus, il faudrait compter avec la hausse des frais de transport avec des pays non limitrophes.
Ce cul-de-sac serait la chance de la gauche de s’inviter dans la discussion pour proposer une voie alternative… sans attendre la catastrophe qui de toute façon viendra, peu importe le scénario de la guerre tarifaire. Ce sera sous la forme d’extrêmes climatiques qui, cet été, ont frappé durement l’Europe du Sud-Ouest, dont la douce France devenu asséchée, quand ce n’est pas l’intérieur de la Colombie britannique et l’ouest ontarien après être devenu la norme sous les tropiques à commencer par l’Asie du Sud, le Sahel et le Moyen-Orient. Le pari stratégique de la gauche québécoise, étant donné l’encrassement pétrolier de la bourgeoisie canadienne et l’histoire d’oppression du peuple québécois cristallisée dans les Constitutions canadiennes de 1867 et 1982, se conjugue en lutte pour l’indépendance. Le tournant trumpiste qui ne mourra pas avec Trump n’est pas une raison pour retarder cette lutte mais pour l’accélérer tellement le tout-électrique, alias filière batterie, devenant économie militaire branche plus que jamais l’économie québécoise et canadienne sur celle des ÉU.
La droite indépendantiste pervertit cette lutte en prétendant tout changer pour que tout reste pareil quitte à entraîner la déchéance démographique du Québec par pur racisme. Cette perspective condamne à l’échec cette lutte car le peuple québécois ne se mobilisera pas jusqu’au bout, dans la rue, contre une bourgeoisie canadienne enragée par la cassure de son beau pays d’une mer à l’autre et qui en fait une puissance moyenne lui donnant accès au G-7. La gauche indépendantiste, cependant, peut y arriver en alliant justice climatique et justice sociale afin de construire une société alternative de prendre-soin (care) en décroissance matérielle.
Une société décroissantiste substitue au produit intérieur brut le bonheur intérieur net par le remplacement de l’accumulation, du capital comme des richesses personnelles immobilières et mobilières, par la solidarité et le temps libéré de la politique, de la science, de l’art et du loisir. Quel ménage populaire ne rêverait de se délivrer de la dépendance bancaire et du tracas quotidien du bungalow et de l’auto solo, avec sa congestion urbaine, grâce à la disponibilité de logements sociaux collectifs pour tout le monde et de transport en commun mur-à-mur ? Voilà ce que Québec solidaire devrait crier sur les toits lors de l’élection. Ainsi seraient combinées des solutions tant pour la crise climatique que pour les crises du logement et du coût de la vie.
Marc Bonhomme, 23 août 2026
www.marcbonhomme.com ; bonmarc1@gmail.com


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