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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La paix entre l'&#201;rythr&#233;e et l'&#201;thiopie en soins intensifs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-paix-entre-l-Erythree-et-l-Ethiopie-en-soins-intensifs</link>
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		<dc:date>2019-05-20T19:58:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Osman</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Ethiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-05-21</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;rythr&#233;e</dc:subject>

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&lt;p&gt;Sous l'&#339;il attentif des monarchies du Golfe &#183; La paix sign&#233;e entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e avait suscit&#233; d'immenses espoirs, mais malgr&#233; des avanc&#233;es, elle conna&#238;t des rat&#233;s. Ce qui inqui&#232;te les pays du Golfe de plus en plus impliqu&#233;s dans la Corne de l'Afrique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 9 juin prochain, une ann&#233;e se sera &#233;coul&#233;e depuis l'accord de paix intervenu entre l'&#201;rythr&#233;e et l'&#201;thiopie. Un anniversaire qui se f&#234;te en salle de r&#233;animation. C'est pourtant dans l'exaltation et sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-05-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-05-21&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Erythree-+" rel="tag"&gt;&#201;rythr&#233;e&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton39208-ca565.jpg?1781072746' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous l'&#339;il attentif des monarchies du Golfe &#183; La paix sign&#233;e entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e avait suscit&#233; d'immenses espoirs, mais malgr&#233; des avanc&#233;es, elle conna&#238;t des rat&#233;s. Ce qui inqui&#232;te les pays du Golfe de plus en plus impliqu&#233;s dans la Corne de l'Afrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/la-paix-entre-l-erythree-et-l-ethiopie-en-soins-intensifs,3102&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 juin prochain, une ann&#233;e se sera &#233;coul&#233;e depuis l'accord de paix intervenu entre l'&#201;rythr&#233;e et l'&#201;thiopie. Un anniversaire qui se f&#234;te en salle de r&#233;animation. C'est pourtant dans l'exaltation et sans m&#233;nager sa peine que le jeune premier ministre &#233;thiopien Abiy Ahmed avait fait campagne l'an dernier pour restaurer la paix : sur le plan int&#233;rieur en lib&#233;rant les d&#233;tenus politiques, en invitant les forces d'opposition &#224; d&#233;poser les armes, dialoguer et mener une action pacifique ; en direction des voisins, en pr&#233;sentant une initiative de paix avec l'&#201;rythr&#233;e destin&#233;e &#224; mettre fin &#224; deux d&#233;cennies d'hostilit&#233;, marqu&#233;es par une guerre sanglante (1998-2000). Une guerre qui avait fait des milliers de morts des deux c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;rythr&#233;e posait jusqu'alors des conditions pr&#233;alables &#224; toute paix, non n&#233;gociables : mise en &#339;uvre de la d&#233;cision relative au trac&#233; des fronti&#232;res adopt&#233;e en avril 2002, restitution de la r&#233;gion contest&#233;e de Badme dont la souverainet&#233; lui avait &#233;chu, retrait des troupes &#233;thiopiennes des territoires occup&#233;s. Asmara refusait de s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations avec l'&#201;thiopie tant que ces conditions n'&#233;taient pas remplies. Avec l'arriv&#233;e au pouvoir de Abiy Ahmed et l'annonce de son initiative de paix inconditionnelle, toutes ses r&#233;serves ont &#233;t&#233; lev&#233;es et le pr&#233;sident Isaias Afwerki s'est engag&#233; dans un processus dont il est l'unique acteur c&#244;t&#233; &#233;rythr&#233;en, tandis qu'en &#201;thiopie, ce m&#234;me processus a emprunt&#233; les canaux constitutionnels apr&#232;s avoir obtenu l'aval du Parlement. Le fait que cet accord apparaisse comme n'impliquant que la personne du pr&#233;sident et non un &#201;tat dot&#233; d'institutions a fait dire &#224; certains experts qu'une paix d&#233;pourvue de toute caution institutionnelle et de tout soutien populaire n'&#233;tait pas viable et n'engageait pas le peuple &#233;rythr&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois gouvernements &#224; Addis-Abeba&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas l&#224; le seul &#233;l&#233;ment qui explique que la paix soit aujourd'hui en salle de r&#233;animation. Il faut compter &#233;galement avec les profondes divergences de vues en &#201;thiopie m&#234;me, et la pr&#233;cipitation des &#233;v&#233;nements dans ce pays. Alors que les &#233;changes de visite entre les dirigeants des deux pays ont cess&#233; depuis d&#233;j&#224; quelque temps, le conseiller et bras droit du chef de l'&#201;tat &#233;rythr&#233;en Yemane Gebreab a affirm&#233; derni&#232;rement que l'&#201;thiopie &#233;tait dirig&#233;e par trois gouvernements et que Abiy Ahmed n'avait pas la situation en main. Cette d&#233;claration, faite en avril lors d'une rencontre avec la communaut&#233; &#233;rythr&#233;enne &#224; Riyad &#233;tait une v&#233;ritable fl&#232;che d&#233;coch&#233;e c&#244;t&#233; &#233;rythr&#233;en sur le processus de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233;, Asmara a marqu&#233; peu d'enthousiasme &#224; entamer des pourparlers de paix avec l'ancien premier ministre &#233;thiopien Hailemariam Desalegn, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle estimait que celui-ci ne ma&#238;trisait pas la situation. La vision du processus de paix pour chacune des parties diff&#232;re grandement, et ce en fonction du r&#233;gime politique. D'un c&#244;t&#233; l'&#201;rythr&#233;e est un pays d&#233;pourvu d'institutions et gouvern&#233; par un homme qui prend seul les d&#233;cisions. Certains gouvernements trouvent d'ailleurs plus simple d'avoir affaire &#224; lui, plut&#244;t qu'&#224; un pouvoir &#224; plusieurs t&#234;tes, et le pr&#233;sident &#233;rythr&#233;en pr&#233;f&#232;re pour sa part traiter avec un partenaire fort qui a comme lui la main sur les d&#233;cisions, ce qu'il ne trouve pas chez son partenaire de paix, Abiy Ahmed. De l'autre c&#244;t&#233; on a le r&#233;gime &#233;thiopien, avec un premier ministre emp&#234;tr&#233; dans des probl&#232;mes internes qui ont pris le pas sur les orientations internationales dans lesquelles il s'&#233;tait tout d'abord engag&#233; avec beaucoup d'allant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits entre les grandes ethnies (Oromos, Amharas, Somalis et Tigr&#233;s) sont entr&#233;s dans une nouvelle phase, critique, ce qui constitue aux yeux d'Asmara un signe manifeste de la fragilit&#233; du gouvernement &#233;thiopien. Pour r&#233;soudre ces probl&#232;mes ethniques, le premier ministre a fait le choix &#8212; inacceptable pour l'&#201;rythr&#233;e &#8212; de nommer l'inflexible Gedu Andargachew, ancien pr&#233;sident de la r&#233;gion Amhara, et Lemma Megersa, ancien pr&#233;sident de la r&#233;gion Oromia, respectivement aux postes de ministre des affaires &#233;trang&#232;res et ministre de la d&#233;fense. Destin&#233;es &#224; contenter les deux grandes communaut&#233;s nationales, ces nominations-quotas sont intervenues au d&#233;triment de la r&#233;gion somalie, qui a d&#233;nonc&#233; son exclusion des fonctions r&#233;galiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;r&#234;t des Amharas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils se sentaient tr&#232;s &#224; l'aise avec l'ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res Workneh Gebeyehu qui avait occup&#233; auparavant les fonctions de secr&#233;taire d'&#201;tat au sein du m&#234;me d&#233;partement et &#233;tait appr&#233;ci&#233; par Asmara pour sa grande souplesse, le pr&#233;sident &#233;rythr&#233;en et ses collaborateurs ont d&#233;sormais affaire &#224; un ministre r&#233;put&#233; pour son intransigeance. Il partage avec le d&#233;funt premier ministre Meles Zenawi l'id&#233;e que l'&#201;rythr&#233;e doit &#234;tre maintenue en position de faiblesse, dans une situation de &#171; ni guerre ni paix &#187; mat&#233;riellement et psychologiquement &#233;puisante. Car Gedu Andargachew place les int&#233;r&#234;ts de son ethnie au premier rang de ses pr&#233;occupations ; c'est d'ailleurs ce souci qui l'a port&#233; &#224; la t&#234;te du minist&#232;re. Et l'int&#233;r&#234;t des Amharas est de maintenir l'adversaire traditionnel tigr&#233; en mauvais termes avec l'&#201;rythr&#233;e, afin que ce pays ne puisse constituer pour lui une position de repli en cas d'aggravation du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'Abiy Ahmed ne soit pas totalement ma&#238;tre du jeu dans son pays et qu'il s'appuie sur les quotas r&#233;gionaux inqui&#232;te d'autant plus Asmara que cela risque de remettre en selle ses ennemis traditionnels. Enfin, l'&#201;rythr&#233;e voudrait que le premier ministre &#233;thiopien passe outre les institutions et les complications politiques concernant le processus de paix, d&#233;marche tout &#224; fait illogique dans le cas d'un gouvernement &#233;lu, ce que le seul d&#233;cideur &#224; Asmara consid&#232;re comme un mauvais point pour ses interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;rythr&#233;e se montrant toujours r&#233;ticente &#224; afficher clairement ses intentions et ses positions, le peuple &#233;rythr&#233;en attend avec impatience le discours du pr&#233;sident Isaias Afwerki le 24 mai, &#224; l'occasion de la f&#234;te de l'ind&#233;pendance, et dans lequel il sera sans doute question des avanc&#233;es du processus de paix&#8230; qui n'aura fait d'ici l&#224; qu'accumuler du retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'appui de Kadhafi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise au ban de la communaut&#233; internationale, l'&#201;rythr&#233;e a souffert des sanctions draconiennes impos&#233;es par l'ONU en d&#233;cembre 2009 et renforc&#233;es en d&#233;cembre 2011. L'ann&#233;e 2011 et celles qui ont suivi ont &#233;t&#233; &#233;prouvantes pour Asmara, affect&#233;e par la vague du &#171; printemps arabe &#187; qui lui a fait perdre son principal alli&#233; traditionnel en la personne de Mouammar Kadhafi. Durant les ann&#233;es d'isolement, l'homme fort de la Libye a &#233;t&#233; l'unique fournisseur des devises et du p&#233;trole dont le pays avait un besoin crucial. En 2003, le colonel avait m&#234;me tent&#233; de relancer une initiative de paix entre l'&#201;rythr&#233;e et l'&#201;thiopie, mais en d&#233;pit de la dimension internationale qu'il avait voulu donner &#224; sa d&#233;marche en la confiant &#224; la Communaut&#233; des &#201;tats sah&#233;lo-sahariens (CEN-SAD), il s'&#233;tait heurt&#233; &#224; une profonde m&#233;fiance de la part d'Addis-Abeba. L'&#201;thiopie avait donc d&#233;clin&#233; l'offre et pers&#233;v&#233;r&#233; dans ses efforts pour renverser le gouvernement &#233;rythr&#233;en. Et pour couronner le tout, elle avait r&#233;uni les deux ennemis jur&#233;s d'Asmara, le Y&#233;m&#233;nite Abdallah Saleh et le Soudanais Omar Al-Bachir, pour former avec eux l'Alliance de Sanaa (octobre 2002), les trois dirigeants ayant pour objectif commun de resserrer l'&#233;tau sur le voisin &#224; l'est, au sud et &#224; l'ouest, jusqu'&#224; la chute du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenant les intentions hostiles de cette tro&#239;ka, le pr&#233;sident &#233;rythr&#233;en avait alors d&#233;clar&#233; qu'il comptait sur ses alli&#233;s pour d&#233;jouer les plans de cette alliance et que celle-ci &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Aux premiers jours du soul&#232;vement populaire du Soudan au mois de d&#233;cembre 2018, il a confi&#233; &#224; l'un de ses collaborateurs qu'Al-Bachir, dernier survivant de l'Alliance de Sanaa, finirait comme ses alli&#233;s Meles Zenawi et Abdallah Saleh. Et Isaias Afwerki peut rire en effet, puisque, d&#233;c&#233;d&#233;s &#224; l'h&#244;pital, assassin&#233;s ou incarc&#233;r&#233;s, ses adversaires ont tous disparu. L'&#201;rythr&#233;e avait &#224; l'&#233;poque nou&#233; de solides relations avec l'Iran dont elle partageait l'hostilit&#233; d&#233;clar&#233;e aux &#201;tats-Unis, mais cette alliance aura finalement &#233;t&#233; de courte dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#234;te des relations avec les autres pays du Golfe venaient les liens solides et privil&#233;gi&#233;s qu'entretenait Asmara avec le Qatar, qui avait jou&#233; les m&#233;diateurs pour r&#233;tablir les relations soudano-&#233;rythr&#233;ennes rompues &#224; l'initiative d'Asmara en 1994. Consid&#233;rant l'&#201;rythr&#233;e comme un point d'acc&#232;s au continent d'o&#249; il &#233;tait depuis longtemps absent, le Qatar comptait dans sa strat&#233;gie africaine sur Khartoum et Asmara. Les trois pays nourrissaient une m&#234;me animosit&#233; envers l'&#201;thiopie, qui accusait Doha de soutenir l'&#201;rythr&#233;e dans la guerre des fronti&#232;res. L'&#233;mirat a ensuite confirm&#233; ses nouvelles orientations en se rapprochant de Djibouti, ce qui lui a permis de tenter une m&#233;diation dans le conflit frontalier opposant ce pays &#224; l'&#201;rythr&#233;e. Il a ainsi install&#233; des forces de maintien de la paix sur la fronti&#232;re entre les deux pays et obtenu la lib&#233;ration de prisonniers de guerre djiboutiens dont l'&#201;rythr&#233;e d&#233;mentait auparavant l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Qatar a profit&#233; du refroidissement des relations entre Asmara et Riyad, le roi Abdallah Ben Abdelaziz (2005-2015) ayant gel&#233; les relations bilat&#233;rales en raison du rapprochement intervenu entre l'&#201;rythr&#233;e et la Libye, mais aussi par crainte de l'activit&#233; iranienne sur la c&#244;te occidentale de la mer Rouge. Mais l'entente entre Doha et Asmara a commenc&#233; &#224; se fissurer lorsque les dirigeants qatariens ont pris conscience de l'intransigeance de l'&#201;rythr&#233;e, qui a multipli&#233; les entraves au processus de paix avec Djibouti et mis ainsi le Qatar dans une position d&#233;licate sur l'&#233;chiquier international. Les positions antagonistes d'Asmara et de Doha dans l'affaire libyenne n'ont rien arrang&#233;, la premi&#232;re ayant &#233;t&#233; d'un soutien moral pr&#233;cieux pour Kadhafi dans ses derniers moments. Les m&#233;dias &#233;rythr&#233;ens n'ont d'ailleurs fourni aucune information sur la situation en Libye et c'est par les m&#233;dias &#233;trangers que la population a appris la mort du colonel. &#192; cette &#233;poque, les &#201;mirats arabes unis et l'Arabie saoudite &#233;taient absents de la Corne de l'Afrique en g&#233;n&#233;ral et de l'&#201;rythr&#233;e en particulier, si l'on excepte la d&#233;cision du roi Abdallah Ben Abdelaziz d'investir dans l'agriculture &#233;thiopienne pour assurer les besoins vitaux de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retrait du Qatar&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix entre Asmara et Addis-Abeba est intervenue dans un contexte international marqu&#233; par des &#233;volutions majeures : tout d'abord l'arriv&#233;e &#224; la Maison Blanche de Donald Trump, qui a annonc&#233; son intention de contrer la Chine, notamment en Afrique, tandis qu'au m&#234;me moment des voix s'&#233;levaient &#224; Washington pour appeler &#224; inscrire la lev&#233;e de l'embargo contre l'&#201;rythr&#233;e dans la strat&#233;gie de lutte contre la pr&#233;sence chinoise sur le continent. Ensuite, l'accession de Abiy Ahmed &#224; la primature &#233;thiopienne en avril 2018 ; et enfin l'initiative de paix lanc&#233;e par Addis-Abeba, qui a fourni &#224; Washington une occasion inesp&#233;r&#233;e de r&#233;unir deux anciens alli&#233;s au sein d'un nouveau partenariat, ou du moins de dissiper l'hostilit&#233; r&#233;ciproque de fa&#231;on &#224; &#339;uvrer ensemble plus tard. D'autant que l'&#201;rythr&#233;e s'&#233;tait d&#233;solidaris&#233;e aussi bien de l'Iran que du Soudan et de Djibouti, et avait enfonc&#233; un coin dans ses relations avec le Qatar en prenant parti pour l'Arabie saoudite et les &#201;mirats arabes unis apr&#232;s le d&#233;but de l'op&#233;ration Temp&#234;te d&#233;cisive lanc&#233;e en mars 2015 contre le Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bouleversements ont permis aux puissances r&#233;gionales de jouer un r&#244;le accru en leur donnant l'opportunit&#233; de faire la paix. Constatant l'&#233;chec de sa tentative de r&#232;glement du diff&#233;rend entre l'&#201;rythr&#233;e et l'&#201;thiopie, le Qatar a retir&#233; ses troupes stationn&#233;es aux fronti&#232;res et quitt&#233; la Corne de l'Afrique. L'&#201;gypte, l'Arabie saoudite et les &#201;mirats ont marqu&#233; des points appr&#233;ciables dans la r&#233;gion avec les attaques contre les houthistes au Y&#233;men. Le Caire et Asmara sont en bons termes depuis que l'&#201;rythr&#233;e a soutenu le putsch du pr&#233;sident Abdel Fattah Al-Sissi en 2013. Il faut dire qu'elle ne portait pas vraiment dans son c&#339;ur le pr&#233;sident &#233;lu Mohamed Morsi, coupable &#224; ses yeux d'avoir accueilli des d&#233;l&#233;gations du mouvement islamiste &#233;rythr&#233;en &#8212; ce mouvement qu'elle accuse maintenant la Turquie d'abriter et d'avoir encourag&#233; depuis le Soudan la chute du pr&#233;sident Al-Bachir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Riyad et Abou Dhabi ont fait pour leur part une entr&#233;e en force en &#201;rythr&#233;e : le port d'Assab a &#233;t&#233; pris &#224; bail pour une longue dur&#233;e par les &#201;miratis en vue d'y installer une base militaire avanc&#233;e d'o&#249; la coalition lance des raids contre le Y&#233;men, tandis qu'ils y entra&#238;nent pour leur part des &#233;l&#233;ments de la police charg&#233;e de la protection des installations vitales en vue de les d&#233;ployer &#224; Aden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite et les &#201;mirats qui se sont empar&#233;s de l'initiative de paix partie d'Addis-Abeba supervisent d&#233;sormais l'&#233;volution du processus en cours entre Isaias Afwerki et Abiy Ahmed et r&#233;compensent les deux capitales pour les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s. Sur ce point, l'&#201;thiopie a fait preuve de transparence en rendant publiques les aides re&#231;ues des &#201;mirats, alors que l'&#201;rythr&#233;e n'a pas pr&#233;cis&#233; ce que lui rapportait l'op&#233;ration ni m&#234;me le montant du bail de la base militaire d'Assab.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion est le th&#233;&#226;tre d'autres &#233;volutions capitales : l'aggravation de la situation interne en &#201;thiopie, o&#249; les pr&#233;occupations internationales et r&#233;gionales risquent d'&#234;tre remis&#233;es au second plan ; la r&#233;volution soudanaise et le renversement du pr&#233;sident Al-Bachir, observ&#233;s avec inqui&#233;tude par l'&#201;rythr&#233;e qui redoute les s&#233;ismes politiques et qui a d&#233;j&#224; fait les frais du premier printemps arabe &#224; Tripoli. Une nouvelle &#233;tape s'amorce &#233;galement avec le regain de tension entre Washington et T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces turbulences pourraient bien amener les puissances internationales et r&#233;gionales &#224; rebattre les cartes et &#224; reconsid&#233;rer leurs alliances. Et les eaux dormantes de l'&#201;rythr&#233;e ne seront pas &#233;pargn&#233;es par des &#233;v&#233;nements qui s'annoncent d&#233;vastateurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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