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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Nicaragua. Lettre ouverte pour la lib&#233;ration de Dora Mar&#237;a T&#233;llez, prisonni&#232;re de la dictature Ortega-Murillo</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Nicaragua-Lettre-ouverte-pour-la-liberation-de-Dora-Maria-Tellez-prisonniere-de</link>
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		<dc:date>2022-10-11T06:57:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Nicaragua</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-10-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Depuis juin 2021, Dora Mar&#237;a T&#233;llez, figure embl&#233;matique de la r&#233;volution sandiniste et dirigeante politique de l'opposition nicaraguayenne &#224; la dictature Ortega-Murillo, est enferm&#233;e dans des conditions inhumaines et tortur&#233;e dans la tristement c&#233;l&#232;bre prison de El Chipote, tout comme plus de 30 autres prisonnier&#8226;&#232;res politiques. En tout, le nombre de prisonnier&#8226;&#232;res s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 200, r&#233;parti&#8226;es dans diff&#233;rentes prisons. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre 4 octobre 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Dora Mar&#237;a T&#233;llez, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-10-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-10-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton54316-4e764.jpg?1781416511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Depuis juin 2021, Dora Mar&#237;a T&#233;llez, figure embl&#233;matique de la r&#233;volution sandiniste et dirigeante politique de l'opposition nicaraguayenne &#224; la dictature Ortega-Murillo, est enferm&#233;e dans des conditions inhumaines et tortur&#233;e dans la tristement c&#233;l&#232;bre prison de El Chipote, tout comme plus de 30 autres prisonnier&#8226;&#232;res politiques. En tout, le nombre de prisonnier&#8226;&#232;res s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 200, r&#233;parti&#8226;es dans diff&#233;rentes prisons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &#192; l'encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
4 octobre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dora Mar&#237;a T&#233;llez, prisonni&#232;re politique. Mi-septembre, elle a engag&#233; une gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militante politique, intellectuelle, titulaire d'une ma&#238;trise en histoire du Nicaragua, Dora Mar&#237;a T&#233;llez a &#233;t&#233; reconnue au niveau national et international pour ses publications et son activisme politique civique en faveur de la d&#233;mocratie. L'universit&#233; Sorbonne Nouvelle de Paris lui remettra le 28 novembre 2022 un doctorat honoris causa en hommage &#224; son &#171; exceptionnelle trajectoire politique et scientifique, et pour ses contributions au progr&#232;s social international &#187;, selon la lettre que l'universit&#233; a remise &#224; sa famille en mai 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette occasion, nous, universitaires, responsables et militant&#8226;es politiques, syndicaux&#8226;ales et associati&#8226;ves et citoyen&#8226;les engag&#233;&#8226;es demandons sa lib&#233;ration et qu'elle puisse se rendre &#224; Paris pour recevoir en main propre son dipl&#244;me de doctorat, tout comme nous demandons la lib&#233;ration de l'ensemble des autres prisonnier&#8226;&#232;res politiques nicaraguayen.nes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initiative du Collectif de Solidarit&#233; avec le Peuple du Nicaragua (CSPN) et avec le soutien de CCFD-Terre solidaire, Comit&#233; Nicaragua Occitanie (CNO), France Am&#233;rique Latine (FAL), F&#233;d&#233;ration internationale des droits de l'Homme (FIDH), SOS Nicaragua France, ainsi que du Syndicat National des Journalistes &#8211; CGT et de l'Union syndicale Solidaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dora Mar&#237;a T&#233;llez est l'une des principales figures de la lutte pour la d&#233;mocratie et la justice sociale au Nicaragua depuis plus de quarante ans. &#192; l'&#226;ge de 20 ans, elle a rejoint le Front sandiniste de lib&#233;ration nationale (FSLN) dans la gu&#233;rilla contre la dictature de Somoza et a codirig&#233; la victorieuse op&#233;ration de la prise du Palais national du Nicaragua qui a conduit &#224; la lib&#233;ration des 60 prisonnier&#8226;&#232;res politiques de l'&#233;poque. &#192; l'&#226;ge de 23 ans, elle a dirig&#233; l'offensive pour prendre Le&#243;n, la premi&#232;re ville lib&#233;r&#233;e du pays. Apr&#232;s le renversement de la dictature de Somoza, elle a &#233;t&#233; vice-pr&#233;sidente du Conseil d'&#201;tat (pouvoir l&#233;gislatif), d&#233;put&#233;e et ministre de la Sant&#233;, remarqu&#233;e pour la transparence et l'efficacit&#233; de son administration. En 1995, en raison de la d&#233;rive autoritaire du FSLN, elle l'a quitt&#233;. &#192; la fin de son mandat de d&#233;put&#233;e, elle a fond&#233; le Mouvement de r&#233;novation sandiniste (MRS), devenu aujourd'hui UNAMOS, avec Sergio Ram&#237;rez Mercado, ancien vice-pr&#233;sident du Nicaragua et &#233;crivain, actuellement en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dora Mar&#237;a T&#233;llez est largement reconnue pour son opposition &#224; la dictature d'Ortega-Murillo. Elle a d&#233;nonc&#233; la nature autoritaire et antid&#233;mocratique du gouvernement et son recours &#224; la r&#233;pression. Depuis l'explosion de la protestation citoyenne d'avril 2018, le gouvernement a utilis&#233; la force pour &#233;craser ce mouvement de protestation. Pour la seule ann&#233;e 2018, on estime que 355 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par les forces de l'ordre et les paramilitaires alli&#233;s. Et pr&#232;s de 130.000 personnes ont d&#251; prendre la route de l'exil. Ces violations des droits humains ont &#233;t&#233; document&#233;es par des organisations de d&#233;fense des droits humains telles qu'Amnesty International, la FIDH, la CIDH de l'OEA, OACNUDH et le Conseil des droits de l'homme des Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 juin 2021, alors que les forces d'opposition se pr&#233;paraient &#224; participer aux &#233;lections du 7 novembre 2021, Dora Maria T&#233;llez a &#233;t&#233; violemment arr&#234;t&#233;e &#224; son domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2022, en application de lois ad hoc con&#231;ues par la dictature, elle a &#233;t&#233; accus&#233;e et jug&#233;e sous le crime pr&#233;sum&#233; d'&#171; atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; nationale et de conspiration &#187;. Cette loi a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour juger, sans proc&#233;dure r&#233;guli&#232;re, plus de 90 prisonnier&#8226;&#232;res politiques pr&#233;candidat&#8226;es &#224; la pr&#233;sidence, paysan&#8226;nes, &#233;tudiant&#8226;es, responsables politiques, religieux et de mouvements sociaux, hommes d'affaires, militant&#8226;es et journalistes, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions dans lesquelles Dora Mar&#237;a T&#233;llez, 66 ans, est emprisonn&#233;e ne violent pas seulement ses droits, elles mettent &#233;galement sa vie en danger. Pendant les 470 premiers jours de sa d&#233;tention en isolement, Dora Mar&#237;a T&#233;llez a re&#231;u des visites de sa famille tous les 45 jours, ses parents ont pu constater sa perte de poids dramatique. Elle est maintenue constamment dans l'obscurit&#233;, de jour comme de nuit, sans soins m&#233;dicaux et elle re&#231;oit une alimentation insuffisante. &#192; la mi-septembre, elle a entam&#233; une gr&#232;ve de la faim, geste extr&#234;me de protestation, pour demander la fin du r&#233;gime d'isolement dont elle et ses cod&#233;tenu&#8226;es font l'objet. Dora Mar&#237;a T&#233;llez r&#233;clame son droit et celui de tous les prisonniers d'avoir acc&#232;s &#224; la lecture, et demande &#233;galement qu'on lui permette de signer un pouvoir afin que sa famille puisse percevoir sa retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions de d&#233;tention sont partag&#233;es par les plus de 200 autres prisonnie&#8226;&#232;res politiques d&#233;tenu&#8226;es dans les diff&#233;rentes prisons. Pour ces raisons, et en raison du risque pour la vie de Dora Mar&#237;a Tellez, nous demandons que les r&#232;gles minima &#233;tablies par les Nations unies pour le traitement des prisonnier&#8226;&#232;res politiques, connues sous le nom de &#171; r&#232;gles Mandela &#187;, lui soient appliqu&#233;es imm&#233;diatement ainsi qu'&#224; tous les prisonnier&#8226;&#232;res politiques. Nous demandons que les organisations de d&#233;fense des droits humains, la Croix-Rouge internationale et la commission d'experts ind&#233;pendants des Nations unies, &#233;lue par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, aient acc&#232;s &#224; la prison d'El Chipote et &#224; toutes les autres prisons et postes de police du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons la lib&#233;ration imm&#233;diate de Dora Mar&#237;a T&#233;llez et de l'ensemble des autres prisonnier&#8226;&#232;res politiques nicaraguayen.nes, par l'annulation de leurs proc&#232;s fallacieux et ill&#233;gaux. &#8211; Le 30 septembre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'animateur du site A l'Encontre et &#233;troitement li&#233; &#224; des militant&#183;e&#183;s ayant particip&#233; &#224; la r&#233;volution nicaraguayenne et qui s'opposent, aujourd'hui, sous diverses formes, &#224; la dictature d'Ortega-Murillo, je ne peux que solliciter les lectrices et lecteurs de signer avec un sens de l'urgence cette lettre-p&#233;tition, en utilisant le lien suivant : &lt;a href=&#034;https://www.ipetitions.com/petition/liberez-free-liberen-dora-maria-tellez&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ipetitions.com/petition/liberez-free-liberen-dora-maria-tellez&lt;/a&gt;. Et, en outre, de diffuser cette lettre ouverte le plus largement possible. (Charles-Andr&#233; Udry pour le site A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Myanmar. Une r&#233;pression qui doit &#234;tre mesur&#233;e &#224; l'aune de la r&#233;sistance populaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Myanmar-Une-repression-qui-doit-etre-mesuree-a-l-aune-de-la-resistance</link>
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		<dc:date>2021-03-09T08:28:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les manifestations diverses contre la junte qui s'est affirm&#233;e, le 1er f&#233;vrier, comme d&#233;tentrice de tous les pouvoirs, sans les paravents dress&#233;s les derni&#232;res ann&#233;es, ne faiblissant pas fin f&#233;vrier, la r&#233;pression s'est accentu&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; l'Encontre 4 mars 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Charles-Andr&#233; Udry &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tirs &#224; balles r&#233;elles se sont multipli&#233;s ; les t&#233;moignages indiquent que des snipers visent des manifestants, pour les tuer, afin de susciter une r&#233;action de peur en cha&#238;ne, brisant les collectifs qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Birmanie-+" rel="tag"&gt;Birmanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton47100-1454b.jpg?1781416511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les manifestations diverses contre la junte qui s'est affirm&#233;e, le 1er f&#233;vrier, comme d&#233;tentrice de tous les pouvoirs, sans les paravents dress&#233;s les derni&#232;res ann&#233;es, ne faiblissant pas fin f&#233;vrier, la r&#233;pression s'est accentu&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'Encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
4 mars 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Charles-Andr&#233; Udry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tirs &#224; balles r&#233;elles se sont multipli&#233;s ; les t&#233;moignages indiquent que des snipers visent des manifestants, pour les tuer, afin de susciter une r&#233;action de peur en cha&#238;ne, brisant les collectifs qui bloquent les rues et se proclament physiquement comme des obstacles au pouvoir dictatorial. Selon l'envoy&#233;e des Nations unies au Myanmar, Christine Schraner Burgener, plus de 50 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es depuis le 1er f&#233;vrier et le nombre de bless&#233;s se compte par centaines. Les arrestations, le 4 mars, &#233;taient au nombre de quelque 1500.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tradition des dictatures militaires, l'arm&#233;e et la police s'attaquent aux soignants, aux infirmi&#232;res, aux m&#233;decins, aux &#233;tudiants en m&#233;decine. Le Mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile (CDM-Civil Disobedience Movement) a &#233;t&#233; lanc&#233; initialement par les travailleurs du secteur de la sant&#233; qui ont refus&#233; de se pr&#233;senter &#224; leur travail dans la foul&#233;e du 1er f&#233;vrier. Ils ont &#233;t&#233; un des facteurs d&#233;clencheurs de &#171; l'insurrection d&#233;mocratique &#187; en stimulant les manifestations de rue, en encourageant le boycott d'entreprises li&#233;es &#224; l'arm&#233;e et en demandant aux fonctionnaires de refuser les directives du r&#233;gime militaire. Aujourd'hui, ces soignants se sont organis&#233;s localement pour fournir une aide d'urgence aux manifestant&#183;e&#183;s bless&#233;s, matraqu&#233;s, abattus par les forces de police et militaires. Ils sont d&#232;s lors devenus une des cibles de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une infirmi&#232;re b&#233;n&#233;vole de Myitkyina, capitale de l'Etat de Kachin, confie &#224; un journaliste : &#171; &lt;i&gt;Le plus grand danger est de ne pas se faire tirer dessus lorsque nous agissons sur le terrain. Les balles peuvent nous toucher aussi, nous pouvons de m&#234;me mourir &#224; chaque instant.&lt;/i&gt; &#187; Dans la ville de Mandalay, une &#233;quipe de 30 professionnels b&#233;n&#233;voles de la sant&#233; assurent des interventions d'urgence dans toute la ville. Ils disposent de sacs &#224; dos avec des fournitures de base pour d&#233;sinfecter les blessures et arr&#234;ter les h&#233;morragies. Les barrages policiers fonctionnent pour faire obstacle &#224; leurs d&#233;placements dans la ville afin d'emp&#234;cher l'apport de soins aux divers regroupements de manifestants subissant des attaques polici&#232;res. Dans la ville de Myitkyina, &#171; une centaine d'infirmi&#232;res du secteur de sant&#233; public en gr&#232;ve dispensent des soins et des services primaires par le biais d'&#233;quipes mobiles. Elles g&#232;rent un r&#233;seau d'aiguillage vers des ambulances et des m&#233;decins volontaires. &#187; Une &#233;quipe d'infirmi&#232;res accompagne les manifestants, &#171; portant des bracelets et des autocollants blancs pour &#234;tre identifi&#233;es facilement et sont suivies par des motos transportant des kits m&#233;dicaux &#187;. Ce groupe &#171; a achet&#233; ses propres t&#233;l&#233;phones set cartes SIM, et a distribu&#233; des brochures dans toute la ville avec leurs coordonn&#233;es en cas d'urgence &#187; (reportage le 3 mars sur Al Jazeera). Que les ambulances, les soignants soient devenus des cibles de la r&#233;pression r&#233;v&#232;le &#224; la fois leur activit&#233; organis&#233;e et la volont&#233; d'&#233;liminer ces soignants qui sont une sorte d'assurance pour celles et ceux qui se dressent face aux barrages policiers. Ces soignants sont certes sous l'emprise d'une peur &#8211; et ils l'expriment sans fard &#8211; mais r&#233;alisent combien ils &#233;tayent la permanence des manifestations anti-dictatoriales. Ce degr&#233; d'organisation collective est un facteur explicatif de l'importance de la r&#233;sistance et de la haine accentu&#233;e de la dictature qui n'avait pas pressenti la profondeur du rejet populaire du &#171; coup &#187; du 1er f&#233;vrier, en particulier dans les nouvelles g&#233;n&#233;rations qui n'ont pas en m&#233;moire les massacres de 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile (CDM) r&#233;unit logiquement et physiologiquement des courants diff&#233;rents. Face &#224; &#171; l'annulation officielle des &#233;lections de novembre 2020 &#187; (voir sur site l'article du 26 f&#233;vrier 2021), la revendication initiale de &#171; respecter nos votes &#187; s'inscrit certes dans une continuit&#233; mais ne peut se concr&#233;tiser que dans un contexte qui en un mois a &#233;volu&#233;. D&#232;s lors, les d&#233;put&#233;s &#233;lus en 2020, tr&#232;s majoritairement membres de la LND (Ligue nationale pour la d&#233;mocratie), envisagent les mobilisations comme pouvant &#171; revenir &#187; &#224; la situation de fin janvier. Ces &#233;lus sont organis&#233;s dans le Committee Representing Pyidaungsu Hluttaw (CRPH-Comit&#233; repr&#233;sentant l'Assembl&#233;e de l'Union, l'organe l&#233;gislatif bicam&#233;ral) qui dispose d'une large audience. Ils affirment en ce d&#233;but mars qu'ils &#171; assument leurs devoirs de membres du cabinet &#187; et pour ce faire ont nomm&#233; quatre ministres (voir le site The Irrawaddy, 2 mars 2021). Le CRPH appara&#238;t comme une r&#233;f&#233;rence pour des repr&#233;sentants de la LND dans des districts et des circonscriptions, et, de ce fait, s'affirme comme une structure gouvernementale parall&#232;le pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme interlocutrice pour l'ONU. La largement m&#233;diatis&#233;e d&#233;claration, le 26 f&#233;vrier, du repr&#233;sentant permanent du Myanmar aupr&#232;s de l'ONU, U Kyaw Moe Tun, d&#233;non&#231;ant le coup d'Etat et affirmant son all&#233;geance au peuple s'int&#232;gre dans cette perspective de reconnaissance du CRPH comme gouvernement l&#233;gitime. Les arrestations et condamnations de dirigeants de la LND ont pour fonction de miner cette perspective de &#171; contre-gouvernement &#187;. En outre, les coups port&#233;s contre des m&#233;dias en birman et les arrestations accrues de journalistes font obstacle &#224; la pr&#233;sence publique du CRPH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s de r&#233;sistance des &#171; soci&#233;t&#233;s civiles des minorit&#233;s r&#233;gionales &#187; participent du rejet de la dictature, mais ne s'inscrivent pas automatiquement dans un mouvement h&#233;g&#233;monis&#233; par des repr&#233;sentants de la LND qui n'ont pas pris en compte la perspective d'un syst&#232;me f&#233;d&#233;raliste et s'inscrivaient dans une affirmation centraliste. La perp&#233;tuation d'un mouvement de r&#233;sistance pose aussi le probl&#232;me des possibles confluences entre ces composantes, m&#234;me si la r&#233;pression tend &#224; occulter dans l'imm&#233;diat cette interrogation. Enfin, les divers mouvements de gr&#232;ve, comme celui des enseignant&#183;e&#183;s &#8211; dont l'impact est certes limit&#233; par le seul fait du confinement du syst&#232;me scolaire &#8211;, celui des soignant&#183;e&#183;s, celui de travailleurs du secteur priv&#233; sont d&#233;terminants pour maintenir un dysfonctionnement du secteur public et d'entreprises li&#233;es &#224; l'appareil militaire. Mais leur inscription dans le CDM et donc dans l'affrontement, de facto, politique face &#224; la junte rel&#232;ve de leurs capacit&#233;s de maintenir leurs actions, de ne pas &#234;tre bris&#233;s par une r&#233;pression d&#233;termin&#233;e et de trouver des relais pour l'expression de leurs exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des diverses publications en langue anglaise, des appels sur les r&#233;seaux sociaux ressort une attente marqu&#233;e dans &#171; l'aide de la communaut&#233; internationale face au coup d'Etat &#187;. Que des sanctions face aux membres de l'appareil militaire &#8211; le Tatmadaw &#8211; soient r&#233;clam&#233;es est plus que compr&#233;hensible. Il en va de m&#234;me pour ce qui touche aux sanctions visant les entreprises directement li&#233;es au Tatmadaw, ainsi que les actions d&#233;non&#231;ant les collaborations des transnationales pr&#233;sentes au Myanmar avec la junte et r&#233;clamant le respect des droits syndicaux de leurs salari&#233;&#183;e&#183;s. Les adresses &#224; ce sujet faites en direction de l'OIT sont fonctionnelles pour d&#233;velopper une solidarit&#233; internationale, entre autres du mouvement syndical. La junte accentuera la r&#233;pression pour emp&#234;cher que le CDM, au-del&#224; de ses composantes diverses, apparaisse comme une expression massive des revendications d&#233;mocratiques et sociales. Voil&#224; ce qui nourrit sa haine du rejet massif et inattendu de son &#171; coup &#187; du 1er f&#233;vrier, cette haine ne se nourrit pas seulement de son &#171; habitude du pouvoir militaire &#187; comme le laissent entendre divers m&#233;dias internationaux. (4 mars 2021)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Myanmar. Que se cache-t-il derri&#232;re la formule : &#171; une escalade de la violence &#187; ?</title>
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		<dc:date>2021-03-02T07:31:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-02</dc:subject>
		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les m&#233;dias, selon une formule d&#233;sormais consacr&#233;e, caract&#233;risent la situation en Birmanie comme relevant d'une &#171; escalade de la violence &#187; ! Autrement dit, il existerait une entit&#233; nomm&#233;e violence qui subirait des pressions par on ne sait qui &#8211; ou par toutes les parties en pr&#233;sence &#8211; &#224; tel point de battre des sommets d'escalade. Cette formule, a contrario, d&#233;signe la &#171; voie raisonnable &#187; : celle d'un compromis &#224; trouver, &#224; &#233;tablir, si possible avec une m&#233;diation dite internationale. De la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-02&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Birmanie-1645-+" rel="tag"&gt;Birmanie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton47061-9bbf9.jpg?1781235462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les m&#233;dias, selon une formule d&#233;sormais consacr&#233;e, caract&#233;risent la situation en Birmanie comme relevant d'une &#171; escalade de la violence &#187; ! Autrement dit, il existerait une entit&#233; nomm&#233;e violence qui subirait des pressions par on ne sait qui &#8211; ou par toutes les parties en pr&#233;sence &#8211; &#224; tel point de battre des sommets d'escalade. Cette formule, a contrario, d&#233;signe la &#171; voie raisonnable &#187; : celle d'un compromis &#224; trouver, &#224; &#233;tablir, si possible avec une m&#233;diation dite internationale. De la sorte est effac&#233;e la dimension sociale de ce que nous avons qualifi&#233; d'insurrection d&#233;mocratique (voir les articles publi&#233;s sur ce site en date du 22 et du 26 f&#233;vrier).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
1 mars 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Charles-Andr&#233; Udry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dimension d&#233;mocratique et sociale qui s'exprime, entre autres, dans des mouvements de gr&#232;ve contre le pouvoir dictatorial de la junte militaire, gr&#232;ves qui ont touch&#233; aussi bien le personnel de sant&#233;, les travailleuses du secteur textile, les enseignants, des employ&#233;s du secteur bancaire, etc. Cette rengaine m&#233;diatique est assez similaire &#224; l'insistance sur &#171; la croissance des in&#233;galit&#233;s &#187;, sans les rapporter aux rapports sociaux entre exploitants et exploit&#233;&#183;e&#183;s, entre entrepreneurs et entrepris. L'entreprise de la junte se d&#233;veloppe sur divers terrains : institutionnel, politique, r&#233;pressif, m&#233;diatique, &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lundi 1er mars, l'audience du proc&#232;s intent&#233; &#224; la pr&#233;sidente de la LND (Ligue nationale pour la d&#233;mocratie) et ex-conseill&#232;re de l'Etat (du 6 avril 2016 au 1er f&#233;vrier 2021), Aung San Suu Kyi, s'est ouvert par visioconf&#233;rence. Son avocat, Min Min Soe, n'avait pu &#233;tablir aucun contact avec l'inculp&#233;e. Depuis huit jours, aucune information n'&#233;tait donn&#233;e par la junte sur le lieu o&#249; elle &#233;tait emprisonn&#233;e. Les accusations rel&#232;vent de la section 505 du Code p&#233;nal qui d&#233;clare comme ill&#233;gaux &#171; toute d&#233;claration, toute rumeur ou tout reportage &#187; susceptibles d'inciter la population &#171; &#224; commettre une infraction contre l'Etat &#187;, qui a pour synonyme : la junte militaire. La deuxi&#232;me accusation porte sur la violation pr&#233;sum&#233;e de l'article 67 de la loi ayant trait aux t&#233;l&#233;communications et &#224; l'utilisation d'&#233;quipements de communication. Est mentionn&#233;e l'importation par Aung San Suu Kyi de talkies-walkies. En cas de condamnation, ces accusations sont passibles respectivement de 2 ans et 1 an de prison et/ou de fortes amendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut saisir ici le pr&#233;c&#233;dent juridique que la junte veut faire aboutir. En effet, les centaines de groupes constitu&#233;s de r&#233;sistants commettent une &#171; infraction contre l'Etat &#187; en diffusant sur Facebook ou sur d'autres m&#233;dias sociaux des appels &#224; d&#233;sob&#233;ir &#224; la junte, &#224; organiser des occupations de rues et &#224; emp&#234;cher la circulation &#171; libre &#187; de troupes militaires et polici&#232;res, &#224; d&#233;noncer les tueries qui se multiplient et les arrestations en hausse tous les jours. La section 505 du Code p&#233;nal est mobilisable pour faire taire les sites d'information comme Dawei Watch, The Voice of Minorities et Monywa Gazette en birman, ou des sites tels que Frontier et Myanmar Now, ainsi que l'agence de photos MPA, dont le directeur a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. D'ailleurs, l'arrestation de nombreux journalistes birmans et &#233;trangers s'inscrit dans cette volont&#233; propre &#224; toute dictature : le contr&#244;le maximum de l'information. Quant &#224; l'art. 67 de la loi sur les t&#233;l&#233;communications, il sera utilis&#233; contre tous les instruments permettant la coordination et les contacts entre les mobilisations qui se sont &#233;tendues dans les principales villes du pays, ce qui r&#233;v&#232;le l'ampleur du rejet du pouvoir du g&#233;n&#233;ral Min Aung Hlaing et du complexe militaire : le Tatmadaw.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son ouverture, le proc&#232;s contre Aung San Suu Kyi, contre le pr&#233;sident d&#233;mis Win Myint, ainsi que contre des membres de l'ex&#233;cutif de la LND et des responsables r&#233;gionaux destitu&#233;s le 1er f&#233;vrier, a &#233;t&#233; report&#233; au 15 mars. En effet, la junte vise &#224; d&#233;terminer la nature des condamnations en prenant appui sur le rapport de force qu'elle pense &#233;tablir dans les quinze jours qui viennent. Dit autrement, dans la d&#233;monstration de sa capacit&#233; &#224; briser une r&#233;volte, prenant appui sur une jeunesse d&#233;cid&#233;e et combative, en multipliant les actes de terreur polici&#232;re et militaire, les emprisonnements et les arrestations pour &#171; actes de complicit&#233; avec des manifestants &#187;, ce qui s'est multipli&#233; ces trois derniers jours. Dans diverses villes des Etats, des reportages indiquent que des policiers en civil fouillent les maisons et proc&#232;dent &#224; des arrestations. Dans l'Etat de Karen, dans la capitale Hpa-an, le 28 f&#233;vrier des policiers en civil sont entr&#233;s dans des maisons et ont proc&#233;d&#233; &#224; des arrestations. Une vid&#233;o montre une polici&#232;re qui tire par les cheveux une femme en la sortant de sa maison pour &#234;tre arr&#234;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site Frontier, en date du 1er mars, cite un t&#233;moin oculaire qui a indiqu&#233; que tous ceux qui se trouvaient sur la 66e rue du district de Maha Aung Myay &#224; Mandalay (ville dans le nord du Myanmar) avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et la police &#171; n'a pas seulement tir&#233; sur les manifestants, elle a aussi tir&#233; qui se trouvaient simplement dans la rue. J'ai vu un officier de police sur un camion tirer sur un homme &#224; moto et le viser &#224; la t&#234;te. &#187; Ces pratiques terroristes n'ont pas emp&#234;ch&#233; que ce lundi 1er mars des milliers de manifestants ne descendent dans la rue, en particulier des &#233;tudiants et aussi des moines. Les forces de police ont emp&#234;ch&#233; des &#233;tudiants en m&#233;decine et des m&#233;decins de quitter l'h&#244;pital universitaire. Les photos et reportages diffus&#233;s en indiquent le motif : de nombreux bless&#233;s par balles r&#233;elles et grenades assourdissantes re&#231;oivent des soins imm&#233;diats de soignants. On a ici une illustration du caract&#232;re social et politique de l'affrontement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/policiersneutralises.jpg?5591/49d7ca3270d43c44e838b4aa33528d920f9ab50d16fe749eccb01009bcd16884&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH163/49d7ca3270d43c44-9c33c9c3-b0021.jpg?1781235463' width='500' height='163' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre image de cette confrontation est fournie par le clich&#233; ci-dessus : le dimanche 28 f&#233;vrier, &#224; Mandalay, des manifestants ont arr&#234;t&#233; une voiture de police banalis&#233;e, y ont d&#233;couvert des armes et des munitions. Les policiers ont &#233;t&#233; neutralis&#233;s. Sur la photo, ils prennent des airs abattus, quasi repentent, propres &#224; quasi tous les repr&#233;sentants de l'ordre lorsque &#171; le d&#233;sordre &#187; les d&#233;sarme. Ce qui n'emp&#234;che pas un policier du district de Sanchaung, &#224; Rangoon (Yangon) de d&#233;clarer, comme le rapporte un journaliste de Frontier (28 f&#233;vrier) : &#171; Nous r&#233;primons non seulement parce que c'est notre devoir, mais aussi parce que nous aimons le faire. Tous ceux qui sont dehors maintenant seront tu&#233;s &#187;, alors qu'il tirait sur les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 1er f&#233;vrier, comme d&#233;j&#224; indiqu&#233;, un mouvement de gr&#232;ve s'est d&#233;velopp&#233;. Il faut avoir &#224; l'esprit la coexistence entre l'ouverture de l'&#233;conomie birmane aux investissements des transnationales et la n&#233;cessit&#233; de mettre en place une l&#233;gislation du travail &#224; fonction cosm&#233;tique servant de paravent aux m&#233;thodes de surexploitation en vigueur. Comme dans divers pays de la r&#233;gion, l'industrie textile et d'habillement &#8211; qui emploie en 2019 700'000 travailleurs, pour l'essentiel des femmes &#8211; &#233;tait privil&#233;gi&#233;e par des grandes marques telles que Benetton (Italie), Calvin Klein (Etats-Unis), C&amp;A (Pays-Bas), Inditex (Espagne), Le Coq sportif (France), Itochu, Mizuno et Muji (Japon), Tally Weijl (Suisse, B&#226;le), Tesco (Allemagne), Lidl (Allemagne), H&amp;M et Lindex (Su&#232;de). Le salaire minimum dans ce secteur se situe &#224; hauteur de 3,26 dollars par jour et c'est le r&#233;sultat de diverses luttes. Une partie significative des travailleuses se sont engag&#233;es dans un mouvement de gr&#232;ve d&#232;s le 1er f&#233;vrier. Comme l'illustre la photo ci-dessous, les travailleuses d'Inditex demandent : &#171; Inditex doit assurer qu'aucun travailleur ne soit licenci&#233; pour avoir rejoint les manifestations pro-d&#233;mocratie &#187;. Il y a l&#224; une illustration de plus de la tromperie de la formule : &#171; l'escalade de la violence &#187;. Les d&#233;clarations &#171; &#233;loquentes &#187; d&#233;non&#231;ant le coup d'Etat pourraient prendre un aspect moins d&#233;clamatoire si la solidarit&#233; internationale et les sanctions visaient directement ces entreprises transnationales qui toutes ont collabor&#233; avec la junte avant le 1er f&#233;vrier et sont sur leurs gardes depuis lors, en attente de l'&#233;volution et du d&#233;nouement de l'affrontement en cours. (1er mars 2021)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/workers-2-demandbrandsnorepression-ats-twitter-croppedforweb.jpg?5592/7f7fef5fd6491406d6cb2188b6bad40e8835b24f0a6e2c7880bffd5e2f4ff464&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH243/7f7fef5fd6491406-39c0ea8c-ebf3b.jpg?1781235463' width='500' height='243' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie. Une forte mobilisation populaire qui s'inscrit dans la dur&#233;e (parties 1 &#224; 4)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-Une-forte-mobilisation-populaire-qui-s-inscrit-dans-la-duree-parties-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tunisie-Une-forte-mobilisation-populaire-qui-s-inscrit-dans-la-duree-parties-1</guid>
		<dc:date>2019-01-22T07:28:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abla Jouna&#239;di, Charles-Andr&#233; Udry, Observatoire tunisien de l'&#233;conomie, Wafa Samoud</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du 17 janvier 2019 a &#233;t&#233; massivement suivie dans diverses villes, en particulier &#224; Tunis o&#249; la manifestation fut imposante. Le slogan : &#171; gouvernement d&#233;gage &#187; revivait. Certes, l'in&#233;galit&#233; de la mobilisation refl&#232;te les disparit&#233;s socio-&#233;conomiques et politiques r&#233;gionales. On retrouve, aujourd'hui, les causes sociales et &#233;conomiques &#8211; et y compris, sous une forme certes diff&#233;rente &#8211; les motifs politiques au sens de la mise en question de la politique du gouvernement de Youssef (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton37484-5cc87.jpg?1781416511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve du 17 janvier 2019 a &#233;t&#233; massivement suivie dans diverses villes, en particulier &#224; Tunis o&#249; la manifestation fut imposante. Le slogan : &#171; gouvernement d&#233;gage &#187; revivait. Certes, l'in&#233;galit&#233; de la mobilisation refl&#232;te les disparit&#233;s socio-&#233;conomiques et politiques r&#233;gionales. On retrouve, aujourd'hui, les causes sociales et &#233;conomiques &#8211; et y compris, sous une forme certes diff&#233;rente &#8211; les motifs politiques au sens de la mise en question de la politique du gouvernement de Youssef Chahed.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/moyenorient/tunisie/dossier-tunisie-i-une-forte-mobilisation-populaire-qui-sinscrit-dans-la-duree.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'UGTT (Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail) est plus marqu&#233; qu'en 2010-2011 dans l'organisation m&#234;me de la mobilisation actuelle. En 2010 et 2011, l'UGTT a donn&#233; un appui tr&#232;s important &#224; l'essor de la r&#233;volte sociale des &#171; laiss&#233;s-pour-compte &#187;, des jeunes ch&#244;meurs et, de la sorte, s'est mis en place un bloc social qui a abouti au soul&#232;vement populaire qui a renvers&#233; la dictature de Ben Ali. Lorsque s'est ouverte la p&#233;riode de &#171; transition d&#233;mocratique &#187;, l'UGTT a &#233;t&#233; un facteur de &#171; n&#233;gociation &#187; entre les diverses forces politiques et sociales, inscrite dans le contexte du &#171; dialogue national &#187;. Elle a pes&#233; de son poids dans l'&#233;mergence d'une sorte de stabilisation fragile, tant le soubassement socio-&#233;conomique &#233;tait instable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la phase pr&#233;sente d'un &#171; long processus r&#233;volutionnaire &#187; &#8211; au sens o&#249; Gilbert Achcar l'a synth&#233;tis&#233; dans ses travaux &#8211; l'UGTT est au premier rang aujourd'hui et met en avant non seulement des revendications salariales, mais les liens &#224; un th&#232;me qui se retrouve dans le slogan : &#171; la souverainet&#233; nationale avant les augmentations salariales &#187;. Ce qui doit &#234;tre compris comme une opposition et une d&#233;nonciation vives des politiques d'ajustement brutales impos&#233;es par le FMI. Ce que r&#233;v&#232;lent les caricatures de Madame Christine Lagarde (FMI) manipulant comme une marionnette Youssef Chahed. Ce qui est, partiellement, une simplification propre aux caricatures, car le secteur capitaliste tunisien (repr&#233;sent&#233; par Chahed au gouvernement) est favorable &#224; ces ajustements structurels (r&#233;gression des investissements publics pour favoriser les privatisations, coupes dans les budgets sociaux, collaboration avec l'UE pour &#171; ma&#238;triser &#187; l'immigration vers l'Europe, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les injonctions &#233;conomiques des bailleurs de fonds &#8211; dont le FMI est le repr&#233;sentant officiel, avec son pr&#234;t de quelque 3,5 milliards d'euros &#8211; accentuent la paup&#233;risation ainsi que la d&#233;valorisation de la force de travail. En outre, les &#171; d&#233;formations &#187; de l'&#233;conomie tunisienne en sortent renforc&#233;es. Soit une &#233;conomie capitaliste qui s'organise autour : du tourisme, du textile &#224; &#171; co&#251;ts salariaux &#187; tr&#232;s bas (mais en d&#233;clin &#233;tant donn&#233; la mise en concurrence par la politique de mondialisation des firmes transnationales), des call centers (mis en concurrence avec ceux du Maroc) dans lesquels travaillent des dipl&#244;m&#233;s universitaires, d'une agriculture d&#233;laiss&#233;e sous l'angle de la souverainet&#233; alimentaire, mais fix&#233;e sur l'exportation vers l'Europe. Evidemment l'UGTT ne d&#233;laisse pas les salaires et demande des augmentations de 20 euros (&#233;quivalent) pour 2019 et 30 euros pour 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la mobilisation de l'UGTT, &#224; celle des journalistes posant aussi bien la question salariale que celle des libert&#233;s de la presse et de son existence, s'ajoutent divers mouvements sociaux, dans les diverses r&#233;gions, sur l'emploi, l'&#233;migration, la justice sociale. La gr&#232;ve des enseignants du secondaire &#233;tait &#171; g&#233;r&#233;e &#187; par l'UGTT. En r&#233;alit&#233;, depuis 2011 &#8211; au-del&#224; d'aspects de d&#233;mocratie formelle : &#233;lections, alternance plus ou moins effective &#8211; la question sociale et &#233;conomique rallume sans cesse les braises du soul&#232;vement populaire de 2010-2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trait institutionnel a toute son importance : les pi&#232;ges de la d&#233;centralisation. C'est un m&#233;canisme fort &#224; la mode dans le cadre des politiques d'ajustement structurel. Il doit fonctionner comme un d&#233;centralisateur de la mobilisation sociale au moment o&#249; une formation sociale nationale (un pays donn&#233;) est plac&#233;e sous les feux d'ajustements violents qui exigeraient, pr&#233;cis&#233;ment, une riposte sociale et politique centralis&#233;e. A quoi s'adjoint la cr&#233;ation (illusoire pour l'essentiel) d'un espace pour des op&#233;rations de d&#233;sinvestissements r&#233;gionaux camoufl&#233;es par des promesses d &#171; acteurs &#233;conomiques priv&#233;s &#187; cens&#233;s prendre le relais, eux qui sont exon&#233;r&#233;s de charges et aid&#233;s. Ils peuvent d&#232;s lors embaucher, quand cela se fait, des jeunes d&#233;sesp&#233;r&#233;s et contraints de passer sous le joug du despotisme patronal. La d&#233;centralisation n'a pas du tout r&#233;pondu &#224; la revendication de justice territoriale avanc&#233;e en 2010-2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la houlette de la Banque mondiale &#8211; de concert avec le FMI &#8211; la &#171; d&#233;centralisation &#187; reporte sur lesdites r&#233;gions les &#171; compensations &#187; du d&#233;sinvestissement de l'Etat central, alors que ces r&#233;gions ne disposent pas des ressources minimales pour prendre des mesures de &#171; justice sociale territoriale &#187;, pour autant qu'elles veuillent le faire. Le transfert de prises de d&#233;cisions r&#233;gionales &#8211; qui pourrait potentialiser une &#171; d&#233;mocratie sociale &#187; locale &#8211; aboutit sur un vide pour deux raisons qui coulent de source, si la formule peut &#234;tre utilis&#233;e ainsi : 1&#176; cette potentielle &#171; d&#233;mocratisation locale &#187; devrait se rattacher &#224; un processus &#224; l'&#233;chelle nationale qui ne peut se r&#233;sumer aux &#171; n&#233;gociations parlementaires &#187; et &#171; inter-partis &#187; sous la surveillance des &#171; donateurs &#187; financiers internationaux, garde-chiourme du service de la dette ; 2&#176; sans ressources cette politique de d&#233;centralisation, m&#234;me plac&#233;e sous le signe &#233;ventuel de la bonne volont&#233; de cadres administratifs r&#233;gionaux (pour autant qu'ils subsistent apr&#232;s la compression budg&#233;taire), ne peut se concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces contre-formes sont baptis&#233;es &#171; soutien &#224; la d&#233;mocratisation &#187; de la Tunisie. L'Union europ&#233;enne pour annexer l'&#233;conomie tunisienne et en faire un champ d'investissements (IDE) rentables (m&#234;me si quantitativement assez r&#233;duit) et disposer d'un march&#233; totalement lib&#233;ralis&#233; pour les biens produits en Europe (o&#249; dont la production en Tunisie est sous contr&#244;le de firmes venant de pays de l'UE) est en train d'imposer : L'Accord de libre-&#233;change complet et approfondi Tunisie-UE (ALECA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de ce 17 janvier s'inscrit dans cet ensemble qui nourrit &#171; ce processus r&#233;volutionnaire sur le long terme &#187; qui n'est jamais &#224; l'abri d'une contre-r&#233;volution ferme. La dimension politique devra &#234;tre abord&#233;e par la suite (C.A. Udry pour la R&#233;daction de A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(II partie) Huit ans apr&#232;s, les vraies questions ressurgissent avec force par Abla Jouna&#239;di&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, huit ans quasiment jour pour jour apr&#232;s la r&#233;volution dite &#171; du jasmin &#187; qui a fait fuir le dictateur Ben Ali et lanc&#233; les printemps arabes, la question sociale reste br&#251;lante. La centrale syndicale UGTT appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans la fonction publique ce jeudi 17 janvier. Elle r&#233;clame une augmentation des salaires pour faire face &#224; la hausse du co&#251;t de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UGTT qui a jou&#233; un r&#244;le pivot dans la r&#233;volution et la transition d&#233;mocratique ressort pour cela les slogans de la R&#233;volution pour plus de dignit&#233; et de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de ne pas y voir un constat d'&#233;chec pour les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233; ces huit derni&#232;res ann&#233;es. Pour beaucoup de Tunisiens, la situation &#233;conomique et sociale ne s'est pas am&#233;lior&#233;e depuis 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a m&#234;me empir&#233;. Aujourd'hui, le pays fait face &#224; une inflation record qui fr&#244;le les 8%. Le dinar, a perdu la moiti&#233; de sa valeur ces quatre derni&#232;res ann&#233;es. Tout augmente et dans les magasins, de nombreux produits ont disparu. Le ch&#244;mage, lui culmine &#224; 15% : il est deux fois plus dans les r&#233;gions d&#233;sh&#233;rit&#233;es de l'int&#233;rieur o&#249; s'est enclench&#233;e la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le gouvernement actuel a lanc&#233; un plan de d&#233;veloppement qui se voulait ambitieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tunisie 2020 &#187; doit booster la croissance. Les chiffres sont d'ailleurs bons. Les bailleurs internationaux qui se pressent au chevet de la jeune d&#233;mocratie lui adressent un satisfecit quasi g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance atteindra 2,9% cette ann&#233;e selon la Banque mondiale. Le Fonds mon&#233;taire international finance en partie le programme national qui permet par exemple au secteur cl&#233; comme le tourisme de cro&#238;tre de 30% cette ann&#233;e apr&#232;s les ann&#233;es sombres post-attentat. Mais ce que d&#233;nonce l'UGTT aujourd'hui, c'est le volet des &#171; r&#233;formes &#187; qui conditionne l'aide. Pour la centrale syndicale, les difficult&#233;s &#233;conomiques sont largement imputables au r&#244;le du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que c'est v&#233;ritablement le cas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est vrai, c'est que la politique mon&#233;taire de l'Etat tunisien suit les recommandations du FMI. L'objectif est de faire baisser le dinar pour favoriser les exportations et attirer les investissements &#233;trangers. Cela renforce &#233;videmment l'inflation que le nouveau gouverneur de la Banque centrale, Marwane Abassi, tente bon an mal an de la juguler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI souhaite aussi que l'Etat tunisien r&#233;duise d'urgence sa masse salariale qui repr&#233;sente 40% du budget afin de r&#233;duire un d&#233;ficit abyssal et par l&#224; m&#234;me une dette qui a explos&#233; depuis 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire que le gouvernement d'union nationale doit mettre un frein &#224; la tendance qui a consist&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; augmenter de fa&#231;on erratique, anarchique cette masse salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle des fonctionnaires, mais quelle r&#233;ponse pour les Tunisiens qui n'ont pas de perspective de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans apr&#232;s, les jeunes Tunisiens sont les grands oubli&#233;s de la R&#233;volution. Ce n'est pas faute de se rappeler au bon souvenir des gouvernements car, hiver apr&#232;s hiver, ils manifestent. Ils affrontent parfois les forces de l'ordre, malgr&#233; l'&#233;tat d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 d&#233;cembre dernier, c'est un jeune journaliste &#8211; pas le plus malheureux &#8211; Abderrazak Zorgui qui s'est immol&#233; par le feu &#224; Kasserine un des foyers de la r&#233;volution. Tout un symbole qui montre &#224; quel point le malaise est profond et concerne une large partie de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes dipl&#244;m&#233;s ne trouvent toujours pas leur place dans l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe, c'est que ces jeunes dipl&#244;m&#233;s sont plus durement touch&#233;s par le ch&#244;mage que les non-dipl&#244;m&#233;s. Alors quand ils ne se tuent pas, ils partent chaque ann&#233;e plus nombreux &#224; l'&#233;tranger. Les autres tentent de survivre en travaillant dans un secteur informel que les gouvernements ont laiss&#233; grossir sans chercher &#224; le r&#233;guler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays a besoin de r&#233;formes de fond, notamment une r&#233;forme du march&#233; du travail et de la fiscalit&#233;, afin d'avoir les ressources pour investir massivement dans les r&#233;gions d&#233;laiss&#233;es. Autant de r&#233;formes jug&#233;es trop complexes et politiquement co&#251;teuses par tous les gouvernements depuis 2011. Elles auraient impliqu&#233; (ces r&#233;formes) de remuer une structure faite de d&#233;cennies de privil&#232;ges &#233;conomiques concentr&#233;es dans quelques mains. La recherche du consensus politique a d&#233;courag&#233; de prendre &#224; bras-le-corps ce chantier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que cela a des cons&#233;quences politiques. La population qui voit monter en fl&#232;che les prix, et se d&#233;velopper comme jamais la corruption d&#233;sesp&#232;re de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;sespoir risque de se faire entendre de plus en plus fort &#224; l'approche des &#233;lections pr&#233;sidentielle et l&#233;gislative de novembre prochain. (Diffus&#233;, le 17 janvier 2019, RFI)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(III) R&#233;formes sociales : L'UGTT d&#233;finit ses lignes rouges par Wafa Samoud &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir minutieusement analys&#233; la situation des caisses sociales et dress&#233; un tableau g&#233;n&#233;ral de l'&#233;tat des lieux du pays, l'UGTT a constat&#233; l'ampleur et la gravit&#233; de la crise &#233;conomique actuelle. L'organisation syndicale a imput&#233;, dans un communiqu&#233; rendu public &#224; l'issue d'une rencontre tenue mercredi et pr&#233;sid&#233;e par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat Noureddine Taboubi, l'&#233;norme d&#233;ficit des caisses sociales aux mauvais choix &#233;conomiques entrepris notamment en ce qui concerne les r&#233;formes &#233;conomiques, l'&#233;vasion fiscale et les politiques d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a r&#233;affirm&#233; son refus cat&#233;gorique quant &#224; la privatisation des entreprises publiques. &#171; C'est une ligne rouge &#224; ne pas franchir &#187; a-t-il indiqu&#233; en appelant &#224; la mise en place d'une strat&#233;gie nationale dont l'objectif est de sauver les entreprises publiques en difficult&#233; et leur accorder les m&#234;mes avantages, incitations et soutien accord&#233;s aux entreprises du secteur priv&#233; afin de stimuler la production et la productivit&#233; et assurer leur p&#233;rennit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UGTT a, d'autre part, appel&#233; l'organisation patronale UTICA &#224; respecter les accords sign&#233;s relatifs &#224; l'augmentation salariale dans le secteur priv&#233; et public, relatif &#224; l'ann&#233;e 2018. Il a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; de lever le blocus appliqu&#233; depuis maintenant cinq ans sur les employ&#233;s du gardiennage du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UGTT a, &#233;galement, manifest&#233; son refus quant &#224; l'&#233;laboration d'une loi de Finances qui mette en p&#233;ril le pouvoir d'achat des citoyens et d&#233;t&#233;riore la situation de la classe ouvri&#232;re. Elle a, ainsi, appel&#233; le gouvernement &#224; ne pas adopter des mesures fiscales au d&#233;triment des salari&#233;&#183;e&#183;s [voir article sur les recettes fiscales et la contribution des salari&#233;&#183;e&#183;s ci-dessous] et &#224; consacrer la majorit&#233; de ses efforts sur les mesures sociales profondes et l'&#233;quit&#233; fiscale. &#171; Nous appelons le gouvernement &#224; exiger l'imposition des entreprises, &#224; l'&#233;largir la base d'imposition et &#224; annuler le r&#233;gime forfaitaire &#187; note l'UGTT dans son communiqu&#233; en exprimant son refus cat&#233;gorique des exon&#233;rations fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centrale syndicale a renouvel&#233; son attachement quant &#224; l'importance de pr&#233;server l'&#233;cole publique et a appel&#233; &#224; am&#233;liorer de la situation des h&#244;pitaux publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UGTT a, &#233;galement, soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d'adopter une strat&#233;gie capable de lutter contre le ph&#233;nom&#232;ne de l'immigration clandestine en appelant les autorit&#233;s &#224; ouvrir une enqu&#234;te suite au naufrage d'une embarcation transportant des migrants clandestins, survenu dimanche dernier, aux larges de Kerkennah. La centrale syndicale a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; de trouver des solutions aux probl&#232;mes du ch&#244;mage et de d&#233;veloppement r&#233;gional afin de lutter contre la marginalisation et d'am&#233;liorer les conditions de vie des jeunes tunisiens. (Publi&#233; le 12 janvier 2019 dans le HuffPost Tunisie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(IV) Pour comprendre ce qui se passe &#171; derri&#232;re le marketing &#187; des contre-r&#233;formes du FMI et du gouvernement de Youssef Chahed : R&#233;sum&#233; de l'&#233;tude de l'OTE de f&#233;vrier 2017&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les salari&#233;&#183;e&#183;s qui ont le plus contribu&#233; aux recettes fiscales de l'&#201;tat, loin devant les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et non p&#233;troli&#232;res, a d&#233;voil&#233; l'Observatoire tunisien de l'&#233;conomie (OTE) en se r&#233;f&#233;rant aux donn&#233;es du minist&#232;re des Finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s une &#233;tude faite sur l'&#233;volution des principaux imp&#244;ts directs en Tunisie de 1986 &#224; 2016, l'OTE a constat&#233;, &#224; travers une note &#233;labor&#233;e par l'&#233;conomiste Chafik Ben Rouine, que depuis la r&#233;volution la contribution des soci&#233;t&#233;s a stagn&#233; pour chuter apr&#232;s 2014, et ce contrairement aux salari&#233;&#183;e&#183;s o&#249; leur contribution aux imp&#244;ts ne cesse d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis 2011, on observe que la contribution des salari&#233;&#183;e&#183;s n'a cess&#233; d'augmenter tandis que celle des soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et non p&#233;troli&#232;res n'a plus augment&#233;. Pire, depuis le pic de 2014, la contribution de ces derni&#232;res a fortement chut&#233; &#224; des niveaux historiquement bas &#187; a fait savoir l'Observatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chute historique de la contribution des soci&#233;t&#233;s aux recettes issues de l'imp&#244;t soul&#232;ve plusieurs interrogations : &#171; Quelles sont les raisons de cette &#233;volution baissi&#232;re des recettes issues de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s ? Si cette tendance se confirme, qui va supporter le fardeau du manque &#224; gagner ? &#187; s'est demand&#233; l'OTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'observatoire a not&#233; que la situation pourrait changer avec la nouvelle contribution suppl&#233;mentaire impos&#233;e, &#224; partir de 2017, aux soci&#233;t&#233;s. &#171; En attendant les chiffres de l'ex&#233;cution du budget de l'ann&#233;e 2017, o&#249; ces soci&#233;t&#233;s ont vers&#233; une contribution suppl&#233;mentaire exceptionnelle de 7,5 %, il devient n&#233;cessaire d'ouvrir un d&#233;bat sur l'avenir de la fiscalit&#233; des entreprises en Tunisie &#187; a-t-il pr&#233;cis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler que la masse salariale de la fonction publique en pourcentage du PIB en Tunisie, est parmi les plus &#233;lev&#233;e du monde. Pr&#232;s de 750'000 fonctionnaires op&#232;rent dans l'appareil de l'Etat. Un chiffre qui p&#232;se lourdement sur le budget de l'&#201;tat (soit pr&#232;s de 70% de ses d&#233;penses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Deux &#233;l&#233;ments sont &#224; prendre en compte et ne ressortent pas des d&#233;cisions du FMI et du gouvernement de Youssef Chahed &#8211; membre du parti qui rassemble plus d'un supporter ouvert ou silencieux de Ben Ali : Nida Tounes ; sa fonction &#171; a gel&#233; &#187; sa participation &#8211; qui coop&#232;re &#233;troitement avec Madame Lagarde : 1&#176; l'appareil d'Etat client&#233;liste se situe dans la foul&#233;e de celui du dictateur Ben Ali, avec quelques rajouts depuis le r&#233;gime qui s'est r&#233;tabli et &#233;tabli suite &#224; la premi&#232;re phase de la r&#233;volution de 2011 ; 2&#176; comme il est commun dans les analyses faites par le FMI et les experts des contre-r&#233;formes dans des pays &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187; comme la Tunisie : dans un contexte de sous-emploi et de ch&#244;mage massif, les revenus d'une tr&#232;s large majorit&#233; de fonctionnaires permettent &#224; des familles &#233;largies nombreuses de vivre (ou survivre) et une r&#233;duction du nombre de fonctionnaire, sans alternatives &#233;conomiques et budg&#233;taires efficientes, ne peut qu'aboutir &#224; une paup&#233;risation accrue de secteur de la population et non pas &#224; une efficience accrue de l'appareil d'Etat. Pire, les dysfonctionnements encore accrus vont tout simplement augmenter la masse des dessous-de-table (&#171; corruption routini&#232;re &#187;) pour avoir acc&#232;s &#224; des proc&#233;dures administratives et dans les rapports &#171; normaux &#187; avec la fonction publique. Ce d'autant plus que les envois de fond des &#233;mmigr&#233;s-exil&#233;s constituent une des sources fort importantes des ressources des familles, ressources qui seront frapp&#233;es par l'augmentation de la TVA. R&#233;d. A l'Encontre]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi de finances 2018 pr&#233;voit des hausses d'imp&#244;ts. &#171; Parmi les mesures propos&#233;es dans le projet de loi de finances 2018, figure l'augmentation de la TVA de 12% &#224; 19%, soit une hausse de 7 points &#187; a indiqu&#233; l'expert Walid Ben Salah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette augmentation qui touchera &#233;galement les produits p&#233;troliers, aura un impact direct sur le taux d'inflation et le pouvoir d'achat du citoyen, mais aussi un impact indirect sur le co&#251;t du transport des personnes et des marchandises et sur le co&#251;t de la production et la comp&#233;titivit&#233; des entreprises, a pr&#233;cis&#233; l'expert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Habiba Louati, ancienne secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e de la fiscalit&#233; et du recouvrement et actuelle responsable de l'Association, Solidar, la strat&#233;gie d'augmentation des imp&#244;ts n'est pas bonne. Elle a expliqu&#233;, qu'augmenter les imp&#244;ts engendrera l'augmentation des prix, et donc l'inflation. &#171; Donc, le citoyen subira l'augmentation des imp&#244;ts et celle de la lev&#233;e de la subvention, pr&#233;vue dans le programme de l'&#201;tat, et pour l'&#233;viter, il se dirigera vers le march&#233; parall&#232;le pour s'approvisionner &#187;, a-t-elle indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; Police fiscale &#187;, une solution pour lutter contre l'&#233;vasion fiscale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau corps de m&#233;tier, la &#171; Police Fiscale &#187;, verra le jour en janvier 2018 Elle sera charg&#233;e, notamment, de la r&#233;alisation d'enqu&#234;tes fiscales et de fournir l'information aux structures de contr&#244;le relevant du d&#233;partement des Finances pour que celles-ci m&#232;nent, &#224; leur tour, des contr&#244;les et des investigations. L'objectif recherch&#233; est d'am&#233;liorer l'information fiscale et partant rendre plus efficace le travail des structures de contr&#244;le. &#171; Une chose est s&#251;re, la nouvelle police fiscale aura beaucoup de travail &#224; faire &#224; partir de 2018 &#187; a conclu l'OTE. (F&#233;vrier 2017)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Turquie-Arabie saoudite. Erdogan et MBS : &#224; qui perd gagne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Turquie-Arabie-saoudite-Erdogan-et-MBS-a-qui-perd-gagne</link>
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		<dc:date>2018-10-30T07:00:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry, Delphine Minoui</dc:creator>


		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 24 - octobre - 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
En ao&#251;t 2018, les craquements du syst&#232;me financier turc se faisaient de plus en plus nets. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2018, la livre turque (TRY) avait d&#233;j&#224; perdu plus de 30% de sa valeur face au dollar. La Bourse avait chut&#233; en moyenne de 17%. Traduit en dollars ce tassement de l'indice d&#233;passait les 40%. Le co&#251;t des emprunts gouvernementaux (obligations), &#224; 10 ans, se situait &#224; 18%. L'endettement des entreprises priv&#233;es est souvent &#233;tabli en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton36626-afc12.png?1781416511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 24 - octobre - 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 2018, les craquements du syst&#232;me financier turc se faisaient de plus en plus nets. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2018, la livre turque (TRY) avait d&#233;j&#224; perdu plus de 30% de sa valeur face au dollar. La Bourse avait chut&#233; en moyenne de 17%. Traduit en dollars ce tassement de l'indice d&#233;passait les 40%. Le co&#251;t des emprunts gouvernementaux (obligations), &#224; 10 ans, se situait &#224; 18%. L'endettement des entreprises priv&#233;es est souvent &#233;tabli en dollars, ce qui fait exploser leurs difficult&#233;s pour servir la dette. Or, depuis juin 2018, le taux de change TRY-dollar a &#233;volu&#233; ainsi : le 26 juin le taux de change est le suivant : 1 TRY = 0,2188 $ ; le 13 ao&#251;t : 1 TRY = 0,1436 $ ; le 20 octobre : 1 TRY = 0,1737$. Malgr&#233; les efforts du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan pour &#171; sauver &#187; la livre, les r&#233;sultats ne semblent pas tr&#232;s brillants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce d'autant plus qu'un des secteurs sociaux &#233;conomiques appuyant le gouvernement de l'AKP (Parti de la justice et du d&#233;veloppement) fait face &#224; une crise d'ampleur. Ainsi, T&#252;rkonfed (la Conf&#233;d&#233;ration turque des entreprises et du commerce) annonce des faillites en cha&#238;ne dans les petites et moyennes entreprises qui ont d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; avoir acc&#232;s aux pr&#234;ts bancaires dont les taux d'int&#233;r&#234;t ont explos&#233;. Et les d&#233;lais pour &#234;tre pay&#233;es, lorsque ces PME et TPE ont le statut de sous-traitantes, sont longs : plus de 120 jours. Par contre, elles sont soumises &#224; des d&#233;lais de paiement pour les biens interm&#233;diaires acquis quatre fois inf&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la croissance du PIB &#8211; qui avait atteint des sommets en 2017 (11,2%, premier trimestre) &#8211; au second trimestre 2018 est de 5,1% par rapport au m&#234;me trimestre de 2017. Cela sous l'effet de trois facteurs traduits par la comptabilit&#233; nationale : le tassement de la consommation des m&#233;nages, le recul des exportations et celui, marqu&#233;, des investissements publics. Or, les &#171; grands travaux &#187;, m&#233;galomanes, de l'AKP ont &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment important de l'envol de l'&#233;conomie de la Turquie. Quels liens &#233;tablir entre ces constats socio-&#233;conomiques et les man&#339;uvres d'Erdogan face &#224; l'Arabie saoudite emp&#234;tr&#233;e, elle, dans une &#171; affaire de crime &#187;en Turquie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan d&#233;nonce &#171; une op&#233;ration planifi&#233;e &#187; pour ce qui est de l'assassinat dans le consulat d'Arabie saoudite d'Istanbul &#8211; le 2 octobre 2018 &#8211; du journaliste Jamal Ahmad Khashoggi, devenu un opposant. Il d&#233;non&#231;ait avec pr&#233;cision &#8211; dans la presse am&#233;ricaine, en particulier le Washington Post &#8211; les m&#233;faits nombreux du r&#233;gime dictatorial de MBS (Mohammed ben Salmane). MBS est aux manettes du pays p&#233;trolier et des &#171; lieux saints &#187; de l'Islam sunnite, depuis le d&#233;but 2017. Il faut y ajouter son pouvoir dans le domaine de l'&#233;conomie, de l'arm&#233;e et des services de s&#233;curit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan, dans son discours du 23 octobre 2018, qualifie ce meurtre de &#171; tr&#232;s grave et contraire &#224; la conscience humaine &#187;. Il faut reconna&#238;tre qu'en mati&#232;re d'assassinats, Erdogan et ses services ne sont pas des apprentis. D&#232;s lors, pour quelles raisons Erdogan contredit-il les versions &#8211; multiples et successives &#8211; de l'Arabie saoudite ? Parce que le corps Jamal Ahmad Khashoggi n'a pas encore &#233;t&#233; retrouv&#233; ? Parce que 15 agents de Riyad sont arriv&#233;s &#224; Istanbul dans deux jets priv&#233;s et repartis de la m&#234;me fa&#231;on ? Parce qu'Erdogan s'est converti aux normes d'Amnesty International ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour quelles raisons Erdogan ne cite-t-il jamais le nom de MBS dans ses d&#233;clarations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif nous semble assez &#233;vident : le dictateur Erdogan utilise cette &#171; affaire qui a mal tourn&#233; &#187; pour n&#233;gocier, dans les couloirs, des investissements (sous diverses formes) de l'Arabie saoudite en Turquie afin d'amortir une crise &#233;conomique qui ne cesse de s'aggraver et mine, lentement, la base sociale du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela on peut ajouter des &#233;l&#233;ments de g&#233;opolitique qui vont du r&#244;le de la Turquie en Syrie &#8211; o&#249; s&#233;vit l'alli&#233; de MBS, Donald Trump, vendeur imp&#233;rial d'armement &#224; celui qui &#233;crase la population du Y&#233;men et alli&#233; tactique du PKK et l'YPG (les &#171; terroristes les pires &#187; pour Erdogan) &#8211; &#224; la politique d'endiguement face &#224; l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le chantage &#224; l'investissement nous semble avoir une place de relief, ce que laisse entendre l'article que nous reproduisons ci-dessous, un article qui se d&#233;marque des banalit&#233;s ass&#233;n&#233;es par les m&#233;dias. (Charles-Andr&#233; Udry)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Erdogan devant le parlement le 23 octobre 2018&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par Delphine Minoui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire pression sur Riyad tout en m&#233;nageant discr&#232;tement le royaume saoudien : depuis le d&#233;but de l'affaire Kha&#173;shoggi, le pouvoir turc avance &#224; pas prudents et calcul&#233;s pour tirer potentiellement profit de cette crise qui l'oppose &#224; son grand rival r&#233;gional. Ces trois derni&#232;res semaines, c'est essentiellement par l'entremise de la presse locale se fondant sur des sources gouvernementales anonymes que le sc&#233;nario macabre de l'assassinat du journaliste saoudien a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;. &#192; chaque jour son nouveau lot de pi&#232;ces &#224; conviction, d'indices gla&#231;ants, voire de d&#233;clarations remont&#233;es contre Riyad. &#171; Il se paie la t&#234;te de nos services de renseignement &#187;, s'emporte ainsi l'un des conseillers d'Erdogan, Yasin Aktay, dans les colonnes du journal pro-gouvernemental Yeni Safak, faisant allusion aux explications peu convaincantes de Mohammed Ben Salman. Le pr&#233;sident Erdogan semble pourtant r&#233;sign&#233; &#224; &#173;m&#233;nager le prince h&#233;ritier saoudien : aucune r&#233;f&#233;rence &#224; son r&#244;le direct ou indirect n'a &#233;t&#233; faite dans son allocution de mardi qui revenait pour la premi&#232;re fois sur l'&#171; assassinat pr&#233;m&#233;dit&#233; &#187; du journaliste saoudien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre Ankara et Riyad, les relations ont connu des hauts et des bas au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es. Soutien actif de Mohammed Morsi, issu des Fr&#232;res musulmans, le pouvoir turc avait tourn&#233; le dos &#224; l'&#201;gypte du mar&#233;chal Sissi, alli&#233; de l'Arabie saoudite, depuis l'&#233;viction du pr&#233;sident islamiste, en 2013, par l'arm&#233;e. En 2015, elles s'&#233;taient n&#233;anmoins r&#233;chauff&#233;es apr&#232;s l'accession au tr&#244;ne du roi Salman. Mais l'irruption sur la sc&#232;ne du prince h&#233;ritier, surnomm&#233; &#171; MBS &#187;, a chang&#233; la donne. Ce dernier voit &#233;videmment d'un mauvais &#339;il les relations qu'entretient Ankara avec le Qatar, ennemi de Riyad, notamment depuis le blocus impos&#233; par l'Arabie saoudite en juillet 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en d&#233;pit de la rivalit&#233; flagrante entre la Turquie et l'Arabie saoudite, qui se disputent la supr&#233;matie sur le monde sunnite, Ankara tire profit des investissements priv&#233;s saoudiens, plus que jamais pr&#233;cieux &#224; l'heure o&#249; le pays est min&#233; par une crise &#233;conomique &#173;majeure. De nombreux ressortissants saoudiens ont en effet plac&#233; leur argent dans l'immobilier turc. Le tourisme est &#233;galement en hausse : 586'000 visiteurs saoudiens ont afflu&#233; en Turquie depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2018, contre 373'000 en 2016, selon des statistiques offi&#173;cielles. Certains experts voient d'ailleurs dans l'actuelle prudence turque une volont&#233; d'obtenir d'&#233;ventuelles contreparties financi&#232;res en &#233;change d'une solution concert&#233;e permettant finalement &#224; Riyad de sortir la t&#234;te haute de cette affaire terriblement embarrassante pour le royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ankara se doit aussi de m&#233;nager Washington. M&#234;me si la Turquie aspire &#224; plus de fermet&#233; envers Riyad, elle ne peut se permettre d'aller &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de l'Administration am&#233;ricaine de Donald Trump, peu encline &#224; se froisser avec le royaume saoudien. Les relations am&#233;ricano-turques connaissent en effet une certaine &#233;claircie depuis la lib&#233;ration, le 12 octobre, du pasteur am&#233;ricain Andrew Brunson, arr&#234;t&#233; dans la foul&#233;e du putsch rat&#233; de 2016. Mais les sujets de contentieux demeurent nombreux : &#224; commencer par le soutien am&#233;ricain aux milices kurdes de Syrie, qu'Ankara accuse d'&#234;tre affili&#233;es au PKK, &#233;tiquet&#233; terroriste. Ankara craint &#233;galement de voir sa banque publique Halkbank &#233;coper d'une amende colossale pour &#171; contournement des sanctions am&#233;ricaines contre l'Iran &#187; &#8211; une punition qui affecterait lourdement l'&#233;conomie du pays. Alors que les preuves de la responsabilit&#233; de Riyad dans le meurtre de Khashoggi &#233;mergent peu &#224; peu, Ankara esp&#232;re certainement profiter de sa position de force pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts aupr&#232;s de Washington. &#171; La Turquie se sert des preuves qu'elle affirme d&#233;tenir sur le suppos&#233; meurtre de Kha&#173;shoggi comme levier pour arracher des concessions aux Saoudiens et aux Am&#233;ricains &#187;, confie &#224; l'AFP Gonul Tol, directeur du Middle East Institute's Center for Turkish Studies. (Article de Delphine Minoui, publi&#233; dans Le Figaro, en date du 23 octobre 2018. Titre de la r&#233;daction de A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil. La victoire annonc&#233;e. L'avenir incertain</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-La-victoire-annoncee-L-avenir-incertain</link>
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		<dc:date>2018-10-30T06:55:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; du site A l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 28 octobre, 147 millions de Br&#233;siliens et Br&#233;siliennes &#233;taient appel&#233;s &#224; voter, directement, pour la huiti&#232;me &#233;lection pr&#233;sidentielle apr&#232;s la p&#233;riode de la dictature de 1964 &#224; 1985. Le vote s'est fait par syst&#232;me &#233;lectronique. Ainsi &#224; minuit &#8211; heure br&#233;silienne &#8211; le Tribunal supr&#234;me &#233;lectoral transmettait les r&#233;sultats complets ayant trait &#224; l'&#233;lection de la pr&#233;sidence et des gouverneurs des 13 Etats, plus le District f&#233;d&#233;ral (Brasilia), soit 14 au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-1002-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton36601-a082a.png?1781416512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; du site A l'encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 28 octobre, 147 millions de Br&#233;siliens et Br&#233;siliennes &#233;taient appel&#233;s &#224; voter, directement, pour la huiti&#232;me &#233;lection pr&#233;sidentielle apr&#232;s la p&#233;riode de la dictature de 1964 &#224; 1985. Le vote s'est fait par syst&#232;me &#233;lectronique. Ainsi &#224; minuit &#8211; heure br&#233;silienne &#8211; le Tribunal supr&#234;me &#233;lectoral transmettait les r&#233;sultats complets ayant trait &#224; l'&#233;lection de la pr&#233;sidence et des gouverneurs des 13 Etats, plus le District f&#233;d&#233;ral (Brasilia), soit 14 au total.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-la-victoire-annoncee-lavenir-incertain.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil &#8211; qui a une structure f&#233;d&#233;rale &#8211; est compos&#233; de 26 &#233;tats. La moiti&#233; avaient d&#233;j&#224; &#233;lu leur gouverneur au premier tour, le 7 octobre 2018. Autrement dit, les autres candidats au poste de gouverneur &#8211; qui disposent d'un r&#244;le important dans la structure du syst&#232;me politique &#8211; &#233;taient &#171; install&#233;s &#187;, ayant obtenu une majorit&#233; absolue, le 7 octobre. Ceux ou celles qui devaient &#234;tre encore d&#233;sign&#233;s le furent ce dimanche 28 octobre. Le choix des gouverneurs concernait des &#233;tats riches et tr&#232;s peupl&#233;s, parmi lesquels ceux de S&#227;o Paulo, du Minais Gerais, de Rio de Janeiro, du Paran&#225;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de la pr&#233;sidentielle sont &#233;videmment importants. Mais n&#233;gliger la r&#233;partition des gouverneurs, dans la conjoncture pr&#233;sente, repr&#233;sente une n&#233;gligence politique dommageable. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En arri&#232;re-fond des &#233;lections&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux dynamiques socio-&#233;conomiques doivent &#234;tre pr&#233;sentes &#224; l'esprit pour comprendre l'arri&#232;re-fond d'une telle &#233;lection au Br&#233;sil et surtout saisir une structure du pouvoir &#233;conomico-politique d&#233;rang&#233;e. Selon les tendances propres &#224; l'accumulation du capital et &#224; la distribution de la plus-value produite par la force de travail et accapar&#233;e par les dominants, le Br&#233;sil est marqu&#233;, &#224; la fois, par : 1&#176; des in&#233;galit&#233;s sociales tr&#232;s profondes, avec des traits largement encore imprim&#233;s par la p&#233;riode esclavagiste qui n'a pris fin qu'en 1888. Cette date tardive est le produit des inerties li&#233;es &#224; l'existence d'une formation sociale esclavagiste durant plus de deux si&#232;cles, comme l'ont remarquablement mis en relief les travaux de Jacob Gorender ; 2&#176;des in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales exacerb&#233;es dans un pays aux allures de continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette in&#233;galit&#233; spatiale et sociale s'accentue encore sous les effets d'une r&#233;forme agraire qui est stagnante (depuis 2003, premier gouvernement de Lula). Elle stimule donc un exil de la population rurale, par &#233;tapes, vers les grandes villes. Cela s'effectue sous les coups de boutoir de l'extension des cultures renti&#232;res (soja transg&#233;nique, orange, canne &#224; sucre, en partie pour le biocarburant, etc.), d'un &#233;levage extensif (pour la viande de b&#339;uf) et intensif (gigantesque usine &#224; produire des poulets en batterie, par exemple), de politiques extractivistes impliquant le pillage des divers minerais, des hydrocarbures et le d&#233;boisement de surfaces gigantesques de terres, entre autres en Amazonie. Ce colossal territoire sert aussi de r&#233;servoir dans lequel puisent les transnationales &#224; la recherche de mol&#233;cules (plantes, arbres, insectes divers, champignons&#8230;) aptes, potentiellement, en bout de cha&#238;ne, &#224; la production de m&#233;dicaments ou de mat&#233;riaux nouveaux. En un mot, il s'agit d'une &#233;norme privatisation du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette conqu&#234;te territoriale s'effectue au moyen d'une &#171; v&#233;ritable chasse criminelle &#187; contre les pauvres, les indig&#232;nes (Indiens de l'Amazonie, entre autres), les Noirs des quilombos, les territoires &#171; autonomes &#187; form&#233;s par des Noirs ayant &#233;chapp&#233; aux esclavagistes ou/et ayant cherch&#233; un refuge &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Des bandes criminelles, financ&#233;es par les grands propri&#233;taires terriens et des sp&#233;culateurs immobiliers, pourchassent les paysans sans terre et les &#171; immigr&#233;s urbains &#187; n'ayant pas de toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers ont &#233;t&#233; chass&#233;s (et le sont) sous les effets des projets immobiliers ou suite &#224; la m&#233;galomanie des constructions &#171; sportives &#187; n&#233;cessaires &#224; la construction de l'empire des Jeux olympiques (en 2016 &#224; Rio de Janeiro) &#8211; plac&#233;s sous le leadership du CIO, dont le si&#232;ge est &#224; Lausanne &#8211; ou de la Coupe du monde de football (en 2014), plac&#233;e sous les ordres de la FIFA, organisation philanthrope sise &#224; Zurich. Et alors dirig&#233;e par Sepp Blatter, le &#171; ballon d'or &#187; de l'escroquerie&#8230; invit&#233; (priv&#233;) &#224; Moscou pour le dernier mondial, afin d'&#233;viter toute arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas comprendre ces &#233;l&#233;ments socio-&#233;conomiques et historiques &#233;l&#233;mentaires conduit des commentateurs &#171; cultiv&#233;s &#187; &#8211; en fait des cavernicoles &#8211; &#224; bredouiller des chiffres sur le nombre d'homicides et la &#171; violence &#187; &#8211; toute &#171; naturelle &#187;, quasi &#171; culturelle &#187; &#8211; r&#233;gnant au Br&#233;sil. Ils reprennent, de la sorte, un discours bolsonariste dont ils n'ont pas m&#234;me conscience, tant leur &#171; cerveau &#187; est obstru&#233; par les communiqu&#233;s, tr&#232;s r&#233;sum&#233;s, des agences de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats complets &#8211; y compris avec les votes des 500'727 &#233;lectrices et &#233;lecteurs br&#233;siliens votant dans 99 pays &#8211; furent disponibles quelques minutes apr&#232;s minuit. Le vote &#233;lectronique permettait, en pressant sur le num&#233;ro 13, de choisir le candidat du &#171; Front d&#233;mocratique &#187;, en r&#233;alit&#233; du Parti des travailleurs, et sur le 17, le capitaine &#224; la retraite et d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral depuis 27 ans : le n&#233;o-fasciste Jair Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du vote pr&#233;sidentiel au second tour : 55,13% pour Jair Messaih Bolsonaro, avec 57'977'423 suffrages ; Fernando Haddad : 44,87%, soit 47'040'574 voix ; donc un avantage de 10 millions de voix en faveur de l'admirateur de la dictature, de celui qui promet et va mettre en &#339;uvre une acc&#233;l&#233;ration des contre-r&#233;formes sociales et &#233;conomiques d&#233;j&#224; initi&#233;es par le sordide Michel Temer. Un Temer qui, sans crainte, rempla&#231;a Dilma Rousseff, suite &#224; sa destitution en ao&#251;t 2016. Michel Temer avait &#233;t&#233; candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence sur le ticket de Dilma Rousseff, ce qui explique non seulement sa succession, mais l'acharnement &#224; la d&#233;bouter. Il termine son mandat avec 4% &#171; d'opinions favorables &#187; et des proc&#232;s qui l'attendent, peut-&#234;tre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dilma Rousseff, elle, a &#233;t&#233; battue au premier tour des &#233;lections (le 7 octobre) pour le poste de s&#233;natrice dans l'important Etat du Minais Gerais, avec 15,21% des voix, malgr&#233; un investissement financier de plus de 5 millions de reais. Elimin&#233;e par un r&#233;actionnaire li&#233; &#224; Bolsonaro, Rodrigo Pacheco (Democratas : un oxymore). En fait, elle est arriv&#233;e en quatri&#232;me position. Son &#171; sort &#187;, comme celui de Temer, quoique certes diff&#233;rent, illustre la farce politico-&#233;lectorale mise en &#339;uvre par le PT lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles d'octobre 2014. Son d&#233;nouement s'est concr&#233;tis&#233; ce 28 octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sultats qui parlent d'eux-m&#234;mes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jair Messiah Bolsonaro est le huiti&#232;me pr&#233;sident &#233;lu directement apr&#232;s la p&#233;riode de la dictature militaire de 1964-1985. Il est le troisi&#232;me militaire &#224; gagner la pr&#233;sidence par vote direct. En 1910, Hermes Fonseca, ancien ministre de la D&#233;fense, admirateur de l'arm&#233;e prussienne de Guillaume II et catholique conservateur, obtint ce poste. Il imposa le &#171; service militaire obligatoire &#187;. Il v&#233;cut six ans en Suisse dans les ann&#233;es 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, Euricio Gaspar Dutra (1883-1974) fut &#233;lu pr&#233;sident et occupa son mandat de janvier 1946 &#224; janvier 1951. Il avait aussi occup&#233;, ant&#233;rieurement, le poste de ministre de la Guerre du 5 d&#233;cembre 1936 au 3 ao&#251;t 1945. Il joua un r&#244;le dans la conspiration pour &#233;tablir &#171; l'Estado Novo &#187; en 1937, avec Getulio Vargas. Un projet qui combinait une affirmation nationaliste face au d&#233;clin des anciens imp&#233;rialismes, un pouvoir autoritaire, une certaine politique de d&#233;veloppement (par d&#233;but d'une politique de substitution des importations) et un anticommunisme farouche. Conjointement &#224; cette option, face &#224; une Argentine en plein essor, le Br&#233;sil conclut un d&#233;but d'alliance avec les &#201;tats-Unis, ce qui se concr&#233;tisa, durant la seconde guerre mondiale, dans un sens politiquement oppos&#233; &#224; celui de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me militaire post-1945, &#233;lu au suffrage universel direct, n'est que capitaine, ayant &#233;chou&#233; sa carri&#232;re et recycl&#233; depuis 27 ans comme d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral de S&#227;o Paulo : Jair Messiah Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen des r&#233;sultats obtenus dans les divers Etats permet de mieux circonscrire la victoire de ce candidat n&#233;o-fasciste. (En lettres en caract&#232;res gras les quelques Etats o&#249; Fernando Haddad arrive en t&#234;te, avec pour tous les pourcentages de votes et le nombre de suffrages.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#227;o Paulo : Jair Bolsonaro (JB) r&#233;unit 67,97% des voix, soit 15'305'786 &#233;lecteurs/&#233;lectrices ; Fernando Haddad (FH), 32,03% avec 7'212'092.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rio Grande Do Sul : 63,24% (JB), soit 3'893'737 suffrages ; 36,76% (FH), 2'263'171.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rio de Janeiro : 67,95% (J.B), 5'668'950 ; 32,05% (FH), 2'673'278.&lt;br class='autobr' /&gt;
Minais Gerais : 58,19% (JB), 6'100'107 ; 41,81 (FH), 4'382'952.&lt;br class='autobr' /&gt;
Santa Caterina : 75,92% (JB) ; 24,08% (FH), 949'724.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paran&#229; : 68,43% (JB) 4'224'416 ; 31,57% (FH), 1'948'790.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Pernambuco&lt;/strong&gt; : 66,5% (FH), 3'297'944 ; 33,5% (JB). 1'661'163.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mato Grosso : 66,42% (JB), Sul 1'085'824 ; 33,58% (FH) 549'001.&lt;br class='autobr' /&gt;
Matto Grosso do Sul : 65,22% (JB), 872'049 ; 34,78 (FH),465'025.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Maranh&#227;o :&lt;/strong&gt; 73,26% (FH) 2'428'790 ; 26,74% (JB), 886'547.&lt;br class='autobr' /&gt;
Esp&#237;rito Santo : 63,06% (JB) ; 36,94% (FH), 747'768.&lt;br class='autobr' /&gt;
Distrito Federal : 69,99% (JB), 1'080'411 ; 30,01% (FH),463'340.&lt;br class='autobr' /&gt;
Acre : 77,16% (JB)290'632 ; 22,84% (FH), 86'009&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alagoas&lt;/strong&gt; : 59,92% (FH), 912'034 ; 40,08% (JB). 610'093.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amap&#225; : 50,2% (JB), 185'096, 49,8% (FH), 183'606.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amazonas : 50,27% (JB), 885'391 ; 49,73%, 875'805.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Bahia&lt;/strong&gt; : 72,69% (FH), 5'484'901 ; 27,31% (JB), 2'060'092.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Cear&#227;&lt;/strong&gt;, 71,11% (FH),3'407'454 ; 28,89% (JB), 1'384'586.&lt;br class='autobr' /&gt;
Goais : 65,52% (JB), 2'124'739) ; 34,48% FH), 1'118'060.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Para :&lt;/strong&gt; 54,82% (FH) 2'112'577 ; 45,19% (JB), 1742'092.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Rio Grande do Norte&lt;/strong&gt; : 63,41% (FH), 1'131'027 ; 36,59% (JB), 652'562.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Para&#237;ba&lt;/strong&gt; : 64,97% (FH)1'450'709 ; 35,03% (JB), 782'034.&lt;br class='autobr' /&gt;
Roraima : 71,57% (JB), 183'233 ; 28,43% (FH), 72'791.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rond&#244;nia : 72.18% (JB), 594'968 ; 27,82% (FH), 229'343.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Piau&#237; &lt;/strong&gt; : 77,05% (FH), 1'417'113 ; 22,95% (JB), 442'095.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sergipe&lt;/strong&gt; : 67,54% (FH), 758'797 ; 32, 46% (JB), 364'621.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Tocantins&lt;/strong&gt; : 51,01 (FH), 371'376 ; 48,99 (JB), 356'681.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH473/cc16183bc730aefc-f591ac8e-8b9a1.png?1781416512' width='500' height='473' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les derniers sondages de Ibope ou de Datafolha &#233;taient tr&#232;s proches des r&#233;sultats effectifs. &#171; La surprise &#187; &#233;lectorale n'est donc pas grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remonter &#224; 2013 pour saisir le d&#233;but du tournant. Il s'op&#232;re lorsque le mouvement de juin a d&#233;montr&#233; la couardise du PT pour y r&#233;pondre par l'action (mouvement pour le transport gratuit, entre autres) et par une contre-attaque d&#233;cid&#233;e &#224; la pr&#233;sence de groupes de droite radicaux dans ce mouvement. Ces derniers mirent sur la d&#233;fensive, sur ce terrain, y compris des formations de la gauche radicale qui se divisaient sur l'analyse de la &#171; nature du mouvement &#187; &#8211; avec des sociologues sondant les &#226;mes et les c&#339;urs, de loin &#233;videmment &#8211; et ne r&#233;pondant pas, dans la mobilisation plurielle, aux provocations de l'extr&#234;me droite. Cette situation a donn&#233; le signal qu'un vide s'&#233;tait install&#233; entre, d'une part, un secteur de la population, y compris paup&#233;ris&#233;e ainsi que d'une fraction de la jeunesse, et, d'autre part, la dite &#171; classe politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte a commenc&#233; la mobilisation, bien organis&#233;e, contre le gouvernement de Dilma Rousseff qui non seulement n'appliquait pas ses &#171; promesses &#187; &#233;lectorales, mais multipliait les concessions aux ruralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, elle pla&#231;ait &#224; la direction du minist&#232;re de l'Agriculture K&#225;tia Abreu, de janvier 2015 &#224; mai 2016. Or, cette derni&#232;re avait &#233;t&#233; &#8211; en tant que propri&#233;taire d'une grande ferme dans le Tocantins &#8211; la pr&#233;sidente durant des ann&#233;es (1995 &#224; 2005) de l'association des propri&#233;taires ruraux de cet Etat. Puis en gagnant des galons, elle devint la pr&#233;sidente de la CNA (la Conf&#233;d&#233;ration de l'agriculture et de l'&#233;levage au Br&#233;sil) entre 2008 &#224; 2011. Elle y a rempli avec fermet&#233; son r&#244;le de d&#233;fenseur des ruralistes. Elle exprimait les v&#339;ux et les int&#233;r&#234;ts de ces derniers. Ceux de la &#171; fraction B &#187; (B&#339;uf), du complexe r&#233;actionnaire : BBB, c'est-&#224;-dire B&#339;uf, Balles (armes) et Bible. Cela ne posait pas de probl&#232;me &#224; &#171; son amie &#187; Dilma Rousseff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e d'une telle d&#233;bandade gouvernementale s'est donc organis&#233;e la mobilisation de la droite contre le gouvernement du PT et, symboliquement pour personnaliser la campagne, contre Dilma Rousseff. L'envol de cette mobilisation se fit au moment o&#249; la crise &#233;conomique frappait durement le Br&#233;sil, en fait d&#232;s 2014 mais avec un pic en 2015-2016. Elle se prolongeait en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en est suivi une paup&#233;risation d'une couche sociale qui avait pens&#233; grimper &#171; l'&#233;chelle sociale &#187; &#8211; quelques &#233;chelons, pas plus ! &#8211; et manifestait sa d&#233;ception en cherchant un &#171; bouc &#233;missaire &#187;. Il &#233;tait tout constitu&#233; et pr&#234;t &#224; servir. En effet, il surgissait, d&#233;sarm&#233; de la t&#234;te aux pieds, des &#171; scandales de corruption &#187; qui frappaient tous les partis, mais en particulier le PT parce que son image historique &#233;tait cens&#233;e contraster avec le dogme de corruption op&#233;rant depuis fort longtemps dans la politique br&#233;silienne ; un peu &#224; l'image de l'&#233;tonnement que certains expriment face aux &#171; v&#339;ux &#187; du clerg&#233; catholique et aux pratiques p&#233;dophiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occasion faisant le larron, l'op&#233;ration &#171; mains propres &#187; br&#233;silienne (Lava Jato) d&#233;stabilisa toutes les formations politiques. L'autonomie partielle du judiciaire, la judiciarisation de ladite vie politique et, enfin, les m&#233;thodes utilis&#233;es &#8211; selon le mod&#232;le italien admir&#233; par le juge Sergio Moro &#8211; consistant &#224; se d&#233;clarer t&#233;moin &#224; charge pour voir sa peine d'incarc&#233;ration diminu&#233;e en d&#233;non&#231;ant &#171; les siens &#187; grossirent un flot continu et croissant &#171; d'affaires &#187;. Elles &#233;taient difficiles &#224; endiguer. Il en ressortit une intrication de la crise &#233;conomique, de celle du r&#233;gime politique, du rapport entre les institutions et le &#171; contr&#244;le de la population &#187;, jusqu'&#224; des mesures de militarisation d'un Etat par le pouvoir central, comme c'est le cas &#224; Rio de Janeiro. Jair Bolsonaro, pendant ce temps, avec ses supporters, pr&#233;parait le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux partis qui dominaient le champ politique d&#232;s la fin de la dictature &#233;taient tr&#232;s secou&#233;s et le sont encore : 1&#176; le PSDB (Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne), au sein duquel la figure embl&#233;matique &#233;tait et est Fernando Henrique Cardoso, qui a connu l'exil &#224; Paris durant une partie de la p&#233;riode dictatoriale et 2&#176; le PT luliste ; Lula fut un membre cl&#233; du noyau qui lan&#231;a le PT au tout d&#233;but des ann&#233;es 1980, puis il devint l'homme du &#171; lulisme &#187;, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; le leader du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ces deux partis n'aient cess&#233; de passer des alliances les plus &#171; pourries &#187; politiquement et financi&#232;rement, afin de contr&#244;ler un l&#233;gislatif (Assembl&#233;e des d&#233;put&#233;s et S&#233;nat), ne fait que discr&#233;diter des formations complices comme le PMDB (aujourd'hui le MDB de Temer) ou le Parti d&#233;mocratique travailliste (PDT) dont le leader est Ciro Gomes. Il fut candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2018. Il obtint la troisi&#232;me place avec 12,47% des voix ; alors que G&#233;raldo Alckmin du PSDB atteignait p&#233;niblement le 4,76% des suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette br&#232;che ouverte par cette multiplication de chocs s'engouffr&#232;rent des petites formations. Parmi elles, le PSL (Parti social-lib&#233;ral) de Jair Bolsonaro qui trouva un appui, dans un premier temps, parmi des fractions de l'arm&#233;e dont des membres furent d'ailleurs tr&#232;s actifs dans la campagne &#233;lectorale. Puis dans un r&#233;seau communicationnel contr&#244;l&#233; par les Eglises &#233;vang&#233;liques et pentec&#244;tistes qui dament le pion, depuis des ann&#233;es, &#224; l'Eglise catholique. Ces Eglises organisent leurs bases (actives durant la campagne) avec un syst&#232;me de solidarit&#233; &#8211; qui consiste &#224; redistribuer une fraction des sommes piqu&#233;es &#224; &#171; leurs &#187; fid&#232;les &#224; un petit pourcentage d'&#233;lus, reconnaissants &#8211; et une machinerie de socialisation, surtout pour les d&#233;saffili&#233;&#183;e&#183;s vivant dans les grandes villes et issus de l'exil rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'est ajout&#233; ce que The Economist (27 octobre-2 novembre 2018) qualifie d'une adh&#233;sion h&#233;sitante d'une fraction du grand capital dans le but suivant : &#171; Sous la pr&#233;sidence de Bolsonaro, le Br&#233;sil [de qui ?] peut esp&#233;rer une r&#233;forme [du secteur public], une &#233;conomie en croissance rapide [qui serait impuls&#233;e par les privatisations dont le champion est le conseiller de J. Bolsonaro : Paulo Guedes] et avec un pr&#233;sident qui contr&#244;le ses pulsions autoritaires. &#187; Un vrai programme pour le capital br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre ces projets, ces visions prospectivistes technocratiques, et les forces sociales et politiques mises en marche, la collision est presque certaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons demain sur la situation au Br&#233;sil, entre autres en examinant les &#233;lections des gouverneurs, les r&#233;actions populaires &#171; instantan&#233;es &#187; et &#224; l'annonce faite par la Folha de S&#227;o Paulo selon laquelle &#171; Bolsonaro d&#233;m&#233;nage son bunker &#224; Brasilia &#187;, soit le d&#233;but de la formation d'un nouveau gouvernement qui ouvre une nouvelle p&#233;riode au Br&#233;sil. Ce d'autant plus que cette &#233;lection prolonge celles de Colombie, du Chili, de l'Argentine de Macri, des pouvoirs autoritaires &#8211; d'origines diverses en Am&#233;rique centrale &#8211; et du d&#233;sastre complet du gouvernement Maduro au Venezuela, qui devient, sur la base de ce que vit concr&#232;tement la population (quand elle ne s'exile pas en masse), un &#233;pouvantail ais&#233;ment agitable. (29 octobre 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dossier-Br&#233;sil. Un r&#233;gime autoritaire : l'h&#233;ritier des contre-r&#233;formes en pleine crise</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dossier-Bresil-Un-regime-autoritaire-l-heritier-des-contre-reformes-en-pleine</link>
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		<dc:date>2018-10-16T08:00:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-16</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 10 - octobre - 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tait pr&#233;visible la premi&#232;re place acquise au premier tour des &#233;lections br&#233;siliennes, le 7 octobre 2018, par le candidat d'extr&#234;me-droite Jair Bolsonaro (Parti social-lib&#233;ral) et de son colistier au m&#234;me profil, Hamilton Mour&#227;o, un g&#233;n&#233;ral de r&#233;serve mis &#224; la retraite, mais pay&#233;, sur d&#233;cision de Michel Temer, depuis le 28 f&#233;vrier 2018. Il est membre du Partido renovador trabalhista Brasileiro qui n'avait pas de repr&#233;sentation f&#233;d&#233;rale. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-10-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-10-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton36432-97ca5.png?1781416512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 10 - octobre - 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tait pr&#233;visible la premi&#232;re place acquise au premier tour des &#233;lections br&#233;siliennes, le 7 octobre 2018, par le candidat d'extr&#234;me-droite Jair Bolsonaro (Parti social-lib&#233;ral) et de son colistier au m&#234;me profil, Hamilton Mour&#227;o, un g&#233;n&#233;ral de r&#233;serve mis &#224; la retraite, mais pay&#233;, sur d&#233;cision de Michel Temer, depuis le 28 f&#233;vrier 2018. Il est membre du Partido renovador trabalhista Brasileiro qui n'avait pas de repr&#233;sentation f&#233;d&#233;rale. Les sondages d'Ibope et de Datafolha, que nous avions reproduits, annon&#231;aient l'issue du 7 octobre. Toutefois, l'ampleur des suffrages capt&#233;s par Bolsonaro n'&#233;tait pas envisag&#233;e par les &#171; analystes &#187; et les forces militantes, diverses, se situant &#224; gauche sur l'&#233;ventail politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nombre d'&#233;lecteurs et d'&#233;lectrices ayant vot&#233; est de 107'050'530. Les votes nuls 6,14%, les blancs, 2,65% ; le taux d'abstention : 20,3%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jair Bolsonaro a r&#233;uni 46,03% des voix, soit un &#233;lectorat &#233;quivalent &#224; 49'276'991. Une donn&#233;e plus expressive que les pourcentages pour ceux et celles qui ne scrutent pas de pr&#232;s la situation br&#233;silienne. Le candidat du PT (Parti des travailleurs) &#8211; sacr&#233; par Lula le 11 septembre comme le candidat du PT, Fernando Haddad &#8211; a obtenu 29,28% des suffrages exprim&#233;s, ce qui &#233;quivaut &#224; 31'341'997 &#233;lecteurs et &#233;lectrices. Quelque 18 millions de moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un politicien de &#171; premier rang &#187; &#8211; membre d'une formation qui a fait les beaux jours de la classe dominante &#224; la sortie de la dictature (1985), le Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne &#8211; G&#233;raldo Alckmin est r&#233;trograd&#233; en quatri&#232;me position avec 4,76% des voix, et 5'096'341 de &#171; supporters &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la troisi&#232;me place du podium, m&#233;daill&#233; de bronze, Ciro Gomes (Parti d&#233;mocratique travailliste) : 12,47% des suffrages, soit 13'344'353 de votant&#183;e&#183;s. Les m&#233;daill&#233;s d'argent et de bronze rassemblent, avec quelque 44 millions d'&#233;lecteurs, 5 millions de moins que Jair Bolsonaro. Ceux qui ne scrutent pas la soci&#233;t&#233; et ses tribulations sous l'impact d'une crise multiforme &#8211; qui s'accentue depuis 2014 &#8211; ont fait preuve d'une grande myopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se sont enferm&#233;s dans la &#171; tour d'ivoire &#187; du seul monde des partis politiques. Un sujet pr&#233;f&#233;r&#233; des articles de la presse superficielle. Or, le pouvoir d'attraction du discours et du personnage de Jair Bolsonaro ne renvoie pas seulement aux forces qui se sont mobilis&#233;es &#224; ses c&#244;t&#233;s, sous diverses modalit&#233;s, mais aussi &#224; la syntonie qui s'&#233;tablit entre, d'une part, le v&#233;cu d'&#233;lecteurs potentiels, leurs affects &#8211; valid&#233;s par des exp&#233;riences propres &#224; la quotidiennet&#233; et m&#233;moris&#233;s comme des &#171; preuves &#187; &#8211;, l'interpr&#233;tation de leurs int&#233;r&#234;ts, l'impact sur eux d'un &#171; storytelling &#187; (d'une mise en r&#233;cit) diffus&#233; par les grands m&#233;dias, si importants au Br&#233;sil et, d'autre part, la figure construite d'un personnage comme Bolsonaro qui imprime un sens &#224; cet agglom&#233;rat de ressentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits sur le fascisme de Trotsky sont fort utiles pour capter des &#233;l&#233;ments susmentionn&#233;s, sans tomber dans le pi&#232;ge des analogies trop rapides. N&#233;anmoins, il ne faudrait pas oublier les traits subtils de l'ouvrage de Wilhelm Reich, La psychologie de masse du fascisme, &#233;crit en 1933, pour commencer &#224; analyser les origines et les traits du tsunami du 7 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sultats qui parlent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; quelques r&#233;sultats. Dans un Etat comme celui de S&#227;o Paulo, le candidat du PSL obtient 53% des suffrages (12'378'012 d'&#233;lecteurs) ; celui du PT : 16,42% (3'833'982 d'&#233;lecteurs). Il est toujours possible d'argumenter &#8211; et cela est vrai &#8211; qu'Haddad, ancien maire de S&#227;o Paulo, avait subi une d&#233;faite &#233;lectorale saisissante en octobre 2016 face &#224; un nouveau venu qui pr&#233;tendait au poste strat&#233;gique de maire de la plus grande ville du Br&#233;sil : Jo&#227;o Doria Junior du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne. Ce dernier avait obtenu au premier tour des &#171; municipales &#187; 53,3% des voix contre 16,7% pour Fernando Haddad. Cette fois les proportions du r&#233;sultat &#233;lectorale sont similaires. Si ce n'est que l'opposant n'est pas un multimillionnaire comme Jo&#227;o Doria Junior, fils d'un politicien connu, mais le capitaine &#224; la retraite Jair Bolsonaro. Soit un admirateur explicite de la dictature, de l'arm&#233;e, de la police, des tortionnaires, de l'autod&#233;fense arm&#233;e, un sexiste et homophobe assum&#233;, de m&#234;me que le d&#233;fenseur, cela va de soi, des &#171; valeurs de la famille &#187;, d&#233;ployant donc le drapeau de l'opposition au droit &#224; l'avortement. Ses trois fils n'ont-ils pas connu un succ&#232;s analogue lors de ces &#233;lections ? Et les &#233;vang&#233;listes r&#233;actionnaires n'ont-ils pas fait de Jair leur &#171; messie &#187; politique, lui dont le pr&#233;nom sonne bien : Jair Messiah Bolsonaro ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L466xH518/f4eca3b49b8eddad-3516b163-7b885.png?1781046211' width='466' height='518' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Nous citerons, dans cet article, les Etats o&#249; Bolsonaro a obtenu la majorit&#233; absolue : Rio Grande do Sul (52,63%), Paran&#225; (56,89%), Matto Grosso do Sul (55,06%), Goias (57,24%), Espirito Santo (54,76%), Matto Grosso (60,04%), Rondonia (62,24%), Acre (62,25%), Roraima (62,97%), Rio de Janeiro (59,79%). Fernando Haddad n'a r&#233;uni une majorit&#233; absolue qu'&#224; Bahia (60,28%), Piau&#237; (63,4%), Maranh&#227;o (61,26%) et Sergipe (50,09%). Fernando Haddad n'arrive en premi&#232;re position que dans les Etats suivants : Pernambuco (48,87%, avec Bolsonaro &#224; 30,57%) ; Rio Grande do Norte (41,19%, avec Bolsonaro &#224; 30,21%), Para&#237;ba (45,46% avec Bolsonaro &#224; 31,3%), Alagoas (44,75%, avec Bolsonaro &#224; 34,4%). Autrement dit, le candidat du PT a obtenu une majorit&#233; absolue dans quatre Etats du Nordeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, parmi les d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux ayant rassembl&#233; le plus de votes, se d&#233;tache en premi&#232;re place le fils de Jair Bolsonaro, avec 1'843'735 suffrages &#224; S&#227;o Paulo. En deuxi&#232;me position, Joice Hasselmamn (avec 1'078'666 votes) &#224; S&#227;o Paulo, membre du PSL depuis avril 2018. Certes, par le pass&#233;, elle &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sente dans les m&#233;dias t&#233;l&#233;diffus&#233;s et les r&#233;seaux sociaux, ainsi qu'animatrice de relief des manifestations, en 2015 et 2016, contre Dilma Rousseff. Son apologie du juge Sergio Moro n'est pas pass&#233;e inaper&#231;ue, ainsi que son soutien &#224; la police f&#233;d&#233;rale lors de la r&#233;pression de manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militaires et le &#171; garde-&#224;-vous &#187; face &#224; l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Major Olimpio, membre du PSL, est &#233;lu au s&#233;nat dans l'Etat de S&#227;o Paulo avec 25,81% des suffrages et arrive en premi&#232;re position, suivi par Maria Gabrilli du PSDB qui r&#233;unit 18,59% des suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce membre de la Police militaire &#8211; une institution militaire r&#233;put&#233;e pour ses talents r&#233;pressifs &#8211; a exprim&#233; son point de vue, plus &#171; nuanc&#233; &#187; que son patron, sur la dictature militaire : &#171; L'histoire du r&#233;gime militaire a &#233;t&#233; racont&#233;e que par un seul c&#244;t&#233;, de mani&#232;re incroyable, par les vaincus [la gauche donc]. Normalement quand on raconte une histoire c'est celle des vainqueurs, dans le cas du r&#233;gime militaire ce furent les vaincus. Il existe une histoire qui un jour va &#234;tre &#224; nouveau cont&#233;e, pour trouver un &#233;quilibre &#187;. Major Olimpio a-t-il lu Enzo Traverso ou Michael L&#246;wy, &#224; l'envers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'endroit, la m&#233;moire positive de la dictature se concr&#233;tise par la pr&#233;sence (d&#233;j&#224;) de 22 &#233;lus ayant des liens avec les forces arm&#233;es : police militaire, militaire &#224; la retraite, membre des forces arm&#233;es, pompiers militaires, dont 13 sont du PSL (Folha de S&#227;o Paulo, 9 octobre 2018). Parmi les conseillers de Jair Bolsonaro se trouve le g&#233;n&#233;ral de r&#233;serve Augusto Heleno Ribeiro Pereira. Il a d&#233;velopp&#233; sa carri&#232;re militaire ascendante d&#232;s 1969. Il commanda les troupes de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Ha&#239;ti), de juin 2004 &#224; septembre 2005. Dans une tradition qui s'est exprim&#233;e parmi des militaires fran&#231;ais fort &#224; droite durant la guerre d'Alg&#233;rie, Augusto Heleno a &#233;mis des critiques sur cette mission. Pourquoi ? Elle n'a pas combin&#233; une politique de s&#233;curit&#233; stricte avec des projets de d&#233;veloppement &#171; social &#187;, un autoritarisme pour le bien d'un peuple mat&#233;. Jair Bolsonaro avait envisag&#233; de l'inscrire comme vice-pr&#233;sident sur le ticket pr&#233;sidentiel. Il refusa. Mais il confirma son soutien au capitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les liaisons entretenues par Jair Bolsonaro avec des cercles consistants de l'arm&#233;e &#8211; dont la continuit&#233; et la place post-dictatoriale au Br&#233;sil n'ont jamais &#233;t&#233; remises en cause &#8211; existent depuis des ann&#233;es. Elles se sont accentu&#233;es depuis un an, dans les deux sens. Les sondages parmi les militaires montraient, durant la derni&#232;re p&#233;riode, l'influence croissante de Bolsonaro qui remplissait aussi le r&#244;le d'une assurance anti-PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e se pr&#233;sente comme non seulement comme un &#233;l&#233;ment d'ordre, mais elle fait &#233;cho &#224; une vaste &#171; d&#233;sillusion &#187;. Cette derni&#232;re trouvait une traduction cern&#233;e par l'enqu&#234;te d'opinion faite par le Pew Research Center-Global. Attitude&amp;Trends (16 octobre 2017) : la &#171; d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#187; est consid&#233;r&#233;e comme &#171; tr&#232;s bonne &#187; par seulement 8% de l'&#233;chantillon sond&#233; au Br&#233;sil ; un pourcentage inf&#233;rieur &#224; celui du Mexique qui se situait &#224; 9%. La derni&#232;re &#233;tude du World Economic Forum (WEF) portant sur &#171; la comp&#233;titivit&#233; mondiale &#187; place &#224; la 137e place, sur 138 pays examin&#233;s, la &#171; perte de confiance des Br&#233;siliens face &#224; la classe politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;senchantement et &#171; besoin d'ordre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;senchantement poss&#232;de plusieurs sources, parmi lesquelles la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Elle est le produit d'une connexion institu&#233;e depuis longtemps entre, d'un c&#244;t&#233;, les grands travaux d'infrastructure de ce &#171; pays continent &#187; ainsi que son &#233;conomie extractiviste et agro-exportatrice et, de l'autre, les instances politiques contr&#244;l&#233;es par les partis des dominants ou ceux se mettant &#224; la disposition du capital, comme le fit directement un secteur de l'appareil du PT. A cela s'ajoute l'impact sur l'emploi de la profonde r&#233;cession &#8211; une perte d'emplois d'environ 20 millions, directe ou indirecte, ayant les formes d'une pr&#233;carisation extr&#234;me (voir Ricardo Antunes &#224; ce propos) &#8211;, la paup&#233;risation et la mont&#233;e de la violence qui est diffus&#233;e sur le mode d'un cumul d'&#233;v&#233;nements anecdotiques qui saturent &#171; l'information &#187; sur les cha&#238;nes t&#233;l&#233;vis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite extr&#234;me et l'extr&#234;me-droite ont compris qu'une fen&#234;tre de tir id&#233;ale se pr&#233;sentait. D&#232;s lors, les th&#232;mes diffus&#233;s par Bolsonaro et ses r&#233;seaux ont rempli un vide politique, avec du &#171; nouveau &#187;. Ce qui dans un r&#233;gime de temporalit&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e et de renouvellement g&#233;n&#233;rationnel se mesure en semaines, pour ne pas dire moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce besoin &#171; ordre &#187; &#8211; sans &#171; progr&#232;s &#187;, ni &#171; amour &#187;, ce qui &#233;tait la formule ternaire initiale emprunt&#233;e &#224; Auguste Comte pour en faire le logo du drapeau br&#233;silien &#8211; est d'autant plus n&#233;cessaire pour le &#171; monde des affaires &#187;. Ralli&#233;es momentan&#233;ment &#224; un Michel Temer, d&#233;fait en termes de cr&#233;dibilit&#233; politique, pour acc&#233;l&#233;rer des contre-r&#233;formes, des fractions des classes dominantes vont faire face, &#224; court terme, &#224; une difficult&#233;. Les d&#233;penses budg&#233;taires &#171; obligatoires &#187; sont &#224; hauteur de 90% compos&#233;es par les rubriques suivantes : sant&#233;, &#233;ducation, salaires de la fonction publique, syst&#232;me de retraite, &#171; aides sociales &#187;, subventions diverses. D&#232;s lors, comme l'explique William Jackson, chef &#233;conomiste de Capital Economics pour les &#171; march&#233;s &#233;mergents &#187; : &#171; Beaucoup des mesures n&#233;cessaires pour am&#233;liorer les finances publiques sont tr&#232;s impopulaires, mais elles doivent &#234;tre appuy&#233;es par de fortes majorit&#233;s pour aller de l'avant. &#187; Jackson soulignait auparavant que : &#171; Les investisseurs paraissent &#234;tre plus &#224; l'aise avec Jair Bolsonaro qu'ils consid&#232;rent plus favorable aux march&#233;s, face au profil plus &#233;tatiste de Fernando Haddad &#187; (El Pais, 7 octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de majorit&#233; populaire, autrement dit d'une r&#233;sistance sociale d&#233;cid&#233;e &#8211; car la majorit&#233; parlementaire peut &#234;tre obtenue &#8211; &#171; l'ordre &#187; pourra &#234;tre impos&#233; par les composantes des forces arm&#233;es. La criminalisation des mouvements sociaux et de leurs repr&#233;sentants fait partie de l'agenda de Bolsonaro. Ses formules &#171; un bon voleur est un voleur mort &#187; ; &#171; tirez d'abord, interrogez ensuite &#187;, &#171; tuez-les &#187; &#224; propos des militant&#183;e&#183;s du PT peuvent prendre une tournure plus institutionnelle dans la mise en place d'un r&#233;gime autoritaire. Un tel r&#233;gime peut avoir recours, de plus, &#224; la marge, &#224; des bandes fascisantes actives sur le terrain pour semer la crainte. L'exp&#233;rience de la militarisation de Rio &#8211; d&#233;cid&#233;e formellement par Temer &#8211; servira (et sert d&#233;j&#224;) de banc d'essai utilisable pour un futur pouvoir autoritaire f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jair Bolsonaro est depuis 27 ans d&#233;put&#233; au parlement. Cette pr&#233;sence est due &#224; une fonction souvent qualifi&#233;e au Br&#233;sil de &#171; d&#233;put&#233; du bas clerg&#233; &#187; ; ce qui signifie qu'il avait comme r&#244;le celui de rabatteur pour faire voter en faveur des caciques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il occupe une place dans le &#171; haut clerg&#233; &#187;. Et l'appui lui a &#233;t&#233; fourni m&#233;diatiquement par un richissime magnat de la communication : Edir Macedo. Ce dernier a fond&#233; l'Eglise universelle du r&#232;gne de Dieu et fait construire un temple pouvant r&#233;unir 10'000 fid&#232;les (payant) &#224; S&#227;o Paulo ; une pr&#233;tendue r&#233;plique du temple de Salomon, plac&#233;e dans le quartier populaire de Bras, l'un des 96 districts de la m&#233;galopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses communaut&#233;s &#233;vang&#233;liques regroupent plus de 22% de la population du Br&#233;sil, soit quelque 42 millions de personnes. Leur pr&#233;sence parlementaire est notable et les candidats cherchent leur appui. De leur c&#244;t&#233;, ces diverses Eglises &#233;vang&#233;liques, qui sont des marchands du temple fort actifs, attendent des politiques des intercessions qui favorisent leur statut de contribuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edir Macedo a soutenu, &#224; l'&#233;poque, Lula et Dilma Rousseff. Cette fois son choix s'est port&#233; sur Jair Bolsonaro. Il existe un conglom&#233;rat de fractions parlementaires qui a pour acronyme : BBB. Autrement dit : Bala (la balle de fusil), Boi (le b&#339;uf), Biblia (la bible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui d'Edir Macedo &#224; Bolsonaro s'est traduit par un acc&#232;s &#224; sa cha&#238;ne TV Record, tr&#232;s regard&#233;e, dans un pays o&#249; la d&#233;cision de vote est fortement influenc&#233;e par la t&#233;l&#233;vision. Selon Ronaldo Almedia, professeur &#224; l'universit&#233; UNICAMP et membre de Centre br&#233;silien d'analyse et de planification (Cebrap) : &#171; Depuis septembre s'est produit un d&#233;placement consid&#233;rable des intentions du vote &#233;vang&#233;lique en direction de Bolsonaro. Bolsonaro repr&#233;sente une sensation d'ordre et d'autorit&#233; qui prend dans cette partie de la population, encore plus dans un contexte de r&#233;gression &#233;conomique et morale &#187; (El Pais, 8 octobre 2018). Ce n'est pas un hasard si &#224; l'occasion du dernier d&#233;bat, avant la journ&#233;e 7 octobre, Jair Bolsonaro a donn&#233; un long entretien &#224; TV Record, laissant les autres candidats &#171; discuter entre eux &#187;. Lui, pour &#171; raisons m&#233;dicales &#187;, ne pouvait que se confier, en direct, aux t&#233;l&#233;spectateurs qui &#171; refusent la pourriture morale diffus&#233;e par la gauche &#187; comme l'explique le grand pr&#234;tre &#233;vang&#233;liste de la Victoire du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tisser des liens avec le grand capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 8 octobre, le conseiller &#233;conomique de Bolsonaro, Paulo Guedes, a pris contact avec des membres influents du &#171; monde &#233;conomique &#187;. Paulo Guedes n'est pas qu'un &#233;l&#232;ve de l'&#233;cole de Chicago et un fanatique des privatisations. Il dirige un fonds d'investissement &#8211; Bozano Investimentos Gest&#227;o de Recursos Ldta &#8211; qui d&#233;clare 3,5 milliards de R$ sous gestion. Certes, la somme de 945 millions de dollars n'est pas &#233;norme. Mais ce fonds se concentre sur le &#171; venture capital &#187; (prises de participation) et le &#171; private equity &#187; (achat, &#171; redressement &#187; et revente d'entreprises), ce qui facilite les contacts et peut &#234;tre un lieu de rencontre dans la perspective d'une vague de privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la Fohla de S&#227;o Paulo du 9 octobre &#233;num&#233;rait une s&#233;rie de contacts &#233;tablis par Paulo Guedes en vue de la formation d'un gouvernement et de nominations &#224; des postes influents. Etaient mentionn&#233;s : Alexandre Bettamio, pr&#233;sident pour l'Am&#233;rique latine de Bank of America ; Jo&#227;o Cox du conseil d'administration de TIM (filiale de Telecom Italia Mobile) qui dispose d'un r&#244;le de premier plan dans la t&#233;l&#233;communication mobile (GSM) au Br&#233;sil ; Maria Silvia Bastos Marques, membre de la direction de Goldman Sachs Br&#233;sil et ex-pr&#233;sidente de la BNDES (Banque br&#233;silienne de d&#233;veloppement), cr&#233;&#233;e en 1952 dans une perspective d&#233;veloppementiste, mais sa fonction a bien chang&#233; ; Roberto Campos Neto, directeur de Santander Br&#233;sil (filiale de Santander Espagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poste de patron de la Banque centrale (BCB) sera crucial. L'actuel gouverneur, Ilan Goldfajn, &#233;conomiste isra&#233;lien et gouverneur de la BCB depuis juin 2016, semble ne pas vouloir rester &#224; ce poste. Qui va &#234;tre choisi en cas de victoire de Bolsonaro ? Ce choix aura une consonance politique analogue &#224; celui de Lula en 2003, lorsqu'il lan&#231;a &#171; son &#187; d&#233;volu sur Henrique Mereilles qui occupa ce poste jusqu'en 2010. Mereilles, lorsqu'il officiait aux Etats-Unis, &#233;tait un proche de Bill Clinton. Il dirigea jusqu'en 1999 la BankBoston internationale, puis apr&#232;s la fusion de cette derni&#232;re avec le Fleet Financial Group, Mereilles devint le pr&#233;sident de la FleetBoston Financial's Global Banking, avant de revenir au Br&#233;sil en 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer ce bref aper&#231;u des alliances socio-&#233;conomiques que se doit de passer un potentiel pr&#233;sident comme Bolsonaro, il ne faut pas oublier le secteur extractiviste. Le quotidien &#233;conomique O Valor cite les contacts pris avec Roberto Castello Branco, gouverneur de la BCB, ex-conseiller de la direction du grand groupe Vale (minerai, gaz, p&#233;trole), aujourd'hui &#224; la t&#234;te de l'importante communaut&#233; professionnelle que repr&#233;sente la Fondation Getulio Vargas. Le nom de Fabio A. Abraho a aussi &#233;t&#233; mentionn&#233;, il si&#232;ge &#224; la direction d'Infra Partners, un g&#233;ant de la logistique. Il est pass&#233; chez Vale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capital, dans cette crise multiface, Bolsonaro pr&#233;sident se doit d'encadrer une base populaire, de r&#233;primer en criminalisant les r&#233;sistances sociales et d&#233;mocratiques. Pour cela il peut prendre appui conjointement sur les &#233;vang&#233;liques et les divers corps d'arm&#233;e &#8211; deux facettes de l'ordre &#8211; et engager une vague de contre-r&#233;formes. La nature de ce r&#233;gime s'&#233;clairera dans la foul&#233;e d'une &#233;lection victorieuse. Et si c'est le cas, ce basculement socio-politique au Br&#233;sil s'inscrira vraiment dans la fin &#8211; pr&#233;visible depuis quelques ann&#233;es &#8211; du cycle dit &#171; progressiste &#187; en Am&#233;rique latine, avec des similitudes &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ce qui peut &#234;tre le sujet d'un autre article apr&#232;s le 28 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la mobilisation pour battre le ticket Bolsonaro-Mour&#227;o dans la rue et dans les urnes est une priorit&#233;, comme l'expliquent les trois articles que nous publions ci-dessous et qui proposent de voter contre Bolsonaro, pour Haddad. (10 octobre 2018)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Votez contre Bolsonaro. &#171; L'alternative de gauche n'a pas pris fin le dimanche 7 octobre &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par &lt;strong&gt;Esqerda online&lt;/strong&gt;, 7 octobre 2018&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3944 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L418xH273/1b3d52dfe4ddbf75-a248504a-c3fcf.png?1781046211' width='418' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles est termin&#233;. Le d&#233;nombrement des suffrages &#233;tant en cours de finalisation, Jair Bolsonaro (PSL) est en premi&#232;re place [&#233;ditorial &#233;crit avant le d&#233;compte final]. En deuxi&#232;me position, Fernando Haddad (PT). Il manque un nombre limit&#233; de suffrages au candidat du PSL (Parti social lib&#233;ral) pour ne pas avoir gagn&#233; d&#233;j&#224; au premier tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, vont s'affronter dans une sorte de duel, &#224; l'occasion du deuxi&#232;me tour des &#233;lections, un candidat n&#233;ofasciste d'extr&#234;me droite (Jair Messiah Bolsonaro) et le repr&#233;sentant du lulisme (Fernando Haddad). Une bataille est annonc&#233;e dans laquelle la neutralit&#233; n'est pas une option. Il n'y a qu'un choix dans cet affrontement &#233;lectoral pour la gauche socialiste : vaincre la menace n&#233;ofasciste lors du second tour des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mesurer avec exactitude ce qui est en jeu. Le danger frappe &#224; la porte. L'arriv&#233;e de Jair Bolsonaro &#224; la pr&#233;sidence repr&#233;sente la victoire du plus barbare parmi les projets d'oppression et d'exploitation capitalistes au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. Bolsonaro au pouvoir implique que les droits fondamentaux des masses laborieuses &#8211; sociaux et du travail, tels que la retraite et le 13e salaire &#8211; soient mis en lambeaux, sous les effets d'une radicalisation des contre-r&#233;formes mises en &#339;uvre par Michel Temer. Au pouvoir, Bolsonaro redoublera les menaces contre la vie des femmes, des Noirs, des LGBT, des autochtones et des immigr&#233;s. Se produira une acc&#233;l&#233;ration sans pr&#233;c&#233;dent de l'escalade r&#233;pressive contre de la population noire et des populations pauvres de notre pays. Au pouvoir, Bolsonaro repr&#233;sente un danger imminent de suppression des droits d&#233;mocratiques, d&#233;j&#224; limit&#233;s, en particulier pour les organisations de gauche, les syndicats et les mouvements sociaux. Bolsonaro au pouvoir, c'est le retour des nostalgiques de la dictature (1964-1985), des factieux et des tortionnaires qui seront aux commandes du pouvoir ex&#233;cutif f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jair Bolsonaro s'oppose &#224; la corruption pour gagner des voix, mais ses principaux partisans sont des politiciens corrompus et des hommes d'affaires corrompus. Les vieux renards &#8211; membres de la PSDB (Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne) et ayant utilis&#233; l'alliance avec le PT (Parti des travailleurs) dans les gouvernements (&#224; l'&#233;chelle f&#233;d&#233;rale et des Etats) &#8211; embrassent maintenant le capitaine [Bolsonaro &#233;tait capitaine et a &#233;t&#233; mis &#224; pied, avant d'initier sa carri&#232;re de d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral durant 27 ans].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission de Bolsonaro est de faire ce que Temer n'a pas r&#233;ussi &#224; faire : broyer compl&#232;tement les droits des travailleurs et travailleuses. Pour ce faire, il veut imposer un r&#233;gime autoritaire afin d'emp&#234;cher toute tentative de r&#233;sistance. En un mot, Jair Bolsonaro est le capitaine qui servira les banquiers et les corrompus pour massacrer la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons : &#171; Jamais lui ! &#187;, &#171; La dictature plus jamais ! &#187; &#171; D&#233;fendons nos droits ! &#187; Les femmes qui sont descendues dans la rue le 29 septembre [voir l'article publi&#233; sur ce site en date du 20 octobre] ont montr&#233; et ouvert la voie. Nous sommes la majorit&#233;. La classe ouvri&#232;re et les opprim&#233;&#183;e&#183;s repr&#233;sentent une force gigantesque. Dans les rues, nous pouvons vaincre le n&#233;ofascisme, et aussi dans les urnes son principal repr&#233;sentant : J. Bolsonaro. Lors du deuxi&#232;me tour, nous voterons la liste 13 pour emp&#234;cher Jair Bolsonaro d'&#234;tre &#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de profondes divergences avec le parti de Lula (PT). Nous sommes une opposition de gauche depuis 13 ans [le PSOL &#8211; Parti socialisme et libert&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en juin 2004], entre autres parce que nous nous opposions &#224; la strat&#233;gie de conciliation avec les riches, les puissants et les corrompus, les m&#234;mes personnes qui ont frapp&#233; en 2016 [avec le coup d'Etat institutionnel contre Dilma Rousseff qui a conduit &#224; sa destitution]. La frustration et le d&#233;senchantement ont ouvert la voie &#224; Bolsonaro. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, malheureusement, le PT ne semble pas avoir tir&#233; les le&#231;ons. Il persiste en commettant les m&#234;mes erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ces &#233;lections, le Parti des travailleurs a scell&#233; des alliances avec des dirigeants r&#233;put&#233;s, tels que Renan Calheiros [ministre de la Justice sous le gouvernement de Fernando Enrique Cardoso d'avril 1998 &#224; juillet 1999, puis deux fois pr&#233;sident du S&#233;nat de f&#233;vrier 2005 &#224; d&#233;cembre 2007, puis de f&#233;vrier 2013 &#224; f&#233;vrier 2017, sous accusation pour corruption] et Eunicio de Oliveira [s&#233;nateur du Cear&#225;, grand propri&#233;taire, ministre sous le gouvernement Lula en 2004-2005], tous deux membre du PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier tour, Haddad a lanc&#233; des signaux en direction de la classe dominante, sugg&#233;rant qu'il maintiendrait l'ajustement structurel [coupes budg&#233;taires, entre autres] et les contre-r&#233;formes du programme, bien que selon des modalit&#233;s plus lentes et moins brutales. Nous avertissons que, dans le contexte actuel de profonde crise sociale et politique, avec une extr&#234;me-droite influen&#231;ant des dizaines de millions de personnes, de nouvelles combinaisons &#233;lectorales avec la droite pourraient avoir des cons&#233;quences encore plus tragiques, ouvrant peut-&#234;tre les portes &#224; une nouvelle et encore plus dangereuse escalade dans la logique du coup d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grave erreur ne peut plus &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e. Fernando Haddad, lors de ce second tour, doit s'engager publiquement aupr&#232;s de la classe ouvri&#232;re et des couches populaires &#224; annuler toutes les contre-r&#233;formes de Michel Temer (pr&#233;sident), &#224; refuser d'accepter toutes contre-r&#233;formes des retraites qui supprimeraient des droits et &#224; rompre les alliances avec la droite et la bourgeoisie corrompue. En outre, il est n&#233;cessaire de d&#233;fendre un programme qui fasse obstacle &#224; la vague r&#233;trograde de privatisations et les mesures r&#233;pressives, telle la &#171; loi antiterroriste &#187; promulgu&#233;e par Dilma Rousseff, ratifi&#233;e finalement en mars 2016. Il est &#233;galement n&#233;cessaire de mettre fin aux orgies des banques [les gains obtenus sur les obligations du Tr&#233;sor et les op&#233;rations d'investissements sp&#233;culatifs internationaux], de d&#233;fendre d'une mani&#232;re d&#233;termin&#233;e les droits des femmes, des Noirs, des LGBT et des peuples autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il est n&#233;cessaire d'ouvrir toutes les archives de la dictature et de juger les tortionnaires et les meurtriers du r&#233;gime militaire. Ils ne peuvent rester impunis et utiliser les &#233;lections pour revenir au pouvoir. Avec les travailleurs et travailleuses organis&#233;s et mobilis&#233;s, il est possible de d&#233;faire les mesures issues du coup d'Etat et de vaincre l'extr&#234;me droite. La &#171; gouvernabilit&#233; &#187; doit &#234;tre garantie par la force pr&#233;sente dans la rue et non par des accords trompeurs avec la fraction parlementaire patronale et corrompue qui domine le Congr&#232;s national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier tour, nous avons fi&#232;rement construit la candidature de Guilherme Boulos : avec le PSOL, le PCB&#173;-Parti communiste br&#233;silien, le MTST-Mouvement des travailleurs sans toit et l'APIB-Articula&#231;&#227;o dos Povos Ind&#237;genas do Brasil. Nous avons pr&#233;sent&#233; un programme anticapitaliste visant &#224; construire un Br&#233;sil pour et par les travailleurs et travailleuses, pour et par les opprim&#233;&#183;e&#183;s et les jeunes, sans alliances avec la droite et la bourgeoisie. Nous combattons et nous continuerons &#224; combattre le fascisme de toutes nos forces. Le projet visant &#224; renforcer une nouvelle alternative de gauche n'a pas pris fin le dimanche 7 octobre. Apr&#232;s le pr&#233;cieux mouvement-campagne qui a pris son essor, nous poursuivrons la bataille pour la r&#233;organisation de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes le PSOL et nous construisons une strat&#233;gie socialiste et r&#233;volutionnaire pour le Br&#233;sil. Nous voterons Haddad (PT) le 28 octobre afin de vaincre Bolsonaro. Nous m&#232;nerons une forte campagne dans la rue, sans compter nos efforts, en dialoguant avec les travailleurs et travailleuses, avec les jeunes et les opprim&#233;&#183;e&#183;s, non seulement pour emp&#234;cher la victoire de l'extr&#234;me droite n&#233;ofasciste, mais &#233;galement pour pr&#233;parer et construire les luttes urgentes de demain. (7 octobre 2018 ; &#233;ditorial publi&#233; sur le site Esquerda online ; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;#EleN&#227;o.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour vaincre Bolsonaro et d&#233;fendre les droits, le PSOL soutient au second tour le vote pour Fernando Haddad et Manuela D'&#193;vila&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L413xH258/f74eb7e68df89862-11871997-088bb.png?1781046211' width='413' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par &lt;i&gt;Commission ex&#233;cutive du PSOL (Parti Socialisme et Libert&#233;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections du premier tour ont fini par maintenir la m&#234;me situation d'instabilit&#233; et de polarisation provoqu&#233;e par le coup d'Etat institutionnel d'ao&#251;t 2016 [qui a conduit &#224; la destitution de Dilma Rousseff et le transfert du mandat pr&#233;sidentiel &#224; Michel Temer, ex-vice-pr&#233;sident qui faisait partie du ticket pr&#233;sidentiel de Dilma Rousseff en octobre 2014], qui a approfondi la crise &#233;conomique et sociale qui &#233;tait en train de se d&#233;velopper. Il a &#233;galement approfondi une crise de repr&#233;sentation politique d'une telle ampleur qu'elle a cr&#233;&#233; les conditions pour l'&#233;mergence d'une candidature d'extr&#234;me droite qui est arriv&#233;e au second tour des &#233;lections avec le soutien d'une partie consid&#233;rable des classes dominantes. L'&#233;lection a frapp&#233; durement diff&#233;rents &#171; caciques &#187; politiques, permettant &#224; l'extr&#234;me-droite de capitaliser la rage sociale contre le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second tour (vote le 28 octobre) est la continuit&#233; de la lutte contre le fascisme et le coup de 2016. La t&#226;che centrale du moment pr&#233;sent est donc de vaincre Jair Bolsonaro. Sa d&#233;faite ouvre la possibilit&#233; de bloquer l'agenda initi&#233; par Temer, de garantir la souverainet&#233; nationale et de r&#233;unir les conditions pour continuer &#224; d&#233;fendre les conqu&#234;tes d&#233;mocratiques face &#224; l'autoritarisme. Pour cela, le PSOL soutiendra d&#233;sormais la candidature de Fernando Haddad et de Manuela tout en maintenant les divergences politiques et en pr&#233;servant notre ind&#233;pendance. Nous appelons tous nos militants &#224; descendre dans les rues pour continuer &#224; dire haut et fort &#171; #Ele n&#227;o &#187; (lui non).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL et l'alliance que nous avons form&#233;e au premier tour autour de la candidature de Guilherme Boulos et Sonia Guajajara, avec les mouvements sociaux, le PCB (Parti communiste br&#233;silien), des intellectuels et des artistes, continueront &#224; d&#233;fendre la dignit&#233; du peuple br&#233;silien contre les in&#233;galit&#233;s et les privil&#232;ges. Cette candidature marque le d&#233;but d'un nouveau cycle dans la gauche br&#233;silienne et le PSOL est fier d'avoir &#233;t&#233; le creuset de cette alliance et d'avoir stimul&#233; cette construction. Pour cela nous continuerons &#224; d&#233;fendre les causes qu'aucune autre candidature n'a eu le courage de d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serons dans la campagne pour battre Jair Bolsonaro et &#233;lire Haddad et Manuela D'Avila pour d&#233;fendre la souverainet&#233; nationale et les droits de la majorit&#233; de notre peuple. Nous serons dans la rue et devant les urnes pour exiger l'abrogation de toutes les mesures du gouvernement Temer, contre la r&#233;forme des retraites, la r&#233;forme du travail, la fin des massacres contre la population noire, la fin des violences contre la communaut&#233; LGBT, la d&#233;militarisation de la police, la l&#233;galisation des drogues, la d&#233;marcation des terres indig&#232;nes et des &#171; quilombolas &#187; (terre des descendants des esclaves noirs qui ont &#233;chapp&#233; &#224; leurs propri&#233;taires), la d&#233;forestation z&#233;ro, et la d&#233;fense des droits des femmes et de toutes leurs demandes ; de l'&#233;galit&#233; salariale &#224; la lutte contre les diverses expressions (harc&#232;lement, violence..) du machisme, la l&#233;galisation de l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus nous n'abandonnerons pas le combat pour notre souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique [face aux privatisations massives] avec la d&#233;fense du Pr&#233;sal [les ressources p&#233;troli&#232;res se situant en grande profondeur, sous une couche de sel], de Petrobras et d'Electrobras, dans la perspective d'une transition du mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique en place et de celui r&#233;gissant l'organisation des transports, de la mobilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL comprend que la lutte pour vaincre Jair Bolsonaro au second tour revient &#224; d&#233;fendre et &#224; &#233;largir les droits et non pas &#224; les n&#233;gocier. Nous continuerons &#224; affronter les privil&#232;ges et &#224; lutter pour que le peuple occupe le centre des d&#233;cisions &#224; prendre. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera possible de garantir un cycle d'espoir, de justice, d'&#233;galit&#233; et de souverainet&#233; au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons &#224; nos militants de construire de larges comit&#233;s pour le &#171; EleN&#227;o &#187;. L'exemple des femmes qui sont descendues dans les rues le 29 septembre dernier nous inspire et nous renforce pour que de nouvelles manifestations de masse aient lieu pour vaincre l'extr&#234;me-droite. Nous participerons pleinement &#224; la campagne pour mener Fernando Haddad et Manuela D'Avila &#224; la victoire afin que la volont&#233; du peuple soit respect&#233;e. L&#224; o&#249; il y aura un second tour pour les gouvernements des Etats, nous demandons &#224; nos militant&#183;e&#183;s d'appuyer des candidatures qui s'opposent au projet de Bolsonaro. Dans chaque Etat les instances locales du PSOL d&#233;finiront les moyens de contribuer activement &#224; la mobilisation populaire pour surmonter le retard, en priorisant la construction d'espaces pluriels qui int&#232;grent toutes celles et ceux qui d&#233;fendent la d&#233;mocratie, tout en maintenant nos principes et la coh&#233;rence qui repr&#233;sente le caract&#232;re politique du PSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuerons dans les rues, ensemble, sans crainte, pour changer le Br&#233;sil. Ele N&#227;o-Lui non. (S&#227;o Paulo, 8 octobre 2018 ; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bolsonaro n'est pas imbattable&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L414xH267/fe981a204236723a-a40f79fa-b25cf.png?1781046212' width='414' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par &lt;i&gt;Val&#233;rio Arcary&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est perdu. Le second tour est une nouvelle &#233;lection. Les tournants sont possibles et beaucoup se sont d&#233;j&#224; produits. Donc : s&#233;r&#233;nit&#233; et fermet&#233;. Nous avons &#171; gagn&#233; du temps &#187; le 7 octobre ; la victoire de Bolsonaro &#233;tait proche, c'est vrai. Mais il reste de r&#233;elles possibilit&#233;s. Tout d&#233;pendra, comme dans toute lutte difficile mais pas encore conclue, de notre strat&#233;gie et de notre disposition &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, deux observations tr&#232;s rapides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jair Bolsonaro fut grandement sous-estim&#233;. Il a chevauch&#233; une vague &#233;lectorale imp&#233;tueuse, un mouvement sismique profond. Ce n'est pas vrai, cependant, que c'&#233;tait une r&#233;elle surprise. Soyons s&#233;rieux, &#231;a ne l'&#233;tait pas. De fait, c'&#233;tait pr&#233;visible depuis longtemps, au moins depuis un an et de mani&#232;re plus que probable depuis le coup de poignard [le 6 septembre 2018]. Et cela a montr&#233; que la politique et les &#233;v&#233;nements comptent. La politique n'est pas qu'un discours, m&#234;me si ce qui est dit et propos&#233; est important. D'autant plus que le Br&#233;sil d'aujourd'hui n'est plus le m&#234;me qu'il y a trente ans. Il est plus urbanis&#233; et &#233;duqu&#233;. Mais les pr&#233;f&#233;rences politiques, dans une soci&#233;t&#233; fractur&#233;e comme le Br&#233;sil, r&#233;pondent &#224; des alignements de classe, qui sont &#224; leur tour d&#233;termin&#233;s par l'exp&#233;rience pratique. Les id&#233;es comptent, mais ces deux &#233;l&#233;ments &#8211; les int&#233;r&#234;ts et la vie &#171; v&#233;cue &#187; &#8211; en constituent un &#233;l&#233;ment cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense majorit&#233; des masses laborieuses br&#233;siliennes, par cons&#233;quent de la population en g&#233;n&#233;ral, ne se d&#233;finit pas, au plan politique, comme de gauche ou de droite, au m&#234;me titre que chez nos voisins uruguayens ou argentins, plus politis&#233;s. Cela n'autorise pas la conclusion qu'il est indiff&#233;rent de savoir que Jair Bolsonaro est un n&#233;ofasciste, comme certains l'affirment, obstin&#233;ment, dans la gauche. Car cela &#8211; sa caract&#233;risation &#8211; nous aide &#224; comprendre quels sont les flancs les plus fragiles de Bolsonaro o&#249; nous devons frapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le noyau dur du vote n&#233;ofasciste est la petite bourgeoisie, mais son actuelle audience est beaucoup plus large. Un vote de 46% n'est possible qu'avec le soutien, &#224; l'&#233;chelle de dizaines de millions de personnes, de secteurs populaires. Ce que le vote du 7 octobre a r&#233;v&#233;l&#233; tout d'abord, c'est la force du camp social et politique qui est descendu dans les rues entre 2015 et 2016 et qui a abouti &#224; la destitution de Dilma Rousseff en ao&#251;t 2016, qui a cr&#233;&#233; une situation mettant sur la d&#233;fensive les travailleurs et travailleuses aussi bien que les couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;lections ont &#233;galement montr&#233; que les forces politiques qui ont soutenu le gouvernement Michel Temer se sont effondr&#233;es. Jair Bolsonaro d&#233;fend le programme du gouvernement Temer, mais strictement avec des m&#233;thodes sauvages. Il affirme qu'il est n&#233;cessaire de mettre fin aux programmes sociaux impliquant un transfert tels que Bolsa Familia. [Le nombre de b&#233;n&#233;ficiaires de la Bourse Famille a diminu&#233; sous Dilma Rousseff, sur la &#171; proposition &#187; du ministre des Finances Joaquim L&#233;vy en 2015 ; une r&#233;duction s'est encore faite en septembre 2016 sous la pr&#233;sidence de Michel Temer, ce qui a provoqu&#233; une mont&#233;e de l'extr&#234;me pauvret&#233;, estim&#233;e par l'IBGE de 11% durant la seule ann&#233;e 2017. A cela s'ajoutent un creusement des in&#233;galit&#233;s et une baisse de la scolarisation car la r&#233;ception de la Bourse famille &#233;tait li&#233;e &#224; une condition : la scolarisation des enfants. En juin 2018, le montant pour un b&#233;n&#233;ficiaire &#233;tait de 41 reais (R$) jusqu'&#224; un maximum de 205 R$ par famille, soit 54 CHF. Quelques 13,4 millions la re&#231;oivent.] Bolsonaro affirme qu'il veut emp&#234;cher toute r&#233;forme agraire et urbaine. Il pr&#233;tend privatiser tout ce qui est possible. Tout cela implique que, selon lui, il y a trop de droits sociaux et que les personnes doivent &#234;tre pr&#234;tes &#224; perdre leurs droits afin que les investissements reprennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection a &#233;galement r&#233;v&#233;l&#233; qu'une partie des masses populaires, en particulier dans le Nord-Est, maintient une r&#233;f&#233;rence dans le lulisme et dans le PT, en raison du souvenir de quelques r&#233;formes sociales au cours des ann&#233;es de croissance &#233;conomique [la r&#233;cession s'est d&#233;clench&#233;e d&#232;s 2014 et s'est accentu&#233;e fortement en 2015 et 2016&#8230;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fractions les plus larges de la bourgeoisie seront d&#233;sormais avec Bolsonaro au second tour. Mais la strat&#233;gie du noyau dur de la bourgeoisie est d&#233;j&#224; d&#233;finie. Il maintiendra une position ambigu&#235; pour faire en sorte que Fernando Haddad reprenne la politique &#233;conomique qui r&#233;pond &#224; leurs int&#233;r&#234;ts : ajustement budg&#233;taire, r&#233;forme des retraites, etc. Et faire adopter &#224; Bolsonaro une orientation de concertation institutionnelle des relations de pouvoir, en acceptant des n&#233;gociations qui garantissent la sous-traitance de postes clefs du gouvernement &#224; des techniciens de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la plus grande erreur de Haddad serait de c&#233;der &#224; la pression bourgeoise. Ce serait une erreur politique, mais aussi une erreur &#233;lectorale. Le vote pour Haddad, Ciro Gomes, Boulos pourrait atteindre 42%. Il n'est pas du tout &#233;vident que tous les suffrages de Ciro Gomes (Parti travailliste d&#233;mocratique) puissent &#234;tre transf&#233;r&#233;s vers F. Haddad. Un transfert &#171; total &#187; ne se produit jamais. Une partie des 1% attribu&#233;s &#224; Marina Silva (REDE, &#233;cologiste) pourrait &#233;galement &#234;tre attir&#233;e en direction de F. Haddad. Ainsi que des fractions des suffrages de la classe moyenne en faveur d'autres candidats. Car bien qu'ils aient &#233;t&#233; repouss&#233;s par le PT, la figure de Haddad suscite moins d'hostilit&#233; et, surtout, ils craignent le danger d'un fasciste &#224; la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, d&#233;fendre une ligne de classe est la cl&#233; pour conserver les votes obtenus par le PT au premier tour et pour s'&#233;tendre. Le moment est venu de mettre la classe ouvri&#232;re en mouvement. Il est temps pour les syndicats, les mouvements populaires et aussi le mouvement &#233;tudiant. Ainsi que pour les mouvements f&#233;ministes qui ont construit #Elen&#227;o et sont l'embryon du mouvement antifasciste. Car, en plus de la t&#233;l&#233;vision [d&#233;bat entre Haddad et Bolsonaro], il va falloir que des forces se mobilisent dans les rues. &#171; Beaucoup de force &#187; signifie : aller au-del&#224; du million qui a d&#233;j&#224; manifest&#233; le 29 septembre. Il faut aussi s'adresser au camp de l'abstention et du vote nul et blanc qui totalise 29%. La tendance est &#224; ce que cette fraction des &#233;lecteurs et des &#233;lectrices inscrites se r&#233;duise. Extirper des votes en faveur de Bolsonaro dans les classes populaires &#8211; bien que cela soit tr&#232;s difficile &#8211; serait &#233;galement n&#233;cessaire. Des alli&#233;s importants dans ce conflit seront les secteurs lucides de l'Eglise catholique [&#233;tant donn&#233; les rangs &#233;vang&#233;listes qui ont massivement soutenu Jair Bolsonaro]. (Article publi&#233; le 9 octobre 2018 sur le site Esquerda online ; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Val&#233;rio Arcary est actif dans le courant Resistencia qui fait partie du PSOL. Il est &#233;ditorialiste du site Esquerda online. Professeur &#233;m&#233;rite de l'Institut F&#233;d&#233;ral d'Education, de Science et de Technologie-IFSP. Docteur en histoire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil. &#171; Le sc&#233;nario politique qui se joue rel&#232;ve de la trag&#233;die &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-Le-scenario-politique-qui-se-joue-releve-de-la-tragedie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bresil-Le-scenario-politique-qui-se-joue-releve-de-la-tragedie</guid>
		<dc:date>2017-06-20T10:13:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry, Jair Krischke, Leonardo V&#225;zquez</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 17 mai 2017, le cri &#171; Fora Temer ! &#187; (D&#233;gage Temer) retentit &#224; diverses occasions au Br&#233;sil. Les &#171; confidences &#187; faites par un des propri&#233;taires et directeur ex&#233;cutif de JBS &#8211; la principale transnationale br&#233;silienne de l'agroalimentaire &#8211; passent sur la cha&#238;ne t&#233;l&#233;vis&#233;e la plus influente du pays : Globo. Joesley Mendon&#231;a Batista a droit &#224; la diffusion d'un entretien priv&#233; qu'il a eu avec le pr&#233;sident Michel Temer, ce pr&#233;sident par int&#233;rim qui a occup&#233;, depuis ao&#251;t 2016, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-06-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-06-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton31348-21f9f.jpg?1781350979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 17 mai 2017, le cri &#171; Fora Temer ! &#187; (D&#233;gage Temer) retentit &#224; diverses occasions au Br&#233;sil. Les &#171; confidences &#187; faites par un des propri&#233;taires et directeur ex&#233;cutif de JBS &#8211; la principale transnationale br&#233;silienne de l'agroalimentaire &#8211; passent sur la cha&#238;ne t&#233;l&#233;vis&#233;e la plus influente du pays : Globo. Joesley Mendon&#231;a Batista a droit &#224; la diffusion d'un entretien priv&#233; qu'il a eu avec le pr&#233;sident Michel Temer, ce pr&#233;sident par int&#233;rim qui a occup&#233;, depuis ao&#251;t 2016, le fauteuil de Dilma Rousseff, destitu&#233;e en ao&#251;t 2016 (voir sur ce site les articles publi&#233;s, entre autres, en date des 20, 24, 29, 31 mai 2017, sous les onglets Am&#233;riques, Am&#233;rique du Sud, Br&#233;sil).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-le-scenario-politique-qui-se-joue-releve-de-la-tragedie.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globo, durant presque deux minutes, &#171; donne la parole &#187; &#224; l'entrepreneur qui lui raconte qu'il a soudoy&#233; l'ex-pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s, Eduardo Cunha, membre du Parti du mouvement d&#233;mocratique (PMDB) au m&#234;me titre que Michel Temer (&#226;g&#233; de 77 ans). Cunha a &#233;t&#233; un des principaux artificiers du &#171; d&#233;gagement institutionnel &#187; de Dilma Rousseff (PT). Pour rappel, Michel Temer faisait &#233;quipe avec Dilma pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle d'octobre 2014. Or, Cunha a &#233;t&#233; condamn&#233; en mars 2017 &#224; 15 ans de prison pour diverses affaires de corruption. Joesley Mendon&#231;a Batista confie &#224; Temer qu'il verse pots-de-vin &#224; Cunha pour qu'il en dise le moins possible. En effet, le 26 mai, l'ancien patron de la BVA (banque sauv&#233;e en octobre 2012 par la Banque centrale) et un des dirigeants du g&#233;ant p&#233;trolier Petrobras sont arr&#234;t&#233;s sous l'accusation, parmi d'autres chefs, d'avoir arros&#233; Cunha. De qui inqui&#233;ter Batista et Temer. D'o&#249; la r&#233;ponse fort bien audible de Temer &#224; son complice : &#171; Il faut que &#231;a continue, OK ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une m&#233;thode a &#233;t&#233; employ&#233;e par les procureurs &#224; l'identique de celle utilis&#233;e par la police et justice italiennes de la &#171; lutte &#187; contre la mafia : r&#233;duire les peines des corrupteurs s'ils informent sur leurs nombreuses campagnes d'engraissement des politiques afin d'en retirer des profits mutuels. Pour les corrupteurs, il s'agit de surfacturations massives, d'attributions assur&#233;es de march&#233;s au Br&#233;sil et &#224; l'&#233;tranger, de financements par la Banque de d&#233;veloppement (BNDES), d'avantages fiscaux, etc. Pour les corrompus : le financement ill&#233;gal de campagnes tr&#232;s co&#251;teuses jusqu'&#224; de nombreux avantages mat&#233;riels allant de la r&#233;paration d'une villa d'un membre de la famille &#224; un &#171; pr&#234;t &#187; d'un duplex g&#233;ographiquement bien situ&#233;, sans mentionner les &#171; aides &#187; &#224; une vie quotidienne plus que commode, se rapprochant quelque peu de celle du monde hyper-VIP des corrupteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mai, les r&#233;v&#233;lations se multiplient dans la presse. Par exemple, le 11 juin, l'hebdomadaire Veja indique que Temer aurait fait espionner le rapporteur aupr&#232;s du Tribunal Supr&#234;me, Edson Fachin, sur l'affaire &#171; Lava Jato &#187;, qui a trait aux diverses pistes emprunt&#233;es pour gravir l'Everest br&#233;silien du syst&#232;me de corruption. Cela s'ajoute &#224; un jugement correct, m&#234;me s'il est unilat&#233;ral, de Joesley Mendon&#231;a Batista : &#171; Temer est &#224; la t&#234;te de la plus dangereuse organisation criminelle du pays. &#187; Batista vient de le d&#233;couvrir ? Le jour les chats sont moins gris que la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une tradition bien connue, Temer se dit la victime d'un &#171; complot &#187;. Rappelez-vous le catholique vertueux et pilote amateur des 24 heures du Mans, Fran&#231;ois Fillon, victime de la cruaut&#233; comploteuse du Canard encha&#238;n&#233;. Le jeudi 15 juin, Temer, en direct &#224; la t&#233;l&#233;vision, affirme, avec une moue exasp&#233;r&#233;e : &#171; Je ne renoncerai pas ! &#187;&#8230; &#224; la pr&#233;sidence. L'affaire n'est pas que personnelle. Elle renvoie &#224; une crise de r&#233;gime qui est issue, avec des &#233;l&#233;ments de continuit&#233;, de la p&#233;riode de la fin de la dictature (formellement en 1985). Dans cette conjoncture divers &#233;l&#233;ments se combinent. La difficult&#233; de mettre en place des contre-r&#233;formes (l&#233;gislation du travail et le r&#233;gime des retraites, entre autres) qui rencontrent une forte opposition populaire. Les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de 2018, avec les p&#233;rils qui en d&#233;coulent pour les formations qui seraient assimil&#233;es au &#171; Je ne renonce pas &#187; et &#171; &#224; l'institution criminelle &#187; dont l'embl&#232;me est Temer. Ici, l'ombre risque d'absorber la lumi&#232;re, contrairement &#224; la formule consacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cercles &#233;conomiques dominants &#8211; dont certains tentent une op&#233;ration de blanchiment par leurs confidences r&#233;v&#233;l&#233;es et dont certains en &#171; supportent &#187; m&#234;me une p&#233;riode d'emprisonnement pas trop incommode &#8211; craignent &#224; la fois l'approfondissement de la crise &#233;conomique, le blocage des contre-r&#233;formes et les r&#233;percussions sociales se combinant avec une crise de r&#233;gime politique d'une ampleur inconnue depuis 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ils font face aux consid&#233;rables difficult&#233;s &#224; d&#233;gager un &#171; bloc bourgeois &#187; pr&#233;sidentiel cr&#233;dible, apr&#232;s destitution de Temer. Un &#171; bloc &#187; apte &#224; recomposer le champ politique en vue de l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale de 2018. Pour de nombreux &#171; chefs &#187; de l'&#233;conomie (que ce soit la droite dure ruraliste ou les secteurs de la construction, des mines, de l'industrie, etc.) il s'agit, simultan&#233;ment, de l&#226;cher Temer et de placer sur le &#171; tr&#244;ne &#187; pr&#233;sidentiel un personnage issu du Congr&#232;s. Ce qui n'est pas simple, mais devrait leur permettre d'&#233;viter des &#233;lections directes de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette derni&#232;re revendication poss&#232;de un &#233;cho croissant et pourrait s'associer &#224; une mobilisation socio-politique d'ampleur. Ce qui est diff&#233;rent de l'appel &#224; une stricte journ&#233;e de &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; qui, pour la CUT et d'autres organisations syndicales, s'inscrit prioritairement dans une op&#233;ration de remise sur pied de la candidature Lula pour 2018. Un Lula dont l'audience populaire reste grande et qui ne se superpose pas au d&#233;clin du Parti des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un tel contexte que Jair Krischke (voir note biographique en fin de l'entretien), qui mesure l'ampleur de la triple crise prot&#233;iforme et les limites en termes de capacit&#233;s d'initiatives politico-h&#233;g&#233;moniques des diverses forces issues (ou &#171; r&#233;nov&#233;es &#187;) de la p&#233;riode post-dictatoriale &#8211; au m&#234;me titre que les faillites ou demi-faillites des exp&#233;riences dites progressistes en Am&#233;rique du Sud &#8211;, fait remarquer que les militaires pourraient sortir du bois. Certes, en tant que membre d'un corps spcialis&#233;, dans un telle conjoncture, ils sont encore silencieux, par d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ils pourraient emprunter une voie concert&#233;e, autoritaire, avec des secteurs &#233;conomiques conscients du potentiel politico-&#233;conomique du &#171; continent br&#233;silien &#187; (et la place qu'ils y poss&#232;dent) pour assurer un ordre dans &#171; l'int&#233;r&#234;t national &#187;. Une entreprise pr&#233;sent&#233;e comme la marginalisation de la fraction de &#171; cette classe politique corrompue &#187;. Il ne s'agirait pas d'un &#171; coup &#187; type ann&#233;es 1960-1970, mais de l'instauration d'un r&#233;gime, disons jupit&#233;rien, pour sauver la principale puissance du continent et sa stabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se peut (et doit) &#234;tre d&#233;battue, encore plus &#233;tant donn&#233; les dimensions impr&#233;visibles d'une telle situation, s'ins&#233;rant dans un contexte international tout aussi incertain. Mais l'ignorer serait faire la preuve d'une s&#233;rieuse myopie. Et surtout d&#233;montrer une incompr&#233;hension sur l'articulation, au plus pr&#232;s : des revendications et des mobilisations portant sur les droits d&#233;mocratiques &#8211; contre la r&#233;pression frappant des secteurs dits marginaux urbains, des masses de petits paysans et pour les &#171; &#233;lections directes de suite &#187; &#8211; avec un mouvement de gr&#232;ves marquant une opposition d&#233;cid&#233;e &#224; la &#171; r&#233;vision &#187; du Code du travail &#8211; qui ent&#233;rine la pr&#233;carisation de masse croissante du prol&#233;tariat &#8211; et &#224; la contre-r&#233;forme des retraites qui porte un coup fatal au salaire social. (Charles-Andr&#233; Udry)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quel moment de sa chute, le syst&#232;me politique br&#233;silien se trouve-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jair Krischke&lt;/strong&gt; : Le Br&#233;sil est arriv&#233; au point o&#249; n'importe quoi peut se passer, parce qu'il y a un discr&#233;dit &#233;norme du monde politique : les partis, les dirigeants, les institutions et surtout le Parlement. Les gens sont en col&#232;re et ils ont raison. Les patrons de JBS-Friboi [la principale multinationale br&#233;silienne de l'industrie agroalimentaire], qui a re&#231;u un financement de la part de la Banque nationale de d&#233;veloppement &#233;conomique et social (BNDES) sous les gouvernements de Lula et de Dilma, ont commenc&#233; &#224; voir que les choses devenaient tr&#232;s compliqu&#233;es et ont d&#233;cid&#233; de t&#233;moigner devant la justice en donnant divers &#233;l&#233;ments tels que dates et num&#233;ros de comptes bancaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des patrons de l'entreprise a m&#234;me enregistr&#233; Temer lors d'une conversation terrible. Cela est apparu sur la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision Globo, qui ne publie l'enregistrement qu'avec sa propre interpr&#233;tation, mais une fois qu'une chose se trouve sur Globo, rien ne peut plus l'arr&#234;ter. Les experts engag&#233;s par d'autres journaux ont d&#233;tect&#233; entre quarante et cinquante coupes d'&#233;dition dans l'enregistrement. L'administration fiscale n'avait-elle pas d&#233;tect&#233; cela ? Ce qui se passe, c'est que l'heure de Temer est venue, lui qui avait acc&#233;d&#233; &#224; la pr&#233;sidence avec seulement 8 &#224; 9% d'approbation, qui continue &#224; &#234;tre &#224; la t&#234;te du gouvernement mais ne r&#233;unit plus les conditions politiques ni morales pour gouverner [selon les sondages, il dispose de 3% d'approbation publique].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas anticiper les &#233;lections (&#233;lections directes) parce que la Constitution ne le permet pas ; le Congr&#232;s, corrompu et d&#233;moralis&#233;, ne peut &#233;lire un pr&#233;sident (&#233;lection indirecte) ; pour r&#233;former la Constitution, il n'y a pas le temps ; mais surtout&#8230; il n'y a pas de candidats, ni dans le champ politique ni &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire des h&#233;ritages de la dictature c'est cela, parce qu'ils ont tu&#233; les g&#233;n&#233;rations de politiciens qui aujourd'hui devraient occuper les lieux de leadership. Quand la d&#233;mocratie est revenue au Br&#233;sil, nous avions de vieux politiciens, et maintenant qu'ils sont morts, il est rest&#233; un vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on trouver dans cette transition vers la d&#233;mocratie un quelconque germe de la crise actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie de la dictature n'a rien eu &#224; voir avec ce qui s'est pass&#233; en Argentine. Au Br&#233;sil, il n'y a pas eu de transition, il y a eu une transaction. Ce fut un accord. A cette &#233;poque au Br&#233;sil, il y a eu un mouvement de masse parmi les plus importants jusqu'&#224; aujourd'hui, qui, &#224; travers un grand nombre de personnes dans les rues, a exig&#233; des &#233;lections [en 1983-84, le mot d'ordre Diretas J&#225; &#233;tait repris par un vaste mouvement populaire alors que la junte militaire &#233;tait encore au pouvoir et ceci depuis 1964], mais la dictature a r&#233;sist&#233; et n'a pas permis que le projet passe devant le Congr&#232;s. La dictature br&#233;silienne n'autorisait alors que deux partis, nous disions que c'&#233;tait le parti du &#171; OUI &#187; et celui du &#171; Oui, Monsieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui trente-deux partis, ce qui n'existe nulle part ailleurs. Et il y a cinquante demandes en cours pour la cr&#233;ation de nouveaux partis. Cela oblige &#224; faire des concertations, et l'une des choses qui en r&#233;sulte, c'est la grande corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me politique d&#233;mocratique du Br&#233;sil peut-il fonctionner sans corruption ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace t&#233;l&#233;visuel accord&#233; en p&#233;riode &#233;lectorale est proportionnel au nombre de parlementaires que chaque parti poss&#232;de. Cela constitue d&#233;j&#224; quelque chose servant &#224; faire des affaires, parce que le parti qui a trente secondes n&#233;gocie avec le candidat qui se trouve en meilleure position en &#233;change de quelque chose, des mandats par exemple. Cela a transform&#233; la vie politique du Br&#233;sil d'une mani&#232;re telle que c'est devenu aujourd'hui un grand business. Le &#171; mensal&#227;o &#187; [versement mensuel] a &#233;t&#233; le premier grand scandale : le parti de Lula (Parti des travailleurs-PT) payait les d&#233;put&#233;s et les s&#233;nateurs pour qu'ils votent en faveur de ses propositions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand ils ont commenc&#233; &#224; se disputer entre eux que l'affaire est sortie publiquement. La loi autorisait alors les entreprises &#224; verser de l'argent pour les campagnes &#233;lectorales, &#224; condition qu'elles paient un imp&#244;t. Mais comme ce n'&#233;tait pas assez, elles ont alors commenc&#233; &#224; donner le double de qui &#233;tait annonc&#233; officiellement. Donc, c'&#233;tait beaucoup plus que l'apport l&#233;gal. Par exemple : l'entreprise Petrobras a commenc&#233; &#224; facturer des commissions occultes, qu'elle r&#233;partissait ensuite avec le parti auquel elle &#233;tait associ&#233;e. Partout dans le monde, il est pratiquement impossible de mener une entreprise p&#233;troli&#232;re &#224; la faillite. Mais au Br&#233;sil cela a &#233;t&#233; rendu possible parce qu'ils ont vol&#233; des deux mains. Cela a &#233;t&#233; en empirant, et a fini par provoquer un choc dans l'opinion publique. C'est dans ce contexte qu'ils ont jet&#233; Dilma [destitution de Dilma Rousseff en fin ao&#251;t 2016], non pour des questions de commissions occultes ou quoi que ce soit, mais pour quelque chose de li&#233; &#224; la structure m&#234;me des d&#233;cisions pr&#233;sidentielles [pr&#233;sentation biais&#233;e des comptes, selon une vieille tradition]. Ils ont alors plac&#233; &#224; la t&#234;te de l'Etat le vice-pr&#233;sident Michel Temer, dirigeant du PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien). Il faisait partie du ticket pr&#233;sidentiel de Dilma en octobre 2014 ; il a &#233;t&#233; nomm&#233; par le Parlement au poste de pr&#233;sident suite &#224; l'impeachment de Dilma. Ce syst&#232;me de turn-over au sommet nous a conduits &#224; la crise pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les noms de ceux qui pourraient prendre la t&#234;te de la continuit&#233; de &#171; la d&#233;mocratie &#187; au Br&#233;sil ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;lection se fait par le Congr&#232;s, on parle beaucoup d'un homme qui s'appelle Nelson Jobim, du PMDB, je le connais, il est de ma province [il a repr&#233;sent&#233; l'Etat de Rio Grande do Sul comme d&#233;put&#233; de 1987 &#224; 1995, et surtout a &#233;t&#233; ministre de la Justice sous la pr&#233;sidence de Fernando Henrique Cardoso de 1995 &#224; 1997, puis ministre de la D&#233;fense sous les pr&#233;sidences de Lula et de Dilma].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Lula se pr&#233;sente comme candidat en 2018, il va perdre, parce qu'il se situe tr&#232;s bas dans l'opinion publique. Il doit r&#233;pondre &#224; six chefs d'inculpation et pour certains il va &#234;tre condamn&#233;. Il pourra toutefois &#234;tre candidat parce qu'il n'y a pas assez de temps pour qu'il puisse &#234;tre condamn&#233; &#224; une peine de second degr&#233;, c'est-&#224;-dire une peine tr&#232;s lourde, mais il sera battu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appara&#238;t &#233;galement comme candidate possible Marina Silva [qui avait &#233;t&#233; ministre de l'Environnement sous le premier gouvernement Lula de 2003 &#224; 2008 ; apr&#232;s sa d&#233;mission li&#233;e &#224; la politique amazonienne de Lula, elle adh&#232;re au Parti Vert et se pr&#233;sente &#224; la pr&#233;sidentielle en 2010, elle a perdu]. Elle est dangereuse parce que c'est une femme tr&#232;s religieuse [une co&#239;ncidence sur ce plan s'est &#233;tablie entre elle et Helena Heloisa, membre de la tendance D&#233;mocratie socialiste du PT qui a rompu avec ce parti] qui se pr&#233;sente comme une salvatrice, et ces choses dans l'histoire du monde ne se sont jamais bien termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'autre candidat possible est Jair Bolsonaro [d&#233;put&#233; de Rio de Janeiro et membre du Parti social chr&#233;tien], qui est un type issu de l'ultra-droite des plus folles. Le mois dernier &#224; Rio de Janeiro, il a fait un discours x&#233;nophobe et raciste o&#249; il a dit que pour r&#233;soudre les probl&#232;mes au Br&#233;sil, il fallait commencer par tuer trente mille personnes, que s'il acc&#233;dait &#224; la pr&#233;sidence il n'y aurait plus un centim&#232;tre de terre pour les indig&#232;nes, et que les Noirs qui r&#233;clamaient les terres du temps o&#249; ils &#233;taient esclaves ne recevraient rien non plus. Il est tellement mauvais que m&#234;me dans l'arm&#233;e, il n'est parvenu qu'au grade de capitaine. Les sondages lui donnent des chiffres terrifiants, quarante et quelques pour-cent, avant m&#234;me le d&#233;but de la campagne. Le sc&#233;nario en cours au Br&#233;sil rel&#232;ve de la v&#233;ritable trag&#233;die. Ce candidat pourrait donner une place aux secteurs de pouvoir qui existent encore depuis la dictature, qui manipulent les choses par derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les alternatives institutionnelles existant en ce moment pour la continuit&#233; d&#233;mocratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pouvoir bien comprendre ce qui est en train de se passer au Br&#233;sil, il est important d'observer le Congr&#232;s, qui dans n'importe quel pays a des &#171; bancadas &#187; [groupes parlementaires], des groupes de partis, des alliances politiques. Mais dans le cas du Br&#233;sil, il y a encore la &#171; bancada &#187; de la Bible, celle de la balle [arm&#233;e] ou celle du b&#339;uf (les ruralistes) qui r&#233;unissent en leur sein des d&#233;put&#233;s de divers partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; bancada &#187; de la Bible est quelque chose d'absolument pr&#233;occupant, ce sont ces nouvelles Eglises pentec&#244;tistes, notamment l'Eglise universelle du royaume de Dieu, qui ont &#233;galement cr&#233;&#233; des partis politiques tels que le PRB [Parti r&#233;publicain br&#233;silien] qui a plusieurs d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs et autre personnel politique. Il existe une vid&#233;o dans laquelle un &#233;v&#234;que est en train de parler &#224; Rio de Janeiro : il raconte aux fid&#232;les que l'&#233;glise traverse un probl&#232;me grave, qu'elle a une dette de 600 millions sur le dos en raison des imp&#244;ts que le gouvernement lui r&#233;clame. Il dit qu'il a fallu s'allier avec la &#171; bancada &#187; de la Bible, pour cr&#233;er une loi qui &#233;limine cet imp&#244;t. C'est &#224; cette occasion qu'ils feront appara&#238;tre Eduardo Cunha dans le sc&#233;nario afin de le remercier pour les services rendus. Pour rappel, cet homme fut l'ex-pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s, l'instigateur du proc&#232;s politique contre la pr&#233;sidente destitu&#233;e Dilma Rousseff. Or, il est aujourd'hui en prison pour corruption. C'est sensationnel la politique au Br&#233;sil, quelle trag&#233;die&#8230; Il n'y a plus aucune id&#233;ologie l&#224;-dedans. C'est une folie. La seule chose qui compte, c'est de faire des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la situation de l'ex-pr&#233;sident Lula da Silva, qui, vu de loin, peut appara&#238;tre comme un leader de dimension continentale capable de remettre son pays sur la bonne voie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT n'a pas de candidat pour l'&#233;lection de 2018. Jos&#233; Dirceu [un des dirigeants historiques du PT, responsable aux c&#244;t&#233;s de Lula dans les ann&#233;es 2003-04 ; d&#232;s cette date la lumi&#232;re a &#233;t&#233; faite sur les op&#233;rations de corruption dans lesquelles il trempait], trois fois candidat malheureux &#224; la pr&#233;sidence. Il a jou&#233; un r&#244;le dans l'ascension de Lula et pouss&#233; celui-ci &#224; &#233;crire une lettre o&#249; il se pr&#233;sente comme une alternative potable pour les entrepreneurs et les financiers. Maintenant, dans toute cette cacade, Emilio Odebrecht p&#232;re [le patron de la transnationale de la construction Odebrecht li&#233;e au syst&#232;me de corruption, en particulier &#224; Petrobras] d&#233;clare qu'il a aid&#233; Lula &#224; r&#233;diger ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de Lula a &#233;t&#233; favorable au vu du contexte international. Le prix des commodities &#233;tait au plus haut, le Br&#233;sil se portait bien &#233;conomiquement, non par le m&#233;rite de Lula mais par les circonstances internationales. Puis, lorsqu'il n'a plus pu &#234;tre candidat lui-m&#234;me, il a cr&#233;&#233; Dilma. Je la connais, elle a &#233;t&#233; mari&#233;e de tr&#232;s longues ann&#233;es avec Carlos, un de mes amis et compagnons. C'est une militante engag&#233;e, qui est arriv&#233;e au PT en 2000, mais elle n'est pas un grand cadre politique, on se moque beaucoup d'elle au Br&#233;sil pour sa faible capacit&#233; oratoire. Dirceu, lui, est sorti du gouvernement avec le &#171; mensal&#227;o &#187;. Et Lula a alors appel&#233; Dilma &#224; la pr&#233;sidence pour qu'elle mette de l'ordre dans la maison. Dans un premier temps, le PT avait beaucoup d'intellectuels, de professeurs d'universit&#233; et aujourd'hui ils n'ont plus rien, aucun candidat qui ait la moindre chance de gagner. Tous ont perdu le contact avec les bases sociales et les gens se sentent isol&#233;s. Au Br&#233;sil, les membres des partis, les &#233;lecteurs et les cadres des partis constituent des choses bien distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle analyse le moment historique que vit cette r&#233;gion du monde m&#233;rite-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau r&#233;gional, je crois que le cadre est assez grave. Nous &#233;tions arriv&#233;s &#224; un point tr&#232;s important, mais ce qui est grave, c'est que nos partis de gauche et de centre gauche doivent se repenser et faire leur mea culpa, id&#233;ologiquement ils doivent revoir les choses, parce que ces gouvernements ont commis la grande erreur d'accepter le jeu du n&#233;olib&#233;ralisme. Ce point constitue le fond de la trag&#233;die. Et je ne vois dans les partis progressistes du continent aucune volont&#233; de se repenser et de s'adapter aux temps nouveaux, parce que la vie n'est pas statique, elle est dynamique, et la vie politique encore plus, et l'on voit comme ils sont congel&#233;s, apeur&#233;s. On ne va pas y mettre quarante ans &#224; nouveau, mais je vous dis qu'il faut op&#233;rer une r&#233;volution &#224; l'int&#233;rieur des partis de gauche et tenir compte du fait qu'il est fondamental d'avoir une proposition, un projet pour le pays. Au Br&#233;sil, les travailleurs ne disposent pas de projet pour leur pays, le monde acad&#233;mico-intellectuel n'a pas de projet, les entrepreneurs encore moins et les militaires, eux, en ont un, ils en ont toujours eu un. C'est ce qui rend les choses extr&#234;mement urgentes. (Article publi&#233; sur Canal Abierto, le 27 mai 2017 ; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime que par leur travail de promotion et de d&#233;fense des droits de l'homme, Jair Krischke et le MJDH [Movimento de Justi&#231;a et Direitos Humanos] ont r&#233;ussi &#224; sauver la vie de plus de deux mille personnes sur tout le continent, &#224; l'&#233;poque des dictatures latino-am&#233;ricaines des ann&#233;es 60, 70 et 80. D'abord, ils ont aid&#233; des Br&#233;siliens pers&#233;cut&#233;s par les militaires, puis, apr&#232;s le coup d'Etat qui en 1964 a fait tomber le pr&#233;sident Jo&#227;o Goulart, ils les ont aid&#233;s &#224; se r&#233;fugier en Uruguay, l&#224; o&#249; le pr&#233;sident destitu&#233; a &#233;galement trouv&#233; asile. Puis en 1973, lorsque se sont produits les coups d'Etat en Uruguay et au Chili, ils ont aid&#233; les militants &#224; arriver en Argentine, qui &#233;tait &#224; l'&#233;poque l'unique pays de la r&#233;gion &#224; accueillir des r&#233;fugi&#233;s. A partir de 1976, le MJDH s'est consacr&#233; &#224; l'introduction clandestine de r&#233;fugi&#233;s du Chili, de l'Argentine, du Paraguay et de l'Uruguay vers le Br&#233;sil, d'o&#249;, avec l'aide du Haut-Commissariat des Nations Unis pour les r&#233;fugi&#233;s, il les a envoy&#233;s en Europe. En 2007, le travail de Krischke a permis la capture de Manuel Cordero, militaire uruguayen qui participa au &#171; Plan Condor &#187; et qui vivait cach&#233; au Br&#233;sil. Celui-ci a &#233;t&#233; extrad&#233; vers l'Argentine, o&#249; il a &#233;t&#233; jug&#233; puis condamn&#233; pour crimes contre l'humanit&#233;. (Canal Abierto)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>France. Macron et le droit de commander</title>
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		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-20</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'homologie entre l'efficacit&#233; entrepreneuriale, les m&#233;thodes de marketing et l'orientation impuls&#233;e par le cercle de direction de La R&#233;publique en marche (LRM), plus sp&#233;cifiquement du club Macron, a &#233;t&#233; souvent soulign&#233;e par des observateurs de divers horizons. S'installe ainsi l'illusion d'un management &#224; tournure participative, mais assujetti &#224; des objectifs et des m&#233;thodes dict&#233;s &#171; par en haut &#187; et contr&#244;l&#233;s &#233;troitement. Au plus petit d&#233;rapage, le caract&#232;re autoritaire et astreignant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton31303-152b3.jpg?1781416513' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'homologie entre l'efficacit&#233; entrepreneuriale, les m&#233;thodes de marketing et l'orientation impuls&#233;e par le cercle de direction de La R&#233;publique en marche (LRM), plus sp&#233;cifiquement du club Macron, a &#233;t&#233; souvent soulign&#233;e par des observateurs de divers horizons. S'installe ainsi l'illusion d'un management &#224; tournure participative, mais assujetti &#224; des objectifs et des m&#233;thodes dict&#233;s &#171; par en haut &#187; et contr&#244;l&#233;s &#233;troitement. Au plus petit d&#233;rapage, le caract&#232;re autoritaire et astreignant de cette gouvernance ressort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/france/france-macron-et-le-droit-de-commander.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'encontre&lt;/a&gt; le 14 - juin - 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela au nom de la &#171; loyaut&#233; coll&#233;giale gouvernementale &#187; qui est fort bien connue, depuis des d&#233;cennies, en Suisse. Une loyaut&#233; qui doit aussi &#234;tre mesur&#233;e par un imp&#233;ratif dict&#233; par Macron : chaque ministre qui se pr&#233;sente aux l&#233;gislatives doit &#234;tre &#233;lu, sans quoi il perd son poste. &lt;i&gt;Sotto voce&lt;/i&gt;, le message, voisin des &#171; fake news &#187;, du gouvernement est le suivant : la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; a choisi Macron et le peuple le gouvernement. Le 2 mai 2017, &#171; Les d&#233;codeurs &#187; du quotidien &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; avaient d&#233;j&#224; effectu&#233; une premi&#232;re enqu&#234;te dans l'article intitul&#233; : &#171; Qui sont les proches d'Emmanuel Macron qui comptent au sein d'En Marche ? &#187; Une garde rapproch&#233;e tr&#232;s&#8230; civilis&#233;e, dont les liens avec les &#171; grandes &#233;coles &#187;, les minist&#232;res, les grandes entreprises forment une sorte de rhizome souvent identifi&#233; dans les &#233;tudes descriptives en tant qu'&#171; &#233;lites &#187; du pouvoir et des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La griffe de l'autorit&#233; efficace et discr&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, sur le terrain du gouvernement et des institutions, la griffe du secret et des contraintes de l'entreprise priv&#233;e est plus difficile &#224; garantir. D&#232;s lors, au nom de la sainte efficacit&#233;, Emmanuel Macron a nomm&#233; des conseillers communs &#224; l'Elys&#233;e (pr&#233;sidence) et &#224; Matignon (premier ministre). Formellement pour permettre de faciliter la coordination Elys&#233;e-Matignon. La question : quel cercle restreint va coordonner ce bin&#244;me, en derni&#232;re instance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car une concurrence peut s'exprimer au sein d'un gouvernement m&#234;me r&#233;fl&#233;chi dans sa constitution, mais pas n&#233;cessairement format&#233; dans sa totalit&#233; pour ce genre d'exercice et par des trajectoires socio-politiques communes. La &#171; bousculade &#187;, par m&#233;dias interpos&#233;s, entre Edouard Philipppe (premier ministre) et le second du gouvernement Fran&#231;ois Bayrou (garde de Sceaux, autrement dit ministre de la Justice) en est une illustration. Macron va, certainement, arbitrer cette bagarre de cour d'&#233;cole. L'autorit&#233; pr&#233;sidentielle peut &#234;tre invoqu&#233;e, l'autoritarisme r&#233;side, lui, dans la structure et ce qui la commande. Outre &#224; la &#171; dizaine &#187; de conseillers qui ont la double casquette, il faut avoir l'&#339;il sur le r&#233;seau qui entoure le premier ministre. Son cabinet est notablement tr&#232;s masculin : on y d&#233;compte 34 hommes, dont le directeur de cabinet Beno&#238;t Ribadeau-Dumas et le directeur adjoint Thomas Fatome, pour seulement 13 femmes. Six des sept &#171; chefs de p&#244;le &#187;, conseillers plus importants, sont &#233;galement des hommes. On est loin de la &#171; parit&#233; &#187; tant vant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les &#171; conseillers communs &#187;, l'Elys&#233;e aura une pr&#233;sence directe dans le bureau d'Edouard Philippe. En Marche, comme formation en voie de constitution effective, sera repr&#233;sent&#233; dans les deux lieux de pouvoir politico-gouvernemental par le tr&#233;sorier de la campagne pr&#233;sidentielle, C&#233;dric O, un ancien de chez Safran, le groupe de haute technologie fran&#231;ais pr&#233;sent dans la d&#233;fense et l'a&#233;ronautique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Hulot &#8211; qui a fait bouillir le bavardage lors de sa cooptation comme ministre d'Etat de la Transition &#233;cologique et solidaire &#8211; devra composer avec l'experte Diane Simiu, nomm&#233;e conseill&#232;re &#171; environnement &#187; pour l'Elys&#233;e et pour Matignon. Cette polytechnicienne a travaill&#233; au minist&#232;re de l'Ecologie en 2009 (sous Sarkozy). En 2011, elle est &#224; la t&#234;te du bureau des march&#233;s carbone et participe &#224; l'&#233;laboration et &#224; la mise en &#339;uvre des politiques dites &#171; &#233;nergie-climat &#187; au niveau europ&#233;en et international. En 2014, elle rejoint le WWF France. Un WWF international dont la pr&#233;sidente Yolanda Kakabadse, ex-ministre &#233;quatorienne (de 1998 &#224; 2000 sous la pr&#233;sidence de Jamil Mahuad) se trouve &#224; la direction de la Ford Foundation et a le titre de conseill&#232;re pour l'environnement (sic) de Coca-Cola et du cimentier helv&#232;te Holcim, qui a capt&#233; Lafarge. Elle est encadr&#233;e par des personnalit&#233;s li&#233;es &#224; des entreprises &#171; prestigieuses &#187;. Le vice-pr&#233;sident du WWF, Andr&#233; Hoffmann, vient de Givaudan (la plus grande entreprise pour les ar&#244;mes &#171; alimentaires &#187;, les cosm&#233;tiques, les parfums). De l&#224;, il a pass&#233; chez un des g&#233;ants de la pharma : Roche Hoding (qui a rachet&#233; Givaudan). A. Hoffmann est de m&#234;me &#224; la t&#234;te d'une soci&#233;t&#233; familiale d'importance de &#171; private asset management &#187;, Masselaz SA. Elle est sise &#224; Morges, pr&#232;s de Gen&#232;ve, si&#232;ge de Givaudan. Parmi les &#171; trustees &#187; (mandataires) du WWF, on trouve Sir Andrew Cahn qui a fait sa carri&#232;re dans la banque aupr&#232;s de Nomura International et de Lloyd's (Londres), tout en disposant d'un fauteuil chez le chinois Huawei, un g&#233;ant des technologies de l'information et de la communication. Il est vrai que Sir A. Cahn s'int&#233;resse aux jardins botaniques, tout en finissant sa carri&#232;re comme PDG de UK Trade and Investment et de la Gatsby Foundation. Cette derni&#232;re est tr&#232;s active dans des secteurs comme la m&#233;decine tropicale ou le d&#233;veloppement de la technologie dans la culture de plantes &#171; ad&#233;quates aux nouveaux d&#233;veloppements agricoles &#187;. La liste pourrait &#234;tre &#233;tendue.Parions, d&#232;s lors, que le WWF international, Diane Simiu et d'autres sauront inspirer une &#233;cologie de pointe et efficace en termes de march&#233;, ce qui constituera le socle du marchand volant (et pas ambulant) Nicolas Hulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers un autoritarisme national et supranational ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autoritarisme &#8211; qualifi&#233; de mani&#232;re noble d'autorit&#233; &#8211; peut rassurer un secteur des &#233;lecteurs et &#233;lectrices qui, sensibles &#224; une ins&#233;curit&#233; sociale au visage prot&#233;iforme, sont &#224; la recherche, par procuration, d'un &#171; renouvellement &#187; impos&#233; par une &#171; homme &#224; poigne &#187; qui va &#171; mener &#224; bien des r&#233;formes &#187;. Des r&#233;formes dont l'ADN, en r&#233;alit&#233;, est celui d'un chapelet de contre-r&#233;formes qui apparaissent, pour l'heure, &#234;tre en syntonie avec une couche sociale r&#234;vant d'am&#233;liorer ou au moins de maintenir sa position dans une soci&#233;t&#233; transnationalis&#233;e. Et qui ne per&#231;oivent pas que les startupers sont des nains de jardin qui seront soit repeints-rachet&#233;s, soit serviteurs z&#233;l&#233;s par obligation de sous-traitance, soit &#233;limin&#233;s suite aux processus de concentration et centralisation &#224; l'&#339;uvre &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'intrication du gouvernement Macron &#8211; en coop&#233;ration avec celui d'Angela Merkel et, demain, si &#171; tout va bien &#187;, un gouvernement Matteo Renzi ou &#171; d'unit&#233; nationale &#187; en Italie &#8211; avec des structures supranationales du type de celles de l'Union europ&#233;enne, de la BCE et d'autres &#171; m&#233;canismes &#187;, ne peut que renforcer le rapport de forces en faveur des dominants contre les majorit&#233;s populaires, dans les diff&#233;rents pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, certes, les impasses de l'UE sont &#233;videntes. L'objectif de la Commission et de la BCE consiste &#224; gagner du temps sur le temps. Toutefois, si la ma&#238;trise de l'&#233;clatement d'une crise bancaire en Italie, en automne 2017, peut &#234;tre suffisante et ne pas d&#233;boucher sur trop de turbulences &#8211; comme cela vient de se passer avec Banco Popular en Espagne reprise par Santander [1] avec le feu vert du Superviseur unique (Single Resolution Board of the Single Resolution Mechanism) log&#233; &#224; la BCE, dont la pr&#233;sidente est l'Allemande Elke K&#246;nig &#8211; le doublement de la force d'imposition nationale et supranationale des fractions cl&#233;s du capital en Europe aura pass&#233; une difficile &#233;tape de montagne. Cela reste du domaine d'un projet, encore vacillant, de fractions du Capital. Mais il ne peut &#234;tre balay&#233; par l'invocation religieuse au mantra de la crise. M&#234;me si cette derni&#232;re, entre autres au plan de la finance de march&#233;, reste pr&#233;sente aux Etats-Unis (endettement priv&#233;) et dans divers pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, l'impr&#233;visibilit&#233; du politique (les incertitudes gouvernementales et de r&#233;organisation du champ politique) se marie avec celle de &#171; l'&#233;conomie &#187;. Cela renvoie pour une gauche effectivement radicale &#224; une urgence analytique qui rel&#232;ve de la revalorisation de l'&#233;conomie politique, trop souvent oubli&#233;e. La presse financi&#232;re est, aujourd'hui, souvent plus sensible &#224; la double instabilit&#233; institutionnelle nationale et supranationale que les &#233;conomistes de gauche. Pas &#224; tort. Les enjeux de l'envol du capital fictif rendent fort difficile la recherche d'une piste d' atterrissage ad&#233;quate, avec contr&#244;le a&#233;rien coordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; Macron boys &#187; et la r&#233;gie du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, de nombreux partisans du vote Macron vont s'apercevoir, mais trop tard, que l'autoritarisme peut prendre, dans la configuration pr&#233;sente, un visage n&#233;o-corporatiste bien illustr&#233; par les proc&#233;dures mises en place pour aboutir a l'adoption, d&#233;but septembre 2017, d'ordonnances portant sur une refonte &#224; la racine du Code du travail. Cela dans la foul&#233;e, planifi&#233;e, des &#171; efforts &#187; de concertation entre Macron, sa ministre du Travail Muriel P&#233;nicaud, le Medef et certaines organisations syndicales, comme la CFDT. Son ex-dirigeante Nicole Notat ne pr&#233;figurait-elle pas &#8211; et le fait encore mieux aujourd'hui, elle qui n'a pas &#233;t&#233; nomm&#233;e ministre pour faciliter le dialogue avec la CFDT &#8211; l'accomplissement de ce processus institutionnel n&#233;o-corporatiste du XXIe si&#232;cle naissant, qualifi&#233; de &#171; gouvernance &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des r&#233;organisations gestionnaires effectu&#233;es par les &#171; Macron boys &#187;, le transfert des lois li&#233;es &#224; l'&#233;tat d'urgence dans le droit commun est un signe plus fort du type de pouvoir politico-entrepreneurial &#224; la Macron. Ainsi, le 7 juin 2017, Le Monde r&#233;v&#233;lait que, suite &#224; la reconduction &#224; quatre reprises de l'&#233;tat d'urgence, E. Macron et E. Philippe, en accord avec les diverses composantes de l'appareil &#171; s&#233;curitaire &#187;, allaient proposer d'introduire les &#233;l&#233;ments cl&#233;s de cette situation constitutionnelle exceptionnelle dans le droit commun. L'urgence devient permanente, pour les questions &#171; de terrorisme &#187;. Le rapport d'Amnesty International (&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/europe/france/france-etat-durgence-le-maintien-de-quel-ordre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir sur ce site les &#233;l&#233;ments conclusifs de ce rapport publi&#233;s le 1er juin 2017&lt;/a&gt;) d&#233;montrait l'extension de l'utilisation de la notion de &#171; terrorisme &#187; pour porter atteinte &#224; des droits d&#233;mocratiques. Le Monde r&#233;sumait de la sorte la substantifique moelle de cette mesure :&lt;i&gt; &#171; Assignations &#224; r&#233;sidence, perquisitions administratives, fermetures de lieux de culte, zones de protection et de s&#233;curit&#233;, toutes ces mesures embl&#233;matiques du r&#233;gime d'exception cr&#233;&#233; en 1955 pendant la guerre d'Alg&#233;rie et &#233;toff&#233; par touches successives depuis les attentats du 13 novembre 2015, devraient se retrouver dans la loi ordinaire avec quelques modifications marginales. Elles ne pourront n&#233;anmoins s'appliquer qu'&#224; la mati&#232;re antiterroriste. [&#8230;] La marque de fabrique de cette transposition est que l'autorit&#233; judiciaire est maintenue &#224; l'&#233;cart. Toutes ces mesures resteront l'apanage du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et des pr&#233;fets, sans l'intervention d'un juge judiciaire. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y compris la pr&#233;sidente du syndicat majoritaire de la magistrature &#8211; l'USM (Union syndicale des magistrats) qui est &#224; droite sur l'&#233;chiquier au regard du Syndicat de la magistrature (SM) &#8211;, Viginie Duval, &#171; d&#233;nonce la possibilit&#233; donn&#233;e au ministre de l'Int&#233;rieur d'ordonner le port du bracelet &#233;lectronique &#224; des personnes qui ne sont m&#234;me pas condamn&#233;es ; ou m&#234;me d'obliger certains &#224; livrer leurs identifiants &#233;lectroniques, et &#224; signaler &#224; la police tout changement de mot de passe sur leur ordinateur ou leur portable. &lt;i&gt;&#8220;M&#234;me lors des contr&#244;les judiciaires actuels, on ne peut pas imposer des mesures pareilles. Et puis ces dispositions s'appliqueraient hors du champ des magistrats, c'est cela qui nous choque le plus. Dans notre Etat de droit, le juge, et lui seul, est le garant des libert&#233;s individuelles. Ce texte jette aux orties nos principes&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. (&lt;i&gt;Journal du Dimanche&lt;/i&gt;, le 11 juin 2017). Le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, dans un &#233;ditorial dat&#233; du 12 juin, n'a pas manqu&#233; de souligner : &lt;i&gt;&#171; L'absence d'un r&#244;le pour le judiciaire qui pourrait contr&#244;ler le pouvoir g&#233;n&#233;ral de l'ex&#233;cutif est troublante. Encore plus alarmant consiste &#224; consacrer l'&#233;tat d'urgence dans le droit ordinaire, ce qui donne un coup de frein permanent aux droits constitutionnels des citoyens fran&#231;ais. [&#8230;] De telles mesures n'ajoutent pas grand-chose &#224; la l&#233;gislation antiterroriste d&#233;j&#224; existante qui a peu contribu&#233; &#224; la lutte contre le terrorisme, tout en faisant du mal aux droits des citoyens. La seule chose qui peut emp&#234;cher le projet de loi de devenir loi peut &#234;tre le Conseil constitutionnel. [&#8230;] Il ne doit pas permettre ce qui devait &#234;tre une suspension extraordinaire et temporaire des droits des citoyens de devenir permanente. Sinon, la promesse du nouveau d&#233;part de M. Macron pour la France pourrait aboutir &#224; une r&#233;publique plus r&#233;pressive et pr&#233;parer la voie &#224; d'autres abus du pouvoir ex&#233;cutif au-del&#224; de son mandat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union syndicale Solidaires ne s'est pas tromp&#233;e quand, d&#233;but mai, elle affirmait, alors qu'elle d&#233;clinait les invitations &#224; la &#171; concertation &#187; sur le r&#233;vision du Code du travail que ce gouvernement prolongerait et accentuerait : &lt;i&gt;&#171; Le nouveau pr&#233;sident a, durant la campagne, d&#233;fini les contours d'un projet qui accentuera les politiques lib&#233;rales men&#233;es par les diff&#233;rents gouvernements depuis des ann&#233;es. &#187; Autrement dit : &#171; remise en cause du syst&#232;me de protection sociale et de son financement, diminution de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, suppression de l'ISF sur les revenus du capital &#187; et &#171; affaiblissement de la Fonction publique. Par ces annonces et par sa volont&#233; de gouverner par ordonnances, il montre le peu de cas qu'il fait des syndicats, et pr&#233;pare une politique autoritaire autant que lib&#233;rale &#187;&lt;/i&gt;, ajoutait Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude sur le contr&#244;le &#233;troit et brutal de sa communication en constitue une autre facette. Ce qui fait &#233;crire &#224; Bastien Bonnefous, C&#233;dric Pietralunga et Solenn de Royer dans Le Monde en date du 14 juin 2017 : &#171; A la fin du conseil des ministres, il faut voir ces derniers rejoindre leurs voitures sans un mot, parfois m&#234;me sans un regard, aux journalistes, tenus &#224; distance derri&#232;re des cordons, sur le c&#244;t&#233;. Certains demandent m&#234;me que leurs berlines s'avancent jusqu'au pied des marches, pour &#233;viter de traverser la cour et d'&#234;tre importun&#233;s par d'&#233;ventuelles questions embarrassantes&#8230; Mais le pr&#233;sident assume. Il a d&#233;cid&#233; de rar&#233;fier sa parole et d'agir dans le secret&#8230; Depuis son &#233;lection, Emmanuel Macron n'a pas jug&#233; bon d'accorder la moindre interview. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi parler ? Son incarnation suffit &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che un de ses proches, extatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde poursuit : &#171; De la m&#234;me mani&#232;re, lors de ses d&#233;placements &#171; pool&#233;s &#187; (avec un acc&#232;s r&#233;duit pour les journalistes), il refuse de r&#233;pondre aux questions qui ne concernent pas le sujet qu'il a d&#233;cid&#233; d'aborder. Ainsi, pas un mot sur l'affaire Ferrand, ni sur les soup&#231;ons d'emplois fictifs au Parlement europ&#233;en qui frappent le MoDem, le parti du garde des sceaux, Fran&#231;ois Bayrou. &lt;i&gt;&#171; Quand je viens sur un sujet que j'ai choisi, je parle du sujet que j'ai choisi. Je ne fais pas des commentaires d'actualit&#233; &#187;,&lt;/i&gt; a s&#232;chement r&#233;pondu Emmanuel Macron, le 9 juin dans le Limousin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors dans cette structuration du &#171; nouveau pouvoir &#187; la Tribune de 23 m&#233;dias fran&#231;ais m&#233;rite une attention qui va bien au-del&#224; d'une saute d'humeur de journalistes. Raison pour laquelle nous la reproduisons ci-dessous. (14 juin 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour rappel, Banco Popular, sixi&#232;me banque de l'Etat espagnol, avait parmi ses dirigeants des membres de l'Opus Dei. La situation de cette banque &#233;tait jug&#233;e instable depuis plusieurs mois. Les d&#233;clarations du milliardaire mexicain Antonio del Valle Ruiz &#8211; proche de la congr&#233;gation des L&#233;gionnaires du Christ &#8211; ont accentu&#233; la panique et a d&#233;bouch&#233; sur la solution : rachat par Santander pour un euro. Comme le pr&#233;cisent les quotidiens El Mundo (p. 27) et Expansion (p. 15) du 15 juin, l'effet socio-&#233;conomique du bail in, qui implique l'expropriation des actionnaires, a &#233;t&#233; amorti par la promesse de la patronne de Santander, Ana Botin, d'indemniser une partie des actionnaires qui, le 7 juin, ont perdu leurs &#171; investissements &#187;. Plus exactement, les petits actionnaires clients de Banco Popular qui avaient particip&#233; &#224; l'augmentation de capital pour une somme de 2,5 milliards d'euros en juin 2016. Une partie d'entre eux se sont organis&#233;s pour une contre-attaque au plan judiciaire. Selon Ana Botin, il reste &#224; d&#233;terminer quelle est la part respective de leur participation &#224; l'augmentation de capital de 2016, ce qui implique un processus d'examen cas par cas. Cela n'est pas sans poser des probl&#232;mes techniques et aussi socio-politiques. Pour rappel, la m&#233;thode du bail in implique une &#171; expropriation &#187; des actionnaires, pour faire simple. Lors d'un sauvetage sous r&#233;gime du bail out, c'est l'Etat, c'est-&#224;-dire les contribuables, qui soutient l'entit&#233; en grandes difficult&#233;s ou en faillite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce. Trois journ&#233;es de mobilisation face au coup de massue du 4e m&#233;morandum</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Grece-Trois-journees-de-mobilisation-face-au-coup-de-massue-du-4e-memorandum</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Grece-Trois-journees-de-mobilisation-face-au-coup-de-massue-du-4e-memorandum</guid>
		<dc:date>2017-05-24T07:49:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 14 mai 2017, le gouvernement Tsipras a initi&#233; la proc&#233;dure parlementaire afin d'adopter, dans un d&#233;lai fix&#233; au vendredi 19 mai, les nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; r&#233;clam&#233;es par les cr&#233;anciers. Conjointement &#224; cette annonce, l'office de statistique annon&#231;ait avoir r&#233;vis&#233; les pr&#233;visions dites de croissance du PIB en les situant &#224; 1,8% contre les 2,7% pr&#233;vus par la loi de finance et les 2,1% &#233;tablis par la Commission europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission europ&#233;enne a de m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton30961-0e3d0.jpg?1781416513' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 14 mai 2017, le gouvernement Tsipras a initi&#233; la proc&#233;dure parlementaire afin d'adopter, dans un d&#233;lai fix&#233; au vendredi 19 mai, les nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; r&#233;clam&#233;es par les cr&#233;anciers. Conjointement &#224; cette annonce, l'office de statistique annon&#231;ait avoir r&#233;vis&#233; les pr&#233;visions dites de croissance du PIB en les situant &#224; 1,8% contre les 2,7% pr&#233;vus par la loi de finance et les 2,1% &#233;tablis par la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Grece-Trois-journees-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne a de m&#234;me abaiss&#233; ses pr&#233;visions pour l'ann&#233;e 2018. Pour rappel, la &#171; croissance du PIB &#187; par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente se situait &#224; hauteur de -0,2% en 2015, &#224; 0% en 2016, &#224; 2,1% (pr&#233;visions) en 2017 et &#224; 2,5% en 2018 (la pr&#233;vision &#233;tablie ant&#233;rieurement se situait &#224; 3,1%). La dette publique en 2016 correspond &#224; 179% du PIB, selon les donn&#233;es de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'&#233;conomie capitaliste de la Gr&#232;ce est condamn&#233;e &#224; une d&#233;pression permanente qui se traduit socialement par une paup&#233;risation massive de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parlement &#8211; avec sa majorit&#233; Syriza-ANEL &#8211; est cens&#233; adopter un nouveau programme d'aust&#233;rit&#233; pour la p&#233;riode 2018-2021. Le document pr&#233;par&#233; par les cr&#233;anciers (Banque centrale europ&#233;enne, M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233;, Fonds mon&#233;taire international) et qui a eu l'aval des repr&#233;sentants du gouvernement compte 941 pages. En d'autres termes, il r&#232;gle formellement dans le d&#233;tail toutes les mesures cens&#233;es &#234;tre prises et appliqu&#233;es par un gouvernement complice, mais de facto sans pouvoir. Le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, proposait, au d&#233;but de ce qui est encore nomm&#233; n&#233;gociations, une r&#233;duction des d&#233;penses de 3,6 milliards d'euros. La facture finale s'&#233;l&#232;ve &#224; 4,9 milliards. Parmi les mesures pr&#233;vues, on trouve, d'une part, une nouvelle imposition sur une tranche revenus qui se situe en dessous de la ligne de pauvret&#233;, une hausse de contributions sociales pour les ind&#233;pendants, des imp&#244;ts sur la location d'appartements ou de maisons pour des touristes (effectu&#233;e &#224; partir de la plateforme Airbnb, location qui est souvent un moyen de survie pour des dizaines de milliers de m&#233;nages). D'autre part se perp&#233;tue la r&#233;duction des d&#233;penses dans les secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, du syst&#232;me juridico-administratif ; et un nouvel assouplissement d'un &#171; code du travail &#187; qui est r&#233;duit &#224; sa plus simple expression, d'autant plus que le ch&#244;mage se situe &#224; un niveau extr&#234;mement &#233;lev&#233;, en particulier pour le groupe d'&#226;ge 15 &#224; 24 ans : 48% officiellement, plus que ce qui a &#233;t&#233; enregistr&#233; en Espagne (40,5%) et en Italie (35,2%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base des pr&#233;visions de croissance, le solde budg&#233;taire primaire (avant le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette) est fix&#233; dans le programme d'aust&#233;rit&#233; &#224; 1,9% pour 2017, &#224; 3,52% pour 2018, &#224; 4% pour 2019, &#224; 4,01% pour 2020 et &#224; 4,03% pour 2021. Cela revient &#224; une aide de la part des cr&#233;anciers qui pourrait &#234;tre assimil&#233;e &#224; enduire la nuque d'un condamn&#233; &#224; la guillotine d'un gel facilitant le travail de la lame. Car &#171; l'aide &#187; de 7 milliards n'est rien d'autre qu'un pr&#234;t qui retourne &#224; plus de 90% dans la poche des cr&#233;anciers (des d&#233;tenteurs de la dette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de privatisation s'approfondit sans que les revenus qu'il engendre soient &#224; la hauteur de ceux pr&#233;vus depuis 2011 et chaque fois r&#233;vis&#233;s &#224; la baisse. Ce qui revient simplement &#224; une expropriation des biens publics &#224; des prix sold&#233;s. Les privatisations adopt&#233;es ou en cours concernent les compagnies d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de transport (bus, train, m&#233;tro) et le service postal (ELTA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste Ang&#233;lique Kourounis expliquait au journal d'information de France Culture, ce 17 mai 2017, afin d'illustrer les raisons de divers mouvements de gr&#232;ve qualifi&#233;s de &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; les 16, 17 et 18 mai : &#171; Tous protestent contre les nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; qui doivent &#234;tre adopt&#233;es par le parlement dans la nuit de jeudi &#224; vendredi. Ce nouveau tour de vis pr&#233;voit une nouvelle baisse des retraites, la 13e depuis huit ans, et une nouvelle hausse des imp&#244;ts, y compris pour les familles &#224; la limite du seuil de pauvret&#233;. D&#233;sormais les salaires de 450 euros seront impos&#233;s alors que, soulignent les syndicats &#224; l'origine de ce d&#233;brayage g&#233;n&#233;ral, les imp&#244;ts ont d&#233;j&#224; augment&#233; de 52% depuis le d&#233;but de la crise, alors que les salaires ont, eux, baiss&#233; de 30 &#224; 60%. Cette rigueur est exig&#233;e par les cr&#233;anciers du pays pour d&#233;bloquer la nouvelle tranche de pr&#234;t de 7 milliards d'euros dont la Gr&#232;ce a visc&#233;ralement besoin pour faire face &#224; ses obligations [c'est-&#224;-dire faire face aux &#233;ch&#233;ances imm&#233;diates du service de la dette, quand bien m&#234;me cette derni&#232;re est &#171; ill&#233;gitime, ill&#233;gale, odieuse &#187;] en juillet prochain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien Le Monde en date du 17 mai, Marina Rafenberg cite Konstantinos Lionas, &#226;g&#233; de 72 ans, qui, apr&#232;s la faillite de son entreprise, doit &#233;ponger des dettes importantes : &#171; En sept ans, ma retraite de commer&#231;ant est pass&#233;e de 1660 euros &#224; 1080 euros. Et je ne suis pas le plus mal loti. Comme je suis propri&#233;taire, au moins je ne crains pas de me faire expulser de mon logement. Mais je trouve aberrant de devoir subir encore une nouvelle baisse de mes revenus dans les ann&#233;es &#224; venir comme le pr&#233;voit le dernier accord sign&#233; par le gouvernement avec les cr&#233;anciers&#8230; J'ai travaill&#233; toute ma vie depuis mes 12 ans, cotis&#233; pour profiter de mes vieux jours, j'ai l'impression d'avoir &#233;t&#233; flou&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de la 13e r&#233;duction du montant des retraites depuis 2010. A cela s'ajoute la suppression dans les deux ans qui viennent de l'allocation de solidarit&#233; (EKAS), qui, initialement, devait compl&#233;ter les retraites inf&#233;rieures &#224; 700 euros. Ainsi, &#224; 95 ans, Christos Papazoglou, p&#226;tissier &#224; la retraite, comptait bien sur la centaine d'euros de cette aide. Il confie &#224; la journaliste du Monde : &#171; Actuellement, je ne touche que 665 euros par mois et je dois en m&#234;me temps payer pr&#232;s de 200 euros d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de t&#233;l&#233;phone, d'imp&#244;ts&#8230; et subir en plus l'augmentation de la TVA sur tous les produits m&#234;me alimentaires. Il faut continuer &#224; se mobiliser, nous nous enfon&#231;ons dans la mis&#232;re. J'ai connu la guerre et je ne pensais pas un jour revivre des situations d'appauvrissement comme celle que nous vivons aujourd'hui ! Imaginez-vous qu'il m'arrive de m'&#233;clairer &#224; la bougie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements de gr&#232;ve touchent aussi bien l'administration, les &#233;coles, les h&#244;pitaux que les transports. Ce mercredi 17 mai, une mobilisation avec deux dimensions s'est d&#233;velopp&#233;e. Des gr&#232;ves (au sens d'absence du travail ou de pr&#233;sence sans travailler) dans les secteurs mentionn&#233;s et des manifestations dans la rue. A Ath&#232;nes, le cort&#232;ge appel&#233; par les syndicats du secteur public, mais aussi du secteur priv&#233; a r&#233;uni entre 7000 et 10'000 personnes, malgr&#233; une pluie abondante. Le cort&#232;ge syndical, auquel se sont jointes, entre autres, les forces de l'Unit&#233; populaire (LAE), a d&#233;marr&#233; &#224; 12h30. Dans sa tradition, l'organisation de masse contr&#244;l&#233;e par le KKE (&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece/le-20e-congres-du-kke-un-parti-pour-tous-les-temps.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article sur le Congr&#232;s du KKE sur le site du CADTM en date du 12 mai&lt;/a&gt;) a fait un cort&#232;ge s&#233;par&#233; empruntant une autre voie. Il regroupait aussi quelque 7000 personnes, parmi lesquelles des retrait&#233;&#183;e&#183;s. Dans le secteur du commerce, des petits commer&#231;ants ont ferm&#233; leur &#233;choppe. De plus, des salari&#233;&#183;e&#183;s des supermarch&#233;s ont cri&#233; leur opposition &#224; l'ouverture des magasins le dimanche. Le communiqu&#233; de presse d'ADEDY (secteur public) indique que la mobilisation a &#233;t&#233; significative &#8211; certes &#224; un niveau assez distant de ceux atteints en 2012 &#8211; dans la majorit&#233; des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel unitaire &#224; une manifestation de masse &#8211; avec musique &#8211; devant le parlement, place Syntagma, a &#233;t&#233; lanc&#233; par ADEDY. Elle doit se tenir d&#232;s 18h30, jeudi 18 mai. En effet, c'est &#224; ce moment que doit &#234;tre adopt&#233; le plan d'aust&#233;rit&#233; incarn&#233; par le quatri&#232;me m&#233;morandum. Quelques d&#233;saccords s'expriment au sein de Syriza, mais restent pour l'heure marginaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de r&#233;sistance des 16, 17 et 18 mai traduit un sentiment de col&#232;re. Mais s'expriment aussi le d&#233;sarroi et le d&#233;sespoir. Selon les r&#233;sultats des sondages, la Nouvelle D&#233;mocratie avoisine 36% des intentions de vote et Syriza oscille entre 15 et 16%. Mais une abstention de type politique reste forte, pour l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te, publi&#233;e le 28 avril 2017, parmi les &#233;tudiants de Thessalonique indique que 43,3% d'entre eux envisagent de continuer leurs &#233;tudes ou de chercher un emploi hors de Gr&#232;ce. Selon les statistiques d'une &#233;tude publi&#233;e par la revue International Migration &amp; Integration, 20'000 scientifiques (ayant une formation scientifique compl&#232;te) ont &#233;migr&#233; entre 2009 et 2014. Un demi-million de Grecs (427'000) ont &#233;migr&#233; au cours de la p&#233;riode 2008-2016, selon la Banque nationale de Gr&#232;ce. Il y a l&#224; un indice aussi du choc inflig&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; une fraction dynamique d'entre elle. Ce qui doit &#234;tre pris en compte pour saisir les contours de la conjoncture socio-politique. (17 mai 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.anti-k.org/2017/05/20/grece-trois-journees-de-mobilisation-face-coup-de-massue-4e-memorandum/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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