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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>2005, dix ans plus tard, le bilan du r&#233;f&#233;rendum de 1995</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/2005-dix-ans-plus-tard-le-bilan-du-referendum-de-1995</link>
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		<dc:creator>Union des Forces Progressistes</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-10-28</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Les enjeux du r&#233;f&#233;rendum de 1995</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; d'un document de r&#233;flexion intitul&#233;, Une Assembl&#233;e constituante pour tracer ensemble les contours d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant, &#233;crit en octobre 2005, dans le contexte de l'&#233;laboration de la proposition strat&#233;gique de la tenue d'une constituante pour l'Union des forces progressistes (UFP) &lt;br class='autobr' /&gt; Avec la reprise en main par Jacques Parizeau en 1989 et la liquidation de la perspective d'affirmation nationale qu'avait d&#233;fendue Pierre-Marc Johnson en 1985, le PQ s'est reconstruit. Il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-10-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-10-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-enjeux-du-referendum-de-1995-+" rel="tag"&gt;Les enjeux du r&#233;f&#233;rendum de 1995&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/oui_un_autre_quebec_est_possible-888ac.png?1781249656' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; d'un document de r&#233;flexion intitul&#233;, &lt;i&gt;Une Assembl&#233;e constituante pour tracer ensemble les contours d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant&lt;/i&gt;, &#233;crit en octobre 2005, dans le contexte de l'&#233;laboration de la proposition strat&#233;gique de la tenue d'une constituante pour l'Union des forces progressistes (UFP)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec la reprise en main par Jacques Parizeau en 1989 et la liquidation de la perspective d'affirmation nationale qu'avait d&#233;fendue Pierre-Marc Johnson en 1985, le PQ s'est reconstruit. Il a pu, encore une fois, unir les souverainistes &#224; l'int&#233;rieur du Parti avec le mot d'ordre de Parizeau : d&#233;fendre la souverainet&#233; avant, pendant et apr&#232;s les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, le PQ reprend le pouvoir. L'ann&#233;e suivante, il organise un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233;-partenariat. Le gouvernement Parizeau n'envisage pas de convoquer une Assembl&#233;e constituante. Il adopte un projet de loi qui d&#233;finit d&#233;j&#224; clairement les grandes lignes de la souverainet&#233; recherch&#233;e. La direction p&#233;quiste est engag&#233;e jusqu'au cou dans le n&#233;olib&#233;ralisme et veut d&#233;sarmer la m&#233;fiance du gouvernement de Washington. Elle propose donc une souverainet&#233; limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son projet pr&#233;voit l'association avec le Canada, la monnaie commune, la double citoyennet&#233;, le soutien &#224; l'ALENA et aux alliances militaires (OTAN et NORAD). Le Qu&#233;bec deviendrait souverain, mais les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois pourraient demeurer citoyens canadiens. Le Qu&#233;bec deviendrait souve&#172;rain, mais il pourrait continuer &#224; profiter de la monnaie canadienne. Le Qu&#233;bec deviendrait souverain, mais il continuerait &#224; &#234;tre partie &#224; tous les trait&#233;s et alliances sign&#233;s par le gouvernement du Canada. Les f&#233;d&#233;ralistes auront beau jeu de tirer profit de ces contradictions &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En signe de bienveillance envers le gouvernement am&#233;ricain, Parizeau se pr&#233;sente comme l'avant&#172;garde du libre-&#233;change sur le continent. Son projet de souverainet&#233; limit&#233;e propose une &#171; rupture tranquille &#187; qui pourrait respecter la domination am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au r&#233;f&#233;rendum de 1980, la direction p&#233;quiste pr&#233;voit une consultation limit&#233;e et bien contr&#244;l&#233;e. La Commission sur l'avenir du Qu&#233;bec est un bien p&#226;le reflet de ce qu'aurait pu &#234;tre une v&#233;ritable d&#233;marche d'Assembl&#233;e constituante. Les gens du Qu&#233;bec auront le droit de se prononcer sur la souverainet&#233;, mais non celui de d&#233;cider collectivement de la r&#233;alit&#233; du Qu&#233;bec dans lequel ils veulent vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simple consultation a n&#233;anmoins d&#233;montr&#233; la force des aspirations d&#233;mocratiques du peuple. La Commission sur l'avenir du Qu&#233;bec a tenu pr&#232;s de 300 audiences, re&#231;u plus de 3 000 m&#233;moires et r&#233;uni pr&#232;s de 40 000 personnes. La Commission des jeunes a tenu 20 forums dans 25 villes auxquels ont particip&#233; 5 000 jeunes. Nombre de personnes et d'organisations qui ont pris la parole devant les deux Commissions tenaient &#224; lier les revendications sociales et les revendications nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche limit&#233;e de consultation a malgr&#233; tout insuffl&#233; un &#233;lan au camp du OUI qui l'a conduit &#224; l'or&#233;e d'une victoire. Le PQ avait toutefois commenc&#233; d&#232;s mars 1995 &#224; glisser vers une troisi&#232;me voie pour se rapprocher de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne trop faible contre les forces du statu quo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Parizeau a adress&#233; un discours &#224; saveur social-d&#233;mocrate aux classes populaires. Ce fut un facteur tr&#232;s important pour rallier un fort courant au camp du OUI. Les discours et la publicit&#233; associaient ce camp &#224; la paix, &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;cologique et f&#233;ministe. On cherchait &#224; l'identifier avec les aspirations &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, une soci&#233;t&#233; qui n'est pas seulement centr&#233;e sur les poss&#233;dants. Ce fut la base de la remont&#233;e du OUI bien plus que les discours mod&#233;r&#233;s et rassurants de Lucien Bouchard. Les discours n'ont cependant pas &#233;t&#233; accompagn&#233;s de v&#233;ritables mobilisations populaires ni d'engagements r&#233;els en termes de projet de soci&#233;t&#233;. Ils se sont born&#233;s &#224; une reprise m&#233;diatique des aspirations populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp du OUI a par ailleurs sous-estim&#233; les forces d'opposition au projet de souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Contrairement &#224; ses attentes, tous les secteurs importants de la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise se sont rang&#233;s dans le camp du NON. M&#234;me les entreprises dont le d&#233;veloppement avait profit&#233; du soutien actif de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois ont embo&#238;t&#233; le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux dirigeants canadiens, ils n'ont gu&#232;re fait preuve d'un comportement d&#233;mocratique. Ils n'ont recul&#233; devant aucun moyen l&#233;gal ou ill&#233;gal pour emp&#234;cher la population du Qu&#233;bec de se prononcer librement. Avant le r&#233;f&#233;rendum, Jean Chr&#233;tien a m&#234;me d&#233;clar&#233; qu'il ne reconna&#238;trait pas une victoire du OUI et il a d'ailleurs r&#233;p&#233;t&#233; son refus apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain n'a pas fait preuve de neutralit&#233; ; les dirigeants de tous les partis sont intervenus pour d&#233;fendre l'unit&#233; canadienne. Bref, pour les chefs politiques canadiens et am&#233;ricains, la perspective d'une souverainet&#233; m&#234;me tr&#232;s limit&#233;e s'inscrivant dans un cadre lib&#233;ral ou n&#233;olib&#233;ral &#233;tait inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, le OUI a rat&#233; la cible de peu : le NON l'a emport&#233; avec 50,6 % des voix, soit &#224; peine 54 000 votes de plus. &#192; la lumi&#232;re des man&#339;uvres d&#233;loyales sinon ill&#233;gales des f&#233;d&#233;ralistes, bon nombre de gens consid&#232;rent que le r&#233;f&#233;rendum de 1995 a &#233;t&#233; vol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les le&#231;ons du r&#233;f&#233;rendum de 1995&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Union des forces progressistes, le deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; montre la n&#233;cessit&#233; d'une d&#233;marche d'&#233;ducation populaire comme celle possible durant les travaux d'une Assembl&#233;e constituante. Pour s'opposer au camp de l'argent qui veut pr&#233;server le statu quo, il faut la plus large mobilisation possible. Les responsables du r&#233;f&#233;rendum de 1995 avaient compris l'importance d'une consultation, mais ils en ont limit&#233; l'envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la direction p&#233;quiste n'a pas li&#233; &#233;troitement les revendications sociales et l'aspiration nationale &#224; la souverainet&#233;. Elle a pr&#233;f&#233;r&#233; inscrire le projet social dans une d&#233;marche n&#233;olib&#233;rale et atlantiste. &#192; notre avis, cela a emp&#234;ch&#233; la population d'associer l'ind&#233;pendance &#224; des changements tangibles qui auraient pu consolider sa volont&#233; d'aller de l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction p&#233;quiste a &#233;galement n&#233;glig&#233; le caract&#232;re multinational et multiculturel du Qu&#233;bec pour miser davantage sur les francophones de souche. Selon l'UFP, cette erreur strat&#233;gique a permis aux f&#233;d&#233;ralistes de se pr&#233;senter comme uniques d&#233;fenseurs des communaut&#233;s issues de l'immigration. Cette n&#233;gligence niait la pr&#233;sence de membres de ces communaut&#233;s dans le camp du OUI, mais elle r&#233;duisait aussi la port&#233;e du concept de la nation qu&#233;b&#233;coise. La d&#233;claration d&#233;sastreuse de Parizeau sur les votes ethniques, le soir de la d&#233;faite, a confirm&#233; cette incompr&#233;hension. &#192; notre avis, le camp du OUI n'avait pas reconnu la force de sa d&#233;marche, soit l'ouverture aux aspirations d&#233;mocratiques de toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Conclusion.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rendums de 1980 et de 1995 ont &#233;t&#233; deux autres moments o&#249; se sont exprim&#233;es les aspi&#172;rations nationales. Chaque fois, la campagne pr&#233;alable offrait une occasion de mobilisation large. Malheureusement, la direction p&#233;quiste du camp du OUI a compt&#233; davantage sur la popularit&#233; des leaders et sur une approche de type marketing. Il faut souligner qu'en 1995, les strat&#232;ges ont nette&#172;ment sous-estim&#233; la d&#233;termination des f&#233;d&#233;ralistes &#224; stopper la vague souverainiste par tous les moyens. Parmi les man&#339;uvres plus ou moins l&#233;gales du camp du NON, mentionnons : la naturalisa&#172;tion acc&#233;l&#233;r&#233;e de milliers de personnes immigrantes ; l'allocation de sommes astronomiques &#224; Option Canada, un club du Conseil pour l'unit&#233; nationale ; une demande d'intervention aux &#201;tats-Unis ; les d&#233;penses ill&#233;gales de la Marche pour l'Unit&#233; organis&#233;e &#224; Montr&#233;al trois jours avant le r&#233;f&#233;rendum. Voil&#224; seulement quelques-uns des actes commis au nom de l'unit&#233; canadienne contre la volont&#233; populaire du Qu&#233;bec, actes qui viennent de faire surface dans l'enqu&#234;te de la Commission Gomery et l'ouvrage de Robin Philpot, Le r&#233;f&#233;rendum vol&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robin PHILPOT, Le r&#233;f&#233;rendum vol&#233;, Montr&#233;al, &#201;ditions Les Intouchables, 2005&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des machinations des f&#233;d&#233;ralistes et des obstacles jet&#233;s sur le chemin de la souverainet&#233;, notamment la Loi sur la clart&#233;, une nouvelle strat&#233;gie s'impose. Pourquoi ne pas tirer des le&#231;ons des &#201;tats g&#233;n&#233;raux et des campagnes men&#233;es pour les deux r&#233;f&#233;rendums ? Chacune de ces exp&#233;riences a montr&#233; la volont&#233; des gens du Qu&#233;bec de s'exprimer sur leur destin. Chaque fois, la forte participa&#172;tion a confirm&#233; la puissance des aspirations d&#233;mocratiques. Chaque fois, le peuple a prouv&#233; sa capacit&#233; de donner un contenu social et &#233;conomique &#224; l'avenir politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi l'Union des forces progressistes propose la convocation d'une Assembl&#233;e constituante. Contrairement aux consultations des &#201;tats g&#233;n&#233;raux et des campagnes pr&#233;r&#233;f&#233;rendaires, l'Assembl&#233;e constituante sera pens&#233;e comme une d&#233;marche d'affirmation nationale et comme une rupture en soi avec le cadre f&#233;d&#233;ral. Le processus d'&#233;ducation populaire men&#233; ne visera donc pas &#224; convaincre la population de voter pour confier un mandat de n&#233;gocier &#224; un parti ou &#224; un gouvernement. Il servira plut&#244;t &#224; faire surgir les visions collectives pour un Qu&#233;bec ind&#233;pendant. Les besoins, les espoirs et les r&#234;ves exprim&#233;s s'incarneront dans un projet de Constitution, ce qui rendra visible le contenu social de la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' Assembl&#233;e constituante fera sortir la d&#233;marche de souverainet&#233; des mains d'un seul parti politique, le Parti qu&#233;b&#233;cois, pour devenir enfin un projet citoyen. Elle cessera d'&#234;tre une affaire d'experts pour devenir enfin l'affaire de tout le monde. Comme elle s'appuie sur une conception inclusive de la nation, elle permettra de travailler avec les communaut&#233;s issues de l'immigration qui ont &#233;t&#233; auparavant n&#233;gli&#172;g&#233;es. Selon l'UFP, une Assembl&#233;e constituante serait en effet s&#233;rieusement compromise sans la parti&#172;cipation de ces communaut&#233;s. Elle le serait tout autant sans une reconnaissance concr&#232;te de la r&#233;alit&#233; nationale des peuples autochtones. Pour nous, cela signifie entre autres de leur offrir la possibilit&#233; de prendre part, d'&#233;gal &#224; &#233;gal, &#224; la d&#233;marche d&#233;mocratique pour tracer les contours d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Retour sur les r&#233;f&#233;rendums de 1980 et 1995, des exp&#233;riences inachev&#233;es de souverainet&#233; populaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Retour-sur-les-referendums-de-1980-et-1995-des-experiences-inachevees-de</link>
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		<dc:date>2020-05-26T08:33:51Z</dc:date>
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		<dc:creator>Union des Forces Progressistes</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire du Qu&#233;bec moderne a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des moments d'&#233;mergence de la souverainet&#233; populaire : la &#171; volont&#233; constituante &#187; a en effet montr&#233; le bout du nez &#224; plusieurs reprises. Elle s'est cependant toujours heurt&#233;e au pouvoir en place et elle a pris les formes que les dirigeants ont bien voulu lui donner. Alors qu'on se rappelle le r&#233;f&#233;rendum de 1980, tenu il y a d&#233;j&#224; 40 ans, nous rappelons les le&#231;ons que la gauche socialiste a tir&#233; de cette exp&#233;rience, et de bien d'autres. Nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton43742-729d7.jpg?1781249656' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'histoire du Qu&#233;bec moderne a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des moments d'&#233;mergence de la souverainet&#233; populaire : la &#171; volont&#233; constituante &#187; a en effet montr&#233; le bout du nez &#224; plusieurs reprises. Elle s'est cependant toujours heurt&#233;e au pouvoir en place et elle a pris les formes que les dirigeants ont bien voulu lui donner. Alors qu'on se rappelle le r&#233;f&#233;rendum de 1980, tenu il y a d&#233;j&#224; 40 ans, nous rappelons les le&#231;ons que la gauche socialiste a tir&#233; de cette exp&#233;rience, et de bien d'autres. Nous publions pour ce faire un extrait d'un texte de l'Union des Forces Progressistes (UFP) intitul&#233; &lt;strong&gt;Une Assembl&#233;e constituante pour tracer ensemble les contours d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant&lt;/strong&gt; paru en 2005.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;f&#233;rendum de 1980&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 1960, le mouvement ind&#233;pendantiste s'identifiait comme un mouvement de lib&#233;&#173;ration nationale. Il voulait en finir avec la domination du Canada anglais et de ses institutions pour proclamer la R&#233;publique libre du Qu&#233;bec. Son projet s'inscrivait dans une logique de rupture avec les institutions monarchiques, le syst&#232;me parlementaire britannique et les alliances militaires imp&#233;rialistes (OTAN et NORAD). Il voulait &#233;tablir une politique neutraliste, rejeter le bilinguisme et instaurer l'unilinguisme fran&#231;ais officiel. La domination du capital britannique et am&#233;ricain &#233;tait remise en question par le secteur le plus militant du mouvement ind&#233;pendantiste. Bref, la R&#233;publique du Qu&#233;bec devait apporter de grands changements en Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e du Parti qu&#233;b&#233;cois, un virage s'amorce. Le PQ s'&#233;tant form&#233; &#224; partir d'une rupture avec le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec, il dispose d'embl&#233;e d'un personnel politique connu et cr&#233;dible. Dans un premier temps, il reprend bon nombre des revendications du mouvement social. Il d&#233;place toutefois le centre de gravit&#233; de la r&#233;sistance nationale : il ne parle plus d'ind&#233;pendance, mais bien de souverainet&#233;-association. Il ne s'agit plus de rompre avec le Canada, mais plut&#244;t de r&#233;aliser une nouvelle entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement syndical, la discussion sur la cr&#233;ation d'un parti des travailleurs et des travailleuses tourne court. Le 26 octobre 1976, la F&#233;d&#233;ration des travailleurs du Qu&#233;bec (FTQ) donne officiellement son appui au Parti Qu&#233;b&#233;cois, conform&#233;ment aux r&#233;solutions adopt&#233;es en 1975 par la centrale. En 1977, Norbert Rodrigue, alors pr&#233;sident de la Centrale des syndicats nationaux (CSN), affirme que &#171; l'action politique, c'est l'action revendicative sur tous les plans qui d&#233;veloppe une ligne alternative embray&#233;e sur les changements fondamentaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denis ROCH et Denis SERGE, Les syndicats face au pouvoir, Ottawa, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Avec cette orientation se confirme pleinement le recul des initiatives visant &#224; d&#233;boucher sur la formation d'un parti des travailleurs et des travailleuses. L'union sacr&#233;e des ind&#233;pendantistes autour du PQ naissant se fait, malgr&#233; le changement du paradigme de la r&#233;sistance nationale. Le parti accapare ce mouvement de r&#233;sistance. Le Rassemblement pour l'ind&#233;pendance nationale (RIN) se dissout peu apr&#232;s la fondation du PQ. La gauche formule sa propre th&#233;orie des &#233;tapes : l'ind&#233;pendance d'abord, le socialisme ne deviendra un objectif possible qu'une fois l'ind&#233;pendance r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'association &#233;volue &#233;galement. En 1970, elle n'est pas une condition sine qua non de l'ind&#233;pen&#173;dance. En 1978, on consid&#232;re que la souverainet&#233; et l'association devront se r&#233;aliser ensemble, sans rupture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration de Ren&#233; L&#233;vesque &#224; l'Assembl&#233;e nationale, 10 octobre 1978.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1979, dans son texte pr&#233;paratoire au r&#233;f&#233;rendum, La Nouvelle Entente Qu&#233;bec-Canada, le PQ d&#233;clare que la souverainet&#233; et l'association sont indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectabilit&#233; et cr&#233;dibilit&#233; deviennent les ma&#238;tres mots. Et cela fonctionne, car le PQ se construit rapidement. De 1968 &#224; 1976, le nombre de membres passe de 15 000 &#224; 155 000. En 1980, il atteint 235 000. Aux &#233;lections de 1970, le parti r&#233;colte 24 % des suffrages exprim&#233;s et se classe au deuxi&#232;me rang des partis. En 1973, il obtient 31 % des suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression ne semble toutefois pas assez rapide pour certains. Les premiers programmes du Parti qu&#233;b&#233;cois ne font pas &#233;tat d'un r&#233;f&#233;rendum pour acc&#233;der &#224; la souverainet&#233;. L'&#233;lection du PQ permet&#173;trait au gouvernement du Qu&#233;bec d'enclencher le processus d'accession &#224; la souverainet&#233; et de n&#233;go&#173;cier le partage des pouvoirs avec Ottawa. Il y est m&#234;me &#233;crit : &#171; Si toute entente s'av&#233;rait impossible, le Qu&#233;bec devrait proc&#233;der unilat&#233;ralement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La solution, le programme du Parti qu&#233;b&#233;cois, pr&#233;sent&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En 1974, les dirigeants p&#233;quistes font adopter la strat&#233;gie r&#233;f&#233;rendaire : l'option de la souverainet&#233;-association doit &#234;tre approuv&#233;e par r&#233;f&#233;rendum. En 1978, la strat&#233;gie &#233;tapiste est pr&#233;cis&#233;e : le r&#233;f&#233;rendum ne se fera plus sur cette option, mais bien sur le mandat de n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mainmise du PQ sur le mouvement de r&#233;sistance nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En accaparant ainsi le mouvement de r&#233;sistance nationale, le PQ a entra&#238;n&#233; le passage d'une logique de rupture &#224; une logique d'association et d'entente avec le gouvernement canadien. Les repr&#233;sentants f&#233;d&#233;raux sont d&#233;sormais pr&#233;sent&#233;s comme des d&#233;mocrates et des amis. Le parti adopte aussi une attitude positive envers les alliances militaires (OTAN et NORAD), le Commonwealth et le parle&#173;mentarisme britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette logique, le PQ a secr&#232;tement concoct&#233; la question r&#233;f&#233;rendaire de 1980 et il a d&#233;bouch&#233; sur la volont&#233; de n&#233;gocier avec l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Le r&#233;f&#233;rendum se fit dans la perspective d'une nouvelle entente avec &#171; nos amis du reste du Canada &#187;. Le Qu&#233;bec en est arriv&#233; l&#224; parce que le PQ a monopo&#173;lis&#233; puis frein&#233; le mouvement de r&#233;sistance &#224; l'oppression nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne publicitaire contre une campagne de peur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la campagne du camp du Oui visait &#224; rassurer la population : le PQ ne demandait qu'un mandat de n&#233;gocier ; il y aurait un deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum sur le fruit des revendications. &#192; la limite, on laissait entendre que rien ne changerait dans la vie des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois &#224; la suite d'un Oui. Malgr&#233; ce discours, beaucoup de gens voyaient dans le r&#233;f&#233;rendum le moyen d'exprimer leur volont&#233; d'ind&#233;pendance pour en finir avec la domination et l'arrogance du gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de la mobilisation pour le Oui l'illustre sans conteste. Environ 8 000 regroupements locaux ont &#233;t&#233; mis sur pied partout au Qu&#233;bec, soit en moyenne 75 par comt&#233;. &#192; mesure que la campagne progressait, des regroupements r&#233;gionaux et nationaux bas&#233;s sur l'occupation se sont constitu&#233;s : dans les usines, les chantiers maritimes, la construction, la fonction publique, etc. Ils furent toutefois laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Les grandes assembl&#233;es et manifestations ont &#233;t&#233; peu nombreuses. Le gouvernement p&#233;quiste pr&#233;f&#233;ra faire une op&#233;ration publicitaire en mettant l'accent sur le mandat de n&#233;gocier et sur l'&#233;galit&#233; des deux nations. La souverainet&#233; ne fut pas plac&#233;e au centre de cette op&#233;ration, et encore moins l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le camp du Non essayait de faire appel aux couches les plus isol&#233;es de la popula&#173;tion : personnes &#226;g&#233;es, pauvres et au foyer. Des hommes d'affaires firent des d&#233;clarations publiques sur les difficult&#233;s &#233;conomiques majeures que conna&#238;trait un Qu&#233;bec souverain. Et les f&#233;d&#233;ralistes termin&#232;rent leur campagne par la promesse de faire d'un vote pour le Non un Oui pour une r&#233;forme constitutionnelle. Tout le monde, y compris de nombreux f&#233;d&#233;ralistes, interpr&#233;ta cela comme la possibilit&#233; d'une d&#233;volution de pouvoirs au Qu&#233;bec. L'&#201;tat f&#233;d&#233;ral se pr&#233;parait toutefois &#224; faire exactement le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les le&#231;ons du r&#233;f&#233;rendum de 1980&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Union des forces progressistes, le premier r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; rec&#232;le quelques erreurs dont il faudra tenir compte pour toute d&#233;marche future. D'abord, la direction du PQ a neutralis&#233; l'&#233;lan des 8 000 regroupements pour le Oui mis sur pied dans tous les milieux. Elle ne les a pas orient&#233;s vers l'action et ne leur a donn&#233; aucun pouvoir v&#233;ritable. Les &#233;minences grises du PQ fixaient les mots d'ordre que les regroupements n'avaient plus qu'&#224; r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre avis, le PQ n'a &#233;galement pas su profiter des acquis des &#201;tats g&#233;n&#233;raux qui pr&#233;conisaient la convocation d'une Assembl&#233;e constituante pour donner la parole au peuple. Au lieu de s'appuyer sur la base, il a fait reposer sa campagne r&#233;f&#233;rendaire sur la performance des leaders. Au lieu de miser sur une d&#233;marche de souverainet&#233; populaire, il a fait appel au marketing politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa campagne, le gouvernement p&#233;quiste essaya surtout de rassurer les gens face &#224; la crainte du changement. Il &#233;vita de parler d'ind&#233;pendance et insista sur la perspective d'association. Pour contrer les man&#339;uvres f&#233;d&#233;ralistes visant &#224; semer la peur, l'UFP consid&#232;re qu'une meilleure strat&#233;gie consiste &#224; faire appel aux espoirs de la population. Ceci permettrait de donner au projet d'ind&#233;pendance un contenu social b&#226;ti &#224; m&#234;me les besoins et les r&#234;ves des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la mainmise du PQ sur le mouvement ind&#233;pendantiste a permis &#224; une classe politique de devenir gestionnaire de l'appareil d'&#201;tat provincial. La population du Qu&#233;bec a toutefois v&#233;cu le premier r&#233;f&#233;rendum comme une d&#233;faite cuisante. Pour l'UFP, le processus de l'Assembl&#233;e constituante pourrait faire en sorte que les retomb&#233;es d'une victoire ou d'une d&#233;faite soient partag&#233;es entre toutes les couches de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;f&#233;rendum de 1995&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la reprise en main par Jacques Parizeau en 1989 et la liquidation de la perspective d'affirmation nationale qu'avait d&#233;fendue Pierre-Marc Johnson en 1985, le PQ s'est reconstruit. Il a pu, encore une fois, unir les souverainistes &#224; l'int&#233;rieur du Parti avec le mot d'ordre de Parizeau : d&#233;fendre la souve&#173;rainet&#233; avant, pendant et apr&#232;s les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, le PQ reprend le pouvoir. L'ann&#233;e suivante, il organise un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; -&#173;partenariat. Le gouvernement Parizeau n'envisage pas de convoquer une Assembl&#233;e constituante. Il adopte un projet de loi qui d&#233;finit d&#233;j&#224; clairement les grandes lignes de la souverainet&#233; recherch&#233;e. La direction p&#233;quiste est engag&#233;e jusqu'au cou dans le n&#233;olib&#233;ralisme et veut d&#233;sarmer la m&#233;fiance du gouvernement de Washington. Elle propose donc une souverainet&#233; limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son projet pr&#233;voit l'association avec le Canada, la monnaie commune, la double citoyennet&#233;, le soutien &#224; l'ALENA et aux alliances militaires (OTAN et NORAD). Le Qu&#233;bec deviendrait souverain, mais les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois pourraient demeurer citoyens canadiens. Le Qu&#233;bec deviendrait souve&#173;rain, mais il pourrait continuer &#224; profiter de la monnaie canadienne. Le Qu&#233;bec deviendrait souverain, mais il continuerait &#224; &#234;tre partie &#224; tous les trait&#233;s et alliances sign&#233;s par le gouvernement du Canada. Les f&#233;d&#233;ralistes auront beau jeu de tirer profit de ces contradictions &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En signe de bienveillance envers le gouvernement am&#233;ricain, Parizeau se pr&#233;sente comme l'avant-garde du libre-&#233;change sur le continent. Son projet de souverainet&#233; limit&#233;e propose une &#171; rupture tranquille &#187; qui pourrait respecter la domination am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au r&#233;f&#233;rendum de 1980, la direction p&#233;quiste pr&#233;voit une consultation limit&#233;e et bien contr&#244;l&#233;e. La Commission sur l'avenir du Qu&#233;bec est un bien p&#226;le reflet de ce qu'aurait pu &#234;tre une v&#233;ritable d&#233;marche d'Assembl&#233;e constituante. Les gens du Qu&#233;bec auront le droit de se prononcer sur la souverainet&#233;, mais non celui de d&#233;cider collectivement de la r&#233;alit&#233; du Qu&#233;bec dans lequel ils veulent vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simple consultation a n&#233;anmoins d&#233;montr&#233; la force des aspirations d&#233;mocratiques du peuple. La Commission sur l'avenir du Qu&#233;bec a tenu pr&#232;s de 300 audiences, re&#231;u plus de 3 000 m&#233;moires et r&#233;uni pr&#232;s de 40 000 personnes. La Commission des jeunes a tenu 20 forums dans 25 villes auxquels ont particip&#233; 5 000 jeunes. Nombre de personnes et d'organisations qui ont pris la parole devant les deux Commissions tenaient &#224; lier les revendications sociales et les revendications nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche limit&#233;e de consultation a malgr&#233; tout insuffl&#233; un &#233;lan au camp du OUI qui l'a conduit &#224; l'or&#233;e d'une victoire. Le PQ avait toutefois commenc&#233; d&#232;s mars 1995 &#224; glisser vers une troisi&#232;me voie pour se rapprocher de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne trop faible contre les forces du statu quo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Parizeau a adress&#233; un discours &#224; saveur social-d&#233;mocrate aux classes populaires. Ce fut un facteur tr&#232;s important pour rallier un fort courant au camp du OUI. Les discours et la publicit&#233; associaient ce camp &#224; la paix, &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;cologique et f&#233;ministe. On cherchait &#224; l'identifier avec les aspirations &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, une soci&#233;t&#233; qui n'est pas seulement centr&#233;e sur les poss&#233;dants. Ce fut la base de la remont&#233;e du OUI bien plus que les discours mod&#233;r&#233;s et rassurants de Lucien Bouchard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discours n'ont cependant pas &#233;t&#233; accompagn&#233;s de v&#233;ritables mobilisations populaires ni d'engagements r&#233;els en termes de projet de soci&#233;t&#233;. Ils se sont born&#233;s &#224; une reprise m&#233;diatique des aspirations populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp du OUI a par ailleurs sous-estim&#233; les forces d'opposition au projet de souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Contrairement &#224; ses attentes, tous les secteurs importants de la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise se sont rang&#233;s dans le camp du NON. M&#234;me les entreprises dont le d&#233;veloppement avait profit&#233; du soutien actif de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois ont embo&#238;t&#233; le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux dirigeants canadiens, ils n'ont gu&#232;re fait preuve d'un comportement d&#233;mocratique. Ils n'ont recul&#233; devant aucun moyen l&#233;gal ou ill&#233;gal pour emp&#234;cher la population du Qu&#233;bec de se prononcer librement. Avant le r&#233;f&#233;rendum, Jean Chr&#233;tien a m&#234;me d&#233;clar&#233; qu'il ne reconna&#238;trait pas une victoire du OUI et il a d'ailleurs r&#233;p&#233;t&#233; son refus apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain n'a pas fait preuve de neutralit&#233; ; les dirigeants de tous les partis sont intervenus pour d&#233;fendre l'unit&#233; canadienne. Bref, pour les chefs politiques canadiens et am&#233;ricains, la perspective d'une souverainet&#233; m&#234;me tr&#232;s limit&#233;e s'inscrivant dans un cadre lib&#233;ral ou n&#233;olib&#233;ral &#233;tait inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, le OUI a rat&#233; la cible de peu : le NON l'a emport&#233; avec 50,6 % des voix, soit &#224; peine 54 000 votes de plus. &#192; la lumi&#232;re des man&#339;uvres d&#233;loyales sinon ill&#233;gales des f&#233;d&#233;ralistes, bon nombre de gens consid&#232;rent que le r&#233;f&#233;rendum de 1995 a &#233;t&#233; vol&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robin PHILPOT, Le r&#233;f&#233;rendum vol&#233;, Montr&#233;al, &#201;ditions Les Intouchables, 2005.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les le&#231;ons du r&#233;f&#233;rendum de 1995&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Union des forces progressistes, le deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; montre la n&#233;cessit&#233; d'une d&#233;marche d'&#233;ducation populaire comme celle possible durant les travaux d'une Assembl&#233;e constituante. Pour s'opposer au camp de l'argent qui veut pr&#233;server le statu quo, il faut la plus large mobilisation possible. Les responsables du r&#233;f&#233;rendum de 1995 avaient compris l'importance d'une consultation, mais ils en ont limit&#233; l'envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la direction p&#233;quiste n'a pas li&#233; &#233;troitement les revendications sociales et l'aspiration nationale &#224; la souverainet&#233;. Elle a pr&#233;f&#233;r&#233; inscrire le projet social dans une d&#233;marche n&#233;olib&#233;rale et atlantiste. &#192; notre avis, cela a emp&#234;ch&#233; la population d'associer l'ind&#233;pendance &#224; des changements tangibles qui auraient pu consolider sa volont&#233; d'aller de l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction p&#233;quiste a &#233;galement n&#233;glig&#233; le caract&#232;re multinational et multiculturel du Qu&#233;bec pour miser davantage sur les francophones de souche. Selon l'UFP, cette erreur strat&#233;gique a permis aux f&#233;d&#233;ralistes de se pr&#233;senter comme uniques d&#233;fenseurs des communaut&#233;s issues de l'immigration. Cette n&#233;gligence niait la pr&#233;sence de membres de ces communaut&#233;s dans le camp du OUI, mais elle r&#233;duisait aussi la port&#233;e du concept de la nation qu&#233;b&#233;coise. La d&#233;claration d&#233;sastreuse de Parizeau sur les votes ethniques, le soir de la d&#233;faite, a confirm&#233; cette incompr&#233;hension. &#192; notre avis, le camp du OUI n'avait pas reconnu la force de sa d&#233;marche, soit l'ouverture aux aspirations d&#233;mocratiques de toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse des revendications d&#233;mocratiques des Patriotes d'autrefois ou des consultations des 40 derni&#232;res ann&#233;es, le Qu&#233;bec ne manque pas d'exemples pour inspirer une d&#233;marche d'Assembl&#233;e constituante. En fait, cette id&#233;e remonte aux Patriotes du Bas-Canada. Insatisfaits des refus r&#233;p&#233;t&#233;s des Britanniques de reconna&#238;tre les lois adopt&#233;es par les &#233;lus du peuple, les Patriotes d&#233;clarent la fin de leur all&#233;geance &#224; la Grande-Bretagne. Leurs revendications &#233;taient tellement visionnaires que certaines attendent encore de se r&#233;aliser. En voici un aper&#231;u : abolition du r&#233;gime seigneurial et de la peine de mort, sauf pour les meurtres ; s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat ; libert&#233; et ind&#233;pendance de la presse ; droit au proc&#232;s par jury ; garantie d'une &#233;ducation g&#233;n&#233;rale et publique ; usage du fran&#231;ais et de l'anglais dans les affaires publiques ; droits &#233;gaux de citoyennet&#233; pour tous les individus, y compris les Autochtones. On conna&#238;t toutefois la suite des &#233;v&#233;nements. Les Patriotes seront &#233;cras&#233;s par les armes, puis pendus ou exil&#233;s. La R&#233;publique du Bas-Canada ne verra pas le jour. Le peuple n'aura donc pas l'occasion de formuler la Constitution de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations nationales du Qu&#233;bec n'&#233;taient pas enterr&#233;es pour autant, elles referont surface 130 ans plus tard. Les &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'avenir du Canada fran&#231;ais organis&#233;s de 1967 &#224; 1969 s'apparentent &#224; la d&#233;marche d'une Assembl&#233;e constituante. Les personnes appel&#233;es &#224; participer sont &#233;lues dans les 108 circonscriptions du Qu&#233;bec et les groupes de la soci&#233;t&#233; civile y envoient aussi des d&#233;l&#233;gu&#233;Es. Des milliers de personnes prennent part &#224; cette vaste entreprise de r&#233;flexion collective. Elles mettront de l'avant des propositions comme l'octroi d'un pouvoir exclusif au Qu&#233;bec dans une dizaine de champs de comp&#233;tence. Elles r&#233;clament la convocation d'une Assembl&#233;e constituante compos&#233;e de personnes issues de la soci&#233;t&#233; civile et non de membres de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative. L'Assembl&#233;e constituante aurait le mandat d'&#233;laborer une Constitution qui serait soumise ensuite &#224; l'approbation par r&#233;f&#233;rendum. Malheureusement, les recommandations des &#201;tats g&#233;n&#233;raux resteront des v&#339;ux pieux parce qu'aucun parti politique ne les a soutenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rendums de 1980 et de 1995 ont &#233;t&#233; deux autres moments o&#249; se sont exprim&#233;es les aspirations nationales. Chaque fois, la campagne pr&#233;alable offrait une occasion de mobilisation large. Malheureusement, la direction p&#233;quiste du camp du OUI a compt&#233; davantage sur la popularit&#233; des leaders et sur une approche de type marketing. Il faut souligner qu'en 1995, les strat&#232;ges ont nettement sous-estim&#233; la d&#233;termination des f&#233;d&#233;ralistes &#224; stopper la vague souverainiste par tous les moyens. Parmi les man&#339;uvres plus ou moins l&#233;gales du camp du NON, mentionnons : la naturalisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de milliers de personnes immigrantes ; l'allocation de sommes astronomiques &#224; Option Canada, un club du Conseil pour l'unit&#233; nationale ; une demande d'intervention aux &#201;tats-Unis ; les d&#233;penses ill&#233;gales de la Marche pour l'Unit&#233; organis&#233;e &#224; Montr&#233;al trois jours avant le r&#233;f&#233;rendum. Voil&#224; seulement quelques-uns des actes commis au nom de l'unit&#233; canadienne contre la volont&#233; populaire du Qu&#233;bec, actes qui viennent de faire surface dans l'enqu&#234;te de la Commission Gomery et l'ouvrage de Robin Philpot, Le r&#233;f&#233;rendum vol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des machinations des f&#233;d&#233;ralistes et des obstacles jet&#233;s sur le chemin de la souverainet&#233;, notamment la Loi sur la clart&#233;, une nouvelle strat&#233;gie s'impose. Pourquoi ne pas tirer des le&#231;ons des &#201;tats g&#233;n&#233;raux et des campagnes men&#233;es pour les deux r&#233;f&#233;rendums ? Chacune de ces exp&#233;riences a montr&#233; la volont&#233; des gens du Qu&#233;bec de s'exprimer sur leur destin. Chaque fois, la forte participa&#173;tion a confirm&#233; la puissance des aspirations d&#233;mocratiques. Chaque fois, le peuple a prouv&#233; sa capacit&#233; de donner un contenu social et &#233;conomique &#224; l'avenir politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi l'Union des forces progressistes propose la convocation d'une Assembl&#233;e constituante. Contrairement aux consultations des &#201;tats g&#233;n&#233;raux et des campagnes pr&#233;r&#233;f&#233;rendaires, l'Assembl&#233;e constituante sera pens&#233;e comme une d&#233;marche d'affirmation nationale et comme une rupture en soi avec le cadre f&#233;d&#233;ral. Le processus d'&#233;ducation populaire men&#233; ne visera donc pas &#224; convaincre la population de voter pour confier un mandat de n&#233;gocier &#224; un parti ou &#224; un gouvernement. Il servira plut&#244;t &#224; faire surgir les visions collectives pour un Qu&#233;bec ind&#233;pendant. Les besoins, les espoirs et les r&#234;ves exprim&#233;s s'incarneront dans un projet de Constitution, ce qui rendra visible le contenu social de la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e constituante fera sortir la d&#233;marche de souverainet&#233; des mains d'un seul parti politique, le Parti qu&#233;b&#233;cois, pour devenir enfin un projet citoyen. Elle cessera d'&#234;tre une affaire d'experts pour devenir enfin l'affaire de tout le monde. Comme elle s'appuie sur une conception inclusive de la nation, elle permettra de travailler avec les communaut&#233;s issues de l'immigration qui ont &#233;t&#233; auparavant n&#233;gli&#173;g&#233;es. Selon l'UFP, une Assembl&#233;e constituante serait en effet s&#233;rieusement compromise sans la parti&#173;cipation de ces communaut&#233;s. Elle le serait tout autant sans une reconnaissance concr&#232;te de la r&#233;alit&#233; nationale des peuples autochtones. Pour nous, cela signifie entre autres de leur offrir la possibilit&#233; de prendre part, d'&#233;gal &#224; &#233;gal, &#224; la d&#233;marche d&#233;mocratique pour tracer les contours d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Denis ROCH et Denis SERGE, Les syndicats face au pouvoir, Ottawa, &#201;ditions du Vermillon, 1992, p. 62&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration de Ren&#233; L&#233;vesque &#224; l'Assembl&#233;e nationale, 10 octobre 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La solution, le programme du Parti qu&#233;b&#233;cois, pr&#233;sent&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque, Montr&#233;al, &#201;ditions du jour, 1970, p. 100.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robin PHILPOT, Le r&#233;f&#233;rendum vol&#233;, Montr&#233;al, &#201;ditions Les Intouchables, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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