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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title> Enqu&#234;te. Marins pendant la pand&#233;mie, prisonniers des mers </title>
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		<dc:date>2020-06-09T08:38:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kate Whitehead</dc:creator>


		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pand&#233;mie de Covid-19 a contraint les &#233;quipages de la marine marchande &#224; rester en poste au-del&#224; des termes de leur contrat. Fatigu&#233;s, surmen&#233;s, ces acteurs indispensables de la mondialisation se sentent oubli&#233;s. Enqu&#234;te du South China Morning Post sur ces for&#231;ats des mers. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Courrier international. &lt;br class='autobr' /&gt;
En embarquant sur le p&#233;trolier China Dawn, le 1er d&#233;cembre 2019, le capitaine Bejoy Kannan s'attendait &#224; une navigation &#224; l'image de celles qu'il a connues en vingt-cinq ans de mer. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton43941-c07a0.png?1782316326' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pand&#233;mie de Covid-19 a contraint les &#233;quipages de la marine marchande &#224; rester en poste au-del&#224; des termes de leur contrat. Fatigu&#233;s, surmen&#233;s, ces acteurs indispensables de la mondialisation se sentent oubli&#233;s. Enqu&#234;te du South China Morning Post sur ces for&#231;ats des mers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/enquete-marins-pendant-la-pandemie-prisonniers-des-mers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En embarquant sur le p&#233;trolier China Dawn, le 1er d&#233;cembre 2019, le capitaine Bejoy Kannan s'attendait &#224; une navigation &#224; l'image de celles qu'il a connues en vingt-cinq ans de mer. Il allait travailler dur, suivre la route pr&#233;vue, et il serait probablement rentr&#233; chez lui avant le terme de son contrat de quatre mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en raison des restrictions caus&#233;es par la crise du coronavirus, &#8220;sept d'entre nous travaillent au-del&#224; du terme initialement pr&#233;vu de leur contrat&#8221;, raconte-t-il aujourd'hui par t&#233;l&#233;phone depuis son navire-citerne en plein dans l'Atlantique sud. &#8220;Nous sommes coinc&#233;s en mer, prisonniers de l'oc&#233;an.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partis d'Australie &#224; la mi-mars, Kannan et six de ses membres d'&#233;quipage qui avaient mis le cap sur l'Afrique du Sud devaient voir arriver la rel&#232;ve qui leur permettrait de prendre un avion pour rentrer aupr&#232;s de leur famille. Quatre jours avant l'arriv&#233;e pr&#233;vue du China Dawn &#224; Port Elizabeth, le capitaine apprenait que l'Afrique du Sud avait ferm&#233; ses ports aux marins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jours plus tard, c'&#233;tait son pays natal, l'Inde, qui entrait en confinement, et tous les vols &#233;taient annul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous n'avons nulle part o&#249; aller, d&#233;plore-t-il. La compagnie fait tout pour essayer de nous lib&#233;rer, mais o&#249; la rel&#232;ve arrivera-t-elle, o&#249; serons-nous d&#233;barqu&#233;s ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inqui&#233;tude vis-&#224;-vis des dockers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression n'a cess&#233; de monter. De Port Elizabeth, le p&#233;trolier a fait route vers le Br&#233;sil, o&#249; un chargement &#233;tait pr&#233;vu, ce qui suscitait une autre inqui&#233;tude &#8211; comment savoir si les dockers n'auraient pas le coronavirus ? Du pont de leur navire, Bejoy Kannan et son &#233;quipage ont d&#233;couvert qu'aucun ne portait de masque ni ne respectait de mesures de distanciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitaine s'est montr&#233; inflexible : hors de question de laisser quiconque monter &#224; bord. Il a contact&#233; la soci&#233;t&#233; de gestion de son bateau &#8211; une d&#233;cision courageuse : l'affr&#232;tement d'un p&#233;trolier co&#251;te plusieurs dizaines de milliers de dollars par jour, et chaque heure qui passe, ce sont des b&#233;n&#233;fices engloutis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, Wallem Group fait partie des compagnies d'affr&#232;tement les plus compr&#233;hensives : la soci&#233;t&#233; a n&#233;goci&#233; pour que soient autoris&#233;s &#224; monter &#224; bord huit dockers seulement, et avec masque et gants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bejoy Kennan, qui a une famille &#224; charge chez lui, en Inde, se sent d&#233;muni, incapable de prot&#233;ger ses parents. Dans son &#233;quipage aussi, les marins s'inqui&#232;tent pour leurs proches, et le capitaine fait de son mieux pour les rassurer et leur remonter le moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Personne ne sait que l'on existe&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de Singapour, Kannan pr&#233;voit un d&#233;tour par l'Inde pour permettre aux ressortissants indiens de d&#233;barquer. Si le d&#233;barquement n'est pas autoris&#233;, &#8220;nous allons tr&#232;s vite arriver au stade o&#249; il nous faudra nous mettre en gr&#232;ve&#8221;, pr&#233;vient-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Combien de temps pouvons-nous supporter &#231;a ? Les gens souhaitent que les marchandises circulent, mais personne ne se soucie des marins. Tout le monde parle des m&#233;decins, de l'arm&#233;e, de la police. Nous, personne ne sait qu'on existe.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On recense dans le monde plus de 50 000 navires marchands, dont 5 150 porte-conteneurs, pour un &#233;quipage moyen de 22 personnes par bateau. Soit plus d'un bon million de travailleurs, charg&#233;s de transporter 90 % des biens qui vont remplir les rayons des magasins de la plan&#232;te. Ces hommes (et femmes, en tr&#232;s moindre mesure) travaillent encore sept jours sur sept pendant cette pand&#233;mie et ont vu leur contrat prolong&#233; faute de pouvoir d&#233;barquer sur la terre ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tout le monde salue l'h&#233;ro&#239;sme et les efforts exceptionnels des soignants&#8221;, constate Bjorn Hojgaard, le pr&#233;sident d'Anglo-Eastern Univan, un groupe de gestion nautique de Hong Kong qui compte environ 600 navires. &#8220;Mais avec le coronavirus, le remplacement des marins ne se fait pas, ou de fa&#231;on tr&#232;s r&#233;duite.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prolongation des contrats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la marine marchande, les contrats sont sign&#233;s pour une dur&#233;e de quatre &#224; neuf mois, selon le rang hi&#233;rarchique. Anglo-Eastern compte environ 15 000 marins actuellement en mer, et si les restrictions de voyage perdurent, son pr&#233;sident estime que 23 % d'entre eux seront en prolongation de contrat d'ici la fin du mois [de mai].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prolongation des contrats et l'incertitude entourant le coronavirus sont autant de sources de stress qui p&#232;sent sur la sant&#233; mentale des &#233;quipages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; long terme, si les gens ne peuvent pas rentrer chez eux, ils finiront par s'&#233;puiser et par &#234;tre incapables de faire leur travail, explique Hojgaard. Plus cette situation va s'&#233;terniser, plus la pression va s'accumuler et, &#224; un moment donn&#233;, elle risque d'exploser.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur du transport maritime est de plus en plus conscient des enjeux de sant&#233; mentale. Une &#233;tude de l'universit&#233; Yale, publi&#233;e en octobre 2019, a interrog&#233; 1 572 membres d'&#233;quipage de diff&#233;rents grades dans le monde : dans les deux semaines pr&#233;c&#233;dant l'enqu&#234;te, 20 % d'entre eux ont d&#233;clar&#233; avoir envisag&#233; le suicide ou l'automutilation, 25 % souffrir de d&#233;pression et 17 % de crises d'angoisse. Parmi les principaux facteurs : la violence et le harc&#232;lement, le manque de satisfaction au travail et le sentiment de ne pas &#234;tre valoris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rer le stress &#224; bord&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avec le coronavirus, le stress a encore augment&#233; : on a peur d'attraper la maladie, on s'inqui&#232;te pour la famille au pays, on a peur d'&#234;tre contamin&#233; par les gens &#224; terre en arrivant au port&#8221;, explique Frank Coles, directeur g&#233;n&#233;ral de Wallem Group.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coles raconte l'histoire de ce capitaine chinois qui voulait d&#233;barquer dans un port chinois et a menac&#233; de se d&#233;barrasser de sa cargaison s'il ne pouvait pas rentrer chez lui. Il a finalement accept&#233; de repartir. Un autre capitaine, voulant prot&#233;ger son &#233;quipage de la contamination, a, quant &#224; lui, refus&#233; de laisser monter &#224; bord des fonctionnaires singapouriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitaine Rajnish Shah a pris la d&#233;fense de son &#233;quipage, exigeant que leur sant&#233; ne passe pas avant les profits. Avant l'arriv&#233;e du Tomini Destiny dans le port de Chittagong, au Bangladesh, Shah s'&#233;tait arrang&#233; avec l'armateur pour que le d&#233;chargement de la cargaison soit effectu&#233; par des machines et &#233;viter ainsi l'intervention de dockers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le navire est arriv&#233; au port, fin mars, rien n'avait &#233;t&#233; organis&#233; et 60 travailleurs locaux ont demand&#233; &#224; monter &#224; bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Dans une situation de pand&#233;mie, ce n'&#233;tait pas acceptable, car le risque de contamination de l'&#233;quipage &#233;tait &#233;norme, explique Rajnish Shah. Le Bangladesh &#233;tait &#233;galement en confinement.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un blocage d'une semaine s'est ensuivi. Shah a contact&#233; l'ONG Human Rights at Sea pour demander une meilleure protection pour son &#233;quipage pendant les op&#233;rations portuaires. Sa d&#233;termination a port&#233; ses fruits et, le 6 avril, des &#233;quipements de protection individuels ont &#233;t&#233; distribu&#233;s et les travailleurs locaux ont pu &#234;tre &#233;quip&#233;s lors du d&#233;chargement de la cargaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre le droit des marins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet incident a marqu&#233; un tournant dans la pand&#233;mie : un capitaine de navire usant de son autorit&#233; de commandant de bord (en vertu du Code international de gestion de la s&#233;curit&#233;) pour d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t de son &#233;quipage et se mettant en conflit direct avec les int&#233;r&#234;ts des propri&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Je suis capitaine de bateau depuis seize ans et c'est la premi&#232;re fois que j'ai d&#251; faire valoir mon autorit&#233; aupr&#232;s des armateurs pour prot&#233;ger mon &#233;quipage&#8221;, rapporte Shah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les armateurs voient leurs int&#233;r&#234;ts, chaque jour de retard leur co&#251;te de l'argent. Mais le monde entier est dans la tourmente. Il est regrettable que la sant&#233; de l'&#233;quipage soit sacrifi&#233;e au nom du profit. Il fallait que quelqu'un prenne sa d&#233;fense.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Il est rare que des capitaines prennent de telles positions car ils peuvent &#234;tre plac&#233;s sur liste noire. Mais les capitaines se font de plus en plus entendre et ils font appel &#224; des organisations comme la n&#244;tre pour d&#233;fendre leurs droits. Le capitaine ne se contente pas de prot&#233;ger son &#233;quipage, il prot&#232;ge la s&#233;curit&#233; des voies maritimes mondiales&#8221;, explique David Hammond, le fondateur de Human Rights at Sea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leur permettre de rentrer chez eux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Human Rights at Sea a mis en place des groupes WhatsApp afin de rester en contact avec les membres d'&#233;quipage, quelle que soit leur fonction hi&#233;rarchique. Depuis le 22 mars, la demande d'&#233;quipements de protection sur ces canaux informels a beaucoup augment&#233;, ainsi que les renseignements sur les arr&#234;ts maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kishore Rajvanshy est le directeur g&#233;n&#233;ral de Fleet Management, bas&#233; &#224; Hong Kong, qui g&#232;re environ 520 navires. Auparavant, il avait fait carri&#232;re comme chef m&#233;canicien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ne pas savoir combien de temps cela va durer m'emp&#234;che de dormir, explique Rajvanshy. Pour le personnel &#224; bord, un ou deux mois [de prolongation de contrat], &#231;a va, mais il faudra bien trouver un moyen de leur permettre de rentrer chez eux.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fleet Management accorde aux membres d'&#233;quipage dont le contrat est prolong&#233; une augmentation de salaire de 25 %, ainsi qu'un plus gros forfait journalier de donn&#233;es mobiles pour qu'ils restent en contact avec leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq mois, l'entreprise a cr&#233;&#233; Fleet Care, une branche consacr&#233;e &#224; la sant&#233; de ses marins, et le 23 mars, avec le soutien de l'association caritative Sailors' Society, elle a lanc&#233; une ligne d'assistance t&#233;l&#233;phonique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, qui offre un service de conseils et de soutien confidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Organiser un soutien psychologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Un grand nombre de personnes ont d&#233;j&#224; appel&#233;, environ 25 en une semaine&#8221;, explique le capitaine Randhir Mahadik, responsable de Fleet Care, qui est bas&#233; &#224; Mumbai. &#8220;Nos &#233;quipages sont polyglottes, et ce soutien psychologique est donc disponible en mandarin, en tagalog, dans de nombreuses langues indiennes et d'autres.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rini Mathew, psychologue &#224; plein temps pour Fleet Care, explique que lorsqu'elle raconte &#224; ses coll&#232;gues qu'elle travaille avec des marins, ils sont g&#233;n&#233;ralement surpris. Ils ignorent tout du genre de probl&#232;mes auxquels les membres d'&#233;quipages peuvent &#234;tre confront&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle propose des s&#233;ances individuelles aux &#233;quipages de Fleet Management, mais une th&#233;rapie &#224; distance est parfois compliqu&#233;e &#224; mettre en place concr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confidentialit&#233; est la pierre angulaire de la relation th&#233;rapeutique, or les marins n'ont souvent que les espaces communs pour suivre leur s&#233;ance par t&#233;l&#233;phone, et il faut l'intervention du capitaine pour demander aux autres de leur laisser la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s peuvent rapidement s'envenimer dans le huis clos d'un navire. Rina Mathew propose donc g&#233;n&#233;ralement une s&#233;ance tous les quatre jours, plut&#244;t qu'une fois par semaine, et assure un suivi en leur envoyant du mat&#233;riel psycho&#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ses patients souffrent de d&#233;pression ou de crises d'angoisse, parfois des deux, des pathologies exacerb&#233;es par un sentiment d'isolement et de mal du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsque vous travaillez sans interruption sur une longue p&#233;riode, un syndrome de fatigue chronique peut appara&#238;tre, constate-t-elle, et avec lui, des accidents.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention &#224; la fatigue et aux accidents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus la pand&#233;mie dure, plus les contrats sont prolong&#233;s, et cet &#233;tat de fatigue s'aggrave. Un marin va souvent travailler, par exemple, de minuit &#224; 4 heures, avoir huit heures de repos, puis reprendre le travail de midi &#224; 16 heures &#8211; un rythme qui, maintenu sept jours par semaine pendant six &#224; neuf mois, n'est pas sans cons&#233;quence. Sur une dur&#233;e plus longue, les tensions montent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation caritative chr&#233;tienne The Mission to Seafarers vient en aide aux &#233;quipages de la marine marchande dans le monde entier. Pr&#233;sente &#224; Hong Kong depuis 1863, elle offre un service d'aide aux marins de passage dans ses locaux : accueil, aide psychologique, conseils juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;v&#233;rend Stephen Miller, directeur r&#233;gional de la mission pour l'Asie de l'Est, estime que &#8220;s'il y a une Convention du travail maritime, c'est parce que quand on travaille par roulement sept jours par semaine pendant plus d'un an, on est fatigu&#233;, on souffre d'hyperstimulation sensorielle et on finit par avoir des absences. C'est l&#224; que surviennent les accidents : collisions en mer, accidents &#224; bord, tout cela se produit quand les marins sont fatigu&#233;s.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison des restrictions impos&#233;es par le coronavirus, les b&#233;n&#233;voles de The Mission to Seafarers ne peuvent plus monter &#224; bord des navires &#224; Hong Kong : alors, masqu&#233;s, ils doivent se contenter de rejoindre la passerelle du terminal &#224; conteneurs de Kwai Chung pour apporter journaux, articles de toilette, en-cas et moyens de d&#233;tente, du genre enregistrements de matchs de football.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela apporte [aux &#233;quipages] un peu de chaleur et de r&#233;confort quand nous pouvons leur fournir des en-cas &#224; grignoter de leur pays, souvent l'Inde ou les Philippines&#8221;, raconte Stephen Miller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des sas pour d&#233;barquer les marins ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Tim Huxley, le pr&#233;sident de la compagnie hongkongaise Mandarin Shipping, les marins doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des travailleurs essentiels, et un arrangement doit &#234;tre trouv&#233; pour leur permettre d'embarquer et de d&#233;barquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela suppose que nous organisions une concertation et une collaboration entre tous les acteurs du secteur : l'Organisation maritime internationale &#8211; une institution des Nations unies &#8211;, les &#201;tats de pavillon [qui immatriculent les navires], les services d'immigration et les services de sant&#233; des autorit&#233;s portuaires. Une vraie r&#233;volution pour la marine marchande.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Cette &#233;pid&#233;mie est une occasion pour nous d'amorcer des changements et de mettre en place des proc&#233;dures sur lesquelles nous appuyer &#224; l'avenir, car cette situation est appel&#233;e &#224; se reproduire. Gr&#226;ce &#224; cette exp&#233;rience, nous serons mieux pr&#233;par&#233;s la prochaine fois.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour David Hammond, de Human Rights at Sea, la solution est dans des &#8220;plateformes portuaires internationales ferm&#233;es&#8221; o&#249; auraient lieu, en toute s&#233;curit&#233;, le chargement et le d&#233;chargement des &#233;quipages, en permettant le maintien des &#233;changes commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Les opinions doivent comprendre qu'il s'agit de 1,4 &#224; 1,6 million de travailleurs, charg&#233;s du transport de 90 % des biens qui se vendent sur cette plan&#232;te, insiste-t-il. Pour que cela continue, nous devons aider ces travailleurs.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Personne ne monterait dans un avion en sachant que le pilote n'en est pas descendu depuis des lustres, fait remarquer Frank Coles, le directeur g&#233;n&#233;ral de Wallem Group. Mais on ne voit aucun probl&#232;me &#224; ce que les marins restent en mer des mois d'affil&#233;e.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si l'on veut que le transport maritime survive, il faut nous permettre de d&#233;barquer et de rentrer chez nous, implore le capitaine Kannan. Ne pensez pas uniquement aux b&#233;n&#233;fices sonnants et tr&#233;buchants, ayez une pens&#233;e pour nous. Nous sommes fatigu&#233;s, nous sommes d&#233;prim&#233;s : laissez-nous rentrer chez nous.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kate Whitehead&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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