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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>En temps de pand&#233;mie les &#233;normes d&#233;penses sur les armes nucl&#233;aires ont continu&#233; &#224; plein r&#233;gime</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-temps-de-pandemie-les-enormes-depenses-sur-les-armes-nucleaires-ont-continue</link>
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		<dc:date>2021-06-15T06:56:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jon Schwarz</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;parer l'omnicide - c'est tr&#232;s rentable, &#187; a d&#233;clar&#233; dans une r&#233;cente interview Daniel Ellsberg, c&#233;l&#232;bre d&#233;nonciateur et militant anti-armes nucl&#233;aires. &#171; Northrop Grumman, Boeing, Lockheed, et General Dynamics gagnent beaucoup d'argent en se pr&#233;parant &#224; une telle guerre. Les membres du Congr&#232;s re&#231;oivent des contributions de campagne ; ils attirent des voix dans leur district et dans presque tous les &#201;tats pour s'y pr&#233;parer. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; 7 juin 2021 | tir&#233; du site The Intercept | traduction (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-06-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-06-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton48781-5dcda.png?1781168252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;parer l'omnicide - c'est tr&#232;s rentable, &#187; a d&#233;clar&#233; dans une r&#233;cente interview Daniel Ellsberg, c&#233;l&#232;bre d&#233;nonciateur et militant anti-armes nucl&#233;aires. &#171; Northrop Grumman, Boeing, Lockheed, et General Dynamics gagnent beaucoup d'argent en se pr&#233;parant &#224; une telle guerre. Les membres du Congr&#232;s re&#231;oivent des contributions de campagne ; ils attirent des voix dans leur district et dans presque tous les &#201;tats pour s'y pr&#233;parer. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;7 juin 2021 | tir&#233; du site The Intercept | traduction David Mandel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les investisseurs sont d'accord. Lors d'une conf&#233;rence en 2019, le directeur g&#233;n&#233;ral de la banque d'investissement Cowen Inc. a interrog&#233; le PDG de Raytheon &#224; ce sujet. &#171; Nous sommes sur le point de sortir du Trait&#233; sur les forces nucl&#233;aires &#224; port&#233;e interm&#233;diaire avec la Russie, &#187; a d&#233;clar&#233; ce dirigeant de Cowen. Cela signifie-t-il que &#171; nous obtiendrons vraiment un budget de la d&#233;fense qui profitera vraiment &#224; Raytheon ? &#187; Le PDG de Raytheon a r&#233;pondu joyeusement qu'il &#233;tait &#171; assez optimiste &#187; quant &#224; l'orientation de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un nouveau rapport d'ICAN (la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucl&#233;aire) examine en d&#233;tail qui gagne tout cet argent radioactif et pourquoi. ICAN a obtenu le prix Nobel de la paix en 2017 en reconnaissance de son travail &#171; pour attirer l'attention sur les cons&#233;quences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d'armes nucl&#233;aires et pour ses efforts novateurs pour parvenir &#224; une interdiction de ces armes fond&#233;e sur un trait&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a actuellement neuf pays qui poss&#232;dent des armes nucl&#233;aires : les &#201;tats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France, l'Inde, le Pakistan, Isra&#235;l et la Cor&#233;e du Nord. L'ICAN a calcul&#233; qu'ils ont d&#233;pens&#233; collectivement 72,6 milliards de dollars en 2020 pour les armes nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les &#201;-U &#233;taient responsables d'un peu plus de la moiti&#233; de cette somme apocalyptique, &#224; $37,4 milliards. Selon le Congressional Budget Office, les d&#233;penses nucl&#233;aires am&#233;ricaines augmenteront fortement bient&#244;t en raison des plans de mises &#224; niveau technologiques, atteignant $41,2 milliards l'ann&#233;e prochaine et totalisant $634 milliards au cours des ann&#233;es 2021-2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La Chine est arriv&#233;e deuxi&#232;me en 2020 avec un montant estim&#233; &#224; $10,1 milliards. La Russie &#233;tait troisi&#232;me avec $8 milliards. Au cours d'une ann&#233;e o&#249; l'&#233;conomie mondiale a &#233;t&#233; aplatie par la pand&#233;mie, les d&#233;penses nucl&#233;aires ont continu&#233; sur leur trajectoire ascendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais ces chiffres sont probablement sous-estim&#233;s. &#171; Il y a toujours plus [de d&#233;penses nucl&#233;aires] &#8230; et encore plus dans l'ombre &#187;, a d&#233;clar&#233; Susi Snyder, co-autrice du rapport et directeur g&#233;n&#233;ral du projet Don't Bank on the Bomb. Snyder souligne que &#171; les gouvernements, en particulier les &#201;tats-Unis, le Royaume-Uni, [et] la France exigent aux autres toujours de la &#171; transparence &#187;... mais ne se conforment pas aux normes eux-m&#234;mes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une grande partie des d&#233;penses nucl&#233;aires am&#233;ricaines consiste en des contrats rentables avec des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. Les quatre soci&#233;t&#233;s qui, selon Ellsberg, amassent de l'argent &#171; pour se pr&#233;parer &#224; la guerre &#187; ont en effet re&#231;u le plus d'argent en 2020 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Northrop Grumman &#8212; $13,7 milliards &lt;br class='autobr' /&gt; General Dynamics &#8212; $10,8 milliards &lt;br class='autobr' /&gt; Lockheed Martin &#8212; $2,1 milliards &lt;br class='autobr' /&gt; Boeing &#8212; $105 millions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces &#233;normes contrats cr&#233;ent des incitations &#233;videntes pour ces entreprises &#224; faire pression pour plus de d&#233;penses gouvernementales sur Armageddon, et elles le font assid&#251;ment. En effet, le lobbying est incontestablement leur investissement le plus rentable. Selon le rapport de l'ICAN, pour chaque dollar d&#233;pens&#233; en lobbying, ils ont re&#231;u 239 $ en contrats d'armes nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a en fait beaucoup plus de lobbying que ce qui se passe par son nom. Dans le documentaire de 2006 &#171; Why We Fight &#187;, le journaliste Gwynne Dyer a expliqu&#233; que le pr&#233;sident Dwight Eisenhower consid&#233;rait que le complexe militaro-industriel avait en fait trois composantes : l'arm&#233;e, les soci&#233;t&#233;s de d&#233;fense, et le Congr&#232;s. Mais maintenant, a d&#233;clar&#233; Dyer, il y en a un quatri&#232;me : les &#171; think tanks &#187; (groupes de r&#233;flexion), qui font pression en faveur des politiques de leurs bailleurs de fonds sous un mince vernis de recherche scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon le rapport, les entreprises tirant profit des armes nucl&#233;aires ont contribu&#233; $5 &#224; $10 millions &#224; des think tanks en 2020. &#192; elle seule, Northrop a d&#233;pens&#233; au moins $2 millions pour en financer neuf, dont l'Atlantic Council, la Brookings Institution, le Center for A New American Security, et le Centre d'&#233;tudes strat&#233;giques et internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce rapport d'ICAN fait partir d'une strat&#233;gie qui vise &#224; rendre les armes nucl&#233;aires aussi taboues que les armes chimiques et biologiques le sont actuellement. ICAN a &#233;t&#233; une force-clef derri&#232;re le Trait&#233; sur l'interdiction des armes nucl&#233;aires, adopt&#233; en 2017 aux Nations Unies. Ce trait&#233; rend ill&#233;gale toute activit&#233; li&#233;e aux armes nucl&#233;aires. Il a &#233;t&#233; sign&#233; par 86 pays, et ratifi&#233; par 54. Il est entr&#233; en vigueur en janvier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aucune des puissances nucl&#233;aires n'est &#233;videmment signataire. Mais il ne faut pas qu'elles le soient pour que le trait&#233; mette un n&#339;ud coulant autour de ces pays et de leurs entreprises qui devrait se resserrer avec le temps. Par exemple, Airbus produit des missiles pour l'arsenal nucl&#233;aire fran&#231;ais. Mais il a son si&#232;ge aux Pays-Bas, donc si ce pays ratifie le TPNW, il ne pourrait plus le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette menace financi&#232;re a attir&#233; l'attention des actionnaires de ces soci&#233;t&#233;s nucl&#233;aires. Snyder note qu'une r&#233;solution des actionnaires de Northrop en 2020 indiquait que la soci&#233;t&#233; a &#171; au moins 68,3 milliards de dollars de contrats d'armes nucl&#233;aires en cours, qui sont d&#233;sormais ill&#233;gaux en vertu du droit international &#187;. La r&#233;solution a obtenu un soutien de 22%. Une r&#233;solution similaire de Lockheed a obtenu plus de 30%. Le Groupe KBC, la 15e banque d'Europe, a annonc&#233; qu'il ne financerait aucune activit&#233; li&#233;e aux armes nucl&#233;aires en raison du TPNW.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le succ&#232;s n&#233;cessitera &#233;videmment une campagne &#224; long terme et un activisme accru &#224; travers le monde. Mais la trajectoire va dans le bon sens. &#171; Les jours de d&#233;penses en toute impunit&#233; sur les Armes de destructive massive &#187;, estime Snyder, &#171; ont compt&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De loin, la pire chose que Trump ait faite a &#233;t&#233; de flirter avec la guerre nucl&#233;aire avec la Cor&#233;e du Nord</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-loin-la-pire-chose-que-Trump-ait-faite-a-ete-de-flirter-avec-la-guerre</link>
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		<dc:date>2021-01-26T07:00:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jon Schwarz</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-01-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les actions de Trump sur cette question l'emportent sur tout le reste, mais elles ont re&#231;u moins d'attention que nombre de ses tweets. Mais c'&#233;tait une possibilit&#233; r&#233;elle en 2017 et au d&#233;but de 2018, la premi&#232;re ann&#233;e de mandat de Trump, lorsqu'il a rapproch&#233; les &#201;tats-Unis d'un conflit nucl&#233;aire avec la Cor&#233;e du Nord bien plus que la plupart des Am&#233;ricains ne l'imaginaient. Mais incroyablement, l'establishment de la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine semblait &#224; l'&#233;poque consid&#233;rer ce risque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-01-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-01-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton46439-cd26a.jpg?1781168252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les actions de Trump sur cette question l'emportent sur tout le reste, mais elles ont re&#231;u moins d'attention que nombre de ses tweets. Mais c'&#233;tait une possibilit&#233; r&#233;elle en 2017 et au d&#233;but de 2018, la premi&#232;re ann&#233;e de mandat de Trump, lorsqu'il a rapproch&#233; les &#201;tats-Unis d'un conflit nucl&#233;aire avec la Cor&#233;e du Nord bien plus que la plupart des Am&#233;ricains ne l'imaginaient. Mais incroyablement, l'establishment de la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine semblait &#224; l'&#233;poque consid&#233;rer ce risque avec s&#233;r&#233;nit&#233; et semble maintenant l'avoir compl&#233;tement oubli&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20 janvier 2021 | The intercept&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://theintercept.com/2021/01/20/biden-inauguration-trump-north-korea/?utm_medium=email&amp;utm_source=The%20Intercept%20Newsletter&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theintercept.com/2021/01/20/biden-inauguration-trump-north-korea/?utm_medium=email&amp;utm_source=The%20Intercept%20Newsletter&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jon Schwarz&lt;br class='autobr' /&gt;
, 11h55&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des actions de Trump dans cette question l'emporte sur tous les autres aspects de ces ann&#233;es au pouvoir, y compris sur sa r&#233;ponse &#224; la pand&#233;mie de coronavirus. Un conflit avec la Cor&#233;e du Nord aurait pu entra&#238;ner la mort de millions, de dizaines de millions, voire plus. Pourtant, il a re&#231;u moins d'attention que beaucoup de ses tweets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qui s'est pass&#233; et pourquoi le comportement de Trump &#233;tait extr&#234;mement dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e du Nord a test&#233; avec succ&#232;s une arme nucl&#233;aire pour la premi&#232;re fois en 2006. Au moment o&#249; Trump est entr&#233; en fonction en janvier 2017, le pays avait effectu&#233; quatre autres tests. Les analystes am&#233;ricains ont conclu que le pays disposait d'un stock de dizaines d'appareils. La Cor&#233;e du Nord a affirm&#233; qu'elle avait produit des armes nucl&#233;aires suffisamment petites pour &#234;tre port&#233;es par des missiles balistiques. Son militaire a effectu&#233; des essais de lancement de quatre de ces missiles ce mars et d&#232;s juillet 2017 il avait test&#233; avec succ&#232;s des missiles balistiques intercontinentaux qui pourraient vraisemblablement atteindre la zone continentale des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a pouss&#233; Trump &#224; d&#233;clarer le 8 ao&#251;t, lors d'un &#233;v&#233;nement sans rapport avec son club de golf du New Jersey, que &#171; la Cor&#233;e du Nord ferait mieux de ne plus menacer les &#201;tats-Unis. Ils seront confront&#233;s &#224; un tel feu et &#224; une telle fureur que le monde n'en a jamais vu &#187;. Le mois prochain aux Nations Unies, Trump a &#233;galement d&#233;clar&#233; que &#171; les &#201;tats-Unis ont beaucoup de force et de patience, mais s'ils sont forc&#233;s de se d&#233;fendre ou de d&#233;fendre leurs alli&#233;s, nous n'aurons d'autre choix que de d&#233;truire totalement la Cor&#233;e du Nord. Le Rocket Man est en mission suicide. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait en toutes circonstances de d&#233;clarations dangereusement imprudentes de la part d'un pr&#233;sident am&#233;ricain, mais en particulier compte tenu de l'histoire des relations am&#233;ricano-cor&#233;ennes. Au cours de la Guerre de Cor&#233;e des ann&#233;es 50, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a largu&#233; un plus grand tonnage de bombes sur la Cor&#233;e qu'elle n'en avait utilis&#233; sur le th&#233;&#226;tre du Pacifique pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Selon Curtis LeMay, chef du Commandement a&#233;rien strat&#233;gique pendant la guerre de Cor&#233;e, les &#201;tats-Unis ont tu&#233; &#171; vingt pour cent de la population cor&#233;enne - victimes directes de la guerre, de famine ou d'exposition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, le r&#233;gime nord-cor&#233;en a pris acte de ce qui est arriv&#233; aux dirigeants d'autres pays lorsqu'ils ont abandonn&#233; leurs programmes d'armes nucl&#233;aires &#224; la demande des &#201;tats-Unis. L'Irak est venu assez pr&#232;s de la construction d'un dispositif nucl&#233;aire dans les ann&#233;es 1980, mais a tout c&#233;d&#233; au cours des ann&#233;es 1990. Puis les &#201;tats-Unis l'ont envahi en 2003 et Saddam Hussein a &#233;t&#233; pendu. Mouammar Kadhafi a r&#233;v&#233;l&#233; le programme nucl&#233;aire &#224; peine existant de la Libye la m&#234;me ann&#233;e. En 2011, les &#201;tats-Unis ont contribu&#233; &#224; renverser son gouvernement. Kadhafi a &#233;t&#233; sodomis&#233; &#224; la ba&#239;onnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me Dan Coats, le premier directeur du renseignement national de Trump, a dit la v&#233;rit&#233; en 2017 sur ce que tout cela signifiait pour le dictateur nord-cor&#233;en Kim Jong-un : &#171; Il y a une certaine justification &#224; ses actions - il s'agit de la survie - survie de son r&#233;gime et de son pays. &#8230; La le&#231;on que nous avons tir&#233;es de l'abandon de ses armes nucl&#233;aires par la Libye&#8230; est, malheureusement : &#171; Si vous avez des armes nucl&#233;aires, ne les abandonnez jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, la motivation des &#201;tats-Unis &#233;tait claire. Nous n'avions en effet pas peur qu'un r&#233;gime nord-cor&#233;en se lance dans une premi&#232;re frappe nucl&#233;aire suicidaire contre les E-U. Comme la dit un haut analyste de la CIA, &#171; La derni&#232;re personne qui d&#233;sire le conflit est Kim Jong-un. &#8230; [Kim] n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; affronter [les &#201;tats-Unis] &#187;. Au lieu de cela, notre pr&#233;occupation, comme l'a expliqu&#233; le Minist&#232;re de la D&#233;fense, &#233;tait que les armes nucl&#233;aires &#171; pourraient offrir une plus grande libert&#233; d'action pour l'agression ou la coercition nord-cor&#233;enne contre ses voisins. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la Cor&#233;e du Nord ne nous attaquerait pas, mais gr&#226;ce &#224; ces ICBM qui pourraient atteindre l'Am&#233;rique, elle pourrait peut-&#234;tre nous dissuader de g&#233;rer compl&#232;tement la r&#233;gion nous-m&#234;mes. Ce n'est pas une perspective irrationnelle : si la Cor&#233;e du Nord d&#233;veloppe cette capacit&#233;, la Cor&#233;e du Sud et le Japon pourraient d&#233;cider qu'ils ne peuvent plus compter sur la protection am&#233;ricaine et doivent se procurer eux-m&#234;mes des armes nucl&#233;aires. Cependant, peu de gens aux &#201;tats-Unis ou sur la plan&#232;te pensent qu'il vaut la peine de risquer une guerre nucl&#233;aire pour que les &#201;tats-Unis puissent maintenir ces pays comme des &#201;tats vassaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant c'est exactement ce que Trump a fait. Il n'a pas simplement menac&#233; d'attaquer la Cor&#233;e du Nord si elle poss&#233;dait la capacit&#233; de frapper les &#201;tats-Unis. Il a ordonn&#233; au Pentagone de d&#233;velopper de nouveaux plans, malgr&#233; la r&#233;sistance du secr&#233;taire &#224; la D&#233;fense de l'&#233;poque, James Mattis, pour le faire. Comme le rapporte Fred Kaplan dans son livre The Bomb, les chefs de l'&#201;tat-major interarm&#233; ont cr&#233;&#233; de nouveaux plans de guerre &#171; bas&#233;s sur la supposition que les &#201;tats-Unis porteraient le premier coup &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape de ces plans n'&#233;tait pas une guerre totale, mais g&#233;n&#233;ralement le bombardement des rampes de lancement nord-cor&#233;ennes lorsqu'un lancement de missile &#233;tait d&#233;tect&#233; comme &#233;tant imminent. Mais le Pentagone pensait que cela pourrait facilement devenir incontr&#244;lable. Kaplan &#233;crit : &#171; Les chefs de l'&#201;tat-major interarm&#233; ont exhort&#233; le pr&#233;sident &#224; ne prendre aucune mesure &#224; moins et jusqu'&#224; ce qu'il soit pr&#234;t &#224; parcourir toute la distance, bombes-H incluses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Mattis avait le pouvoir d'ordonner le bombardement des sites de lancement nord-cor&#233;ens - c'est-&#224;-dire de d&#233;clencher une escalade qui pourrait conduire &#224; une guerre nucl&#233;aire - sans l'approbation du Congr&#232;s, ni m&#234;me de Trump. Bien que cela ait &#233;t&#233; peu remarqu&#233; aux &#201;tats-Unis, Mattis a en fait approuv&#233; le tir d'un missile am&#233;ricain comme un avertissement apr&#232;s l'un des tests de missiles de la Cor&#233;e du Nord en juillet, mais seulement dans la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus grand risque, cependant, n'&#233;tait pas que les &#201;tats-Unis d&#233;clenchent expr&#232;s une guerre, mais que la situation devienne incontr&#244;lable en raison d'une erreur de calcul des deux c&#244;t&#233;s. Jeffrey Lewis, expert en contr&#244;le des armements, professeur &#224; l'Institut Middlebury d'&#233;tudes internationales de Monterey, &#233;tait tellement pr&#233;occup&#233; par cela qu'il a &#233;crit un roman imaginant comment cela pourrait arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lewis dit qu'il croit que Trump &#171; dans sa base est un l&#226;che. Il adorait parler dur. C'est quelqu'un qui croit qu'en intimidant, il peut obtenir ce qu'il veut. Mais ce n'est pas une personne qui risquera d&#233;lib&#233;r&#233;ment un &#233;change nucl&#233;aire. &#187; Cependant, &#171; ne pas vouloir faire la guerre ne signifie pas n&#233;cessairement que vous n'aurez pas de guerre. Vous ne pouvez flirter avec la catastrophe que pour vous rendre compte que la situation est devenue incontr&#244;lable et que vous avez une v&#233;ritable catastrophe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela semblait particuli&#232;rement plausible au d&#233;but de 2018. Trump a tweet&#233; le 2 janvier : &#171; Moi aussi, j'ai un bouton nucl&#233;aire. Mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que celui de [Kim Jong-un], et mon bouton fonctionne ! &#187; Plusieurs semaines plus tard, comme le rapporte le livre Trump et ses g&#233;n&#233;raux de Peter Bergen, Trump a inform&#233; son personnel de s&#233;curit&#233; nationale qu'il souhaitait ordonner l'&#233;vacuation de tous les civils am&#233;ricains de Cor&#233;e du Sud. Un responsable a d&#233;clar&#233; &#224; Trump : &#171; Eh bien, monsieur, si vous essayez de signaler que vous &#234;tes pr&#234;t &#224; frapper et &#224; d&#233;clencher une guerre&#8230; c'est bien la fa&#231;on de le faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump leur a n&#233;anmoins ordonn&#233; d'aller de l'avant - mais semble ensuite l'avoir oubli&#233;. Mais si cela s'&#233;tait produit, le r&#233;gime nord-cor&#233;en aurait re&#231;u le signal haut et fort. Et comme le dit Lewis, &#171; Ils ne savent peut-&#234;tre pas que Trump est un l&#226;che. &#187; Il est facile d'imaginer des situations dans lesquelles les dirigeants nord-cor&#233;ens auraient cru qu'ils devaient pr&#233;venir une attaque des &#201;tats-Unis, que Trump en ait en fait pr&#233;par&#233; une ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand on met tout cela ensemble, on comprend de nombreuses personnalit&#233;s politiques de premier plan pensaient que le risque de guerre extr&#234;mement &#233;lev&#233;. Le s&#233;nateur r&#233;publicain Lindsey Graham de Caroline du Sud, un confident constant de Trump, a d&#233;clar&#233; qu'il avait exist&#233; 30% de chances que les &#201;tats-Unis entament une guerre avec la Cor&#233;e du Nord. L'amiral &#224; la retraite James Stavridis, qui dirigeait autrefois l'OTAN, estimait les chances d'une guerre nucl&#233;aire &#224; 10%, avec 20 &#224; 30% de chances suppl&#233;mentaires d'une guerre conventionnelle qui aurait tu&#233; plus d'un million de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, John Brennan, chef de la CIA sous le pr&#233;sident Barack Obama, a d&#233;clar&#233; que la probabilit&#233; d'une guerre &#233;tait de 20 &#224; 25%. Joel Wit, un des meilleurs experts universitaires de la Cor&#233;e du Nord, a d&#233;clar&#233; que c'&#233;tait 40%. Richard Haass, pr&#233;sident du Council on Foreign Relations, a estim&#233; que c'&#233;tait 50%. Le Bulletin des scientifiques atomiques a r&#233;gl&#233; sa c&#233;l&#232;bre horloge de la fin du monde entre deux minutes et minuit, aussi proche qu'elle l'avait jamais &#233;t&#233;, cela en grande partie gr&#226;ce &#224; la crise nord-cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, tout ela &#233;tait essentiellement inconnu des citoyens ordinaires. Comme l'&#233;crivait le journaliste Bob Woodward dans son livre Rage, &#171; le peuple am&#233;ricain n'avait gu&#232;re id&#233;e &#187; que cette p&#233;riode &#171; avait &#233;t&#233; si dangereuse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la raison en est simple : l'establishment am&#233;ricain de la politique &#233;trang&#232;re n'a tout simplement communiqu&#233; aucun sentiment d'alarme clair par rapport &#224; ce qui se passait parce qu'il ne semblait pas alarm&#233;. Graham lui-m&#234;me a dit qu'il y aurait de lourdes pertes, mais &#171; s'il devait y avoir une guerre&#8230; ce sera l&#224;-bas. &#8230; On ne mourra pas ici. &#187; Le s&#233;nateur Jim Risch, s&#233;nateur r&#233;publicain de l'Idaho, a d&#233;clar&#233; &#224; un public en Allemagne que Trump se pr&#233;parait &#224; d&#233;clencher &#171; l'un des pires &#233;v&#233;nements catastrophiques de l'histoire de notre civilisation. Ce sera tr&#232;s, tr&#232;s bref. Cela causera des pertes massives que la plan&#232;te n'a jamais vues. Ce sera des proportions bibliques. &#187; Mais il n'avait aucune proposition pour l'emp&#234;cher et il ne semblait m&#234;me pas croire que c'&#233;tait une mauvaise id&#233;e. Quelques mandarins murmuraient de la d&#233;sapprobation, mais pas &#224; un niveau de volume qu'on pouvait entendre. D'autres sont rest&#233;s discr&#232;tement silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, bien s&#251;r, Trump a fait un volte-face, franchissant une &#233;tape historique avec la Cor&#233;e du Nord, d&#233;clarant finalement que lui et Kim Jong-un &#233;taient &#171; tomb&#233;s amoureux &#187;. Trump n'a obtenu aucun d&#233;sarmement de la Cor&#233;e du Nord, mais cela est beaucoup moins important que le fait qu'il n'a pas tu&#233; des millions de personnes, accidentellement ou expr&#232;s. Et comme le dit Jessica Lee, experte en Asie au Quincy Institute for Responsible Statecraft, il y avait une bonne chose dans cette affaire de de Trump et de la Cor&#233;e du Nord : Trump a certainement &#171; accru &#224; la fois la visibilit&#233; de la Cor&#233;e du Nord en tant que question urgente et le soutien du public am&#233;ricain pour une r&#233;solution pacifique sur laquelle l'administration Biden peut d&#233;sormais s'appuyer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons donc maintenant revenir au risque normal de guerre nucl&#233;aire - d&#233;j&#224; tr&#232;s &#233;lev&#233; - et &#234;tre tout simplement contents que Trump soit parti. Alors que Trump &#233;tait au milieu de sa diplomatie bizarre avec Kim Jong-un, il a dit quelque chose d'hilarant sans le comprendre : &#171; En ce qui concerne le risque d'avoir affaire &#224; un fou, c'est son probl&#232;me, pas le mien. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les experts.es en s&#233;curit&#233; nationale tirent parti de la peur de la COVID19 et exposent ainsi leur manque de pertinence</title>
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Le 2 octobre dernier &#224; 12 h 54, le Pr&#233;sident Trump annonce qu'il a &#233;t&#233; test&#233; positif &#224; la COVID-19. L'establishment de la s&#233;curit&#233; nationale en est tout remu&#233;. &#192; 7 h 30, le lendemain matin, Nicholas Burns, qui a servi dans les administrations de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton45204-25ecf.jpg?1781168253' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus de 210,000 personnes aux &#201;tats-Unis sont d&#233;c&#233;d&#233;es durant cette pand&#233;mie. Les &#171; experts.es &#187; habituels.les en s&#233;curit&#233; nationale ont peu fait pour nous mettre en garde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jon Schwarz, The Intercept, 10 octobre 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction : Alexandra Cyr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 octobre dernier &#224; 12 h 54, le Pr&#233;sident Trump annonce qu'il a &#233;t&#233; test&#233; positif &#224; la COVID-19. L'establishment de la s&#233;curit&#233; nationale en est tout remu&#233;. &#192; 7 h 30, le lendemain matin, Nicholas Burns, qui a servi dans les administrations de B. Clinton et G.W. Bush et sert maintenant de conseiller au candidat J. Biden, &#171; twittait &#187; : &#171; &lt;i&gt;Alors que le Pr&#233;sident est malade, au beau milieu d'une campagne &#233;lectorale clivante, nous ne devrions pas mettre de c&#244;t&#233; la possibilit&#233; que la Chine fasse pression sur Ta&#239;wan ou que la Russie cherche &#224; prendre avantage en Europe de l'est &#187;. Plus t&#244;t en apr&#232;s-midi, la magazine Foreign Policy posait la question : &#171; Est-ce que la maladie COVID-19 de D. Trump met en danger la s&#233;curit&#233; nationale am&#233;ricaine ? &lt;/i&gt; &#187; Peu apr&#232;s, Stephen Hadley, qui a &#233;t&#233; conseiller du Pr&#233;sident Bush en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; nationale, se lamentait : &#171; il se peut que certains de nos adversaires pensent que les &#201;tats-Unis peuvent se laisser distraire (de leurs t&#226;ches et engagements) ce qui permettrait &#224; ces adversaires d'en profiter avantageusement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve &#224; Washington D.C. une collection extraordinaire d'experts.es de la sorte. Certains.es travaillent pour des groupes de r&#233;flexion financ&#233;s par de grandes corporations du secteur de la d&#233;fense. D'autres sont des chroniqueurs.euses dans des journaux qui vendent tr&#232;s cher des publicit&#233;s aux entreprises du secteur de la d&#233;fense. Enfin, un certain nombre travaillent pour l'ex&#233;cutif du gouvernement, nomm&#233;Es &#224; leur poste par des pr&#233;sidents financ&#233;s par les grandes entreprises de ce secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; experts.es &#187; ont gagn&#233; de plus en plus de pouvoir depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale pour en arriver &#224; ce moment-ci &#224; dominer les politiques am&#233;ricaines avec d'horribles avertissements sans fin &#224; propos des terribles dangers auxquels nous faisons face. Ce fut d'abord l'Union sovi&#233;tique, puis la Chine, ensuite le Vietnam pour passer au terrorisme de l'Iran et de Saddam Hussein. Et toujours, la terreur venant de la Cor&#233;e du nord et de la Russie. La r&#233;ponse unique &#224; tous ces maux a toujours &#233;t&#233; : plus d'argent pour les entreprises du secteur de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, depuis six mois, alors que le Coronavirus explose &#224; travers le pays, ceux et celles qui r&#233;fl&#233;chissent sur la politique &#233;trang&#232;re vivent une nouvelle exp&#233;rience : leur manque de pertinence. La COVID-19 a tu&#233; 210,000 personnes dans nos entourages. C'est plus que le total des mortalit&#233;s dues aux guerres du Vietnam, de la Cor&#233;e, de l'Iraq et de l'Afghanistan r&#233;unies. R&#233;cemment, le Dr A. Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, nous pr&#233;venait : &#171; &lt;i&gt; ce nombre pourrait atteindre 400,000 si nous ne prenons pas les mesures n&#233;cessaires cet automne et l'hiver prochain&lt;/i&gt; &#187;. C'est autant d'Am&#233;ricains.es que ceux et celles d&#233;c&#233;d&#233;s.es durant la deuxi&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stephen Wertheim, co-fondateur du groupe de r&#233;flexion anti-interventionniste Quincy Institute for Responsible Statecraft et auteur de l'ouvrage : Tomorrow, the World : The Birth of U.S. Global Supremacy, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt; Le danger pour notre s&#233;curit&#233; nationale est arriv&#233; sur nos c&#244;tes ; c'est le virus&lt;/i&gt; &#187;. Mais on ne peut dire qu'au cours des six derniers mois, les expets.es traditionnels.les de la s&#233;curit&#233; nationale aient &#233;t&#233; souvent invit&#233;s dans les m&#233;dias &#233;crits ou parl&#233;s. Tout au long de cette p&#233;riode, leurs propos ont &#233;t&#233; &#171; &#224; c&#244;t&#233; de la plaque &#187; en regard de la menace actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic de D. Trump leur laisse un peu de r&#233;pit. C'&#233;tait le moment de rompre avec leur attitude olympienne et de se mettre &#224; entonner &#224; nouveau leur vieille chanson bien connue. S. Wertheim explique : &#171; &lt;i&gt; Les commentateurs.trices ne s'attachent qu'&#224; une seule pathologie am&#233;ricaine. Et il semble qu'aucun &#233;v&#233;nement qui apparaisse dans le monde ne puisse les emp&#234;cher d'argumenter encore et encore que les forces arm&#233;es du pays devraient en faire plus et qu'on devrait augmenter leurs budgets en cons&#233;quence &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de la population pense peut-&#234;tre que le pire danger est confirm&#233; lorsque les deux tiers du personnel de l'administration Trump entrent en quarantaine, donnant ainsi la preuve qu'elle a &#233;t&#233; absolument incomp&#233;tente &#224; affronter le terrible virus. Toute personne normale et sens&#233;e se pr&#233;occupe davantage de probl&#232;mes concrets, tels l'acc&#232;s aux tests ou encore s'il est s&#233;curitaire d'envoyer les enfants &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les &#171; experts.es &#187; de la s&#233;curit&#233; nationale pensent que nous devrions nous concentrer sur des menaces informes venant d'ennemis cach&#233;s loin dans le brouillard. Pourquoi D. Trump devait-il parader hors de l'h&#244;pital Walter Reed ? &#171; &lt;i&gt;Parce que les perceptions comptent. Il faut montrer de la force et de la r&#233;silience, c'est crucial pour le public am&#233;ricain, mais aussi pour ceux et celles qui nous surveillent &#224; l'&#233;tranger &lt;/i&gt; &#187; d&#233;clare un haut fonctionnaire anonyme. Ceux et celles qui &#233;taient l&#224; pr&#234;ts.es &#224; sauter dans la m&#234;l&#233;e ont &#233;t&#233; intimid&#233;s.es par l'habilet&#233; de D. Trump se promenant dans un v&#233;hicule s&#233;curis&#233;, en exhalant tout pr&#232;s des agents.es des Services secrets qui l'accompagnaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 1953, le Pr&#233;sident D.D. Eisenhower faisait son c&#233;l&#232;bre discours d&#233;sign&#233; depuis comme &#171; le discours de la croix de fer &#187;. Il allait quitter son poste et, en plus de mettre en garde contre le complexe militaro-industriel, il a prononc&#233; ces fameux mots : &#171; &lt;i&gt; Chaque fusil que nous fabriquons, chaque bateau de guerre que nous mettons en service et chaque fus&#233;e que nous lan&#231;ons a un sens d&#233;finitif, celui d'ignorer ceux et celles qui ont faim et qui n'ont rien &#224; manger, ceux et celles qui ont froid et n'ont pas de v&#234;tements &#224; se mettre. Ce monde arm&#233; ne d&#233;pense pas que de l'argent. Il d&#233;pense la sueur des travailleurs.euses, le g&#233;nie des scientifiques et l'espoir des enfants. Le co&#251;t d'un seul de ces lourds bombardiers modernes suffirait pour construire et &#233;quiper compl&#232;tement deux h&#244;pitaux &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le monde a chang&#233; depuis cette &#233;poque. Actuellement, les fameux projets de F-35 du Pentagone co&#251;teront un total de 1,500 mille milliards de dollars. Le gouvernement envisage d'en acheter 2 500 au co&#251;t de 600 millions chacun environ &#224; la compagnie Lockheed-Martin. Au prix d'aujourd'hui cette somme repr&#233;sente six h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les experts.es de la s&#233;curit&#233; nationale ont compl&#232;tement mis de c&#244;t&#233; ces aveuglements dont parlait D.D. Eisenhower il y a des d&#233;cennies. Ce dont nous avons d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin maintenant, ce sont des h&#244;pitaux, de la nourriture et le g&#233;nie des Am&#233;ricains.es. On peut comprendre leur peur que nous nous en soyons rendu compte et que leur besoin de revenir &#224; la normale soit si d&#233;sesp&#233;r&#233; : le hold-up doit se poursuivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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