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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Mark Carney met &#224; nu les griffes du capitalisme, habituellement dissimul&#233;es</title>
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		<dc:date>2026-05-26T08:31:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Harry Glasbeek</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-26</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'aborde cette question en tant qu'&#233;tudiant en droit et en r&#233;glementation de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail. Une comparaison s'impose alors que le gouvernement Carney poursuit avec enthousiasme son programme &#171; construisons, construisons sans rel&#226;che &#187;. Certaines hypoth&#232;ses sont communes &#224; l'agenda capitaliste dans son ensemble. Ces hypoth&#232;ses facilitent la l&#233;gitimation de l'exploitation des personnes et de leur environnement. Elles font passer cette rapacit&#233; pour quelque chose de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH149/capture_d_e_cran_le_2026-05-25_a_19.26_37-8f441.png?1781037801' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'aborde cette question en tant qu'&#233;tudiant en droit et en r&#233;glementation de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail. Une comparaison s'impose alors que le gouvernement Carney poursuit avec enthousiasme son programme &#171; construisons, construisons sans rel&#226;che &#187;. Certaines hypoth&#232;ses sont communes &#224; l'agenda capitaliste dans son ensemble. Ces hypoth&#232;ses facilitent la l&#233;gitimation de l'exploitation des personnes et de leur environnement. Elles font passer cette rapacit&#233; pour quelque chose de normal, d'incontestable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://canadiandimension.com/articles/view/mark-carney-exposes-the-usually-hidden-fangs-of-capitalism&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canadian dimension&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui s'est produit au fil du temps dans le domaine de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail. C'est l&#224; que la comparaison avec la course effr&#233;n&#233;e du gouvernement Carney pour servir les int&#233;r&#234;ts du capital en ramenant le temps en arri&#232;re vers notre pass&#233; extractiviste &#8212; voire en le ressuscitant et en le dopant aux st&#233;ro&#239;des &#8212; devient r&#233;v&#233;latrice. L'urgence du gouvernement Carney a fait sortir de l'ombre les pr&#233;suppos&#233;s qui naturalisent le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le massacre normalis&#233; des travailleurs et des travailleuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 avril est le jour que les personnes concern&#233;es r&#233;servent chaque ann&#233;e pour participer &#224; ce qui est d&#233;sormais un &#233;v&#233;nement international : la Journ&#233;e nationale de deuil. C'est un jour pour se souvenir de celleux qui ont &#233;t&#233; tu&#233;-es, gravement bless&#233;-es ou rendu-es malades au travail. La tristesse s'accompagne de l'espoir que le massacre sur les lieux de travail prendra fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien un massacre. &#192; l'&#233;chelle mondiale, l'OMS et l'OIT rapportent que, chaque ann&#233;e, 2,2 millions de travailleurs et de travailleurs meurent parce qu'elles et ils sont all&#233;-es travailler. Pour le dire de fa&#231;on plus dramatique, 6 000 travailleurs et travailleuses meurent chaque jour. Au Canada, environ 280 000 demandes d'indemnisation des accidents du travail sont enregistr&#233;es chaque ann&#233;e. Il pourrait y avoir bien plus de travailleurs et travailleuses ayant des demandes d'indemnisation valables : une &#233;tude r&#233;alis&#233;e en 2020 par le Centre de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; des travailleurs a r&#233;v&#233;l&#233; que jusqu'&#224; 64 % des blessures ne sont pas d&#233;clar&#233;es &#224; la commission d'indemnisation des accidents du travail. De nombreux &#233;l&#233;ments indiquent que certains employeurs s'emploient syst&#233;matiquement &#224; dissimuler ces demandes. De plus, certain-es travailleurs et travailleuses bless&#233;-es ou malades ne sont pas admissibles &#224; une indemnisation, car des arguments fallacieux permettent de les faire classer comme n'&#233;tant pas des employ&#233;-es. C'est g&#233;n&#233;ralement le cas des travailleurs et travailleuses des plateformes en ligne et dans le secteur du transport routier. Un autre facteur qui masque l'ampleur du probl&#232;me est le fait que les r&#233;gimes d'indemnisation des accidents du travail refusent souvent de reconna&#238;tre que le milieu de travail est une source de maladies qui ruinent la vie, g&#233;n&#233;rant des troubles psychiques et de sant&#233; mentale ainsi que des cancers. Le Dr Paul Demers, dans une &#233;tude r&#233;alis&#233;e pour la Soci&#233;t&#233; canadienne du cancer, a constat&#233; qu'il y a chaque ann&#233;e environ 10 000 cas de cancer au Canada attribuables &#224; l'exposition &#224; des substances canc&#233;rig&#232;nes pr&#233;sentes sur les lieux de travail. Les r&#233;gimes d'indemnisation des accidents du travail n'ont accord&#233; une indemnisation que dans 10 % des cas fond&#233;s sur des demandes li&#233;es &#224; la maladie. Une &#233;tude ult&#233;rieure a conduit la Soci&#233;t&#233; canadienne du cancer &#224; estimer qu'entre 1 610 et 5 152 Ontarien-nes sont d&#233;c&#233;d&#233;-es en 2023 d'un cancer li&#233; au travail. Une &#233;tude de l'Universit&#233; d'Ottawa estime le nombre annuel de d&#233;c&#232;s de travailleurs et travailleuses au Canada se situe entre 9 800 et 13 200, plut&#244;t que les 1 000 d&#233;c&#232;s attribuables au travail enregistr&#233;s par les donn&#233;es des commissions d'indemnisation des accidents du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un v&#233;ritable carnage, et nous savons qu'il ne cessera pas tant que les principes qui sous-tendent la r&#233;glementation en mati&#232;re de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; au travail n'auront pas &#233;t&#233; abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part des r&#233;gulateurs est que les propri&#233;taires des moyens de production peuvent faire ce qu'ils veulent de leur propri&#233;t&#233; priv&#233;e. En tant que soci&#233;t&#233;, nous nous engageons &#224; cr&#233;er un bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral en nous appuyant sur la production de biens et de services par le secteur priv&#233; dans un environnement concurrentiel. Comme ces propri&#233;taires priv&#233;s peuvent choisir de ne pas investir leur capital du tout, ou de l'investir ailleurs, les gouvernements se donnent beaucoup de mal pour les convaincre. &#171; Nous sommes ouverts aux affaires &#187;, disent-ils &#224; un riche apr&#232;s l'autre, de mani&#232;re plus ou moins subtile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos gouvernements sont reconnaissants lorsque les d&#233;tenteurs de capitaux les investissent. Ils les consid&#232;rent et les traitent comme des bienfaiteurs, comme des personnes bienveillantes et vertueuses. Nous leur accordons la pr&#233;somption d'innocence. Nous partons du principe qu'ils n'ont pas de mauvaises intentions et qu'ils doivent &#234;tre libres de choisir l'&#233;quipement et les mati&#232;res qu'ils souhaitent utiliser ainsi que les proc&#233;d&#233;s qu'ils souhaitent mettre en &#339;uvre. Ce sont l&#224; les d&#233;cisions qu'ils doivent prendre pour d&#233;terminer si leur investissement sera rentable. Ils sont les mieux plac&#233;s pour prendre ces d&#233;cisions et, comme ce sont des personnes vertueuses et bienveillantes, nous devons leur faire confiance. Si certaines pratiques entra&#238;nent des pr&#233;judices r&#233;p&#233;t&#233;s, elles peuvent donner lieu &#224; des restrictions. Des normes seront &#233;tablies et leur violation pourrait entra&#238;ner des sanctions. Apr&#232;s tout, en tant que bienfaiteurs vertueux, ils n'ont pas besoin d'&#234;tre punis comme s'ils &#233;taient des acteurs malveillants. Un avertissement, une sanction mesur&#233;e et courtoise qui les incite &#224; s'am&#233;liorer, fera l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes principes justifient que, lors de l'&#233;tablissement des normes, les organismes de r&#233;glementation consultent les propri&#233;taires des moyens de production. Les organismes de r&#233;glementation partent du principe que les normes fix&#233;es doivent &#234;tre &#171; raisonnablement applicables &#187; du point de vue des investisseurs. Cela signifie que les co&#251;ts calculables de la r&#233;glementation pour les employeurs doivent &#234;tre mis en balance avec la probabilit&#233; et la gravit&#233; du pr&#233;judice subi par les travailleurs si un risque li&#233; aux activit&#233;s de production venait &#224; se concr&#233;tiser. &#192; premi&#232;re vue, il s'agit d'une mise en balance de pr&#233;judices tr&#232;s distincts : l'argent contre la sant&#233;. De plus, les co&#251;ts des mesures de pr&#233;caution peuvent &#234;tre calcul&#233;s avec certitude. Ce n'est pas le cas de la fr&#233;quence et de la nature des blessures physiques et psychiques. C'est une formule difficile &#224; mettre en &#339;uvre. Les r&#233;gulateurs sollicitent l'aide des employeurs bienveillants. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Adam Smith nous l'a dit. Dans un ouvrage publi&#233; en 1776, il observait que toute proposition &#233;manant de la classe ais&#233;e provenait d'&#171; un ordre d'hommes&#8230; qui ont g&#233;n&#233;ralement int&#233;r&#234;t &#224; tromper et m&#234;me &#224; opprimer le public, et&#8230; l'ont, &#224; de nombreuses occasions, &#224; la fois tromp&#233; et opprim&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, les administrateurs de l'indemnisation des accidents du travail ont une r&#233;ticence tacite, mais palpable, &#224; d&#233;terminer le nombre de pr&#233;judices subis par les travailleurs et les travailleuses, de peur que cela ne remette en question les hypoth&#232;ses qui sous-tendent les r&#233;gimes de pr&#233;vention et de protection. Les organismes de r&#233;glementation ont tout int&#233;r&#234;t &#224; consid&#233;rer les risques concr&#233;tis&#233;s &#8212; c'est-&#224;-dire les blessures, les d&#233;c&#232;s et l'apparition de maladies &#8212; comme des accidents ne m&#233;ritant pas de sanctions s&#233;v&#232;res. Les employeurs ont tout loisir d'exag&#233;rer les co&#251;ts d'une r&#233;glementation et de minimiser la probabilit&#233; que les travailleurs subissent un pr&#233;judice en l'absence d'une telle r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, des cons&#233;quences horribles sont le r&#233;sultat in&#233;vitable d'hypoth&#232;ses qui ont &#233;t&#233; normalis&#233;es et qui, par cons&#233;quent, ne sont pas remises en question. Ces hypoth&#232;ses sont si ancr&#233;es que nous ne consid&#233;rons plus ces cons&#233;quences &#8212; que j'appelle un massacre des travailleurs et des travailleuses &#8212; autrement que comme un sacrifice n&#233;cessaire que l'on peut l&#233;gitimement demander aux travailleurs et travailleuses d'accomplir en tant que contribution au bien social. Comme l'a &#233;crit Richard Posner, universitaire et juge respect&#233; : &#171; Seul le fanatique refuse de troquer des vies contre des biens. &#187; Il n'y a pas grand-chose &#224; redire sur la r&#233;glementation en mati&#232;re de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; au travail ; on ne consid&#232;re pas que les capitalistes ont du sang sur les mains. Au contraire : ils produisent de la richesse et nous devrions leur en &#234;tre reconnaissants. Ces hypoth&#232;ses largement invisibles les ont, au fil du temps, blanchis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une invitation ouverte au capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m'am&#232;ne aux pr&#233;suppos&#233;s du gouvernement Carney dans sa construction d'un &#171; Canada fort &#187;. Il affirme s'engager &#224; s'appuyer sur le capital priv&#233; pour refaire ce pays. La difficult&#233; r&#233;side dans le fait que les capitalistes canadiens ne sont pas enclins &#224; investir au Canada. Selon certaines informations, les &#171; Maple Eight &#187;, les huit plus grands fonds de pension canadiens &#8212; qui tirent leurs ressources principalement des cotisations des travailleurs et des travailleuses&#8212;, ont investi plus de 50 % de leurs actifs aux &#201;tats-Unis et dans d'autres pays. Plus g&#233;n&#233;ralement, le Canada a investi un peu plus de 1 000 milliards de dollars de plus aux &#201;tats-Unis que ce que les &#201;tats-Unis ont investi au Canada. Le besoin pressant de capitaux a transform&#233; Carney, malgr&#233; son image sobre et rassurante, en notre mendiant en chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier ministre Carney a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; au public comme le leader id&#233;al en p&#233;riode de crise. L'administration Trump mena&#231;ait le Canada sur le plan &#233;conomique et, par cons&#233;quent, sa souverainet&#233; politique. Qui mieux qu'un banquier pouvait r&#233;sister &#224; cette pression ? Carney a men&#233; une carri&#232;re brillante en tant que banquier d'affaires, gouverneur de deux banques centrales et administrateur de grandes soci&#233;t&#233;s. Il sait de quoi il retourne et qui est qui. De plus, il pr&#233;tend avoir des opinions progressistes. D'ailleurs, il a &#233;crit un livre qui t&#233;moigne d'une compr&#233;hension fine du r&#244;le d&#233;l&#233;gitimant jou&#233; par les in&#233;galit&#233;s. Il &#233;voque la n&#233;cessit&#233; de veiller &#224; ce que celleux qui ne poss&#232;dent pas de richesse disposent d'un v&#233;ritable contre-pouvoir pour contrebalancer le pouvoir &#233;conomique et politique des capitaines d'industrie et de leurs banquiers. Il se montre pr&#233;occup&#233; par la d&#233;gradation de notre environnement et insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'une taxe sur le carbone et d'une solution fond&#233;e sur le march&#233;, &#224; savoir l'&#233;change de quotas d'&#233;missions. Puis il a remport&#233; les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose que Carney a faite a &#233;t&#233; de parcourir le monde pour supplier les gens qu'il conna&#238;t si bien d'investir au Canada, afin que le pays puisse se d&#233;velopper tout en d&#233;pendant moins des investissements et du commerce am&#233;ricains. C'est l'hypoth&#232;se selon laquelle le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral d&#233;pend des acteurs priv&#233;s qui a motiv&#233; ces exp&#233;ditions de sollicitation &#8212; et elles ont &#233;t&#233; nombreuses. Il s'est arm&#233; de tout un arsenal pour rendre ses plaidoyers plus convaincants. Il avait supprim&#233; la taxe sur le carbone et annul&#233; une l&#233;g&#232;re hausse de l'imp&#244;t sur les gains en capital. Puis il s'est d&#233;barrass&#233; d'une petite promesse g&#234;nante d'imposer une taxe sur les services num&#233;riques qui aurait touch&#233; de grandes soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines comme Amazon, Meta, Google, Apple, Uber et Airbnb. Et, comme pour s'assurer que les propri&#233;taires avides de richesse voient &#224; quel point le Canada est accueillant pour les capitaux, il a promis des coupes importantes dans la prestation des services publics, ce qui impliquerait de licencier beaucoup de gens. &#171; Nous sommes ouverts aux affaires &#187;, disait Carney &#224; ses contacts, sans grande subtilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a donn&#233; suite en mettant en &#339;uvre le projet de loi C-5, une mesure l&#233;gislative visant &#224; rationaliser (comprendre : supprimer) les pratiques r&#233;glementaires susceptibles de d&#233;courager les investisseurs. En cela, il s'alignait sur la Colombie-Britannique, l'Alberta, l'Ontario et le Qu&#233;bec, qui semblent tous supposer, tout comme Carney, que les co&#251;ts de la r&#233;glementation pour les investisseurs l'emportent sur les co&#251;ts des pr&#233;judices caus&#233;s par la d&#233;r&#233;glementation aux peuples autochtones, aux travailleurs et travailleuses et &#224; leur environnement physique et culturel. Partant de ce principe, des projets d'importance nationale seront d&#233;sign&#233;s et les investisseurs priv&#233;s se sentiront rassur&#233;s &#224; l'id&#233;e de ne plus &#234;tre confront&#233;s &#224; ce qui constituait auparavant un v&#233;ritable maquis de r&#233;glementations fastidieuses destin&#233;es &#224; prot&#233;ger les peuples autochtones, les travailleurs et travailleuses et l'environnement. Dans un document de travail publi&#233; par le gouvernement le 8 mai, on a promis que les projets soumis &#224; l'Agence d'&#233;valuation des impacts environnementaux du gouvernement devraient &#234;tre approuv&#233;s dans un d&#233;lai d'un an. Compte tenu de toutes les questions &#233;pineuses qui doivent &#234;tre r&#233;solues, c'est une vitesse fulgurante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous donner un avant-go&#251;t des projets nationaux privil&#233;gi&#233;s, on nous a assur&#233; que des pipelines et des mines seraient construits. Nous supposons &#8212; esp&#233;rons &#8212; que nous en faisons assez pour inciter les capitalistes &#224; y investir. Pourquoi, nous nous vantons-nous, avons-nous le taux d'imposition des soci&#233;t&#233;s le plus bas du G7 ? Ce que l'on ne dit pas, bien s&#251;r, c'est que nous percevons moins de recettes, ce qui nous oblige &#8211; ou plut&#244;t permet &#224; Carney &#8211; de r&#233;duire les services sociaux et les r&#233;gimes de prestations : pas de prolongation ni de renouvellement de l'assurance-m&#233;dicaments, pas de financement suppl&#233;mentaire pour les garderies, pas de renouvellement des fonds pour les provinces ayant des besoins annuels particuliers en mati&#232;re de soins de sant&#233;, et le licenciement de travailleuses et travailleurs du secteur public. Pour &#233;tayer cette affirmation selon laquelle nous sommes vraiment, vraiment ouverts aux affaires, que nous nous plions en quatre pour satisfaire le projet d'accumulation de capitalistes intransigeants, il a &#233;t&#233; annonc&#233; qu'en plus de l'adoption du projet de loi C-5, on pourrait m&#234;me cr&#233;er des &#171; zones &#233;conomiques sp&#233;ciales &#187; &#8212; calqu&#233;es sur les maquiladoras et les zones franches, qui sont loin d'&#234;tre vertueuses et qui bafouent les protections environnementales et celles des travailleurs &#8212; o&#249; les ministres pourraient supprimer toute restriction restante susceptible de contrarier les investisseurs. Les ministres doivent s'assurer que toute condition impos&#233;e &#224; un investisseur corporatif est &#171; techniquement et &#233;conomiquement &#187; faisable. Et comment cela sera-t-il calcul&#233; ? Vraisemblablement en demandant &#224; l'entreprise quel co&#251;t elle est pr&#234;te &#224; assumer. Cela vous semble familier, n'est-ce pas ? Les parall&#232;les avec le d&#233;sastre que constituent les r&#233;glementations en mati&#232;re de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; au travail sont &#233;vidents. Mais ici, on ne cache rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes c&#233;l&#232;brent ouvertement la volont&#233; du gouvernement Carney de d&#233;clarer que les exigences des entreprises dictent ses d&#233;cisions. Ils saluent le fait que ce gouvernement reconnaisse que la classe ouvri&#232;re et nos environnements physiques et culturels doivent supporter le poids des co&#251;ts de cette facilitation de la maximisation des profits. Tout est au grand jour. Le PDG de TC Energy a salu&#233; le document de travail du gouvernement au nom des entreprises : &#171; C'est le moment o&#249; nous passons du d&#233;bat &#224; l'action. Nous saluons l'annonce du gouvernement et son ouverture &#224; la collaboration. &#187; Puis vint une vague r&#233;f&#233;rence &#224; la n&#233;cessit&#233; de tenir compte des peuples autochtones et de l'environnement, tout en sachant pertinemment que les investisseurs seraient justement attir&#233;s par le fait que ces pr&#233;occupations seraient tr&#232;s peu prises en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du boom de la &#171; construction &#187; qu'il suscite, le gouvernement Carney a annonc&#233; qu'il mettrait sur pied un fonds souverain. Aucun d&#233;tail n'a &#233;t&#233; donn&#233; sur la fa&#231;on dont il sera constitu&#233; et g&#233;r&#233;. Mais tout porte &#224; croire que le gouvernement utilisera une combinaison de m&#233;thodes pour lever des fonds, en privatisant des actifs qu'il poss&#232;de &#8212; les a&#233;roports ont &#233;t&#233; mentionn&#233;s &#8212; et en empruntant. Le fonds devrait ensuite fournir des capitaux de d&#233;marrage pour des projets nationaux cibl&#233;s ; en d'autres termes, il est probable qu'il servira &#224; minimiser les risques pour les investisseurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe d'autres exemples de ce programme effront&#233;ment pro-capitaliste du gouvernement Carney. Mais ceux-ci devraient suffire &#224; montrer clairement qu'il fonctionne selon les m&#234;mes principes que les organismes de r&#233;glementation de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail. Les administrateurs de ces entreprises priv&#233;es mises en place par le gouvernement sont dissuad&#233;s de chercher &#224; savoir quels pr&#233;judices subissent les Autochtones, les travailleurs et travailleuses et l'environnement. Ils sont au contraire incit&#233;s &#224; traiter les risques concrets &#8212; tels que les obligations non pay&#233;es envers les peuples autochtones et les travailleurs et travailleurs, ou les co&#251;ts de la remise en &#233;tat de l'environnement &#8212; comme des accidents, qui ne m&#233;ritent pas de sanctions s&#233;rieuses. On donne aux investisseurs potentiels toutes les occasions d'exag&#233;rer les co&#251;ts d'une r&#233;glementation et de minimiser la probabilit&#233; que, en l'absence de r&#233;glementation, les peuples autochtones, les travailleurs et travailleuses et l'environnement subissent des pr&#233;judices importants, ce qui conduit &#224; une faible attente en mati&#232;re de souci du bien-&#234;tre d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toutefois une diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces man&#339;uvres du gouvernement Carney, il n'y a pas d'ambigu&#239;t&#233;. Ils proclament haut et fort, sans vergogne, voire avec fiert&#233;, leur adh&#233;sion &#224; ces principes pro-capitalistes. Ils montrent clairement qu'ils veulent assouvir l'app&#233;tit de maximisation des profits au d&#233;triment de tout le reste. Peut-&#234;tre aurions-nous d&#251; pr&#234;ter davantage attention au titre que Carney a donn&#233; &#224; son livre qu'&#224; son contenu. Il s'intitulait Value(s) &#8212; avec pour sous-titre &#171; B&#226;tir un monde meilleur pour tous &#187;. C'est astucieux, &#224; l'image de l'auteur. Cela signifie que nous partageons des valeurs, vraisemblablement de nature compatissante et progressiste, respectueuses de la communaut&#233;, et qu'elles ne peuvent &#234;tre atteintes qu'apr&#232;s avoir cr&#233;&#233; de la valeur mon&#233;taire. Et dans le monde des banquiers de Carney et de Davos, la meilleure fa&#231;on de cr&#233;er de la valeur est de laisser libre cours aux instincts primaires des capitalistes. Peut-&#234;tre nous occuperons-nous des perdant-es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Carney a rendu tout cela aussi &#233;vident que possible. Les hypoth&#232;ses qui normalisent le capitalisme au d&#233;triment de tout le reste impr&#232;gnent toutes nos sph&#232;res d'activit&#233;, et elles r&#233;ussissent le plus souvent parce qu'elles sont devenues ancr&#233;es, cach&#233;es et normalis&#233;es. Le programme de Carney les met en &#233;vidence de mani&#232;re frappante. Nous les ignorons &#224; nos risques et p&#233;rils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les menaces de Trump, les d&#233;fis du Canada</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-menaces-de-Trump-les-defis-du-Canada</link>
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		<dc:date>2025-03-18T07:42:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Harry Glasbeek</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-03-18</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ancien Premier ministre canadien Pierre Trudeau a dit un jour que la relation entre le Canada et les &#201;tats-Unis ressemblait &#224; une souris qui dormait avec un &#233;l&#233;phant : &#171; &#034;Peu importe &#224; quel point la b&#234;te est amicale et d'humeur &#233;gale, si je peux l'appeler ainsi, on est affect&#233; par chaque tressaillement et chaque grognement. &#187; - Citation de Jonathan Malloy, Inside Story , 13 juillet, 2018. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 f&#233;vrier 2025 / tir&#233; de Socialist Project (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-64-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/menaces_americaines_contre_le_canada-1f1b3.png?1781236628' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ancien Premier ministre canadien Pierre Trudeau a dit un jour que la relation entre le Canada et les &#201;tats-Unis ressemblait &#224; une souris qui dormait avec un &#233;l&#233;phant : &#171; &#034;Peu importe &#224; quel point la b&#234;te est amicale et d'humeur &#233;gale, si je peux l'appeler ainsi, on est affect&#233; par chaque tressaillement et chaque grognement. &#187; - Citation de Jonathan Malloy, &lt;a href='https://www.pressegauche.org/Jonathan Malloy, Inside Story , 13 juillet, 2018.'&gt;Inside Story&lt;/a&gt; , 13 juillet, 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 f&#233;vrier 2025 / tir&#233; de Socialist Project&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://socialistproject.ca/2025/02/trumps-threats-canadian-challenges/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://socialistproject.ca/2025/02/trumps-threats-canadian-challenges/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump a sonn&#233; la charge : le Canada devrait &#234;tre le 51e &#201;tat, peut-&#234;tre pourrait-il l'annexer l&#233;galement, le tenir certainement responsable de ses &#233;checs en tant que garde-fronti&#232;res, pour permettre aux personnes ind&#233;sirables de se pr&#233;cipiter aux &#201;tats-Unis et de permettre aux nantis de fournir un important march&#233; de la consommation aux &#201;tats-Unis. Plus encore, Trump a &#034;Trump a affirm&#233; que les d&#233;penses du Canada pour son arm&#233;e forcent les &#201;tats-Unis, en tant que d&#233;fenseur de tout ce qui est bon et sacr&#233;, &#224; supporter un fardeau injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a pouss&#233; toutes sortes de Canadien-nes &#224; se concentrer sur certaines v&#233;rit&#233;s. Pas de nouvelles v&#233;rit&#233;s, bien s&#251;r. Les Canadien-nes sont conscients du fait qu'&#233;conomiquement, ils ont toujours &#233;t&#233; &#233;troitement int&#233;gr&#233;s aux march&#233;s am&#233;ricains, une r&#233;alit&#233; qui s'est encore renforc&#233;e apr&#232;s la conclusion de l'ALENA (Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain), accords contre lesquels les nationalistes se sont battus bec et ongles, une opposition qui s'&#233;tait estomp&#233;e en 2020, lorsque la ren&#233;gociation de ces accords commerciaux a conduit &#224; leur remplacement par l'ACEUM (Accord Canada-&#201;tats-Unis-Mexique). Les Canadien-s ont toujours compris qu'ils sont le partenaire junior dans bon nombre de ces relations et que, trop souvent, le terme &#171; partenaire &#187; embellit la r&#233;alit&#233;. Ils sont conscients du fait que cet enchev&#234;trement &#233;conomique et cette subordination rendent tr&#232;s difficile pour le Canada d'agir en tant que pays politiquement souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Inqui&#233;tudes du Canada&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces inqui&#233;tudes toujours pr&#233;sentes ont &#233;t&#233; raviv&#233;es par Trump. Les Canadien-nes fiers veulent &#233;viter une &#233;rosion accrue de leur ind&#233;pendance. Ils cherchent des compromis, un adoucissement face &#224; l'assaut brutal des &#201;tats-Unis. Beaucoup soulignent l'absence de preuves &#224; l'appui des affirmations de Trump selon lesquelles les soi-disant &#233;checs du Canada ont un impact n&#233;gatif significatif sur les &#201;tats-Unis (comme le fait de signaler que la quantit&#233; de fentanyl provenant du Canada est infime par rapport au volume de drogue de contrebande). D'autres le critiquent pour sa croyance erron&#233;e selon laquelle l'imposition de tarifs douaniers a un sens &#233;conomique et soulignent que cela nuira finalement aux &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes. D'autres encore rappellent aux &#201;tats-Unis &#224; quel point les Canadien-nes ont &#233;t&#233; de bons amis et alli&#233;s tout au long de l'histoire et que d'autres pays moins fiables, comme le Mexique, devraient &#234;tre la cible des tarifs (comme l'a soutenu le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford). Et nombreux sont ceux qui appellent &#224; des repr&#233;sailles calcul&#233;es et d&#233;battent de la meilleure fa&#231;on de r&#233;pondre, que ce soit par des contre-tarifs ou par des interdictions d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de conscience renouvel&#233;e du fait que le territoire que nous appelons le Canada n'a jamais r&#233;solu tous les obstacles &#224; son &#233;mancipation &#233;conomique et politique, et qu'il ne peut se permettre de sombrer davantage dans un statut de vassal, est &#224; saluer. M&#234;me si c'est l'affirmation arrogante par Trump de la puissance am&#233;ricaine, plut&#244;t qu'une introspection spontan&#233;e, qui a rappel&#233; aux Canadien-nes l'inach&#232;vement de leur projet d'&#233;tablir un pays v&#233;ritablement ind&#233;pendant et souverain, elle remet &#224; l'ordre du jour une lutte endormie. Cette lutte vise &#224; rejeter la logique des rapports de production capitalistes, l'accent mis sur le caract&#232;re sacro-saint de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, la libert&#233; des contrats individuels et l'id&#233;ologie qui les accompagne, celle de l'anti-collectivisme. C'est un combat pour d&#233;l&#233;gitimer le mantra selon lequel nos relations sociales devraient privil&#233;gier l'int&#233;r&#234;t personnel individuel comme moteur du bien-&#234;tre. Beaucoup d'entre nous d&#233;fendent ces id&#233;es alternatives depuis longtemps, mais leurs efforts pour les concr&#233;tiser sur le territoire que nous appelons le Canada ont &#233;t&#233; att&#233;nu&#233;s, marginalis&#233;s, justement parce que nous avons &#233;t&#233; si profond&#233;ment int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#233;conomie et aux compr&#233;hensions politiques des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se D&#233;tacher des &#201;tats-Unis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Canadien-nes doivent oser envisager de prendre leurs distances &#8211; &#233;conomiquement, politiquement et socialement. Ils doivent commencer &#224; d&#233;coupler leur &#233;conomie de celle des &#201;tats-Unis. Ce n'est pas une mince affaire. Pour amorcer ce processus, ils doivent se convaincre mutuellement que l'id&#233;e politique selon laquelle le capitalisme est la seule voie pour assurer le bien-&#234;tre du plus grand nombre est non seulement fausse, mais aussi dangereuse, car elle est la principale raison pour laquelle les peuples du monde sont confront&#233;s &#224; une crise &#233;cologique d'une ampleur existentielle. En bref, nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; nous consid&#233;rer comme des abolitionnistes du capitalisme et des promoteurs du socialisme. Nous devons commencer par r&#233;imaginer notre syst&#232;me politique comme une entit&#233; distincte, n&#233;cessitant que ses principaux fondateurs &#8211; les peuples autochtones, les Qu&#233;b&#233;cois et les Anglo-Canadiens &#8211; parviennent &#224; un consensus fond&#233; sur une politique visant le bien commun de tous, tout en respectant l'autonomie relative de chaque groupe dans sa propre qu&#234;te de ce bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi impossible que cela puisse para&#238;tre, avec Trump ayant incit&#233; les gens &#224; agir, le moment doit &#234;tre saisi. Si ce n'est pas le cas, il est certain que Trump et ses successeurs obtiendront ce qu'ils veulent : plus de nos ressources, plus de notre complicit&#233; dans les projets imp&#233;rialistes, les guerres et le pillage des &#201;tats-Unis, une plus grande adh&#233;sion &#224; un syst&#232;me de relations sociales fond&#233; sur l'in&#233;galit&#233; croissante, la satisfaction de la cupidit&#233; et la destruction de l'environnement. Mais nous devons &#234;tre honn&#234;tes avec nous-m&#234;mes. Il existe de puissantes raisons pour lesquelles nombre d'entre nous pourraient ne pas vouloir saisir cette mince opportunit&#233; que cette crise provoqu&#233;e par Trump nous offre. Le chemin vers une soci&#233;t&#233; meilleure est sem&#233; d'emb&#251;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitablement, l'appel g&#233;n&#233;ral &#224; la r&#233;sistance, aux repr&#233;sailles, &#224; tenir t&#234;te au voisin oppresseur, s'inscrit dans le cadre s&#233;duisant du nationalisme et de la fiert&#233; patriotique. Les partis politiques traditionnels en profitent d&#233;j&#224; : ils se positionnent comme les v&#233;ritables leaders de la lutte nationaliste et patriotique. Cette posture sera renforc&#233;e alors que, par co&#239;ncidence, deux &#233;lections majeures approchent, durant lesquelles on peut s'attendre &#224; ce que chacun de ces partis mette en avant sa fermet&#233; dans l'obtention de concessions de la part de Trump, l'ennemi jur&#233; de tout ce qui fait du Canada un pays enviable. De nombreux Canadiens, r&#233;volt&#233;s par les &#201;tats-Unis, s'allieront &#224; l'un de ces partis dans l'espoir qu'ils tiennent certaines de leurs promesses. Ce qui risque de dispara&#238;tre rapidement de la vue, c'est le fait que tous ces partis et leurs alli&#233;s dans les m&#233;dias et les cercles d'opinion, et surtout la classe capitaliste canadienne elle-m&#234;me, ont &#233;t&#233; et semblent toujours d&#233;sireux d'&#234;tre int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#233;conomie am&#233;ricaine. En effet, nombre des d&#233;clarations de ces faiseurs d'opinion vantent les avantages d'un bloc &#233;conomique commun, dans lequel les tarifs douaniers ne jouent qu'un r&#244;le insignifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, tous ont accept&#233; les notions fondamentales de la primaut&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (demandez aux peuples autochtones) et d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'individualisme (demandez aux syndicats les difficult&#233;s &#224; promouvoir la collectivisation ou aux ONG les attaques toujours plus intenses contre le salaire social). En bref, lorsque ces partis traditionnels &#8211; et leurs partisans dans les m&#233;dias traditionnels, les cercles intellectuels et les grandes entreprises &#8211; exigent que les Canadien-nes se tournent vers eux pour servir d'avant-garde &#224; un mouvement de r&#233;sistance, ils ne sont pas susceptibles de remettre en question la logique de la pens&#233;e et de l'action imp&#233;rialistes am&#233;ricaines. Au mieux, ils se concentreront sur le retour des &#201;tats-Unis &#224; une position moins agressive, moins punitive dans leurs relations avec leurs partenaires subordonn&#233;s. Malheureusement, leur posture de nationalistes f&#233;roces peut rallier le soutien de nombreux Canadien-nes qui, pour le moment, sont suffisamment en col&#232;re pour envisager des r&#233;ponses plus radicales. Les puissances en place, celles qui nous ont pouss&#233;s &#224; occuper la position de d&#233;pendance que nous occupons dans le bloc &#233;conomique am&#233;ricain, sont susceptibles d'&#233;touffer tout mouvement en faveur de changements plus radicaux. Elles sont susceptibles de guider les revendications transformatrices de la classe ouvri&#232;re vers des ports plus s&#251;rs en obtenant quelques concessions, quelques compromis, ou du moins, en se battant dur pour les obtenir et, ce faisant, en consolidant la l&#233;gitimit&#233; d'un syst&#232;me de relations sociales qui permet &#224; une classe de dominer une autre. Nous devons &#234;tre conscients de ce danger et en att&#233;nuer l'impact en disant la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons clairement indiquer que les partis traditionnels et leurs alli&#233;s nous demandent de croire en quelque chose qui n'est pas vrai. Implicite dans l'id&#233;e que nous sommes tous sur la m&#234;me longueur d'onde lorsqu'il s'agit de consid&#233;rer le pays que nous appelons le Canada comme une entit&#233; souveraine est la notion erron&#233;e que notre pays est un lieu o&#249; pr&#233;vaut une sorte de coh&#233;sion sociale et politique. La classe sociale et notre histoire fondatrice disparaissent de notre champ de vision. Ces d&#233;fenseurs du statu quo affirment que, bien que des diff&#233;rences existent entre individus et groupes, il existe un ensemble solide de liens, sociaux/culturels/historiques et &#233;conomiques/politiques, qui nous unissent et soutiennent, de mani&#232;re globale, une uniformit&#233; d'objectifs et d'aspirations. C'est pourquoi ces forces politiques pr&#233;tendent qu'elles d&#233;fendent &#8211; et se battent pour &#8211; une forme concr&#232;te de nationalisme existant que l'on peut qualifier de distinct. Cela est manifestement faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois peuples distincts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Canadien-nes savent qu'il existe au moins trois peuples bien distincts occupant le territoire que nous appelons le Canada : les peuples autochtones, les Qu&#233;b&#233;cois-es et les Anglo-Canadiens. Au sein de chacun de ces groupes, on observe d'autres diff&#233;rences, mais, dans l'ensemble, il s'agit de groupes clairement distincts ayant des histoires et des cultures diff&#233;rentes. Ils occupent des positions distinctes et in&#233;gales en termes d'influence politique et &#233;conomique au sein de l'ensemble de la nation. Ces groupes vivent avec des tensions non r&#233;solues d&#233;coulant de leurs pass&#233;s et de leurs r&#233;alit&#233;s pr&#233;sentes. Il est illusoire de parler d'une identit&#233; canadienne unique ou d'un projet national canadien distinct dans l'&#233;tat actuel des choses. Ceux qui pr&#233;tendent d&#233;fendre le nationalisme canadien en ignorant cet ensemble fondamental de tensions nationales non r&#233;solues risquent d'adopter une position par d&#233;faut. Ils auront tendance &#224; argumenter et &#224; rechercher des r&#233;sultats qui correspondent &#224; ce qu'ils per&#231;oivent comme &#233;tant dans l'int&#233;r&#234;t du Canada. Cet int&#233;r&#234;t sera d&#233;fini en r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;partition actuelle du pouvoir &#233;conomique, politique et id&#233;ologique, une situation qui a maintenu les peuples autochtones et les Qu&#233;b&#233;cois avec beaucoup moins d'autonomie, beaucoup moins de contr&#244;le sur les mani&#232;res particuli&#232;res dont ils souhaiteraient vivre et, bien s&#251;r, la classe ouvri&#232;re sous la domination du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela indique qu'un des &#233;l&#233;ments constitutifs d'un mouvement cherchant &#224; exploiter l'intimidation inspir&#233;e par le ph&#233;nom&#232;ne MAGA pour formuler des revendications transformatrices pourrait bien &#234;tre la reconnaissance d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral o&#249; les groupes fondateurs jusqu'ici marginalis&#233;s obtiendraient beaucoup plus d'autonomie sur leurs propres affaires. La lutte contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain pourrait devoir inclure des efforts pour corriger les injustices historiques. Dans le langage de certains d&#233;fenseurs lors des d&#233;bats de Charlottetown [1992], le Canada deviendrait une entit&#233; beaucoup plus d&#233;mocratique s'il adoptait une constitution asym&#233;trique &#224; trois nations. Les difficult&#233;s li&#233;es &#224; l'ouverture de cette bo&#238;te de Pandore sont &#233;videntes. Mais les b&#233;n&#233;fices pourraient en valoir la peine. Une telle lutte permettrait de remettre en question la position dominante actuelle, largement soutenue par le capital anglo-canadien, selon laquelle le credo du march&#233; concurrentiel et d&#233;r&#233;gul&#233; fait partie int&#233;grante du pays que nous appelons le Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue culturel, le Qu&#233;bec a montr&#233; &#224; certaines occasions une pr&#233;f&#233;rence pour un mod&#232;le de gouvernance valorisant la coh&#233;sion des communaut&#233;s autour de valeurs communes h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. Les peuples autochtones, bien que d&#233;sormais beaucoup plus fragment&#233;s qu'autrefois, ont historiquement privil&#233;gi&#233; une prise de d&#233;cision fond&#233;e sur un consensus collectif. Ces deux approches de d&#233;part, bien qu'elles ne soient pas dominantes, rejettent le mod&#232;le pr&#233;f&#233;r&#233; des &#201;tats-Unis, profond&#233;ment ancr&#233; dans la pens&#233;e et les actions de la classe dirigeante et des &#233;lites politiques et id&#233;ologiques du Canada. Ces deux approches remettent en question la subordination de la classe ouvri&#232;re. Le renforcement d'id&#233;es et d'id&#233;aux contrast&#233;s, par des composantes nouvellement l&#233;gitim&#233;es de l'entit&#233; nationale, offrirait une base non seulement pour r&#233;sister, mais aussi pour rejeter la poursuite du mod&#232;le am&#233;ricain des relations capitalistes de production. Il serait alors plus facile d'accomplir ce qui doit &#234;tre fait, &#224; savoir &#233;chapper &#224; l'enchev&#234;trement &#233;conomique &#8211; et donc politique et id&#233;ologique &#8211; tiss&#233; par l'araign&#233;e en chef, Trump, ainsi que par ses pr&#233;d&#233;cesseurs et successeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;chappatoire ne sera pas facile. Elle exige de repenser la mani&#232;re dont nous allons assurer le bien-&#234;tre collectif et aborder des probl&#232;mes qui ne peuvent &#234;tre contenus par des fronti&#232;res, tels que les atteintes &#224; l'environnement, la mobilit&#233; financi&#232;re et les capacit&#233;s de l'intelligence artificielle. Bien qu'il n'existe pas de solutions &#233;videntes, il est imp&#233;ratif d'essayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer un Nouveau Canada&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons nous battre avec ardeur pour renforcer et enrichir l'&#233;conomie du soin. Nous devons prot&#233;ger nos ressources des capitalistes &#233;trangers et nationaux afin de b&#226;tir notre propre infrastructure respectueuse de l'environnement, pour offrir un abri &#224; tous ceux et celles qui en ont besoin. Nous devrons conqu&#233;rir le contr&#244;le des grandes industries. Nous devons accepter que les peuples autochtones aient le dernier mot quant &#224; l'utilisation des ressources de leurs terres ancestrales ; une simple consultation ne suffit pas. Nous devons restituer &#224; la sph&#232;re publique ce qui lui a &#233;t&#233; vol&#233; par la d&#233;r&#233;glementation, la privatisation et les mod&#232;les de partenariats public-priv&#233;. Nous devrons nous battre pour que les travailleurs et travailleuses contr&#244;lent les immenses fonds auxquels ils contribuent pour assurer leur propre s&#233;curit&#233;, mais qui sont actuellement g&#233;r&#233;s par des institutions financi&#232;res et des employeurs qui les utilisent pour servir leurs int&#233;r&#234;ts capitalistes, bien trop souvent au d&#233;triment des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette liste incompl&#232;te est d&#233;j&#224; intimidante, et bien d'autres enjeux restent &#224; traiter. Tout aussi complexe est la question de savoir comment rassembler une masse critique d'alli&#233;s et comment &#233;laborer des strat&#233;gies pour engager l'action face &#224; ces immenses d&#233;fis. C'est difficile, certes, mais ce qui est clair, c'est que l'angoisse suscit&#233;e par Trump, cette impression que nous n'avons plus aucun contr&#244;le sur rien, nous offre un moment o&#249; le grand public pourrait &#234;tre convaincu qu'un mouvement pour un changement radical a du sens. Nous devons tenter de saisir cette opportunit&#233;. Je ne dispose d'aucune &#233;p&#233;e pour trancher le n&#339;ud gordien des id&#233;es et pratiques dominantes, soutenues par la classe capitaliste canadienne et ses partisans, mais j'ai le sentiment que si nous nous contentons de suivre les partisans du compromis et de l'apaisement, nous nous retrouverons dans une situation encore pire, en tant que soci&#233;t&#233; et en tant que peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons r&#233;imaginer un Canada capable de produire des biens et des services r&#233;pondant aux besoins de la population. Nous devons rejeter la maximisation du profit comme moteur de production. Nous devons saisir cette opportunit&#233;, aussi mince soit-elle, non seulement pour att&#233;nuer les souffrances que Trump nous promet, mais aussi pour d&#233;montrer qu'il s'appuie sur un syst&#232;me qui a sap&#233; notre contr&#244;le sur nos vies, notre aspiration &#224; la d&#233;mocratie et au respect de tous, notre d&#233;sir de trouver un sens &#224; notre existence en servant l'ensemble de la soci&#233;t&#233; plut&#244;t que nos seuls int&#233;r&#234;ts individuels. Il est rare que les socialistes soient confront&#233;s &#224; une situation o&#249; les capitalistes r&#233;v&#232;lent avec une brutalit&#233; aussi flagrante leur indiff&#233;rence envers les &#234;tres humains. Le m&#233;pris grossier de Trump pour les subtilit&#233;s du d&#233;bat nous donne l'occasion de dire : &#171; Assez. Essayons quelque chose de nouveau, quelque chose d'humain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Harry Glasbeek est professeur &#233;m&#233;rite et chercheur principal &#224; la facult&#233; de droit Osgoode Hall de l'Universit&#233; York. Ses derniers livres sont &lt;a href=&#034;https://btlbooks.com/book/class-privilege&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Class Privilege : How law shelters shareholders and coddles capitalism&lt;/a&gt; (2017), the follow-up,&lt;a href=&#034;https://btlbooks.com/book/capitalism-a-crime-story&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Capitalism : a crime story&lt;/a&gt;(2018), and &lt;a href=&#034;https://socialistproject.ca/2025/02/trumps-threats-canadian-challenges/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Law at Work : The Coercion and Co-option of the Working Class&lt;/a&gt;(2024), publi&#233; par Between the Lines, Toronto.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de la lutte de classe du SCFP et de la Charte canadienne des droits et des libert&#233;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-propos-de-la-lutte-de-classe-du-SCFP-et-de-la-Charte-canadienne-des-droits-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-propos-de-la-lutte-de-classe-du-SCFP-et-de-la-Charte-canadienne-des-droits-et</guid>
		<dc:date>2022-11-22T08:02:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Harry Glasbeek</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pr&#233;misse &#233;conomique politique fondamentale au Canada est que, si tous les individus d&#233;cident eux-m&#234;mes comment d&#233;ployer leurs ressources et leurs talents, le meilleur usage sera fait de nos ressources et de nos talents combin&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; 8 novembre 2022 | tir&#233; de Canadian dimension &lt;br class='autobr' /&gt; La loi favorise donc l'autonomie et le choix individuels. Cependant, ce mod&#232;le de cr&#233;ation de richesse a un probl&#232;me intrins&#232;que : si les talents sont distribu&#233;s au hasard dans une population, les ressources ne le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-syndical-canadien-" rel="directory"&gt;Mouvement syndical canadien&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton54983-d7ff5.png?1781402725' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;misse &#233;conomique politique fondamentale au Canada est que, si tous les individus d&#233;cident eux-m&#234;mes comment d&#233;ployer leurs ressources et leurs talents, le meilleur usage sera fait de nos ressources et de nos talents combin&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 novembre 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://canadiandimension.com/articles/view/ford-cupe-class-struggle-and-the-charter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canadian dimension&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La loi favorise donc l'autonomie et le choix individuels. Cependant, ce mod&#232;le de cr&#233;ation de richesse a un probl&#232;me intrins&#232;que : si les talents sont distribu&#233;s au hasard dans une population, les ressources ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un tr&#232;s petit nombre de personnes poss&#232;dent la plupart des actifs. Ceux et celles qui ont des actifs, des richesses, ont un v&#233;ritable choix quant au moment, o&#249;, combien, et pour combien de temps ils et elles vont investir leur richesse pour avancer leurs propres int&#233;r&#234;ts. Et ils et elles ont le choix de ne pas l'investir du tout. Ils et elles peuvent survivre, tr&#232;s bien en fait, sans utiliser leur richesse pour produire des biens et des services dans le but d'accumuler plus de richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela leur donne du pouvoir lorsqu'ils et elles recherchent des travailleurs et des travailleuses qui ne poss&#232;dent pas de biens pour les soutenir et qui doivent donc investir, c'est-&#224;-dire vendre, leur seule ressource - leurs talents et leurs capacit&#233;s physiques et intellectuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est la raison pourquoi les travailleurs et les travailleuses s'organisent en syndicats. Cela leur permet de dire aux employeur.e.s qu'ils et elles ne leurs aideront pas &#224; accumuler plus de richesse &#224; moins qu'ils et elles ne donne pas de meilleures conditions aux travailleurs et travailleuses. Les travailleurs et les travailleuses ont besoin du droit de gr&#232;ve pour contrebalancer le pouvoir de la classe capitaliste. Le pouvoir des capitalistes d&#233;pend de leur droit incontest&#233; de retenir leur capital, c'est-&#224;-dire le droit incontest&#233; des capitalistes de faire gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le droit de gr&#232;ve des travailleurs et des travailleuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il a fallu beaucoup de temps &#224; la classe ouvri&#232;re pour obtenir un droit l&#233;gal de gr&#232;ve tr&#232;s limit&#233;. La loi est fermement du c&#244;t&#233; des employeur.e.s. La common law, &#233;labor&#233;e et appliqu&#233;e par les juges, est con&#231;ue (1) pour prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, (2) pour propager et faire respecter l'id&#233;ologie de la souverainet&#233; de l'individu et pour d&#233;valoriser le collectivisme, et (3) pour ancrer le principe selon lequel un accord solennel conclu entre des individus &#233;gaux en droits - mais in&#233;gaux dans les faits - doit &#234;tre appliqu&#233; tel quel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Guid&#233;s par ces principes, les tribunaux ont rejet&#233; le collectivisme et ont impos&#233; des contrats in&#233;quitables entre des employeur.e.s individuel.le.s et des travailleurs et travailleuses individuel.le.s. Ils ont trait&#233; les tentatives de syndicalisation comme un comportement antisocial vicieux qu'il faut supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les travailleurs et les travailleuses se sont battu.e.s pour l'all&#232;gement de cette oppression l&#233;gale brutale. Chaque fois qu'ils et elles ont obtenu un sursis, les tribunaux ont trouv&#233; des failles dans la l&#233;gislation qui devait prot&#233;ger les travailleurs et travailleuses et ils ont aid&#233; les employeur.e.s &#224; &#233;viter l'impact de la syndicalisation. Les syndicats et les travailleurs et travailleuses ont &#233;t&#233; puni.e.s et leur &#233;lan arr&#234;t&#233;. Il leur a fallu pousser les l&#233;gislateur.e.s &#224; combler les lacunes trouv&#233;es par le syst&#232;me judiciaire, qui est favorable au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce n'est qu'en 1944, dix ans apr&#232;s les &#201;tats-Unis, pays suppos&#233;ment plus r&#233;actionnaire que le Canada, que nos assembl&#233;es l&#233;gislatives canadiennes ont accord&#233; aux syndicats une l&#233;gitimit&#233; limit&#233;e et certains droits circonscrits de gr&#232;ve. Ce n'&#233;tait qu'en 2015 que notre Cour supr&#234;me a d&#233;clar&#233; que la n&#233;gociation collective comprenait un droit de gr&#232;ve. Mais ce droit ne signifie pas que les travailleurs et les travailleuses peuvent se mettre en gr&#232;ve quand quelque chose les ennuie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien qu'il y ait eu quelques modifications, le droit de gr&#232;ve fondamental des syndicats est fond&#233; sur l'id&#233;e qu'un syndicat peut n&#233;gocier et organiser une gr&#232;ve pour les travailleurs et les travailleuses employ&#233;.e.s par un.e m&#234;me employeur.e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le r&#233;gime l&#233;gal limite essentiellement la n&#233;gociation collective &#224; la n&#233;gociation employeur.e. par employeur.e. Le droit de gr&#232;ve l&#233;galis&#233; est, en principe, limit&#233; &#224; l'obtention de conditions d'emploi pour un nombre d&#233;termin&#233; d'employ&#233;s sur un seul lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les travailleurs et les travailleuses n'ont pas le droit d'utiliser leur pouvoir collectif pour forcer un.e employeur.e intransigeant.e &#224; reconna&#238;tre et &#224; traiter avec le syndicat qu'ils et elles ont choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les travailleurs et les travailleuses ne peuvent pas utiliser leur pouvoir collectif pour aider d'autres personnes vuln&#233;rables qui sont opprim&#233;es socialement, politiquement et &#233;conomiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les travailleurs et les travailleuses repr&#233;sent&#233;.e.s par un syndicat reconnu ne peuvent utiliser leur pouvoir de gr&#232;ve lorsqu'ils et elles croient que l'employeur.e. interpr&#232;te et appliquent mal les conditions existantes ou les termes d'une convention collective existante, m&#234;me si ce pouvoir collectif a &#233;t&#233; utilis&#233; pour obtenir ces termes et ces conditions en premier lieu. Ils et elles doivent soumettre leur diff&#233;rend &#224; un processus d'arbitrage lent, co&#251;teux, et formalis&#233; qui accapare une grande partie des ressources d'un syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce qui est plus, le syndicat est tenu d'aider les employeur.e.s &#224; &#233;duquer les travailleurs et les travailleuses sur la fa&#231;on de se comporter : on attend des syndicats qu'ils &#233;crasent tout rejet spontan&#233; des travailleurs et des travailleuses des pratiques patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, les syndicats font en fait partie int&#233;grante du r&#233;gime de discipline et de punition. En fin de compte, ils ne peuvent utiliser le droit de gr&#232;ve que lors de la n&#233;gociation d'une convention, et cela seulement apr&#232;s avoir rencontr&#233; une s&#233;rie de retards, d'avis et de votes consid&#233;rables, qui donnent tous aux employeur.e.s le temps et l'opportunit&#233; de se pr&#233;parer et de planifier de mani&#232;re &#224; &#233;mousser l'utilisation de l'arme de frappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrastons cela avec les droits des propri&#233;taires du capital. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le respect de la propri&#233;t&#233; des capitaux investis conduit la loi &#224; prot&#233;ger le pouvoir manag&#233;rial des employeur.e.s. Ils et elles peuvent exercer leur pouvoir discr&#233;tionnaire sur la fa&#231;on d'appliquer les termes et les conditions d'une convention collective existante. Il peut &#234;tre &#233;tabli finalement qu'ils ou elles ont outrepass&#233; leurs droits en vertu du contrat. Mais jusqu'&#224; cette d&#233;cision, ils et elles sont libres d'exercer leurs pouvoirs de gestion r&#233;siduels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et les employeur.e.s peuvent, tout comme les travailleurs et les travailleuses individuel.le.s, toujours retirer leurs biens investis ou refuser de continuer &#224; investir. (Cela se fait souvent lorsqu'ils et elles veulent forcer les gouvernements &#224; leur accorder une subvention ou toute autre sorte de faveur). Leur droit d'utiliser la gr&#232;ve du capital n'est pas du tout limit&#233;. Leur influence sur les gouvernements n'est pas du tout entrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le droit de gr&#232;ve dans le secteur public &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les principes du droit de gr&#232;ve d&#233;crits ci-dessus reposent sur l'accord selon lequel les contrats n&#233;goci&#233;s volontairement doivent &#234;tre ex&#233;cutoires, m&#234;me s'ils sont le r&#233;sultat de n&#233;gociations sur un march&#233; restructur&#233;, dans lequel les travailleurs et les travailleuses peuvent, dans une certaine mesure, s'associer. Cela repose en principe, comme l'est la conclusion de contrats individuels, sur la vertu pr&#233;sum&#233;e de toute personne s'effor&#231;ant de satisfaire ses propres besoins et int&#233;r&#234;ts. On n'est pas cens&#233; assumer la responsabilit&#233; du bien-&#234;tre d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est plus qu'un peu curieux que ce mod&#232;le de n&#233;gociation ait &#233;t&#233; adapt&#233; pour s'appliquer aux secteurs publics. Apr&#232;s tout, l'une des parties, les gouvernements, est assez diff&#233;rente de tous les acteurs priv&#233;s &#233;gocentriques du secteur priv&#233;. Le gouvernement ne cherchent pas &#224; accumuler plus de richesses ; ils ne recherchent pas de profits. Les d&#233;cisions gouvernementales sur la fa&#231;on d'allouer les ressources, de fixer les conditions de travail, sont des d&#233;cisions politiques plut&#244;t que des d&#233;cisions &#233;conomiques &#233;troites. Tout diff&#233;rend qu'ils ont avec leurs travailleurs et travailleuses sur les conditions g&#233;n&#233;rales aura un effect sur les d&#233;cisions politiques prises par le gouvernement. La logique de la n&#233;gociation sur les conditions d'emploi devrait &#234;tre diff&#233;rente. Un paradoxe appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le secteur priv&#233;, les syndicats ne peuvent utiliser aucun des pouvoirs juridiques qu'ils ont acquis pour obtenir un changement social et politique. Ils ne peuvent les utiliser que pour obtenir des am&#233;liorations dans les conditions et modalit&#233;s des unit&#233;s de n&#233;gociation accr&#233;dit&#233;es au nom desquelles ils agissent. De plus, les employeur.e.s dans ce contexte d'employeur.e-par- employeur.e ne sont pas en mesure de r&#233;pondre aux revendications sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le secteur public, o&#249; se trouve le Syndicat canadien de la fonction publique d'Ontario, toutes les revendications collectives des travailleurs et des travailleuses sont facilement cat&#233;goris&#233;es comme des revendications formul&#233;es par un groupe sp&#233;cifique de travailleurs et de travailleuses essayant de servir leurs propres int&#233;r&#234;ts aux d&#233;pens du public dans son ensemble. Bref, contrairement au mod&#232;le du secteur priv&#233;, tous les conflits employeur.e-employ&#233;.e sont de nature ouvertement politique. C'est le gouvernement qui a la t&#226;che de s'occuper du bien-&#234;tre public. Il peut l&#233;gitimement pr&#233;tendre que les d&#233;cisions et les attributions d&#233;mocratiquement prises devraient &#234;tre &#224; l'abri de telles revendications &#233;go&#239;stes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La cons&#233;quence est que le droit de gr&#232;ve d&#233;velopp&#233; pour les secteurs &#224; but lucratif doit &#234;tre d&#233;form&#233; pour s'appliquer au secteur public. Et c'est le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans les secteurs publics, de nombreux travailleurs, nombreuses travailleuses sont d&#233;sign&#233;.e.s comme essentiel.le.s, c'est-&#224;-dire comme n'ayant pas le droit de participer &#224; une gr&#232;ve. Certain.e.s travailleurs et travailleuses peuvent &#234;tre d&#233;sign&#233;.e.s lorsqu'un conflit particulier se d&#233;veloppe, ce qui affecte l'influence des travailleurs et travailleuses dans les n&#233;gociations en cours. Dans diverses juridictions, certaines conditions g&#233;n&#233;rales sont totalement exclues du champ d'application de la n&#233;gociation collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et, bien s&#251;r, il est toujours logique pour un gouvernement harcel&#233; d'ordonner aux secteurs publics engag&#233;s dans une gr&#232;ve l&#233;gale de &#171; simplement l'arr&#234;ter &#187;. Ils promulgueront une l&#233;gislation de retour au travail aux conditions qui s'appliquaient avant le d&#233;but de la gr&#232;ve, ou de nouvelles conditions, ou &#224; des conditions qui doivent &#234;tre fix&#233;es par un conseil d'arbitrage quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'argument du gouvernement est toujours le m&#234;me. En tant que gardien de l'int&#233;r&#234;t public, il se sent oblig&#233; de soulager les difficult&#233;s inflig&#233;es par un petit groupe de travailleurs et travailleuses &#233;go&#239;stes. (Il n'est jamais dit que, si le gouvernement donnait aux travailleurs et travailleuses ce qu'ils et elles demandent, la souffrance publique cesserait instantan&#233;ment !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Manifestement, le droit de gr&#232;ve dans ces cas est reconnu comme un droit qui n'est pas tant un droit qu'un privil&#232;ge qui peut &#234;tre retir&#233;. D'autant plus que le recours &#224; la l&#233;gislation de retour au travail, comme l'ont document&#233; Panitch and Swartz , est un peu comme le COVID : un v&#233;ritable fl&#233;au social. N&#233;anmoins, des gouvernements de toutes all&#233;geances, y compris le NPD, ont utilis&#233; de telles lois, &#224; maintes reprises en fait, &#224; tel point que le Canada est consid&#233;r&#233; comme un chef de file mondial par l'Organisation internationale du travail (OIT) en mati&#232;re de manque de respect envers le droit de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans la mesure o&#249; sans les syndicats du secteur public il n'y aurait pratiquement pas de syndicats au Canada, il est clair que parler de l'existence d'un droit de gr&#232;ve robuste au Canada est mythologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le stratag&#232;me de Ford et le sort du SCFP &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le gouvernement de Doug Ford de l'Ontario est une collection de n&#233;olib&#233;raux et de n&#233;olib&#233;rales brutaux et brutales. Leurs actions depuis qu'ils et elles sont au pouvoir en sont la preuve. L'une de leurs initiatives consistait &#224; geler les salaires des travailleurs et des travailleuses du secteur public &#224; un maximum de 1% d'augmentation annuelle (apr&#232;s avoir accord&#233; des augmentations de salaire beaucoup plus importantes &#224; la police et, plus tard, une augmentation de $16,500 $ &#224; 73 des 83 d&#233;put&#233;.e.s conservateurs et conservatrices, en les &#233;levant tous et toutes au rang d'assistant.e.s parlementaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le SCFP, dont les membres avaient fait les frais de ces mesures anti-ouvri&#232;res, a pr&#233;sent&#233; des demandes, tout &#224; fait compr&#233;hensibles, pour une meilleure entente. Instantan&#233;ment, le gouvernement Ford a demand&#233; ce qui est aujourd'hui la r&#233;ponse habituelle des gouvernements partout au Canada : une loi de retour au travail a &#233;t&#233; promulgu&#233;e. Avec plus de venin que d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ford et sa bande ne voulaient pas prendre de risque en mati&#232;re d'arbitrage, car ils et elles pensaient qu'il &#233;tait probable que tout.e. arbitre objectif, objective consid&#233;rerait favorablement les travailleurs et les travailleuses, qui ont &#233;t&#233; royalement foutu.e.s pendant des ann&#233;es. Ainsi, ils et elles ont fix&#233; les termes et conditions de travail selon lesquels les travailleurs et les travailleuses seraient forc&#233;.e.s de travailler. De plus, le non-respect par le syndicat ou par l'un.e des travailleurs ou travailleuse de la l&#233;gislation de retour au travail (adopt&#233;e bien s&#251;r &#171; pour prot&#233;ger les &#233;coliers et &#233;coli&#232;res &#187; !) entra&#238;nerait des amendes horriblement punitives. Adam King a calcul&#233; que l'amende maximale de 4,000 $ par jour impos&#233;e &#224; un travailleur &#233;quivaudrait &#224; 10 % du salaire annuel moyen des travailleurs et travailleuses de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais Ford ne s'est pas arr&#234;t&#233; l&#224;. Il voulait &#233;viter le b&#226;ton juridique. C'&#233;tait dans les cartes parce qu'apr&#232;s que la Cour supr&#234;me du Canada eut d&#233;clar&#233; en 2015 que la libert&#233; d'association est apr&#232;s tout prot&#233;g&#233;e par la Charte accordait (apr&#232;s l'avoir ni&#233; pendant des ann&#233;es !) un droit de gr&#232;ve, il &#233;tait plausible que le SCFP r&#233;ussisse &#224; convaincre un tribunal que la loi de retour au travail supprimait le droit de gr&#232;ve constitutionnalis&#233; et obligeait le gouvernement &#224; r&#233;compenser les travailleurs et les travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quelque chose de semblable avait &#233;t&#233; v&#233;cu par le gouvernement de la Colombie-Britannique et, plus t&#244;t, par le gouvernement lib&#233;ral de l'Ontario qui avait, tout aussi m&#233;chamment que Ford, gel&#233; le salaire des enseignant.e.s. Ainsi, le projet de loi Ford pr&#233;voyait que, quoi qu'un tribunal veuille faire pour prot&#233;ger le droit de gr&#232;ve du SCFP, cela n'aurait pas d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La loi de Ford invoque la c&#233;l&#232;bre clause d&#233;rogatoire, l'article 33 de la Charte des droits et libert&#233;s. Une pilule empoisonn&#233;e avait &#233;t&#233; ins&#233;r&#233;e dans la loi de retour au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nonobstant &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'article 33 de la Charte est con&#231;u pour traiter les cas o&#249; une loi ou une action gouvernementale est jug&#233;e par un tribunal comme ayant port&#233; atteinte &#224; l'une des libert&#233;s garanties par la Charte. Apr&#232;s une telle conclusion judiciaire, la loi ou l'action serait invalide. Le gouvernement pourrait alors, &#224; son tour, invalider la d&#233;cision du tribunal en invoquant l'article 33. Celui-ci pr&#233;voit que, quoi qu'en pense un tribunal, la loi du gouvernement doit &#234;tre maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ford n'a pas attendu qu'un tribunal se prononce sur sa loi de retour au travail. Cette l&#233;gislation stipulait qu'elle &#233;tait valide nonobstant toute d&#233;cision &#233;ventuelle d'un tribunal. Ne plaisante pas avec moi, dit Ford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il convient de noter ici que la clause nonobstant &#233;tait essentielle &#224; l'adoption de la Charte. Bien que certain.e.s de ceux et celles qui ont insist&#233; pour l'inclusion de l'article 33 avant de signer la Charte aient pu avoir des motifs diff&#233;rents, l'exigence qu'un gouvernement d&#233;mocratiquement &#233;lu ait la capacit&#233; d'insister pour que ses d&#233;cisions ne puissent &#234;tre rejet&#233;es par un gouvernement non &#233;lu, c'est-&#224;-dire un tribunal, avait du m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'&#233;tait une reconnaissance que la volont&#233; populaire, telle que refl&#233;t&#233;e par un gouvernement &#233;lu, devait &#234;tre respect&#233;e. Pendant la chaleur g&#233;n&#233;r&#233;e par l'utilisation par Ford de l'article 33, cette id&#233;e tendait &#224; &#234;tre marginalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La haine ne manifest&#233;e contre l'utilisation de l'article 33 par Ford est due au fait que son utilisation est consid&#233;r&#233;e comme &#233;visc&#233;rant les garanties bien-aim&#233;es des libert&#233;s, sp&#233;cifi&#233;es dans la Charte. Ce qu'on oublie est que l'article 33 est une disposition de la Charte tout aussi valide que les clauses garantissant certaines libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, l'article est l&#224; pour prot&#233;ger un autre principe important - le droit des gouvernements d&#233;mocratiquement &#233;lus de d&#233;terminer comment ils devraient gouverner. On pourrait soutenir que ce n'est peut-&#234;tre pas, en fin de compte, une tr&#232;s bonne politique de se battre pour le droit du pouvoir judiciaire de d&#233;cider librement de l'importance des droits sociaux et politiques &#224; d&#233;finir et &#224; prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce point, &#233;tant donn&#233; le parti pris historique anti-ouvrier du syst&#232;me judiciaire dans les juridictions de common law, devrait avoir une certaine r&#233;sonance pour ceux et celles qui se battent pour les droits des travailleurs et des travailleuses. C'est quelque peu paradoxal que les travailleurs et les travailleuses soient maintenant pouss&#233;.e.s &#224; s'en remettre aux tribunaux pour d&#233;fendre des droits que les tribunaux ont fait de leur mieux pour leur refuser pendant des &#233;ternit&#233;s, m&#234;me lorsque les tribunaux ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; d&#233;finir la libert&#233; d'association, telle que garantie par la Charte .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais ce d&#233;bat peut attendre un autre jour. Il y a un point plus saillant &#224; faire sur l'utilisation par Ford de l'article 33 pour prot&#233;ger sa l&#233;gislation draconienne de retour au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La clause d&#233;rogatoire, outil potentiel d'approfondissement des pratiques d&#233;mocratiques, est utilis&#233;e, ou devrait-on dire - abus&#233;e, par un gouvernement profond&#233;ment antid&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ford et sa bande ne se contentent pas d'emp&#234;cher le SCFP d'utiliser leur droit de gr&#232;ve, comme la loi le permet. Ils et elles ont plut&#244;t l'intention de montrer que les travailleurs et les travailleuses et leurs syndicats doivent rester soumi.e.s, ne doivent pas agir comme s'ils et elles &#233;taient des citoyen.ne.s souverain.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	,L'utilisation par Ford de la clause nonobstant n'a pas pour but de faire progresser la d&#233;mocratie, mais de montrer que les travailleurs et les travailleuses et leurs syndicats n'ont aucun droit. Les travailleurs et les travailleuses n'existeraient que pour &#234;tre disponibles pour les capitalistes alors qu'ils et elles s'efforcent d'accumuler de la richesse produite socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est &#231;a. Comme le pr&#233;sident am&#233;ricain Ronald Reagan lorsqu'il a attaqu&#233; et d&#233;moli PATCO et la premi&#232;re ministre britannique Margaret Thatcher lorsqu'elle a entrepris de d&#233;truire les mineurs de charbon et, de mani&#232;re un peu moins spectaculaire, comme le gouvernement canadien lorsqu'il s'est attaqu&#233; &#224; Jean-Claude Parrot et aux travailleurs et travailleuses des postes, Ford dit : &#171; Nous g&#233;rons les choses ; tu fais ce qu'on te dit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Son utilisation de la clause nonobstant devient ainsi une d&#233;claration selon laquelle il est engag&#233; dans une guerre de classe. Les subtilit&#233;s juridiques n'ont pas d'importance. Il a d&#233;cha&#238;n&#233; une arme de destruction massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La bonne r&#233;ponse est que le SCFP, et tous ceux, toutes celles qui veulent les soutenir, m&#232;nent le combat dans le m&#234;me esprit. Il est temps de montrer &#224; la classe dominante que sans les travailleurs et les travailleuses, elle n'aurait rien, que les travailleurs et les travailleuses prennent des risques et qu'ils et elles doivent vraiment avoir leur mot &#224; dire sur leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le m&#233;chant Ford nous &#224; tous et toutes donn&#233; l'occasion de voir et de dire haut et fort que les droits de n&#233;gociation collective et de gr&#232;ve au Canada sont tr&#232;s limit&#233;s et trop facilement retir&#233;s chaque fois que les Ford de ce monde d&#233;tectent une faiblesse et montrent leurs crocs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Allez SCFP, en avant !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#233;crasement des avions Boeing 737-8 Max:nouveau rapport, vieille histoire</title>
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		<dc:date>2020-11-03T07:09:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>Harry Glasbeek</dc:creator>


		<dc:subject>Transport</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-03</dc:subject>

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&lt;p&gt;Harry Glasbeek est professeur &#233;m&#233;rite et chercheur principal &#224; Osgoode Hall Law School de l'Universit&#233; York. Ses derniers livres sont Class Privilege : How Law Shelters Shareholders and Coddles Capitalism (2017) et la suite : Capitalism : a crime story (2018), tous deux publi&#233;s par Between the Lines, Toronto. &lt;br class='autobr' /&gt; socialistproject.ca/2020/10/boeing-new-report-old-story/ &lt;br class='autobr' /&gt;
19 octobre 2020 &#8226; Harry Glasbeek &lt;br class='autobr' /&gt;
Les avions de Boeing se sont &#233;cras&#233;s. Des personnes sont mortes. Ce n'&#233;taient pas des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-03&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton45358-80541.jpg?1781402725' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Harry Glasbeek est professeur &#233;m&#233;rite et chercheur principal &#224; Osgoode Hall Law School de l'Universit&#233; York. Ses derniers livres sont Class Privilege : How Law Shelters Shareholders and Coddles Capitalism (2017) et la suite : Capitalism : a crime story (2018), tous deux publi&#233;s par Between the Lines, Toronto.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;socialistproject.ca/2020/10/boeing-new-report-old-story/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 octobre 2020 &#8226; Harry Glasbeek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avions de Boeing se sont &#233;cras&#233;s. Des personnes sont mortes. Ce n'&#233;taient pas des accidents, pas plus que l'amiante, le mercure, les intoxications au tabac, l'explosion de voitures et de trains, les &#233;missions toxiques, les d&#233;faillances financi&#232;res, etc. n'&#233;taient des accidents. Ces trag&#233;dies sont structur&#233;es dans le fonctionnement du capitalisme. Chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objet 1. Une grande entreprise de tabac a d&#251; traiter avec les r&#233;gulateurs de la R&#233;publique tch&#232;que. Les r&#233;gulateurs exigeaient que des signes plut&#244;t alarmantes d'une menace pour la sant&#233; soient appos&#233;s sur les paquets de cigarettes. La compagnie de tabac a fait valoir que le tabac n'&#233;tait vraiment pas si dangereux. Mais m&#234;me s'il tuait des gens, il serait sage que le gouvernement n'emp&#234;che pas trop de fumer. Apr&#232;s tout, s'il causait des d&#233;c&#232;s pr&#233;matur&#233;s, le tabac pr&#233;serverait les revenus du gouvernement. Car &#224; mesure que les gens vieillissent, ils ont beaucoup plus besoin que les jeunes de programmes de sant&#233; et de bien-&#234;tre social co&#251;teux. Quelques d&#233;c&#232;s pr&#233;matur&#233;s pourraient &#234;tre rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat politique de la p&#233;riode du coronavirus est impr&#233;gn&#233; de ce genre d'argument. C'est un argument honteux, mais il est inh&#233;rent &#224; la logique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objet 2. &#192; la fin des ann&#233;es 1960, la Ford Motor Company voulait combattre la concurrence des petites voitures europ&#233;ennes et japonaises. Sous la direction de Lee Iacocca, la firme a entrepris la production d'une voiture qui ne pesait que 2000 livres et ne co&#251;tait pas plus de 2000 dollars &#224; produire. Il s'appelait Pinto. Pendant que ce projet se r&#233;alisait, Ford savait que les organismes de r&#233;glementation &#233;laboraient une nouvelle norme appel&#233;e Int&#233;grit&#233; du syst&#232;me de carburant. Ce syst&#232;me devait garantir que les voitures seraient capables de r&#233;sister &#224; des collisions &#224; l'arri&#232;re &#224; 30 miles l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela inqui&#233;tait les ing&#233;nieurEs de Ford qui, en respectant les instructions de la compagnie, avaient l'intention de situer un r&#233;servoir de carburant non prot&#233;g&#233; aussi pr&#232;s que possible de l'arri&#232;re de la voiture. Dans les nombreux tests qu'ils et elles ont effectu&#233;s avant la promulgation de la norme propos&#233;e, ils et elles avaient constat&#233; que des collisions par l'arri&#232;re &#224; des vitesses de 25 m/h avaient rompu le r&#233;servoir de carburant du Pinto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ils et elles se sont vigoureusement oppos&#233;Es aux normes de s&#233;curit&#233; projet&#233;es. L'argument qu'ils et elles ont pr&#233;sent&#233; aux r&#233;gulateurs, regulatrices &#233;tait que le syst&#232;me d'int&#233;grit&#233; du carburant co&#251;terait &#224; Ford 100 millions de dollars suppl&#233;mentaires sur trois ans. &#192; un moment donn&#233;, Ford a d&#233;clar&#233; aux r&#233;gulateurs, r&#233;gulatrices qu'il &#233;tait beaucoup moins cher pour l'entreprise de payer pour le nombre soigneusement calcul&#233; de v&#233;hicules perdus et de morts et de bless&#233;s, que de faire ce qui &#233;tait n&#233;cessaire pour &#233;viter ce carnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils, elles ont &#171; consult&#233; et n&#233;goci&#233; &#187; pendant huit ans, p&#233;riode pendant laquelle le Pinto est sorti des cha&#238;nes de montage et a d&#251;ment explos&#233; et a br&#251;l&#233; des centaines de personnes &#224; mort et en a bless&#233; davantage. Finalement, lorsque son raisonnement froid et dur est devenu public, et qu'encore un autre Pinto a &#233;t&#233; incendi&#233;, causant la mort terrible &#224; quatre personnes &#224; d'horribles, des poursuites p&#233;nales ont &#233;t&#233; engag&#233;es contre Ford Motor Company (mais non pas contre Lee Iacocca ou tout autre dirigeant). Le proc&#232;s p&#233;nal &#233;tait une farce - le juge &#233;tait partial et a refus&#233; d'admettre comme preuve l'admission que Ford avait faite aux r&#233;gulateurs, r&#233;gulatrices de sa volont&#233; de tuer et de mutiler afin de pouvoir gagner de l'argent, ce qui a laiss&#233; le procureur sans arguments de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite judiciaire a &#233;chou&#233;. General Motors a achet&#233; des annonces pleine page pour f&#233;liciter son f&#233;roce concurrent de son exon&#233;ration. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral a achet&#233; les Pintos restants pour compl&#233;ter la flotte de voitures de ses fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est normal dans la vie politique du capitalisme que les fautifs potentiels, fautives potentielles soient consult&#233;Es par les gouvernements pour voir &#224; quel point ils, elles devraient &#234;tre autoris&#233;Es &#224; commettre des actes r&#233;pr&#233;hensibles et combien de mal ils, elles devraient &#234;tre autoris&#233;Es &#224; infliger. Cependant, les trafiquantEs de drogue (autres que les compagnies pharmaceutiques &#233;videmment), les voleurs, voleuses, les escrocs de confiance et les trafiquantEs de sexe n'ont aucune voix &#233;quivalente sur les normes qu'ils, elles doivent respecter. Comme type de r&#233;gulation, la r&#233;gulation des capitalistes est dans une classe &#224; part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objet 3. Boeing. Le rapport du Congr&#232;s am&#233;ricain qui vient d'&#234;tre publi&#233; nous indique que Boeing avait besoin d'un avion pour concurrencer un nouveau design d'Airbus. Il a opt&#233; pour le 737-8, une version de 4-&#232;me g&#233;n&#233;ration de la s&#233;rie Max, lanc&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1967. Il devait avoir un moteur plus lourd mais install&#233; plus haut que ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela augmentait le risque de basculement soudain de l'avion vers le haut. Alors, une nouvelle fonction de contr&#244;le de vol, connue sous le nom de MCAS, a &#233;t&#233; ajout&#233;e. Il serait averti par un capteur (connu sous le nom de Angle of Attack, ou AOA) &#224; l'avant de l'avion que quelque chose n'allait pas, et le MCAS repousserait le nez vers le bas. Si cela ne fonctionnait pas, l'&#233;quipage de conduite devrait r&#233;agir - et rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, rien de tout cela n'a fonctionn&#233; lorsqu'un 737-8 Max achet&#233; par Lion Air Flight s'est &#233;cras&#233; en Indon&#233;sie, tuant les 189 personnes &#224; bord ainsi qu'un sauveteur. Cela n'a pas non plus fonctionn&#233; cinq mois plus tard lorsqu'un autre avion de ce type, utilis&#233; par Ethiopian Airlines, s'est &#233;cras&#233; alors qu'il volait entre l'&#201;thiopie et le Kenya. Cette fois, 157 personnes ont p&#233;ri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accidents &#233;taient pr&#233;visibles. Dans sa volont&#233; de r&#233;duire les co&#251;ts, Boeing avait r&#233;duit de 3 000 heures les heures de test et d'assistance aux essais en vol ; il avait r&#233;duit de 8 000 heures les essais sur simulateur de poste de pilotage ; elle n'avait pas dit &#224; la Federal Aviation Administration (FAA) qu'elle installait un nouveau syst&#232;me de contr&#244;le de vol (le MCAS), puisque la FAA aurait alors exig&#233; que Boeing fournisse une formation aux pilotes des compagnies a&#233;riennes qui ont achet&#233; l'avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des acheteurs, Southwest Airlines, avait exig&#233; que toute formation de ses pilotes soit pay&#233;e par Boeing ; &#224; 1 million de dollars par pilote pour jusqu'&#224; 400 avions, Boeing avait une r&#233;elle incitation &#224; ne pas d&#233;clencher une exigence de formation. Non seulement elle a omis d'informer la FAA de la nouveaut&#233; de son syst&#232;me de commande de vol, mais elle ne l'a pas mentionn&#233;e dans les manuels de l'&#233;quipage de conduite qu'elle a fournis. Il n'a pas non plus r&#233;v&#233;l&#233; que ses tests internes montraient que le MCAS pouvait se d&#233;clencher &#224; plusieurs reprises, ce qui rendait la reprise du contr&#244;le extr&#234;mement difficile et que ses propres tests montraient qu'il faudrait au moins 10 secondes &#224; un pilote pour corriger toute erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait que la norme de la FAA exigeait que ces actions correctives soient g&#233;rables en 4 secondes, laissant un intervalle de 6 secondes, ce qui compte dans ces moments de vie et de mort. Boeing n'a pas non plus expliqu&#233;, ni &#224; la FAA, ni aux acheteurs, acheteuses des avions, qu'il savait que certains de ses AOA, essentiels au fonctionnement du MCAS, n'&#233;taient pas du tout op&#233;rationnels. Les pilotes du malheureux avion Lion Air Flight n'avaient aucune id&#233;e que l'AOA ne fonctionnait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'un des moyens standard pour garantir &#224; la FAA que les normes soient respect&#233;es par les acteurs priv&#233;s qu'elle r&#233;glemente est la pr&#233;sence de repr&#233;sentantEs autoris&#233;Es dans l'usine de fabrication. Le devoir du ou de la repr&#233;sentantE est envers la FAA et ses normes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comme il est courant dans ce type de syst&#232;me de r&#233;glementation, les repr&#233;sentantEs des r&#233;gulateurs &#233;taient en fait des employ&#233;Es de Boeing et se sentaient donc tr&#232;s en conflit. En cons&#233;quence, ils, elles n'ont pas divulgu&#233; les probl&#232;mes qu'ils, elles avaient d&#233;couverts &#224; la FAA. Lorsqu'un employ&#233; de Boeing, un ancien militaire, a d&#233;clar&#233; au directeur g&#233;n&#233;ral du projet 737-8 Max que, compte tenu des probl&#232;mes connus, si l'arm&#233;e &#233;tait responsable d'un tel avion elle aurait, &#224; son avis, arr&#234;t&#233; le travail, le directeur g&#233;n&#233;ral lui a r&#233;pondu : &#034;L'arm&#233;e n'est pas une organisation &#224; but lucratif.&#034; Ainsi, des gens sont morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boeing a subi des pertes, en argent et en r&#233;putation, puisque le 737-8 Max a &#233;t&#233; mis hors service partout. Il fait face &#224; de nombreuses enqu&#234;tes et poursuites. N&#233;anmoins Boeing re&#231;oit toujours des subventions de divers niveaux de gouvernement et se d&#233;brouille assez bien, merci. Il a exprim&#233; son chagrin sinc&#232;re et a dit qu'il travaille tr&#232;s dur pour corriger ses erreurs (mot tr&#232;s neutre) et qu'il travaille pour avoir bient&#244;t pr&#234;te une nouvelle et meilleure version du 737-8 Max. Puis on pourra revenir aux affaires comme d'habitude. Personne n'a &#233;t&#233; accus&#233; d'aucun crime, mais beaucoup de personnes sont mortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage majeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela devrait suffire pour montrer qu'il y a une similitude, un sch&#233;ma, en ce qui concerne les m&#233;faits des grandes entreprises. Les fabricantEs et les transformateurs, transformateuses d'amiante ont &#233;t&#233; autoris&#233;Es &#224; infliger d'&#233;normes dommages pendant des d&#233;cennies, m&#234;me s'ils elles savaient qu'ils, elles le faisaient. On estime qu'en raison de leur exposition &#224; l'amiante, environ 100 000 personnes mourront de mort pr&#233;matur&#233;e chaque ann&#233;e au cours des 50 prochaines ann&#233;es. &#192; peine cinq poursuites p&#233;nales ont &#233;t&#233; engag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de r&#233;sultats pr&#233;visibles s'observe dans l'industrie du tabac et dans l'industrie de la fabrication du plastique. L'histoire peut &#234;tre racont&#233;e des centaines de catastrophes mini&#232;res (rappelons-nous la mine Westray), de Nestl&#233;, qui ne pouvait ne pas savoir que lorsqu'il persuadait les femmes des pays pauvres d'acheter du lait en poudre pour remplacer l'allaitement, ce lait en poudre serait m&#233;lang&#233; avec des eaux impures conduisant &#224; des r&#233;sultats terribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y avait les fabricants du Dalkon Shield, un dispositif contraceptif connu par ses fabricants pour avoir des effets toxiques. (Et quand cela a finalement &#233;t&#233; admis, tout comme dans l'affaire Pinto, les fabricants ont remis les dispositifs d&#233;fectueux qui restaient &#224; l'administration am&#233;ricaine, qui les a ensuite inclus dans son aide aux pays pauvres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, les op&#233;rateurs ferroviaires, cherchant &#224; baisser les co&#251;ts, ont permis le transport de substances inflammables, comme dans l'explosion de Lac M&#233;gantic, qui a fait 47 morts quand un train en fuite a fait sauter la ville. Cela a suscit&#233; beaucoup d'attention du public et des d&#233;nonciations de la part de politicien.ne.s. Mais en fin de compte personne n'a &#233;t&#233; condamn&#233; pour homicide ou pour un crime grave de quelque nature que ce soit. Au contraire, des accusations ont &#233;t&#233; port&#233;es contre des gestionnaires interm&#233;diaires, all&#233;guant des infractions &#224; la Loi sur la s&#233;curit&#233; ferroviaire et &#224; la Loi sur les p&#234;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque Volkswagen a &#233;t&#233; surpris en train de tromper d&#233;lib&#233;r&#233;ment les r&#233;gulateurs, permettant &#224; des substances toxiques d'affecter des centaines de milliers de personnes, l'une de ses r&#233;ponses a &#233;t&#233; de stimuler la recherche pour montrer que tous les autres constructeurs automobiles ont &#233;galement d&#233;lib&#233;r&#233;ment menti et &#233;mis des poisons dans le cadre de leur mod&#232;le d'affaires. Et Volkswagen avait raison : Fiat Chrysler, Nissan, Renault, Mercedes et Mitsubishi avaient fait la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette histoire tragique, s'ajoutent &#233;galement les histoires bien connues des escroqueries financi&#232;res qui ont entra&#238;n&#233; de graves pertes pour les propri&#233;taires de maisons et pour les petitEs investisseurs, investisseuses parce que les banques et les institutions financi&#232;res ont enfreint toutes les r&#232;gles avec une telle impunit&#233; que l'expression &#171; trop grande &#233;chouer, trop gros pour &#234;tre emprisonn&#233; &#187; est d&#233;sormais largement consid&#233;r&#233; comme un principe juridique. Et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boeing a tu&#233; les passagers, passag&#232;res de deux avions charg&#233;s, des &#234;tres humains avec des familles et des personnes &#224; charge. Les trag&#233;dies &#233;taient tout &#224; fait pr&#233;visibles, voire presque planifi&#233;es. Cela n'est que la derni&#232;re illustration horrible d'un &#233;tat de fait vraiment monstrueux dans lequel de grands et riches acteurs violent de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e les lois qui existent, sachant bien qu'ils vont nuire aux gens, et exercent une influence indue sur ceux et celles qui sont nomm&#233;Es pour les emp&#234;cher de le faire. Et, s'ils ou elles sont finalement pris.es, ils, elles s'&#233;chappent pratiquement indemnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Boeing ne vaut gu&#232;re la peine d'&#234;tre racont&#233;e. C'est une histoire qui refl&#232;te la nature insensible des grandes entreprises &#224; but lucratif et le traitement sp&#233;cial que nos politiques leur accordent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est donc la suivante : comment se fait-il que des pratiques manifestement mauvaises soient trait&#233;es comme des pratiques normales ? La r&#233;ponse a &#233;t&#233; fournie par Al Capone, expert bien connu de la criminalit&#233;, qui savait une chose ou deux sur comment faire mal en violant les lois et en influen&#231;ant et en intimidant les r&#233;gulateurs, r&#233;gulatrices. Il a d&#233;clar&#233; : &#171; Le capitalisme est le racket l&#233;gitime de la classe dirigeante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les profits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez un individu qui s'amuse en faisant mal &#224; des enfants. Il asperge de l'arsenic l&#224; o&#249; certains enfants risquent de le toucher et de le mettre dans leur bouche. Un enfant meurt. Notre homme a-t-il commis un crime, un crime grave ? &#201;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reed Paper Company a saupoudr&#233; son propre type d'arsenic. Ses activit&#233;s productives ont lib&#233;r&#233; d'&#233;normes quantit&#233;s de mercure toxique dans la rivi&#232;re Wabigoon entre 1962 et 1970 et ont continu&#233; &#224; le faire pendant cinq ans apr&#232;s l'&#233;mission d'un ordre d'arr&#234;t par le gouvernement. Il a finalement quitt&#233; la r&#233;gion. Les communaut&#233;s de White Dog et de Grassy Narrows en ont terriblement souffert et elles sont &#224; ce jour affect&#233;es par les restes de mercure. Aucune poursuite criminelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la diff&#233;rence entre le comportement de Reed Paper et celui de l'empoisonneur imaginaire d'arsenic ? L'empoisonneur imaginaire est &#224; la recherche de sensations fortes. C'est son but unique, sans valeur, sans m&#233;rite. Reed Paper Company &#233;tait &#224; la recherche de profits. Elle n'avait pas d'autre but que cela. Il n'y a pas de cause plus noble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la logique du capitalisme. Rien n'est plus important que l'accumulation priv&#233;e de richesse dans un cadre concurrentiel. L'impulsion &#224; s'engager dans ce projet est consid&#233;r&#233;e comme &#233;l&#233;mentaire, naturelle. La valeur des individus qui se concentrent sur la satisfaction de leur app&#233;tit pour avoir toujours plus est pr&#233;sent&#233;e comme valable. Car non seulement elle soutient les d&#233;sirs humains, mais elle permet &#233;galement d'allouer efficacement les talents et les ressources sans aucune ing&#233;rence politique. Le bien-&#234;tre &#233;conomique global en sera le r&#233;sultat, et l'absence de direction gouvernementale et de mauvaise gestion serait un gros bonus collat&#233;ral. Il est donc logique, comme nous le dit de fa&#231;on si rafra&#238;chissante Barbara McDougall, une ancienne ministre des Finances, que la recherche du profit doit &#234;tre donn&#233;e le plus de libert&#233; possible. Elle a d&#233;clar&#233; : &#171; Il y a un motif sous-jacent et partag&#233; par tous dans les affaires - la cupidit&#233;. Nous le soutenons partout o&#249; il se trouve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi Reed Paper, dont le comportement ressemble beaucoup &#224; celui de l'arroseur d'arsenic, n'a &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233; ni poursuivi. La promotion de l'accumulation priv&#233;e de richesses dans un cadre comp&#233;titif est la t&#226;che principale d'un gouvernement dans le cadre des rapports de production capitalistes. Comme le montre l'histoire de Boeing (et toutes les histoires pareilles), cela signifie nous demander simplement de hausser les &#233;paules avec r&#233;signation pendant que les grandes entreprises mutilent, tuent et d&#233;truisent, pendant qu'elles m&#232;nent des guerres contre nous et nos environnements - encore et encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armer les capitalistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus les gouvernements laissent la cr&#233;ation de richesse a des acteurs, actrices priv&#233;Es, plus ils en viennent &#224; s'appuyer sur ces acteurs, actrices priv&#233;Es. Ils ont besoin des propri&#233;taires des moyens de production qui investissent leur capital. Ceux et celles qui disposent de nombreuses ressources, en r&#233;alit&#233; un petit nombre d'individus tr&#232;s riches et de tr&#232;s grandes entreprises, peuvent choisir o&#249; et quand investir une partie de leur richesse ou ne pas l'investir du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(i) La corporation comme incitatif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La loi invite les propri&#233;taires de richesses &#224; incorporer leurs entreprises. Il a cr&#233;&#233; un processus tr&#232;s simple, sans aucun obstacle de toute cons&#233;quence &#224; &#233;liminer, pour placer l'argent des investisseurEs dans une personne distincte, une soci&#233;t&#233;. Une fois cela fait, la soci&#233;t&#233; d&#233;tient tous les biens et est responsable de la fa&#231;on dont ils sont utilis&#233;s. Elle est responsable des r&#233;sultats de ses efforts pour maximiser les profits des investisseurEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investisseurEs peuvent perdre leur investissement mais ne sont en aucun cas responsables des dettes contract&#233;es et ne sont pas passibles de poursuites pour les torts commis en leur nom. Ils, elles ont tout int&#233;r&#234;t &#224; faire pression sur les personnes qu'ils, elles nomment pour diriger l'entreprise pour qu'ils, elles fassent n'importe quoi pour maximiser les profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les catastrophes de coronavirus dans les centres de soins pour personnes &#226;g&#233;es &#224; but lucratif racontent l'histoire. Les pratiques de gestion bas&#233;es sur le dollar ont sem&#233; l'indignit&#233; sur les personnes dont elles avaient la charge et ont entra&#238;n&#233; un nombre disproportionn&#233; de d&#233;c&#232;s inflig&#233;s par le virus. Rien de tout cela n'a emp&#234;ch&#233; les actionnaires de percevoir leurs dividendes, c'est-&#224;-dire leur part des profits mal acquis que ces (mauvaises) pratiques ont rapport&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme David Whyte l'&#233;crit dans son r&#233;cent &#201;cocide, la forme corporative fournit l'&#233;talon-or en mati&#232;re de distanciation sociale. Dans les cas d'actes r&#233;pr&#233;hensibles des entreprises &#233;num&#233;r&#233;s ci-dessus, y compris &#233;videmment de Boeing, aucunE actionnaire n'a &#233;t&#233; tenuE personnellement responsable des pertes subies par d'autres ni oblig&#233;E de rendre l'un des ch&#232;ques de dividende gras qu'ils, elles avaient gagn&#233;s lorsque des personnes &#233;taient mutil&#233;es, tu&#233;es empoisonn&#233;s, mises en faillite, et des environnements pill&#233;s. Cette invention l&#233;gale, la corporation, est un beau cadeau &#224; la classe des investisseurEs. Elle facilite, souvent elle favorise, les comportements antisociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(ii) Le syst&#232;me de r&#233;glementation comme permission de tuer, de mutiler, de d&#233;truire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment parce que les capitalistes, g&#233;n&#233;ralement cach&#233;Es dans l'enveloppe d'une corporation, ont le pouvoir discr&#233;tionnaire d'investir ou non, ils, elles sont consid&#233;r&#233;Es comme des bienfaiteurEs lorsqu'ils,elles le font. Les investisseurEs priv&#233;Es cherchant &#224; accumuler toujours plus de richesse sont per&#231;uEs comme des acteurs vertueux. Il serait &#233;videmment une erreur de les traiter comme la soci&#233;t&#233; fait lorsqu'il s'agit de personnes moins vertueuses, d'&#234;tres humains qui n'ont que des talents mais pas de ressources inorganiques &#224; investir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est la logique brute du capitalisme, qui explique la nature de tout r&#233;gime de r&#233;glementation qui impose certaines restrictions &#224; des activit&#233;s entreprises pour maximiser les profits. De tels syst&#232;mes sont mis en place parce qu'il est clair que toute activit&#233; productive cr&#233;e des risques et que certains de ces risques deviennent inacceptables pour le grand public. Ainsi, il existe des normes minimales r&#233;gissant les relations de travail, des lois sur la protection des consommateurs, consommatrices, des r&#232;gles concernant la n&#233;cessit&#233; d'obtenir des permis de construire, de proc&#233;der &#224; des &#233;valuations environnementales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; premi&#232;re vue, les capitalistes sont entrav&#233;Es. Mais m&#234;me s'il semble y avoir tant d'interventions dans les efforts des capitalistes au sang rouge pour gagner de l'argent, rappelez-vous que tous ces syst&#232;mes de r&#233;glementation partent de l'hypoth&#232;se que les propri&#233;taires de richesse nous font une faveur lorsqu'ils, elles investissent leur capital, qu'ils, elles sont vertueux, vertueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela signifie ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	-Tous les syst&#232;mes de r&#233;glementation partent du principe que toutes les activit&#233;s productives comportent des risques, qu'il s'agisse d'activit&#233;s &#224; but lucratif ou non. La cr&#233;ation de risque est pos&#233;e comme un r&#233;sultat neutre. Il s'ensuit que les cr&#233;ateurs, cr&#233;atrices de risques vertueux, vertueuses &#224; la recherche de profits, et toutes les substances ou proc&#233;d&#233;s qu'ils, elles choisissent d'utiliser, devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;Es comme innocentEs jusqu'&#224; preuve du contraire. Cela explique le long d&#233;lai avant que les d&#233;ploiements d'amiante, de tabac, de mercure et autres g&#233;n&#233;rateurs de profit ne soient limit&#233;s de quelque mani&#232;re que ce soit. Cela explique pourquoi aucune restriction ou interdiction r&#233;glementaire significative n'a &#233;t&#233; mise en place jusqu'&#224; ce qu'il y ait tant de victimes qu'il fallait faire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	- Comme les investisseurEs sont vertueux, vertueuses et nous font des faveurs, il est juste et appropri&#233; que les gouvernements les consultent et qu'ils n&#233;gocient avec eux et elles pour s'assurer que les restrictions impos&#233;es n'entravent pas l'investissement de ces vertueux, vertueuses propri&#233;taires de richesse. Cela explique en partie les faibles normes de comportement qui conduisent si souvent &#224; des trag&#233;dies. Pas moins qu'une personne qu'Adam Smith a observ&#233; que si les personnes ayant un int&#233;r&#234;t mat&#233;riel ont leur mot &#224; dire sur les normes qui visent &#224; les restreindre, elles vont certainement tromper. C'est exactement ce qui s'est pass&#233; dans la saga de Boeing (et les travestis de Volkswagen, de l'amiante, du tabac, des plastiques, etc.). Ce type de tromperie est d'autant plus facile que les r&#233;gulateurs, r&#233;gulatrices n'ont pas autant d'informations sur les risques que les cr&#233;ateurs, cr&#233;atrices de risques, qui sont suppos&#233;Es vertueux, vertueuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	-puisqu'en tant que capitalistes, les cr&#233;ateurs, cr&#233;atrices de risques se voient attribuer un r&#244;le actif dans l'&#233;tablissement et le maintien des normes impos&#233;es par les gouvernements, il est logique que les gouvernements leur demandent d'aider &#224; surveiller et &#224; appliquer les normes. Cela explique en partie le type d'accord chaleureux entre la FAA et Boeing lors du d&#233;veloppement de l'avion, une sorte d'arrangement qui est utilis&#233; de diverses mani&#232;res dans divers contextes r&#233;glementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	-comme tous les risques ne seront pas &#233;limin&#233;s par des r&#233;glementations n&#233;goci&#233;es, un syst&#232;me de r&#233;glementation autorise l'infliction de certains pr&#233;judices, de certaines blessures. Ce n'est que lorsque les capitalistes violent ces normes qu'ils, elles ont contribu&#233; &#224; &#233;tablir qu'il est m&#234;me question de leur demander des comptes. Un niveau sp&#233;cifi&#233; de torts inflig&#233;s aux non-capitalistes est l&#233;gitim&#233; pour garantir que des capitalistes indemnes mais vertueux, vertueuses puissent faire des profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce n'est pas un syst&#232;me tr&#232;s protecteur. C'est un syst&#232;me qui favorise les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des accidents planifi&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Parce qu'ils ne visent aucune victime sp&#233;cifique, les nombreux dommages graves inflig&#233;s aux non-capitalistes et &#224; leur environnement sont typiquement qualifi&#233;s d'accidents. Cela rend acceptables les dommages inflig&#233;s. Apr&#232;s tout, un accident est un &#233;v&#233;nement impr&#233;vu, un &#233;v&#233;nement inattendu. L'&#233;v&#233;nement, bien que regrettable, n'exige pas qu'on bl&#226;me ou fasse honte &#224; qui que ce soit. C'est l'illusion avec laquelle on nous demande de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Notre &#233;conomie politique en est une dans laquelle l'objectif central est l'accumulation priv&#233;e de richesses. La maximisation de profits dans un cadre concurrentiel est sa raison d'&#234;tre. Cela fa&#231;onne nos approches, nos lois et nos institutions. Tant la soci&#233;t&#233; que les syst&#232;mes de r&#233;glementation visant &#224; les contr&#244;ler sont con&#231;us pour transf&#233;rer les risques vers ceux et celles qui n'ont aucune richesse disponible &#224; investir. La classe ouvri&#232;re, en tant que classe, n'a pas la capacit&#233; &#233;quivalente de transf&#233;rer les co&#251;ts du mal sur les autres. Cela ne peut &#234;tre admis. Par cons&#233;quent, nous devons endurer tous ces discours stupides sur les accidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les avions de Boeing se sont &#233;cras&#233;s. Des personnes sont mortes. Ce n'&#233;taient pas des accidents, pas plus que l'amiante, le mercure, les intoxications au tabac, l'explosion de voitures et de trains, les &#233;missions toxiques, les d&#233;faillances financi&#232;res, etc. n'&#233;taient des accidents. Ces trag&#233;dies sont structur&#233;es dans le fonctionnement du capitalisme. Chaque jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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