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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Une semaine de manifestations et de r&#233;pression en Colombie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-semaine-de-manifestations-et-de-repression-en-Colombie</link>
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		<dc:date>2021-05-11T11:04:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olga L Gonzalez</dc:creator>


		<dc:subject>Colombie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-05-11</dc:subject>
		<dc:subject>Colombie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris ces lignes, une trentaines de personnes avaient p&#233;ri dans les manifestations d'avril-mai en Colombie. Mais il y a aussi, d'apr&#232;s les ONG, des centaines de &#171; disparus &#187; c'est-&#224;-dire de personnes emmen&#233;es par la police ou l'arm&#233;e et dont on n'a pas de nouvelles. Pourquoi cette mobilisation historique est-elle l'objet d'une telle r&#233;pression ? Cet article relate et essaye d'analyser les &#233;v&#233;nements &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y avait un homme que l'on voyait danser dans toutes les manifestations, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Colombie-+" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-05-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-05-11&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Colombie-1664-+" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton48178-ea05a.jpg?1679048975' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris ces lignes, une trentaines de personnes avaient p&#233;ri dans les manifestations d'avril-mai en Colombie. Mais il y a aussi, d'apr&#232;s les ONG, des centaines de &#171; disparus &#187; c'est-&#224;-dire de personnes emmen&#233;es par la police ou l'arm&#233;e et dont on n'a pas de nouvelles. Pourquoi cette mobilisation historique est-elle l'objet d'une telle r&#233;pression ? Cet article relate et essaye d'analyser les &#233;v&#233;nements&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/aNhXrJSJsek&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/olga-l-gonzalez/blog/060521/une-semaine-de-manifestations-et-de-repression-en-colombie&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/olga-l-g...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait un homme que l'on voyait danser dans toutes les manifestations, depuis une semaine, en Colombie. Au son des tambours, des slogans, il dansait, il faisait des pirouettes, il transmettait la joie et l'envie de protester. Il a beaucoup &#233;t&#233; film&#233;, et les passants &#233;taient conquis par le dynamisme qui l'animait. On a tir&#233; sur cet homme, Lucas Villa, le 5 mai 2021, en pleine manifestation, &#224; Pereira. Des individus lui ont tir&#233; dessus &#224; plusieurs reprises. A l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, il est en &#233;tat de mort c&#233;r&#233;brale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes sur place disent qu'il y a eu une complicit&#233; de la part des autorit&#233;s, parce qu'une coupure &#233;lectrique s'est produite juste avant que les tueurs arrivent. Ce crime grossit la liste des personnes bless&#233;es et mortes. Les manifestations ont d&#233;but&#233; le 28 avril 2021, suite &#224; l'appel &#224; une gr&#232;ve nationale (*paro nacional*) par des organisations syndicales et des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les motifs ? Initialement, il s'agissait de s'opposer au projet de r&#233;forme fiscale du gouvernement Duque. Un projet de r&#233;forme qui visait, selon leurs auteurs, &#224; affronter les effets de la crise &#233;conomique engendr&#233;e par la pand&#233;mie (il y a d&#233;sormais 42% de pauvres en Colombie, de nombreuses entreprises ont fait faillite, les maigres aides sociales apport&#233;es par le gouvernement ne suffisent pas &#224; pallier les &#233;normes difficult&#233;s de larges secteurs de la population).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Duque a pr&#233;par&#233; un projet de r&#233;forme de la fiscalit&#233; qui allait dans la direction oppos&#233;e de son pr&#233;c&#233;dent projet pr&#233;sent&#233; en 2019. Contrairement au pr&#233;c&#233;dent projet, g&#233;n&#233;reux en exon&#233;rations fiscales, celui-ci se proposait de taxer les entreprises. Mais il augmentait aussi les imp&#244;ts sur le revenu de la &#171; classe moyenne &#187; (c'est-&#224;-dire des personnes touchant un revenu mensuel sup&#233;rieur &#224; 2,5 millions de pesos, soit environ 540 euros) et augmentait le taux de la TVA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de loi avait la caract&#233;ristique de d&#233;plaire &#224; tous les secteurs : la droite, qui s'estimait l&#233;s&#233;e dans ses int&#233;r&#234;ts, et tous les secteurs de centre et de gauche. A l'appel des centrales syndicales et des mouvements sociaux, les Colombiens sont descendus dans la rue pour crier &#171; Non &#187; &#224; cette r&#233;forme fiscale. Mais ce n'&#233;tait pas tout : les Colombiens, surtout les jeunes, ont voulu manifester leur col&#232;re et leur indignation contre un gouvernement d&#233;cri&#233; dans pratiquement tous les domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son &#233;lection, le gouvernement Duque a suivi le sc&#233;nario de son mentor, l'ancien pr&#233;sident Uribe : attaques des accords de paix (le gouvernement Santos aurait &#171; offert le pays &#224; la gu&#233;rilla des Farc &#187;) ; militarisation croissante (dernier &#233;pisode : la promesse d'achat d'avions de guerre pour plus de 3 milliards d'euros) ; faibles actions contre les assassins de centaines de militants sociaux et environnementalistes ; volont&#233; de retour aux aspersions a&#233;riennes avec du glyphosate contre les cultures de coca ; gestion calamiteuse de la pand&#233;mie ; mesures populistes comme le fait de d&#233;cr&#233;ter, en pleine pand&#233;mie, &#171; trois jours sans TVA &#187; au cours desquels les riches Colombiens se sont ru&#233;s dans les magasins pour acheter des produits import&#233;s de luxe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, alors m&#234;me que le gouvernement a retir&#233; son projet de loi, les manifestations et les blocages se renforcent. La plupart des manifestations sont pacifiques, mais il y a des d&#233;bordements, des actes de vandalisme (incendies de postes de police et de banques, pillage de magasins, destruction de l'infrastructure de transport public&#8230;). Et une r&#233;ponse de plus en plus dure de la part du gouvernement, qui n'h&#233;site pas &#224; envoyer l'arm&#233;e en renfort dans de nombreuses villes, et &#224; rentrer chez les habitants, &#224; la recherche des &#171; terroristes &#187;. De nombreuses vid&#233;os tourn&#233;es par des citoyens circulent sur les r&#233;seaux sociaux. On y voit une police et une arm&#233;e en situation de guerre civile, tirant &#224; tout bout de champ (&#224; ce d&#233;tail pr&#232;s, que leurs opposants sont des civils non arm&#233;s). Les ONG s'efforcent de comptabiliser les nombreux cas qui leur parviennent. Le nombre de personnes disparues, c'est-&#224;-dire emmen&#233;es par la police ou l'arm&#233;e augmente jour apr&#232;s jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations d'avril-mai 2021 sont, dans un sens, la reprise de la mobilisation de novembre 2019, contre le paquet de r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales du moment (r&#233;formes de la fiscalit&#233;, du syst&#232;me de sant&#233;, etc&#8230;). Sauf que,&lt;br class='autobr' /&gt;
entre temps, il y a eu la pand&#233;mie &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/olga-l-gonzalez/blog/160420/acclimatation-violente-du-virus-en-colombie&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/olga-l-g...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; et son lot de d&#233;g&#226;ts : un confinement extr&#234;mement long (cinq mois) et tr&#232;s peu efficace, les ravages socio-&#233;conomiques, et surtout, les violences de septembre 2020. En effet, au moment du premier grand d&#233;confinement national en Colombie, des manifestations contre les violences polici&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/olga-l-gonzalez/blog/120920/septembre-violent-bogota&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/olga-l-g...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; ont donn&#233; lieu &#224;&#8230; plus de violences polici&#232;res. En l'espace de quatre jours, treize personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es, la plupart par les forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette r&#233;pression croissante vis-&#224;-vis des manifestants ? Comment expliquer que, de plus en plus, les manifestations convoqu&#233;es par les syndicats, les mouvements sociaux tournent &#224; cette escalade de violence d&#233;mesur&#233;e de la part du gouvernement ? Une partie de la r&#233;ponse, au moins, a &#233;t&#233; apport&#233;e par l'ancien pr&#233;sident Uribe, qui s'exerce &#224; semer la&lt;br class='autobr' /&gt;
confusion et la haine sur Twitter[1] &lt;#m_-4625527624879464385_m_-2755994454327832066__ftn1&gt;, o&#249; il a 5 millions d'abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 mai, dans ce climat d'agitation, M. Uribe a utilis&#233; une nouvelle expression sur son compte Twitter pour stigmatiser les manifestants. Il y parlait de &#034;r&#233;volution mol&#233;culaire dissip&#233;e&#034;. Derri&#232;re ce charabia, il y a une histoire qu'il convient de prendre au s&#233;rieux, car ce vocabulaire est le nouveau &#034;concept&#034; utilis&#233; par l'extr&#234;me droite colombienne pour combattre les manifestants. L'expression a &#233;t&#233; import&#233;e via un Chilien, Alex L&#243;pez, fervent adepte de Pinochet. A d&#233;faut d'&#234;tre pris au s&#233;rieux dans son pays, cet homme de filiation nazie est invit&#233; et &#233;cout&#233; comme un grand penseur en Colombie. Ses inepties sont devenues une r&#233;f&#233;rence dans les universit&#233;s militaires, ses propos sont repris par les publications de la Police Nationale &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://lasillavacia.com/revolucion-molecular-disipada-invento-neonazi-estudiada-fuerza-publica-81359&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lasillavacia.com/revolucion...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
, et se r&#233;pandent dans les cercles d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est toute simple : il n'y a plus de grande organisation qui dirige la r&#233;volution et le communisme, il y a des &#171; mol&#233;cules &#187;, des entit&#233;s autonomes qui poursuivent le m&#234;me objectif. L'ennemi, aujourd'hui, c'est l'ensemble de mol&#233;cules qui vise la destruction progressive de l'Etat, par exemple en pillant des supermarch&#233;s et en semant &#171; l'anarchie &#187;. Les d&#233;rives qui se produisent au cours des manifestations, vandalisme et destruction de stations de transport en commun, feraient partie d'une strat&#233;gie consciente de destruction du pouvoir en place. En somme, les manifestants viseraient &#224; &#034;d&#233;construire&#034; l'Etat. (Oui, cet intellectuel d'extr&#234;me-droite, Alex L&#243;pez, pr&#233;tend expliquer le monde en empruntant le vocabulaire des &#034;philosophes fran&#231;ais de Mai 68&#034;. Il cite Guattari, Derrida et d'autres pour se donner des airs de grand th&#233;oricien, et cela impressionne Uribe, ainsi qu'une partie de cette intelligentsia d'extr&#234;me-droite qui publie des tribunes d'opinion dans les grands journaux colombiens &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.elespectador.com/opinion/la-deconstruccion-i/?s=08&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.elespectador.com/opinio...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de militarisation des villes, de r&#233;pression hyper violente des manifestants et d'assassinat des promoteurs des manifestations s'appuie sur ce type de doctrine. En fait, le vieux sc&#233;nario anti-communiste primaire est remis &#224; jour. Et les vieilles connexions avec l'extr&#234;me-droite continentale resurgissent. Hier, l'extr&#234;me-droite faisait venir un Argentin, enseignant dans une universit&#233; parisienne[2] &lt;#m_-4625527624879464385_m_-2755994454327832066__ftn2&gt;, Mario Sandoval, pour donner des le&#231;ons aux paramilitaires colombiens. (Ce n'est que r&#233;cemment qu'il a &#233;t&#233; extrad&#233; en Argentine, o&#249; il est accus&#233; d'avoir appartenu &#224; des escadrons de la mort pendant la dictature). Aujourd'hui, on fait appel &#224; un Chilien nazi qui enveloppe son id&#233;ologie avec des mots sortis des livres de Guattari et de Derrida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me-droite colombienne aime la France (on pourrait tracer les affinit&#233;s plus loin : les penseurs qui ont inspir&#233; Laureano G&#243;mez, l'homme politique le plus important du parti conservateur au XX&#232;me si&#232;cle en Colombie et grand instigateur de la violence politique, &#233;taient L&#233;on Daudet et Maurice Barr&#232;s). Ces emprunts id&#233;ologiques sont import&#233;s dans le contexte local. Aujourd'hui, la &#171; r&#233;volution mol&#233;culaire dissip&#233;e &#187; fait partie du discours du gouvernement d'Ivan Duque, et c'est pour supprimer une de ces &#171; mol&#233;cules &#187; qu'on a voulu tuer Lucas Villa. Et chaque manifestation constitue un degr&#233; suppl&#233;mentaire de terreur officielle : en novembre 2019, il y a eu 4 morts et 250 bless&#233;s ; en septembre 2020, 13 morts et 300 bless&#233;s ; cette semaine, on comptabilise entre 24 et 37 morts selon les sources, et entre 87 et 300 civils bless&#233;s[3] &lt;#m_-4625527624879464385_m_-2755994454327832066__ftn3&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gu&#233;rilla des Farc n'existe plus, son parti politique (*Comunes*) est insignifiant num&#233;riquement, mais pour la droite et l'extr&#234;me droite, les &#171; terroristes &#187; sont toujours en action. Les grands m&#233;dias relayent tr&#232;s souvent cette approche caricaturale. Cependant, de plus en plus nombreux sont les Colombiens qui ne sont pas dupes de ces discours. Ils bravent la police, les militaires, et continuent &#224; sortir dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;#m_-4625527624879464385_m_-2755994454327832066__ftnref1&gt; R&#233;cemment, il&lt;br class='autobr' /&gt;
a du retirer un tweet o&#249; il accusait le mouvement indien (*La Minga*) de&lt;br class='autobr' /&gt;
brandir le drapeau de l'ELN (Arm&#233;e de Lib&#233;ration Nationale, une gu&#233;rilla&lt;br class='autobr' /&gt;
encore active). A-t-il sinc&#232;rement confondu le drapeau du mouvement indien&lt;br class='autobr' /&gt;
avec celui de l'ELN ou bien, cherchait-il &#224; stigmatiser un mouvement qui&lt;br class='autobr' /&gt;
lui a toujours &#233;t&#233; hostile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;#m_-4625527624879464385_m_-2755994454327832066__ftnref2&gt; Voir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'itin&#233;raire fran&#231;ais d'un tortionnaire Argentin : Mario Sandoval, un ex&lt;br class='autobr' /&gt;
des escadrons de la mort &#224; la Sorbonne &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.streetpress.com/sujet/1600694927-mario-sandoval-ex-escadrons-de-la-mort-la-sorbonne-france-argentine-criminel-extradition-justice&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.streetpress.com/sujet/1600694927-mario-sandoval-ex-escadrons-de-la-mort-la-sorbonne-france-argentine-criminel-extradition-justice&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;#m_-4625527624879464385_m_-2755994454327832066__ftnref3&gt; L'ONG *Temblores&lt;br class='autobr' /&gt;
*donne les chiffres les plus &#233;lev&#233;s, tandis que la Defensoria (organismes&lt;br class='autobr' /&gt;
officiel donne des chiffres plus bas). Voir : &#171; Piden rigurosidad en las&lt;br class='autobr' /&gt;
cifras de muertos y desaparecidos&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.eltiempo.com/unidad-investigativa/desaparecidos-y-muertos-en-movilizaciones-distrito-pide-rigurosidad-586582&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.eltiempo.com/unidad-inv...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br class='autobr' /&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;===========&lt;br class='autobr' /&gt;
Olga L Gonzalez&lt;br class='autobr' /&gt;
Docteure en sociologie&lt;br class='autobr' /&gt;
Chercheure associ&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
UMR Urmis, Universit&#233; Paris Diderot&lt;br class='autobr' /&gt;
Fellow de l'Institut Convergences Migrations&lt;br class='autobr' /&gt;
Site web professionnel : &lt;a href=&#034;http://olgagonzalez.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://olgagonzalez.wordpress.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Coordinatrice R&#233;seau : &lt;a href=&#034;https://latinosvih.hypotheses.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://latinosvih.hypotheses.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Avortement l&#233;gal en Argentine ! Et ailleurs en Am&#233;rique latine ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Avortement-legal-en-Argentine-Et-ailleurs-en-Amerique-latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Avortement-legal-en-Argentine-Et-ailleurs-en-Amerique-latine</guid>
		<dc:date>2021-01-19T12:32:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olga L Gonzalez</dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-01-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parlement argentin a vot&#233;, &#224; la toute fin de l'ann&#233;e 2020, une loi historique qui l&#233;galise l'avortement dans ce pays. L'interruption volontaire de grossesse devient l&#233;gale jusqu'&#224; la quatorzi&#232;me semaine de la grossesse. Apr&#232;s Cuba, l'Uruguay, le Guyana et Puerto Rico, l'Argentine devient le cinqui&#232;me pays d'Am&#233;rique latine &#224; autoriser ce droit fondamental aux femmes. &lt;br class='autobr' /&gt; Paru sur le site Contretemps 7 janvier 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Olga L Gonzalez &lt;br class='autobr' /&gt;
Du fait de son importance dans le continent, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-des-femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton46289-6d5d8.jpg?1679107024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Parlement argentin a vot&#233;, &#224; la toute fin de l'ann&#233;e 2020, une loi historique qui l&#233;galise l'avortement dans ce pays. L'interruption volontaire de grossesse devient l&#233;gale jusqu'&#224; la quatorzi&#232;me semaine de la grossesse. Apr&#232;s Cuba, l'Uruguay, le Guyana et Puerto Rico, l'Argentine devient le cinqui&#232;me pays d'Am&#233;rique latine &#224; autoriser ce droit fondamental aux femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paru sur le site Contretemps&lt;br class='autobr' /&gt;
7 janvier 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Olga L Gonzalez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de son importance dans le continent, on pourrait penser que ce vote influera grandement dans les d&#233;bats relatifs &#224; l'avortement dans plusieurs autres pays d'Am&#233;rique latine. Cependant, on le verra, le d&#233;bat se d&#233;roule de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente dans les autres pays. En particulier, il est peu probable qu'un d&#233;bat parlementaire y ait lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olga L. Gonzalez est docteure en sociologie, chercheure associ&#233;e &#224; l'Urmis, Universit&#233; de Paris, Fellow de l'Institut Convergences Migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'examiner les termes du d&#233;bat et les lois relatives &#224; l'avortement dans le reste du continent, il convient de s'interroger sur les raisons du revirement politique argentin. Il faut en effet se rappeler de l'immense d&#233;ception de 2018, quand le S&#233;nat argentin, lors d'un vote tr&#232;s serr&#233;, se pronon&#231;a majoritairement contre le projet de loi pour l'avortement, alors que dehors, les rues &#233;taient gagn&#233;es &#224; la cause de l'avortement. La d&#233;ception fut d'autant plus grande que c'&#233;tait la premi&#232;re fois que le Parlement argentin examinait un projet de loi sur cette question. Qu'est-ce qui a chang&#233; depuis ? Quels facteurs expliquent le triomphe politique d'aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement dans l'ex&#233;cutif a &#233;t&#233; point&#233; par des analystes comme un facteur d&#233;terminant. En effet, le pr&#233;sident Alberto Fernandez, p&#233;roniste, a &#233;t&#233; un soutien ferme de la loi. Aujourd'hui, il affirme aujourd'hui s'&#234;tre toujours oppos&#233;, en tant que professeur universitaire (il est juriste), &#224; la p&#233;nalisation des femmes qui avortent. D&#232;s 2018, et avant de devenir candidat pr&#233;sidentiel, il avait ouvertement pris parti pour l'IVG ; celle-ci fut &#233;galement une de ses promesses durant la campagne &#233;lectorale de 2019. Mais ce soutien politique semble traduire surtout la volont&#233; de se mettre en phase avec la majorit&#233; des citoyens. Le cas de son pr&#233;d&#233;cesseur, Mauricio Macri est, lui tr&#232;s &#233;loquent. Oppos&#233; personnellement &#224; l'avortement, celui qui affirmait en 2015 : &#171; L'Argentine n'est pas pr&#234;te pour ce d&#233;bat &#187;, ouvrait les s&#233;ances parlementaires de 2018 en invitant &#224; r&#233;aliser un d&#233;bat sur l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce m&#234;me registre de volte-face politique, rappelons que l'ancienne pr&#233;sidente p&#233;roniste Cristina Kirchner (2007 &#8211; 2015) avait &#233;t&#233;, elle aussi, une ferme opposante &#224; ce droit en raison de ses convictions personnelles. Si elle a chang&#233; d'avis en 2018, tout comme plusieurs autres d&#233;put&#233;s et personnalit&#233;s politiques, c'est sans aucun doute &#224; cause de l'immense mobilisation f&#233;ministe en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH346/95e78b8a5efec47d-6aa02810-114c0.jpg?1722247247' width='500' height='346' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Juin 2018. Face au Congr&#232;s, les opposants &#224; la loi (&#224; gauche) et les partisans de la loi (&#224; droite) &#169; Prensa obrera &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.prensaobrera.com/politicas/42817-en-las-calles-la-multitud-a-favor-de-la-ley-impuso-su-presencia&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.prensaobrera.com/politicas/42817-en-las-calles-la-multitud-a-favor-de-la-ley-impuso-su-presencia&lt;/a&gt;, CC BY-SA 4.0, https:/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour l'avortement est une des causes majeures du tr&#232;s dynamique et tr&#232;s divers mouvement f&#233;ministe argentin. La &#171; mar&#233;e verte &#187;, du nom du symbole de la manifestation pour le droit &#224; l'avortement (le foulard vert est brandi par les partisans de l'avortement, bien qu'on ignore l'origine pr&#233;cise de ce symbole) s'inscrit pleinement dans les mobilisations r&#233;centes dans le pays, et notamment celles, tr&#232;s imposantes, contre les f&#233;minicides (#NiUnaMenos), d&#232;s 2015, et pour la gr&#232;ve des femmes, en 2017 (#NosotrasParamos). Port&#233; majoritairement par les jeunes, ce mouvement est pr&#233;sent dans l'espace public sous le mode traditionnel des manifestations et &#233;galement dans les r&#233;seaux sociaux. Dans tous les cas, il entend bousculer le patriarcat et son syst&#232;me de valeurs et de privil&#232;ges. Le projet de loi de 2018, puis celui pr&#233;sent&#233; en 2020, ont &#233;t&#233; un catalyseur des diff&#233;rents secteurs f&#233;ministes, des groupes locaux aux grandes f&#233;d&#233;rations d'&#233;tudiants, en passant par les repr&#233;sentants de syndicats, les mouvements de ch&#244;meurs, des usines &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;es &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie n'a pas cass&#233; la dynamique en &#339;uvre. Comme le dit Claudia Korol, militante f&#233;ministe et Professeure &#224; l'Universit&#233; populaire des &#171; m&#232;res de la place de mai &#187; &#224; Buenos Aires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous sommes pass&#233;es du &#171; Reste &#224; la maison &#187; au &#171; Sortons ! Pour la loi ! &#187;. Ce slogan fut cr&#233;&#233; par la Campagne[1] pour expliquer que la probabilit&#233; que la loi soit approuv&#233;e d&#233;pendait de l'envergure de la Mar&#233;e verte dans les rues. Nous retrouver sous le mode &#171; mar&#233;e verte &#187; nous a donn&#233; beaucoup d'espoir, il nous a coll&#233; &#224; la peau. Nous nous sommes regard&#233;es, avec un m&#233;lange de joie et d'incr&#233;dulit&#233;, curieux de savoir comment nous &#233;tions, apr&#232;s tout ce temps confin&#233;s. &#171; Nous y sommes &#187; ? &#8211;&#171; Oui, nous y sommes ! Et on continue ! &#187;. Malgr&#233; les masques, malgr&#233; la distance physique impos&#233;e par le soin des uns vis-&#224;-vis des autres, nous ne pouvions r&#233;sister &#224; l'&#233;lan. On se serre, coude contre coude, poing contre poing, nous nous sommes retrouv&#233;s, non plus par le biais d'un &#233;cran, mais en chair et en os, dans des corps d&#233;gourdis gr&#226;ce &#224; la mar&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les deux projets de loi (2018 et 2020) sont la suite de cette immense mobilisation f&#233;ministe (dont on peut voir des traits dans le documentaire de Felipe Solanas, Que sea ley).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il des autres pays d'Am&#233;rique latine ? Au niveau l&#233;gal, l'avortement y est p&#233;nalis&#233; sauf, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, pour les exceptions relatives &#224; ce que l'on nomme commun&#233;ment l' &#171; avortement th&#233;rapeutique &#187;, c'est-&#224;-dire 1) l'interruption m&#233;dicale de grossesse en cas de risque vital pour la femme enceinte ou 2) en cas de malformation du f&#339;tus. Un troisi&#232;me cas de figure, en cas de viol de la m&#232;re, est parfois pris en compte &#233;galement. Cependant, tous les pays n'autorisent pas ces trois cas de figure (ainsi, au P&#233;rou, en Equateur l'avortement n'est pas autoris&#233; en cas de viol). De plus, certains pays (comme le Nicaragua, le Honduras, El Salvador ou la R&#233;publique Dominicaine) n'autorisent l'avortement sous aucuns cas de figure. Les proc&#232;s et les peines sont s&#233;v&#232;res. Ainsi, au Salvador, au P&#233;rou, en Colombie, en Equateur, au Mexique, des femmes sont d&#233;nonc&#233;es, poursuivies, harcel&#233;es, pouss&#233;es au suicide, emprisonn&#233;es. R&#233;cemment au Br&#233;sil, l'avortement d'une fille &#226;g&#233;e de dix ans (apr&#232;s un viol par son oncle) fut condamn&#233; par la ministre de la famille, &#233;vang&#233;lique. Il s'ensuivit un lynchage m&#233;diatique de cet enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce contexte tr&#232;s hostile, dans les grandes villes du continent l'avortement clandestin se pratique au su de tout le monde, moyennant des sommes et des contacts que les femmes les plus pauvres, les plus isol&#233;es ou les plus jeunes ne peuvent pas se procurer. Ce sont elles qui courent le plus de risques en termes de sant&#233; ; ce sont elle, &#233;galement, qui sont le plus souvent poursuivies d&#233;nonc&#233;es et p&#233;nalement poursuivies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, quel est le type de mobilisation d&#233;ploy&#233; par les femmes ? Prenons le cas de la Colombie, troisi&#232;me pays le plus peupl&#233; du continent latino-am&#233;ricain apr&#232;s le Br&#233;sil et le Mexique. L'avortement y est autoris&#233; dans les trois cas de figure signal&#233;s plus haut. Cependant, les avortements l&#233;gaux ne repr&#233;sentent qu'une fraction des centaines de milliers d'avortements clandestins qui sont r&#233;alis&#233;s tous les ans. Et alors m&#234;me qu'elles auraient th&#233;oriquement droit &#224; l'avortement, de tr&#232;s nombreuses femmes ne r&#233;ussissent pas &#224; se faire pratiquer une IVG (une des raisons peut &#234;tre, par exemple, le refus des gestionnaires d'&#233;tablissements de sant&#233; d'autoriser cette intervention).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes f&#233;ministes, conscients de cette situation, d&#233;noncent les &#171; barri&#232;res syst&#233;miques &#187; pour avorter, m&#234;me l&#233;galement. Etudes et donn&#233;es &#224; l'appui, elles ont demand&#233; &#224; la Cour Constitutionnelle de statuer sur le droit &#224; l'avortement. Comme l'explique Ana Cristina Gonz&#225;lez, une des leaders de la campagne &#171; Causa justa &#187; (Cause juste) en Colombie, groupe &#224; l'origine de la demande faite &#224; la Cour Constitutionnelle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 2006, quand la Cour Constitutionnelle a d&#233;p&#233;nalis&#233; l'avortement dans les trois cas de figure [l&#233;galisation de l'avortement dans les trois cas de figure : en cas de malformation du f&#339;tus, s'il y a quelque risque de sant&#233; pour la m&#232;re ou en cas de viol], nous avons pris la d&#233;cision d'accompagner ce jugement. Nous nous sommes dit : &#171; Soit, nous allons faire de notre mieux pour que ces trois causes signifient un vrai changement dans la vie des femmes &#187;. Mais &#224; un moment donn&#233;, nous nous sommes rendu compte que le mod&#232;le des trois causes est &#233;puis&#233;. Les femmes sont confront&#233;es &#224; de plus en plus d'obstacles et de barri&#232;res. Elles sont criminalis&#233;es, elles sont de plus en plus poursuivies. On voit les in&#233;galit&#233;s &#224; l'&#339;uvre : les femmes de Bogota ont davantage la possibilit&#233; d'avorter que d'autres femmes. Par ailleurs, il y a une r&#233;action conservatrice brutale. Pour ces raisons, nous nous sommes dit qu'il fallait abandonner notre soutien au &#171; mod&#232;le des trois causes &#187;, et lutter davantage pour le fond de l'affaire, la juste cause : &#233;liminer du code p&#233;nal le d&#233;lit d'avortement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi passer par les instances juridiques ? En Colombie comme dans la plupart des autres pays d'Am&#233;rique latine, il n'existe aucune possibilit&#233; pour que la d&#233;p&#233;nalisation de l'avortement soit vot&#233;e au Parlement. Bien au contraire : les rares occasions o&#249; ce sujet a &#233;t&#233; abord&#233; dans le Parlement se sont sold&#233;es par un &#233;norme &#233;chec. Les raisons ? D'un c&#244;t&#233;, les partis h&#233;g&#233;moniques dans ces parlements se situent aujourd'hui &#224; droite. D'autre part, un bon nombre de d&#233;put&#233;s appartiennent &#224; des &#233;glises (qu'ils appartiennent ou non &#224; des partis religieux) et militent contre les droits des femmes. Enfin, m&#234;me dans les partis les plus progressistes, ou situ&#233;s &#224; gauche dans l'&#233;chiquier politique, le recours &#224; l'IVG ne fait pas le consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, les ONG f&#233;ministes d&#233;ploient des strat&#233;gies juridiques : c'est par le biais de &#171; tutelas &#187;, un recours constitutionnel interpos&#233; par les citoyens en cas d'atteintes &#224; leurs droits fondamentaux[2], ou en &#233;voquant des lois supranationales[3], qu'elles esp&#232;rent obtenir des modifications l&#233;gales. Ainsi, r&#233;guli&#232;rement, les juges et les magistrats doivent r&#233;soudre ces recours l&#233;gaux. De fait, avant 2006, tous les cas de figure de l'avortement &#233;taient interdits par la loi en Colombie. Une &#171; tutela &#187; permit d'autoriser les trois cas cit&#233;s, qui cependant ne sont pas respect&#233;s et donnent lieu &#224; de nouveaux recours de la part de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5448 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH283/b970a1e68de97604-7a845d02-0b183.jpg?1722247247' width='500' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bogota, 2020. Des militantes f&#233;ministes brandissent le foulard vert devant le Palais de Justice, si&#232;ge de la Cour Constitutionnelle qui doit examiner une &#171; tutela &#187; pour l'IVG. &#169; Movimiento Causa Justa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un changement sur le fond est-il possible ? En 2021, la Cour Constitutionnelle colombienne devra statuer sur un nouveau recours de tutela. Les plaignantes esp&#232;rent, une fois pour toutes, d&#233;p&#233;naliser l'avortement. Cependant, leurs chances sont minces. D'un c&#244;t&#233;, les opposants &#224; l'avortement sont forts et tr&#232;s organis&#233;s. Ils rassemblent les adeptes des &#233;glises (catholique et pentec&#244;tistes) et les partis et secteurs conservateurs. Ils interposent, eux aussi des recours juridiques pour le restreindre davantage. D'autre part, les d&#233;cisions d&#233;pendent de la pr&#233;sence de forces progressistes au sein des hautes Cours. Enfin, et surtout, ce type de d&#233;bat porte sur des aspects juridiques relativement techniques et complexes, qui ne mobilisent pas la population. Or, comme l'exp&#233;rience argentine le montre, les changements politiques s'inscrivent dans un cadre plus large de mobilisations f&#233;ministes et de changement des mentalit&#233;s. Il reste cependant &#224; esp&#233;rer que le grand bond en avant en Argentine insufflera des forces &#233;galement aux mouvements f&#233;ministes, bien pr&#233;sents dans les autres pays de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; d'abord, sous une forme plus courte, sur le blog d'Olga L. Gonzalez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La Campa&#241;a Nacional por el Derecho al Aborto Legal, Seguro y Gratuito (Campagne Nationale pour le Droit &#224; l'Avortement L&#233;gal, S&#251;r et Gratuit) est le nom du r&#233;seau de plus de 300 groupes f&#233;ministes qui se sont organis&#233;es depuis 2005 dans la lutte pour la l&#233;galisation de l'IVG. Leur slogan : &#171; Education sexuelle pour d&#233;cider, anticonceptifs pour ne pas avorter, avortement l&#233;gal pou ne pas mourir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Bien qu'inspir&#233;e de l' &#171; amparo &#187; espagnol (voir Manuel J. Cepeda, &#171; El derecho a la Constituci&#243;n en Colombia : entre la rebeli&#243;n pac&#237;fica y la esperanza&#8221;, Revista espa&#241;ola de derecho constitucional, a&#241;o 15, n&#250;mero 44, mayo-agosto 1995), la &#171; tutela &#187; n'a pas de r&#233;el &#233;quivalent ailleurs dans le monde. Tr&#232;s employ&#233;e en Colombie pour faire respecter la loi (plus de 600 mille tutelas sont formul&#233;es tous les ans), la tutela est un des sympt&#244;mes du dysfonctionnement s&#233;v&#232;re des institutions en Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Notamment, sont mobilis&#233;s les principes et les lois contenus dans la Commission Interam&#233;ricaine des Droits de l'Homme, CIDH, institution rattach&#233;e l'Organisation des Etats Am&#233;ricains et bas&#233;e &#224; Washington. Les juristes latino-am&#233;ricains s'appuient sur les d&#233;cisions de cette institution pour appuyer leurs demandes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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