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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>R&#233;volte en Tunisie. 10 ans apr&#232;s la r&#233;volution, la jeunesse brave le couvre-feu et la r&#233;pression</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Revolte-en-Tunisie-10-ans-apres-la-revolution-la-jeunesse-brave-le-couvre-feu</link>
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		<dc:date>2021-01-26T07:09:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mateo Falcone</dc:creator>


		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-01-26</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis 5 jours, de nombreuses manifestations nocturnes se sont d&#233;roul&#233;es dans le pays. Des milliers de jeunes sont sortis dans la rue malgr&#233; le couvre-feu avanc&#233; &#224; 16 h, affrontant parfois les forces de police, pour protester contre les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique, politique et sanitaire qui traverse le pays. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site R&#233;volution Permanente 20 janvier 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mateo Falcone &lt;br class='autobr' /&gt;
Nuit d'&#233;meute dans le quartier du 18 janvier dans le quartier populaire de Hay Ettadhamen &#224; Tunis. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-01-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-01-26&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton46415-4a6e2.jpg?1781199863' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 5 jours, de nombreuses manifestations nocturnes se sont d&#233;roul&#233;es dans le pays. Des milliers de jeunes sont sortis dans la rue malgr&#233; le couvre-feu avanc&#233; &#224; 16 h, affrontant parfois les forces de police, pour protester contre les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique, politique et sanitaire qui traverse le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site R&#233;volution Permanente&lt;br class='autobr' /&gt;
20 janvier 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Mateo Falcone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit d'&#233;meute dans le quartier du 18 janvier dans le quartier populaire de Hay Ettadhamen &#224; Tunis. Cr&#233;dit photo : Fethi Belaid, AFP&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui nous fait sortir dans la rue c'est qu'il n'y a pas d'avenir. Il n'y a pas d'avenir dans ce pays ! &lt;/i&gt; &#187;, nous raconte Tayeb, habitant du quartier populaire de Beb Jdid dans le centre-ville de Tunis. La nuit derni&#232;re il a particip&#233; aux &#233;meutes, dans le quartier d'Ettadhamen en p&#233;riph&#233;rie de la ville. &#171; &lt;i&gt;Nous on sait qu'on ne va pas trouver de travail, il vaut mieux partir d'ici, d'ailleurs tous le quartier veut partir &lt;/i&gt; &#187;, c'est ce sentiment de d&#233;sespoir qui anime une grande partie de la jeunesse tunisienne aujourd'hui, face &#224; la crise sociale, &#233;conomique, politique et sanitaire in&#233;dite qui traverse le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, dans de nombreuses r&#233;gions de la Tunisie, les denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ont vu leur prix augmenter : semoule, farine, huile, l&#233;gume et fruits ont parfois doubl&#233;, voire tripl&#233; de prix. Cette augmentation s'explique en partie par l'augmentation des tarifs d'importation pour les produits n&#233;cessaires &#224; l'agriculture (comme les pesticides ou les sels min&#233;raux), et par une sp&#233;culation organis&#233;e par les grands commerces qui tentent de profiter des diff&#233;rentes vagues de p&#233;nurie. Cette augmentation du co&#251;t de la vie qui s'est acc&#233;l&#233;r&#233; depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, combin&#233;e avec plusieurs vagues de licenciements dans les secteurs industriels a plong&#233; les classes populaires tunisiennes dans une pr&#233;carit&#233; extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute une gestion de la crise sanitaire de la pand&#233;mie Covid-19 dramatique, dans un pays o&#249; les infrastructures de sant&#233; sont vuln&#233;rables : manque d'investissements, de cadres m&#233;dicaux, de m&#233;dicaments, et un syst&#232;me de corruption au sein des h&#244;pitaux. Le 8 d&#233;cembre le personnel m&#233;dical tunisien, appuy&#233; par les &#233;tudiants de la sant&#233;, avaient manifest&#233; leur col&#232;re, suite au d&#233;c&#232;s d'un jeune interne apr&#232;s une chute d'ascenseur d&#233;fectueux dans un h&#244;pital. Ils avaient exprim&#233; leur volont&#233; de sauver l'h&#244;pital public condamn&#233; au &#171; naufrage &#187; par les politiques n&#233;o-lib&#233;rales des gouvernement successifs. Le d&#233;ficit du syst&#232;me de sant&#233; inqui&#232;te aujourd'hui grandement, face &#224; une accentuation de la pand&#233;mie Covid-19, avec plus de 50 morts par jour. Au 18 janvier, la Tunisie d&#233;nombrait 180.090 cas, et 5 692 d&#233;c&#232;s. Une situation dramatique de recrudescence de l'&#233;pid&#233;mie face &#224; laquelle les soignants alertent quant au manque de lits disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH250/80548fae4a59262f-5ac1f4c1-f546b.jpg?1781199863' width='500' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le personnel m&#233;dical manifestant &#224; Tunis, le 4 d&#233;cembre 2020, pour revendiquer des moyens pour l'h&#244;pital public. Credit photo : Fethi Belaid, AFP&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement tunisien, dirig&#233; par le Premier ministre Hichem Mechichi, a de son c&#244;t&#233; d&#233;cid&#233; de mettre en place un confinement national &#224; partir du 14 janvier pour une dur&#233;e de quatre jours, avec un couvre-feu commen&#231;ant &#224; 16h, afin de contrer le rebond &#233;pid&#233;mique tout en restant sourd aux revendications des soignants. Une gestion r&#233;pressive de la crise sanitaire qui a par ailleurs servi au gouvernement pour emp&#234;cher les diff&#233;rentes organisations politiques et syndicale de manifester le jour de l'anniversaire des 10 ans de la r&#233;volution. En effet, c'est le 14 janvier 2011 que le dictateur Zine El-Abidine Ben Ali avait fui le pays suite &#224; la r&#233;volte massive d&#233;clench&#233; par l'immolation de Mohammed Bouazizi, un jeune vendeur de fruit et l&#233;gume harcel&#233; par la police &#224; Sidi Bouzid. Un geste qui avait provoqu&#233; l'&#233;motion parmi la jeunesse et les classes populaires tunisiennes, confront&#233;es &#224; la pr&#233;carit&#233; et &#224; l'arbitraire policier du r&#233;gime de Ben Ali, for&#231;ant la direction de la principale et puissante centrale syndicale tunisienne, l'UGTT, &#224; appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sur tout le territoire le 12 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le d&#233;part du clan au pouvoir et l'embrasement des pays voisins de l'Egypte &#224; la Syrie, plus connu sous le nom des Printemps Arabes, les travailleurs, la jeunesse et les couches populaires tunisiennes ne sont pas parvenues &#224; imposer leur alternative politique au-del&#224; de conqu&#234;tes d&#233;mocratiques partielles. Depuis, l'instabilit&#233; politique du r&#233;gime qui a vu se succ&#233;der neuf gouvernements diff&#233;rents, combin&#233; avec la domination des bailleurs de fonds internationaux notamment europ&#233;ens qui exigent toujours plus de r&#233;formes d'aust&#233;rit&#233; en &#233;change de pr&#234;ts dont d&#233;pend le gouvernement tunisien, a entra&#238;n&#233; une pr&#233;carisation accrue de la soci&#233;t&#233;, ainsi que l'accroissement du ch&#244;mage, de la mis&#232;re et des in&#233;galit&#233;s. D'autre part, force est de constater que la r&#233;pression des mouvements sociaux ainsi que le harc&#232;lement policier quotidien dans les quartiers populaires n'a pas cess&#233;. R&#233;cemment encore les r&#233;seaux sociaux s'&#233;taient indign&#233;s d'une arrestation d'un jeune de 16 ans, qui avait tent&#233; de d&#233;fendre son p&#232;re harcel&#233; par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte la lutte dans la rue a repris du galon ces derniers mois notamment avec d'importantes gr&#232;ves dans le Sud du pays, dans les industries de p&#233;trole et de phosphate. Mais aussi avec de nombreuses manifestations &#233;tudiantes et jeunes ch&#244;meurs dans un pays o&#249; plus 35% des jeunes entre 16 et 24 ans sont au ch&#244;mage, et qui comptait d&#233;j&#224; au moins 262.700 jeunes dipl&#244;m&#233;s au ch&#244;mage au 3&#232;me trimestre 2019 selon l'Institut National de la Statistique. Une situation qui s'est aggarv&#233; avec la crise &#233;conomique mondiale, et le chute de 9% du PIB tunisien. De nombreux &#233;tudiants tr&#232;s qualifi&#233;s se retrouvent dans l'incapacit&#233; de trouver du travail face &#224; des entreprises &#233;trang&#232;res qui maintiennent les moyens de production dans un &#233;tat de sous-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre derniers jours ont ainsi &#233;t&#233; marqu&#233;s par des coups de col&#232;re d'une partie de la jeunesse de ces quartiers populaires. Face &#224; une situation de d&#233;tresse alimentaire plusieurs pillages de grandes surfaces ont eu lieu. Afin de disperser les &#233;meutiers, la police a eu recours &#224; un usage massif de gaz lacrymog&#232;ne, et a proc&#233;d&#233; &#224; des arrestations massives. Dimanche soir, plus de 600 arrestations avaient eu lieu, souvent brutales comme en t&#233;moignent plusieurs vid&#233;os sur les r&#233;seaux sociaux. &#171; &lt;i&gt;La police, tous les jours elle est dans nos quartiers pour nous maltraiter, leurs pratiques elles n'ont pas chang&#233; depuis Ben Ali, si on est arr&#234;t&#233; on se fera tabass&#233;. Mais on n'en peut plus, ce syst&#232;me nous pousse &#224; bout&lt;/i&gt; &#187;, nous confie Tayeb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hatem, militant &#224; la Ligue Gauche Ouvri&#232;re, &#171; la situation est critique dans le pays, la faiblesse de l'&#201;tat, et les conditions d'existence pousse &#224; bout les masses de jeunes qui ne voient aucun avenir. Il nous faut nous organiser commencer &#224; sortir des revendications, mobiliser dans nos quartiers, dans nos lieux d'&#233;tudes, sur nos lieux de travail &#187;. Ce lundi a eu lieu une manifestation organis&#233;e par les jeunes dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs pour exiger la lib&#233;ration de leurs camarades interpell&#233;s. Cette manifestation qui s'est d&#233;roul&#233; sur l'avenue Bourguiba a &#233;t&#233; violemment dispers&#233;e par la police et plusieurs interpellations ont eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un gouvernement &#224; la solde des bailleurs de fonds internationaux, une situation de crise sociale et &#233;conomique qui plonge les masses populaires dans la pr&#233;carit&#233; extr&#234;me, et la r&#233;pression polici&#232;re au service d'un syst&#232;me &#224; bout de souffle, seule la lutte et la solidarit&#233; des exploit&#233;s et des opprim&#233;s paie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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