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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'&#233;cologie dans le jeune Etat sovi&#233;tique</title>
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		<dc:date>2021-02-23T07:38:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Prune Fabre, Violette Ren&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;volution de 1917, les premiers pas du jeune &#233;tat sovi&#233;tique en Russie virent des avanc&#233;es &#233;tonnantes en mati&#232;re d'&#233;cologie et de protection des espaces naturels, loin de l'image largement r&#233;pandue par la suite par le stalinisme et son productivisme forcen&#233;. Retour sur cet &#233;pisode historique. &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;volution Permanente 17 f&#233;vrier 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Prune Fabre et Violette Ren&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers pas du bolchevisme en faveur de l'&#233;cologie &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;bauches d'une pratique politique &#233;cologique du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton46871-58692.jpg?1781863409' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;volution de 1917, les premiers pas du jeune &#233;tat sovi&#233;tique en Russie virent des avanc&#233;es &#233;tonnantes en mati&#232;re d'&#233;cologie et de protection des espaces naturels, loin de l'image largement r&#233;pandue par la suite par le stalinisme et son productivisme forcen&#233;. Retour sur cet &#233;pisode historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente&lt;br class='autobr' /&gt;
17 f&#233;vrier 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Prune Fabre et Violette Ren&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premiers pas du bolchevisme en faveur de l'&#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;bauches d'une pratique politique &#233;cologique du l&#233;ninisme s'enracinent dans la th&#233;orie marxiste et les id&#233;es d&#233;velopp&#233;es par Marx et Engels. La question de la nature et ses limites font partie int&#233;grante de leurs r&#233;flexions, particuli&#232;rement &#224; la fin de leur vie. C'est le cas par exemple lorsque Marx critique la nature d'un capitalisme qui exploite &#224; la fois les travailleurs et les ressources naturelles : &#171; Chaque progr&#232;s de l'agriculture capitaliste est un progr&#232;s non seulement dans l'art d'exploiter le travailleur, mais encore dans l'art de d&#233;pouiller le sol ; chaque progr&#232;s dans l'art d'accro&#238;tre sa fertilit&#233; pour un temps [est] un progr&#232;s dans la ruine de ses sources durables de fertilit&#233; &#187; [1]. Marx d&#233;veloppe ici une r&#233;flexion sur la nature intrins&#232;quement destructrice du progr&#232;s capitaliste car il est tant un syst&#232;me d'exploitation du travailleur que de la nature, &#224; des fins de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation r&#233;volutionnaire du monde d&#233;fendue par le marxisme pose aussi intrins&#232;quement la question &#233;cologique &#8211; m&#234;me s'il ne s'en revendique pas &#224; l'&#233;poque. La reprise en main collective des moyens de production par les travailleurs est en effet un moyen de reprendre le contr&#244;le sur ce qui est produit, comment et pourquoi, de planifier la production en fonction des besoins des populations et dans la limite des possibilit&#233;s et des ressources naturelles disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce sens que la jeune Russie sovi&#233;tique se dirigea avec ses premi&#232;res mesures. Comme le souligne Daniel Tanuro, si le risque d'une crise &#233;cologique globale &#233;tait loin d'&#234;tre compris &#224; l'&#233;poque et s'il serait anachronique de faire des bolcheviks des militants &#233;cologistes avant l'heure, la politique de conservation mise en place par le jeune pouvoir sovi&#233;tique &#233;tait prometteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la guerre civile battait son plein en Russie, des lois en faveur de la protection des espaces naturels furent mises en place. Deux jours &#224; peine apr&#232;s avoir saisi le pouvoir, les bolcheviks publi&#232;rent le d&#233;cret &#171; Sur la terre &#187;, qui nationalise l'ensemble des for&#234;ts, des eaux et des min&#233;raux. C'est &#224; peine un an plus tard que la loi &#171; Sur les for&#234;ts &#187; vient r&#233;partir les for&#234;ts de Russie entre un secteur exploitable et un secteur prot&#233;g&#233;. Pour paraphraser L&#233;nine, le secteur prot&#233;g&#233; visait &#224; la &#171; pr&#233;servation des monuments de la nature &#187;. Mais il en &#233;tait conscient : la nationalisation n'&#233;tait qu'une pr&#233;condition n&#233;cessaire, qui ne suffisait pas &#224; garantir une politique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux premi&#232;res mesures montrent la place non n&#233;gligeable qu'accordaient les bolcheviks &#224; la pr&#233;servation de la nature. En 1919, L&#233;nine d&#233;clarait ainsi lorsqu'il approuvait le plan d'une r&#233;serve naturelle dans le delta de la Volga que &#171; la conservation de la nature est importante pour l'ensemble de la R&#233;publique. J'y accorde une importance primordiale. Qu'elle soit d&#233;clar&#233;e une n&#233;cessit&#233; nationale consid&#233;r&#233;e &#224; l'aune de son importance primordiale &#187;. En 1921, ce sont les &#171; zapodevniks &#187; qui sont institu&#233;es, toujours &#224; l'initiative de L&#233;nine, des parties significatives de la nature d&#233;limit&#233;es pour servir de points de r&#233;f&#233;rence &#224; la pr&#233;servation naturelle Ce sont les premiers grands parcs naturels &#8211; non touristiques &#8211; du monde (contrairement aux parcs naturels de l'&#233;poque aux &#201;tats-Unis, touristiques et rentabilis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1929, pas moins de 40 000 km de parc naturel jonchaient le territoire de l'URSS. Par ailleurs, nombre de chercheurs russes qui particip&#232;rent &#224; l'&#233;mergence de la science &#233;cologique purent au d&#233;but de l'&#233;tat ouvrier russe avancer dans leurs recherches dans de meilleures conditions. Par exemple, Vladimir Vernadskii (chimiste arr&#234;t&#233; par les bolcheviks pour ses liens avec l'arm&#233;e blanche puis rel&#226;ch&#233; pour ses apports scientifiques) &#233;crira en 1923 dans un courrier adress&#233; &#224; un ami en exil : &#171; L'Acad&#233;mie des sciences de Russie &#8230; est rest&#233;e comme avant, avec une pleine libert&#233; interne &#187;, comme le rappelle l'historien Jean Batou. Une libert&#233; qui a laiss&#233; le champ libre &#224; des critiques radicales pour l'&#233;poque, comme celles de Kojevnikov qui gr&#226;ce &#224; ses travaux conclut que l'intervention humaine d&#233;s&#233;quilibre les conditions optimales de vie : &#171; &#171; prendre le contr&#244;le des r&#233;gulations naturelles est une affaire extr&#234;mement difficile et grosse de responsabilit&#233;s. Toute intervention, m&#234;me celle que nous consid&#233;rons comme b&#233;n&#233;fique, par exemple l'agriculture ou l'acclimatation d'animaux [exotiques], d&#233;truit les conditions naturelles des bioc&#233;noses &#187;. Ou encore celles du chimiste Vernadskii qui reconna&#238;t les limites de la nature et souligne que tout d&#233;veloppement des forces productives est cantonn&#233; &#224; ces limites : &#171; Comme ces forces [productives de la nature] ne sont pas in&#233;puisables, nous savons qu'elles ont des limites. Celles-ci peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;es par l'&#233;tude scientifique de la nature et constituent pour nos propres capacit&#233;s productives une fronti&#232;re naturelle insurpassable&#8230; Nous savons maintenant que pour notre pays, ces limites sont assez &#233;troites et n'autorisent &#8212; au risque d'une cruelle fracture &#8212; aucun gaspillage dans l'usage de nos ressources &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie sovi&#233;tique deviendra au milieu des ann&#233;es 20 l'investisseur le plus important des pays europ&#233;ens dans la recherche. Ceci notamment par la cr&#233;ation de plus de 40 instituts de recherche. Gr&#226;ce &#224; ces mesures en faveur de la nature, impuls&#233;es notamment par L&#233;nine, l'&#233;tat ouvrier russe fut donc le pionnier de la politique de pr&#233;servation des espaces naturels, comme l'affirme entre autres l'historien Douglas Weber. M&#234;me le New York Times reconna&#238;t que cet h&#233;ritage fait de la Russie aujourd'hui le pays qui prot&#232;ge les plus grandes &#233;tendues de nature, devant le Br&#233;sil et l'Australie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le jeune &#233;tat sovi&#233;tique fait des premiers pas en mati&#232;re de protection de l'environnement. L'&#233;lan r&#233;volutionnaire permet &#224; des scientifiques d'explorer les possibilit&#233;s d'un progr&#232;s technique qui ne se ferait pas en contradiction avec les limites et les ressources naturelles. C'est l'arriv&#233;e de la r&#233;action stalinienne qui marquera la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'&#233;tat ouvrier russe, et avec elle la fin des espoirs un tant soit peu &#233;cologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le stalinisme : revirement productiviste et autoritaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de la bureaucratie met fin &#224; une dynamique naissante sur les questionnements li&#233;s aux probl&#233;matiques environnementales. Le stalinisme, en renfor&#231;ant sa dictature politique, p&#232;se comme une chape de plomb sur la libert&#233; de pens&#233;e scientifique. L'horizon du premier Plan quinquennal (1929-1934) de Staline est clair : la nature doit &#234;tre domin&#233;e, tout doit se tourner vers la croissance et le triomphe du plan. Face aux diff&#233;rentes mesures de ce plan, les &#233;cologistes d&#233;noncent fortement la collectivisation forc&#233;e qui ne tient aucun compte de la productivit&#233; naturelle des &#233;cosyst&#232;mes, de plus en parall&#232;le le plan pr&#244;ne une intensification d&#233;mesur&#233;e de l'exploitation foresti&#232;re et de la chasse. Les &#233;cologistes craignent &#224; raison une perte de biodiversit&#233;. Ce plan quinquennal pr&#233;voyait en effet une r&#233;duction drastique volontaire d'un certain nombre d'esp&#232;ces telles que les phoques. Il avait comme objectif &#171; une augmentation de 350.000 prises par an &#224; ajouter aux 200.000 prises norv&#233;giennes, ce qui ferait 550.000 prises pour un million de phoques &#187; comme le souligne Paul Ari&#232;s ; l'exploitation foresti&#232;re quant &#224; elle devait &#234;tre augment&#233;e de 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela plusieurs scientifiques mais &#233;galement des membres de la population r&#233;clament aussit&#244;t des &#233;tudes d'impact car d'une part ils ont la certitude que cette politique va avoir des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour l'environnement mais &#233;galement qu'elle ne sera pas tant propice au d&#233;veloppement de l'agriculture. Et de fait, la production agricole s'effondre. M&#234;me si sur le moment pr&#233;sent cela est d&#251; &#224; des r&#233;voltes paysannes, les dysfonctionnements &#233;cologiques se feront sentir des ann&#233;es plus tard. Face &#224; cet effondrement, Staline accuse directement les zapovedniks (les aires naturelles prot&#233;g&#233;es institu&#233;es en 1921) ainsi que les scientifiques bourgeois qui sont qualifi&#233;s de &#171; saboteurs &#187;. Par la suite, diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s qui pr&#244;nent la conservation de l'environnement sont mises sous surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le revirement se fait &#233;galement sentir dans la Pravda (le journal officiel du Parti communiste). Ainsi le journal publie un texte accusant les &#233;cologistes de &#171; vouloir sauver la nature&#8230; du plan quinquennal, ce qui &#233;quivalait &#224; une accusation de sabotage &#187;. Toujours dans une perspective de contr&#244;le de la presse et de manipulation de masse, le journal &#034;Conservation&#034;, revue lanc&#233;e en 1928 dans le but de partager des analyses scientifiques centr&#233;es sur l'environnement, fut rebaptis&#233; &#034;Nature et &#233;conomie socialiste&#034;. Makarov, un th&#233;oricien de comptabilit&#233; sovi&#233;tique est d&#233;sign&#233; pour le diriger, ce dernier pr&#244;ne la concentration industrielle autour des gisements de charbon et de fer ainsi que le d&#233;veloppement des exportations de ressources naturelles, donc l'extractivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette suite logique d'un &#233;loignement continuel entre marxisme et sciences, Staline invente la &#171; science prol&#233;tarienne &#187;. Cette derni&#232;re se d&#233;finit comme une science se soumettant au parti et plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; son chef (en l'occurrence Staline). Les donn&#233;es et les analyses parues n'ont donc plus rien de scientifiques, elles soutiennent seulement le plan productiviste de Staline. La pens&#233;e scientifique n'a plus lieu d'&#234;tre aux postes de responsables dans ce domaine : ceux qui avaient des comp&#233;tences et des analyses sur les diff&#233;rents sujets, notamment &#233;cologiques, sont &#233;cart&#233;s. L'historien am&#233;ricain Kendall Bailes, a th&#233;oris&#233; comme soulign&#233; dans La Vie des Id&#233;es les &#171; cons&#233;quence de cette attaque d'une violence sans pr&#233;c&#233;dent lanc&#233;e contre une partie de l'&#233;lite scientifico-technique par Staline : la &#171; technocratie &#187; qui s'impose ensuite en URSS se distingue par la promotion en masse de dirigeants ayant une formation technique, voire un titre d'ing&#233;nieur, mais sans la culture scientifique &#233;largie &#187;. Ainsi petit &#224; petit avec l'aide de Staline, des soi-disant savants parviendront &#224; prendre la place de vrais scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la p&#233;riode stalinienne n'a dans son caract&#232;re plus rien de communiste. Tout en se revendiquant d'un &#171; marxisme-l&#233;ninisme &#187; dogmatique et fig&#233;, elle &#233;touffe le d&#233;veloppement d'une analyse r&#233;ellement scientifique du monde, notamment en ce qui concerne les questions &#233;cologiques. La fa&#231;on dont sont trait&#233;s par le stalinisme les scientifiques en question, accus&#233;s d'avoir propag&#233; &#171; l'id&#233;e &#8216;r&#233;actionnaire' &#187; selon laquelle il y aurait des limites &#224; la transformation de la nature par la culture humaine &#187; comme soulign&#233; par Paul Ari&#232;s, est caract&#233;ristique de cette d&#233;formation du marxisme non plus comme pens&#233;e vivante mais comme bloc monolithique et intouchable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La n&#233;cessit&#233; d'un retour au marxisme et l&#233;ninisme &#233;cologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 80 et avec la chute du mur, le stalinisme a &#233;t&#233; utilis&#233; par les n&#233;o-lib&#233;raux &#224; la Thatcher pour nous faire croire qu'il n'existait pas d'alternative (TINA &#171; there is no alternative &#187;) au syst&#232;me capitaliste. Malgr&#233; la r&#233;action immense qu'a constitu&#233; le stalinisme, les principes marxistes qui permettent de penser et de transformer le monde ne sont pas obsol&#232;tes, et le projet de soci&#233;t&#233; communiste ne peut pas &#234;tre r&#233;duit &#224; la dictature stalinienne. En mati&#232;re d'&#233;cologie, on peut s'en inspirer et les pousser plus loin gr&#226;ce &#224; l'accumulation d'exp&#233;rience et de connaissances que ni les marxistes russes ni Marx lui-m&#234;me n'avaient &#224; leur &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la catastrophe &#233;cologique est bien visible, bien plus qu'au temps des premi&#232;res &#233;bauches de Marx sur le rapport &#224; la nature, plus que lors de la naissance du jeune &#233;tat ouvrier russe. Et elle se pose avec une urgence sans pr&#233;c&#233;dent : il en va de la survie de l'humanit&#233; toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune Russie sovi&#233;tique et les marxistes russes n'&#233;taient pas exempts de tout productivisme, au contraire. Mais les limites des avanc&#233;es en faveur de la nature, avant la victoire du stalinisme, s'expliquent par le contexte d'une Russie de l'&#233;poque o&#249; le d&#233;veloppement industriel et agricole &#233;tait une question de vie ou de mort. Le pays &#233;tait arri&#233;r&#233; &#233;conomiquement, m&#234;lant des &#233;l&#233;ments de d&#233;veloppement capitaliste (usines, villes comme Petrograd) &#224; des &#233;l&#233;ments encore quasi-f&#233;odaux (importance du monde paysan, outils rudimentaires). Ce n'est plus le cas aujourd'hui dans la grande majorit&#233; des pays capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; les forces productives sont d&#233;velopp&#233;es &#8211; surtout dans les pays imp&#233;rialistes tels que la France ; avec les ressources techniques, technologiques et les connaissances actuelles, il est aujourd'hui largement possible de prot&#233;ger notre environnement naturel. Mais pour cela il faut s'extraire de la logique capitaliste qui ne poss&#232;de comme seule boussole que le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose alors, &#224; nouveau, la n&#233;cessit&#233; de reprendre le contr&#244;le sur les moyens de production (outils, infrastructures) pour rediriger celle-ci vers les besoins sociaux et &#233;cologiques. Ce contr&#244;le, ce ne sont que ceux qui sont au c&#339;ur du fonctionnement des entreprises, c'est-&#224;-dire les travailleurs et les travailleuses, qui pourront l'exercer. Car effectivement, s'emparer des questions &#233;cologiques en tant que communiste r&#233;volutionnaire aujourd'hui, c'est aussi revendiquer la centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re dans le processus de transition &#233;cologique. Car seule elle, gr&#226;ce aux comp&#233;tences des travailleurs, sera capable de prendre en charge la gestion des secteurs essentielles (&#233;nergies, transports, etc.) et de les reconvertir selon les besoins sociaux et environnementaux. On a vu dans l'actualit&#233; r&#233;cente qu'il &#233;tait possible pour les travailleurs, m&#234;me &#224; petite &#233;chelle, de poser ces questions d'&#233;cologie : c'est le cas de la lutte des raffineurs de Total Grandpuits contre le projet faussement &#233;cologique et destructeur d'emploi de la multinationale. Il s'agit d'un exemple criant que face &#224; la crise actuelle, les solutions pour transformer la production pour qu'elle soit &#233;cologiquement viable ne sont pas entre les mains des capitalistes comme ceux de Total mais bien dans celles des travailleurs. Avec le savoir-faire des salari&#233;s, leurs connaissances de leur propre outil de travail, il est possible d'envisager les pistes d'un virage &#233;cologique qui r&#233;ponde v&#233;ritablement aux enjeux actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a dit Marx, &#171; le capital ne s'inqui&#232;te [&#8230;] point de la sant&#233; et de la dur&#233;e de vie du travailleur s'il n'est pas contraint par la soci&#233;t&#233; &#187;.[1] Il en est de m&#234;me pour le sort de la plan&#232;te car comme l'avance Marx, le capitalisme exploite tant le travailleur que la nature. Il est donc essentiel de d&#233;velopper une force sociale capable de le renverser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Marx, K., Le Capital. Livre I, 1867&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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