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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#034;Le progressisme ne s'est pas engag&#233; &#224; vaincre le capitalisme&#034;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-progressisme-ne-s-est-pas-engage-a-vaincre-le-capitalisme</link>
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		<dc:date>2021-04-06T09:16:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Veronika Mendoza</dc:creator>


		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-04-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;A la veille des &#233;lections pr&#233;sidentielles, Ver&#243;nika Mendoza est devenue une candidate de la gauche p&#233;ruvienne. &lt;br class='autobr' /&gt; 6 avril 2021 | tir&#233; de Rebelion.org | Source : https://jacobinlat.com/2021/03/31/el-progresismo-no-se-comprometio-con-la-superacion-del-capitalismo/ https://rebelion.org/el-progresismo-no-se-comprometio-con-la-superacion-del-capitalismo/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que vous &#233;tiez candidate &#224; la pr&#233;sidence en 2016, les m&#233;dias ne se lassent pas de vous d&#233;crire comme une repr&#233;sentante p&#233;ruvienne du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-04-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-04-06&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton47640-9abc6.png?1781366324' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A la veille des &#233;lections pr&#233;sidentielles, Ver&#243;nika Mendoza est devenue une candidate de la gauche p&#233;ruvienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;6 avril 2021 | tir&#233; de Rebelion.org | Source : &lt;a href=&#034;https://jacobinlat.com/2021/03/31/el-progresismo-no-se-comprometio-con-la-superacion-del-capitalismo/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jacobinlat.com/2021/03/31/el-progresismo-no-se-comprometio-con-la-superacion-del-capitalismo/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://rebelion.org/el-progresismo-no-se-comprometio-con-la-superacion-del-capitalismo/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rebelion.org/el-progresismo-no-se-comprometio-con-la-superacion-del-capitalismo/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis que vous &#233;tiez candidate &#224; la pr&#233;sidence en 2016, les m&#233;dias ne se lassent pas de vous d&#233;crire comme une repr&#233;sentante p&#233;ruvienne du cycle progressiste latino-am&#233;ricain. Cependant, peu de m&#233;dias se sont interrog&#233;s sur votre propre sentiment d'appartenance &#224; ce cycle politique. Comment vous positionnez-vous par rapport au progressisme latino-am&#233;ricain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au P&#233;rou, nous nous sentons toujours quelque peu &#233;loign&#233;s des processus progressistes latino-am&#233;ricains. Parfois, nous les regardons avec admiration, parfois de mani&#232;re critique, mais toujours avec distance. Nous appr&#233;cions son horizon anti-imp&#233;rialiste, qui reste en vigueur et doit &#234;tre ratifi&#233; &#224; chaque &#233;tape afin de construire des marges toujours plus grandes d'autonomie r&#233;gionale et continentale. Nous appr&#233;cions &#233;galement la tendance redistributive que, dans une plus ou moins grande mesure, tout le monde partage. L'intention de construire un &#201;tat qui s'engage pour le bien-&#234;tre de la majorit&#233; et qui, par des initiatives de diff&#233;rentes natures, cherche &#224; garantir les droits et &#224; permettre l'acc&#232;s aux ressources et aux biens publics est toujours une politique saine. Son volet d&#233;mocratisation, qui a eu des effets concrets sur l'expansion des droits et de la dignit&#233; des secteurs populaires,est un autre point &#224; souligner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les racines historiques transformatrices qu'ils ont exhib&#233;es sont &#233;galement pr&#233;cieuses, ce qui &#233;tait li&#233; au fait de remettre en question des &#233;l&#233;ments structurels tels que l'identit&#233; ou la nation. Viser &#224; &#233;liminer le substrat conservateur-colonial-d&#233;pendant de nos soci&#233;t&#233;s est fondamental. En ce sens, le cas bolivien, avec l'acc&#232;s des secteurs autochtones au gouvernement et la mise en place d'une s&#233;rie de m&#233;canismes d&#233;mocratiques en dehors des m&#233;canismes traditionnels, constitue un exemple &#224; suivre. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me pour la tentative v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de g&#233;n&#233;rer un autre type de participation, de construire le pouvoir &#224; partir d'autres bases, comme cela a &#233;t&#233; observ&#233; pendant le gouvernement d'Hugo Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, au P&#233;rou, nous nous sentons unis avec ces exp&#233;riences, pass&#233;es et r&#233;centes. Il est ind&#233;niable qu'il existe une identit&#233; et une culture que nous partageons avec diff&#233;rentes exp&#233;riences populaires, notamment en ce qui concerne l'empreinte pl&#233;b&#233;ienne de contester le n&#233;olib&#233;ralisme et de le d&#233;noncer dans toutes ses versions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi des lacunes, et la possibilit&#233; de tirer des le&#231;ons et de devenir meilleur d&#233;pend de notre capacit&#233; &#224; les identifier et &#224; en discuter. Il est n&#233;cessaire d'&#234;tre clair sur ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire et ce que nous devons et ne devons pas faire, tant au P&#233;rou que dans toute l'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont, de votre point de vue, les lacunes des gouvernements progressistes et les le&#231;ons &#224; en tirer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De notre place, &#224; gauche de la carte politique p&#233;ruvienne, nous avons &#233;t&#233; critiques &#224; plusieurs &#233;gards. Nous d&#233;veloppons, depuis les ann&#233;es 1990, des id&#233;es plus radicales li&#233;es au mouvement altermondialiste, au zapatisme, aux forums sociaux. Travailler aux c&#244;t&#233;s de tout un mouvement qui a os&#233; d&#233;fier l'ordre au moment o&#249; il &#233;tait le mieux &#233;tabli, et qui a cherch&#233; &#224; mettre en place une plate-forme qui allait bien au-del&#224; de la critique anti-n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cet endroit, lorsque nous avons vu l'&#233;mergence de gouvernements progressistes dans notre r&#233;gion, bien que nous les ayons re&#231;us comme une bonne nouvelle par rapport &#224; ce qui pr&#233;c&#232;de, nous les avons per&#231;us &#224; une autre fr&#233;quence, avec d'autres codes. Des projets sans grand engagement pour vaincre le capitalisme, sans vocation d'aller plus loin dans la recherche d'alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une limitation tr&#232;s d&#233;veloppementale du progressisme, qui s'exprime dans son empressement &#224; g&#233;rer ce qui est &#233;tabli, en particulier dans tout ce qui a &#224; voir avec le mod&#232;le &#233;conomique extractif. Nous avons vu comment les pays aux gouvernements progressistes maintenaient une d&#233;pendance croissante &#224; l'&#233;gard de leurs mati&#232;res premi&#232;res, de l'exploitation mini&#232;re, du p&#233;trole ou du soja, sans vraiment essayer de d&#233;passer le mod&#232;le extractiviste de l'exportateur primaire. Au contraire, beaucoup ont fini par l'exacerber. C'est, selon nous, un premier d&#233;ficit dont il faut tirer les le&#231;ons : on ne peut pas vraiment transformer un pays en maintenant une politique &#233;conomique simplement renti&#232;re et essentiellement exportatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me d&#233;ficit important tient au fait que, malgr&#233; les efforts et un certain radicalisme manifest&#233;s dans certains pays, la structure des &#201;tats n'a pas pu &#234;tre d&#233;mantel&#233;e telle qu'elle s'est construite tout au long de ces si&#232;cles. Au Venezuela, on parle de la Cinqui&#232;me R&#233;publique, mais il vaut la peine de se demander combien de d&#233;fauts des autres r&#233;publiques p&#232;sent sur cette Cinqui&#232;me. L'&#201;tat a chang&#233; de mains, mais il n'y a pas eu de r&#233;forme profonde. La mani&#232;re d'organiser le pouvoir, malgr&#233; tout, semble persister inchang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut nier que, bien qu'ils se chevauchent avec les demandes de changement exig&#233;es par les mouvements sociaux et par les secteurs citoyens, ils ont fini par s'inscrire dans une dynamique plut&#244;t &#233;tatiste. Avec cela, un troisi&#232;me aspect instructif se pose : la relation complexe avec les mouvements sociaux, souvent tendue et ambivalente, finit souvent par transformer des organisations qui ne rentrent pas dans cette logique &#233;tatique en opposants, ce qui finit par jeter un voile sur leur autonomie. Une exp&#233;rience dramatique, en ce sens, est celle du Br&#233;sil, o&#249; tout le PT accumul&#233; et ses relations avec les diff&#233;rents mouvements sociaux sont entr&#233;s en tension, ce qui l'a conduit &#224; se retirer des forces conservatrices comme celles qui ont conduit Bolsonaro au gouvernement. Un autre exemple est l'&#201;quateur:la relation tendue entre Correa et une partie importante du mouvement indig&#232;ne et environnemental se poursuit &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la dynamique historique des derni&#232;res d&#233;cennies au P&#233;rou ne peut &#234;tre assimil&#233;e &#224; aucune des trajectoires pr&#233;c&#233;dentes. C'est un pays fait de morceaux. Un secteur de la population - en particulier dans le sud - peut se sentir identifi&#233; au processus de changement en Bolivie. Mais il y a aussi un autre secteur qui ne le fait pas, et qui s'identifie davantage &#224; ce qui se passe en Argentine, o&#249; il y a un bloc plus grand et nationaliste avec une forte pr&#233;sence d'une couche technocratique moderne. Chez les jeunes P&#233;ruviens, en revanche, l'identification la plus forte passe par le mouvement chilien et la mobilisation sociale pour une nouvelle constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez commenc&#233; votre militantisme politique au d&#233;but des ann&#233;es 2000, dans les rangs de ce qui fut jadis - quoique fugitivement - salu&#233; comme le v&#233;hicule du progressisme p&#233;ruvien : le Parti nationaliste d'Ollanta Humala. Maintenant, en tant que candidat &#224; la pr&#233;sidentielle d'Ensemble pour le P&#233;rou en 2021, que pensez-vous de la transformation de la gauche p&#233;ruvienne au cours des derni&#232;res d&#233;cennies ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au P&#233;rou, c'est le nationalisme d'Ollanta Humala qui, vers 2011, a tent&#233; de surfer sur la vague latino-am&#233;ricaine de gouvernements progressistes. Mais, malgr&#233; les attentes pos&#233;es par une bonne partie de la population, le Parti nationaliste n'a jamais tout &#224; fait r&#233;ussi. Humala n'a jamais &#233;t&#233; un r&#233;volutionnaire, loin de l&#224;. Il n'avait pas de culture de gauche, pas m&#234;me dans une cl&#233; nationale-populaire. Son projet &#233;tait tr&#232;s limit&#233; depuis ses origines. La corr&#233;lation des forces au moment de son ascension au gouvernement a &#233;t&#233; le facteur qui a impos&#233; le plus de conditions, et le pouvoir &#233;conomique - au milieu d'un boom g&#233;n&#233;ral - est rapidement devenu dominant. Au-del&#224; de la mise en &#339;uvre de certains programmes sociaux et du d&#233;veloppement naissant de la marge sociale de la gestion &#233;tatique, Humala a fini par &#234;tre profond&#233;ment conservateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est que, dans notre pays, la corr&#233;lation des forces h&#233;rit&#233;es de Fujimori est rest&#233;e inchang&#233;e jusqu'&#224; aujourd'hui. L'h&#233;ritage que nous avons re&#231;u &#224; sa chute nous a l&#233;gu&#233; tout son &#233;chafaudage de pouvoir, y compris la Constitution promulgu&#233;e en 1993. Les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales au P&#233;rou ont &#233;t&#233; extr&#234;mement profondes, du fait du conflit arm&#233; et de la crise politique des ann&#233;es 80 et 90. La grande r&#233;alisation &#224; long terme de Fujimori fut la r&#233;articulation et la consolidation d'un bloc n&#233;oligarchique dominant, alli&#233; aux forces arm&#233;es et extr&#234;mement puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le portrait ne serait pas complet si nous ne contemplions pas aussi nos propres faiblesses : la crise politique et le pragmatisme dominant &#224; gauche. Sans calibrer de mani&#232;re &#233;quitable la d&#233;faite profonde subie par le mouvement populaire pendant le conflit arm&#233; et la mise en &#339;uvre cons&#233;quente dans toutes les lignes du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral (non seulement en tant que programme gouvernemental, mais aussi au sens id&#233;ologique), il est impossible de comprendre la crise des campagnes, progressive au P&#233;rou. Sa version la plus d&#233;form&#233;e a &#233;t&#233; incarn&#233;e par la figure d'Humala, mais elle s'est aussi exprim&#233;e dans la crise de la gauche, retir&#233;e autour des ONG et cherchant des raccourcis vers le gouvernement pour s'accommoder plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui, notre r&#233;alit&#233; commence &#224; changer. Les mobilisations intenses d&#233;clench&#233;es apr&#232;s la suppression de Vizcarra ont mis en lumi&#232;re la n&#233;cessit&#233; de transformations d'un autre ordre et la volont&#233; de larges couches de la population de les promouvoir. La construction d'un projet solidement ancr&#233; dans des processus populaires peut nous permettre d'inverser le chemin de la r&#233;signation que la gauche parcourt depuis longtemps. C'est notre propre effort, que nous ne pouvons faire que nous-m&#234;mes, car la recherche de raccourcis s'est d&#233;j&#224; av&#233;r&#233;e infructueuse dans le pass&#233;. Il ne s'agit pas d'arriver plus vite, mais d'arriver mieux, avec de meilleures chances de r&#233;ussir. Les exp&#233;riences progressives dans notre r&#233;gion repr&#233;sentent une r&#233;f&#233;rence &#224; partir de laquelle tirer des le&#231;ons positives et n&#233;gatives.Mais la force de nos racines populaires d&#233;pendra de l'originalit&#233; du chemin que nous parviendrons &#224; tracer:ni tra&#231;age ni copie , mais cr&#233;ation h&#233;ro&#239;que , un pari pour avancer plus loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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