<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=12252&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Au Soudan du Sud, des milliers d'apatrides</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides</guid>
		<dc:date>2026-05-19T06:35:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustine Passilly</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le caf&#233;-galerie d'art de Juba o&#249; elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L'activiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-05-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-05-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/capture_d_e_cran_le_2026-05-17_a_18.55_24-253f4.png?1781235392' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le caf&#233;-galerie d'art de Juba o&#249; elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L'activiste sud-soudanaise, fondatrice de sa propre ONG, Animu Athiei Foundation (1), d&#233;di&#233;e &#224; la d&#233;fense du droit &#224; la nationalit&#233;, se trouve pourtant au c&#339;ur d'une bataille juridique. Depuis huit ans, elle est priv&#233;e de passeport et de tout document d'identit&#233;. &#171; Je fais partie d'une minorit&#233; ethnique, les Kelikos. Ce peuple transfrontalier se retrouve aussi en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, alors certains de mes d&#233;tracteurs pr&#233;tendent que je suis Congolaise &#187;, explique la femme politique au sourire communicatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la notori&#233;t&#233; d'Animu Athiei lui permet d'&#234;tre m&#233;diatis&#233;e, faisant esp&#233;rer &#224; terme une issue positive, des milliers de Sud-Soudanais sont eux aussi devenus apatrides au lendemain de l'ind&#233;pendance de la plus jeune nation du monde, le 9 juillet 2011. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s (HCR) distingue deux cat&#233;gories : les personnes apatrides, qui seraient au moins 18 000 &#8211; bien que ce chiffre soit en cours de r&#233;&#233;valuation &#8211;, et les ressortissants dont la nationalit&#233; n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e. Ces derniers constituent la majorit&#233; des habitants du Soudan du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH286/5803ddac6bd601a9-76fc18df-c8162.png?1781235392' width='500' height='286' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Selon les statistiques officielles du gouvernement, plus de 90 % de Sud-Soudanais ne figurent pas encore dans la base de donn&#233;es des ressortissants enregistr&#233;s, alors que le Bureau national des statistiques du Soudan du Sud pr&#233;voit que le pays atteindra cette ann&#233;e les 16,3 millions de citoyens, r&#233;sume Kumi Lobung, responsable adjoint de la protection au sein du bureau sud-soudanais du HCR. Nous nous concentrons principalement sur la pr&#233;vention, car si rien n'est fait des millions de personnes pourraient se retrouver apatrides. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, le Soudan d&#233;nationalise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce casse-t&#234;te administratif est le r&#233;sultat d'une s&#233;cession mal pr&#233;par&#233;e. Lors du r&#233;f&#233;rendum de janvier 2011, les Soudanais n&#233;s dans le sud du pays se prononcent &#224; 99 % en faveur de l'ind&#233;pendance. Six mois plus tard, la s&#233;paration des deux pays est act&#233;e. &#171; Au moment de la s&#233;cession, le Soudan et le Soudan du Sud ont chacun adopt&#233; de nouvelles lois sur la nationalit&#233;. Le gouvernement soudanais a retir&#233; la nationalit&#233; &#224; toute personne dont il estimait qu'elle avait acquis la nationalit&#233; sud-soudanaise. Malheureusement, les personnes d&#233;nationalis&#233;es par le Soudan sur cette base ont eu du mal &#224; faire valoir leur droit &#224; la nationalit&#233; sud-soudanaise, ce qui les a laiss&#233;es apatrides &#187;, d&#233;taille Tiana Xavier, charg&#233;e du plaidoyer au sein de l'Institute on Statelessness and Inclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ONG n&#233;erlandaise s'est associ&#233;e &#224; six autres organisations internationales via un communiqu&#233; publi&#233; le 18 f&#233;vrier intimant au gouvernement sud-soudanais de &#171; revenir sur sa d&#233;cision et de r&#233;tablir la nationalit&#233; de Mme Animu, conform&#233;ment aux obligations qui lui incombent en vertu du droit national, africain et international &#187;. La d&#233;claration commune rappelle qu'en ao&#251;t 2024 la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (un organe interne &#224; l'Union africaine) a conclu (2) que les autorit&#233;s nationales avaient arbitrairement priv&#233; Animu Athiei de sa nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;lai initial de 180 jours accord&#233; pour se conformer &#224; cette d&#233;cision a expir&#233; il y a trois mois, or le gouvernement du Soudan du Sud n'a encore pris aucune mesure &#187;, d&#233;nonce Tiana Xavier. De retour dans le caf&#233; branch&#233; de Juba, Animu Athiei regrette l'inertie qui s'est ensuivie &#224; la fois du c&#244;t&#233; du gouvernement et de celui du HCR. Interrog&#233;e, l'instance onusienne n'a pas souhait&#233; commenter ce dossier. De son c&#244;t&#233;, l'&#201;tat est emp&#234;tr&#233; dans une triple crise, &#233;conomique, politique et s&#233;curitaire, notamment &#224; cause de la guerre qui &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ravage le Soudan depuis trois ans&lt;/a&gt; et qui perturbe les exportations de p&#233;trole, dont le budget du Soudan du Sud d&#233;pend &#224; 90 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des exil&#233;s qui comptaient sur la nationalit&#233; sud-soudanaise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, le fragile accord de paix qui a fait taire les armes en 2018, apr&#232;s cinq ann&#233;es de guerre (3), est plus menac&#233; que jamais. Les combats ont en effet repris d&#233;but 2025 entre l'arm&#233;e fid&#232;le au pr&#233;sident Salva Kiir et les forces soutenant le premier vice-pr&#233;sident Riek Machar. Ce dernier a finalement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 26 mars de la m&#234;me ann&#233;e. Plus de 600 000 d&#233;plac&#233;s ont &#233;t&#233; jet&#233;s sur les routes, s'ajoutant aux 2 millions de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du territoire. Mais aussi aux plus de 2,3 millions de Sud-Soudanais r&#233;fugi&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Ces d&#233;placements &#224; r&#233;p&#233;tition compliquent la r&#233;gularisation des cas d'apatridie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Beaucoup de personnes d&#233;plac&#233;es par la guerre avant la s&#233;cession vivaient dans d'autres pays, notamment en Ouganda et au Kenya. Elles ont fini par acqu&#233;rir une nationalit&#233; de substitution, &#224; laquelle elles ont renonc&#233; au moment de l'ind&#233;pendance, dans l'espoir d'obtenir la nationalit&#233; sud-soudanaise &#187;, d&#233;taille Michael Gyan Nyarko, le directeur ex&#233;cutif adjoint de l'Institute for Human Rights and Development in Africa, une autre ONG signataire du communiqu&#233; du 18 f&#233;vrier. C'est le cas d'Animu Athiei : r&#233;fugi&#233;e en Ouganda, elle abandonne ses papiers d'identit&#233; ougandais apr&#232;s la s&#233;cession et rejoint Juba, o&#249; elle obtient sa nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout pr&#233;tendant &#224; la nationalit&#233; sud-soudanaise, elle a d&#251; prouver qu'elle descendait d'au moins un parent n&#233; sur le territoire fra&#238;chement ind&#233;pendant. &#171; Mon p&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233; avant l'ind&#233;pendance, mais j'ai pu prouver qu'il &#233;tait d'origine sud-soudanaise. Ma m&#232;re vit en Tanzanie mais elle est en possession de documents attestant qu'elle est &#233;galement d'origine sud-soudanaise. Mon oncle, avec qui je vis &#224; Juba, &#233;tait t&#233;moin lorsque j'ai finalement obtenu ma nationalit&#233;, en 2014, &#224; l'issue d'un processus d&#233;j&#224; anormalement long &#187;, raconte celle qui est amen&#233;e &#224; beaucoup voyager en raison de ses engagements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; m&#233;fiance envers les groupes minoritaires &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, elle renouvelle son passeport, l'ancien ayant &#233;t&#233; rapidement rempli par les visas de ses voyages. Mais sur les r&#233;seaux sociaux, des posts mettent en doute sa nationalit&#233;. &#171; Ce type d'accusations revient &#224; chaque fois que je me vois attribuer une fonction &#224; hautes responsabilit&#233;s &#187;, constate la militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, Animu Athiei travaille depuis deux ans en tant que consultante au sein du bureau du premier vice-pr&#233;sident de l'&#233;poque, Taban Deng, lorsqu'elle est de nouveau l'objet d'accusations d'usurpation de nationalit&#233;. Son passeport lui est alors confisqu&#233;. Trois ans plus tard, elle est toutefois nomm&#233;e d&#233;put&#233;e par d&#233;cret pr&#233;sidentiel, comme il est d'usage dans la plus jeune nation du monde en attendant le tout premier scrutin (4), pr&#233;vu en d&#233;cembre. &#171; Dix jours plus tard, j'ai &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233;e &#187;, d&#233;plore la politicienne au destin sans cesse contrari&#233;. Les bruits qui courent sur la Toile finissent par convaincre les services d'immigration. Ces derniers entreprennent de la renvoyer en Ouganda. &#171; Les autorit&#233;s ougandaises ont refus&#233; de m'accepter sur leur territoire car je ne dispose plus de titre de s&#233;jour ougandais&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce calvaire, Michael Gyan Nyarko, de l'Institute for Human Rights and Development in Africa, d&#233;c&#232;le &#171; un certain degr&#233; de m&#233;fiance envers les groupes minoritaires ou les personnes qui ont &#233;t&#233; l&#233;galement li&#233;es &#224; un autre &#201;tat. Le gouvernement tente de les tenir &#224; l'&#233;cart car il doute de leur loyaut&#233;. &#187; Concernant Animu, Michael Gyan Nyarko estime que &#171; les citoyens se sont sentis trahis quand elle a &#233;t&#233; nomm&#233;e au Parlement puisqu'ils pensent qu'elle est de nationalit&#233; ougandaise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est une souffrance invisible &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans documents d'identit&#233;, les portes se ferment automatiquement pour b&#233;n&#233;ficier des services les plus basiques, comme obtenir un acte de naissance, inscrire son enfant &#224; l'&#233;cole, obtenir un contrat de travail ou m&#234;me se faire soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est assez triste, car c'est une souffrance invisible. J'ai l'air normale jusqu'&#224; ce que j'ai envie de faire quelque chose de concret &#187;, synth&#233;tise l'ancienne d&#233;put&#233;e. Avant d'ajouter : &#171; J'ai eu la chance que mon dossier aboutisse &#224; l'Union africaine gr&#226;ce &#224; mon r&#233;seau professionnel. Beaucoup se sont retrouv&#233;s exclus des processus politiques comme les &#233;lections ou de certains espaces publics. &#187; Cette situation compromet la tenue du scrutin de d&#233;cembre, pourtant confirm&#233; par le gouvernement pas plus tard que le 21 avril, en d&#233;pit de l'absence de recensement &#224; jour de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace civique est en outre plus brid&#233; que jamais. Les opposants politiques s'exilent massivement dans les pays voisins depuis l'arrestation de Riek Machar. Et Tiana Xavier de conclure : &#171; Cette instrumentalisation de la nationalit&#233; est devenue l'un des moyens les plus efficaces dont disposent les &#201;tats pour cibler les minorit&#233;s ind&#233;sirables, les dissidents politiques et d'autres groupes. &#187; Animu attend une nouvelle session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, pr&#233;vue du 11 au 20 mai, qui pourrait, ose-t-elle croire, contraindre le gouvernement sud-soudanais &#224; lui rendre son passeport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Voir le &lt;a href=&#034;https://animuathiei.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site la fondation ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Voir African Commission on Human and Peoples' Rights, &#171; Communication 801/22 - Afekuru Animu Rasasi Amiati (Represented by Institute for Human Rights and Development in Africa) v. South Sudan (merits) &#187;, publi&#233;e sur le site internet le 18 novembre 2025, &lt;a href=&#034;https://achpr.au.int/en/decisions-communications/communication-80122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Une guerre civile a &#233;clat&#233; en 2013, deux ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Elle a oppos&#233; le pr&#233;sident Salva Kiir, issu du peuple dinka, et le vice-pr&#233;sident Riek Machar, repr&#233;sentant des Nuers. Le bilan d&#233;passe les 400 000 morts. En 2018, les deux bellig&#233;rants ont sign&#233; l'&#171; Accord revitalis&#233; sur la r&#233;solution du conflit au Soudan du Sud &#187;, dont la mise en &#339;uvre est sans cesse repouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Il s'agit d'&#233;lections &#224; sept niveaux : pr&#233;sidentielle, l&#233;gislatives, des gouverneurs des &#201;tats, des Parlements des &#201;tats, des commissaires &#224; la t&#234;te des comt&#233;s, des conseils des comt&#233;s et des conseils municipaux. Leur tenue reste n&#233;anmoins tr&#232;s compromise, comme l'a rappel&#233; le repr&#233;sentant des &#201;tats-Unis aupr&#232;s de l'ONU, Mike Waltz, le 30 avril.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
*****
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;thiopie. Au Tigray, &#171; personne ne veut renouer avec la guerre &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ethiopie-Au-Tigray-personne-ne-veut-renouer-avec-la-guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ethiopie-Au-Tigray-personne-ne-veut-renouer-avec-la-guerre</guid>
		<dc:date>2025-05-20T06:45:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustine Passilly</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Ethiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-05-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux ans et demi apr&#232;s la fin du conflit qui a endeuill&#233; cette r&#233;gion septentrionale d'&#201;thiopie, la menace de nouveaux affrontements plane aux niveaux local, national et m&#234;me international avec l'&#201;rythr&#233;e voisine. Les riverains, les populations d&#233;plac&#233;es, les responsables politiques et les anciens combattants redoutent et rejettent cet obscur sc&#233;nario. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tal&#233; le long d'&#233;troites all&#233;es sinueuses et poussi&#233;reuses, un enchev&#234;trement de tentes estampill&#233;es du logo bleu (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ethiopie-+" rel="tag"&gt;Ethiopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-05-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-05-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans et demi apr&#232;s la fin du conflit qui a endeuill&#233; cette r&#233;gion septentrionale d'&#201;thiopie, la menace de nouveaux affrontements plane aux niveaux local, national et m&#234;me international avec l'&#201;rythr&#233;e voisine. Les riverains, les populations d&#233;plac&#233;es, les responsables politiques et les anciens combattants redoutent et rejettent cet obscur sc&#233;nario.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Ethiopie-Au-Tigray-personne-ne-veut-renouer-avec-la-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tal&#233; le long d'&#233;troites all&#233;es sinueuses et poussi&#233;reuses, un enchev&#234;trement de tentes estampill&#233;es du logo bleu des Nations unies sert de refuge &#224; quelque 28 000 personnes depuis plus de quatre ans. Le camp d'Adi Mehameday est situ&#233; &#224; 82 kilom&#232;tres de la ville de Shire, dans la r&#233;gion du Tigray, au nord de l'&#201;thiopie. Il abrite une fraction du million de d&#233;plac&#233;s qui &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Ca-ne-se-reglera-pas-sans-une-nouvelle-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n'ont pas pu rentrer chez eux&lt;/a&gt;, malgr&#233; la fin de la guerre entre les Forces de lib&#233;ration du peuple du Tigray (FLPT) et les Forces de d&#233;fense nationale &#233;thiopiennes, le 2 novembre 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avions de l'espoir mais nous n'avons toujours pas re&#231;u d'informations concr&#232;tes de nos dirigeants. Ils ont parfois annonc&#233; notre retour, mais cela n'a jamais eu lieu &#187;, r&#233;sume Medhin Yalem, les traits tir&#233;s. Le manque de nourriture est en train d'avoir raison de son p&#232;re, trop faible pour marcher depuis un an, tandis que son fils de 20 ans souffre d'an&#233;mie. Le foyer fait rarement plus d'un repas quotidien. Comme la plupart des rescap&#233;s du camp d'Adi Mehameday, Medhin Yalem est originaire du Wolkait, une zone administrative de l'ouest du Tigray. &#171; Certains de nos voisins ont tent&#233; de retourner &#224; Tselemti [district proche du Wolkait, NDLR], avant de revenir. La zone n'est pas s&#233;curis&#233;e &#187;, poursuit la quinquag&#233;naire qui se retrouve sans revenus apr&#232;s avoir abandonn&#233; ses troupeaux et sa parcelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'accord de paix, la r&#233;gion du Tigray, actuellement gouvern&#233;e par une administration int&#233;rimaire li&#233;e au FLPT, mais avec le contr&#244;le d'Addis-Abeba comme le pr&#233;voient les accords de Pretoria, reste sous la pression de plusieurs factions arm&#233;es : le Wolkait est toujours occup&#233; par les forces Amhara, une r&#233;gion voisine qui a combattu aux c&#244;t&#233;s de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral et qui revendique ce bout de territoire ; tandis qu'au nord-est du Tigray, les troupes de l'&#201;rythr&#233;e, &#233;galement alli&#233;es d'Addis-Abeba pendant la guerre, occupent aussi une partie de la r&#233;gion situ&#233;e &#224; leur fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, les victimes d'une des guerres &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/En-Ethiopie-l-effroyable-guerre-du-Tigray&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les plus meurtri&#232;res d'Afrique&lt;/a&gt;, qui a tu&#233; environ 400 000 militaires et 300 000 civils, selon un rapport publi&#233; en juin 2024 par le New Lines Institute, survivent dans un &#233;tat de &#171; ni guerre ni paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luttes de pouvoir internes et r&#233;pression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars, des tensions internes au FLPT ont par ailleurs failli ajouter un peu plus de confusion &#224; la situation actuelle. Debretsion Gebremichael, le chef du FLPT, et Getachew Reda, alors pr&#233;sident de l'administration int&#233;rimaire du Tigray, se sont mutuellement accus&#233;s de ralentir la mise en &#339;uvre de l'accord de paix. Le trait&#233; pr&#233;voyait le retour des d&#233;plac&#233;s, la lib&#233;ration des zones occup&#233;es ou encore le d&#233;sarmement et la r&#233;int&#233;gration de 274 000 militaires ayant rejoint les Forces de d&#233;fense du Tigray (FDT), le bras arm&#233; du FLPT. Seuls 17 000 d'entre eux ont particip&#233; au programme de d&#233;mobilisation, a d&#233;clar&#233; fin avril la Commission nationale de r&#233;habilitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;saccords croissants entre Debretsion Gebremichael et Getachew Reda ont conduit, le 15 septembre 2024, &#224; l'exclusion de ce dernier du FLPT. Six mois plus tard, le 10 mars, Getachew Reda a suspendu trois g&#233;n&#233;raux des FDT, fort de son poste de pr&#233;sident de l'administration int&#233;rimaire. En r&#233;action, Debretsion Gebremichael a impos&#233; ses hommes &#224; la t&#234;te de villes o&#249; Getachew Reda avait plac&#233; ses proches soutiens, incluant la capitale r&#233;gionale Mekele. &#171; Getachew parlait de r&#233;former les conseils administratifs locaux alors que sa priorit&#233; aurait d&#251; &#234;tre de lib&#233;rer son peuple. Beaucoup de Tigr&#233;ens ont trouv&#233; cela pr&#233;matur&#233; quand ils habitent toujours dans des abris de fortune et n'ont ni nourriture, ni eau, ni v&#234;tements &#187;, justifie Debretsion Gebremichael, rencontr&#233; le 18 mars &#224; l'h&#244;tel Axoum de Mekele.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des violences sporadiques, des arrestations arbitraires et au moins une ex&#233;cution extrajudiciaire se sont ensuivies, d'apr&#232;s les t&#233;moignages recueillis par Afrique XXI &#224; Mekele et dans la petite ville d'Adi Gudom, &#224; 40 km au sud. Hadera Kiros, le pr&#233;sident de l'Association des jeunes d'Adi Gudom, a pass&#233; trois jours en d&#233;tention au moment du changement de maire que certains qualifient de &#171; coup d'&#201;tat &#187;. &#171; Les jeunes s'enfuient vers Mekele ou Addis-Abeba car ils ont peur du FLPT et de leurs soldats &#187;, t&#233;moigne ce p&#232;re de deux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_51427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2025-05-19_a_10.27_52.png?51427/8b977cc38d73bb6ebfbff79288f4d84eea94bf01a8a67bdb6ab59d42f46927eb' width='239' height='714' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars, Alemu Haile, un travailleur du b&#226;timent de 37 ans, se tenait parmi la centaine de riverains d'Adi Gudom qui protestaient contre le remplacement du maire d'Adi Gudum pro-Getachew par un &#233;dile envoy&#233; par Debretsion. Un bandage sur la t&#234;te, la voix affaiblie, ce p&#232;re de deux enfants affirme avoir &#233;t&#233; touch&#233; &#224; la t&#234;te par trois balles tir&#233;es par des miliciens proches des FDT. &#171; La force ne peut &#234;tre une solution, d&#233;plore son fr&#232;re a&#238;n&#233;, Gebrehiwet Haile. Il est essentiel que les dirigeants dialoguent avec les citoyens. Autrement, ils risquent de d&#233;clencher un nouveau conflit entre les soutiens de Getachew et ceux de Debretsion &#187;, redoute le fonctionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_51426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH169/228416ae7ecfd023-6e4148ee-c0dfd.png?1781354247' width='500' height='169' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Getachew Reda a finalement &#233;t&#233; &#233;ject&#233; de la t&#234;te de l'administration int&#233;rimaire au profit du g&#233;n&#233;ral Tadesse Werede, le 8 avril, avec l'aval d'Addis-Abeba. Pour autant, cette situation n'a pas rassur&#233; les Tigr&#233;ens. &#171; Je n'ai vu aucun changement, ni aucune solution concr&#232;te aux probl&#232;mes qui nous affectent. L'instabilit&#233; continue. Nous nous sentons en danger et nous vivons dans la peur &#187;, d&#233;taille Mitslal Abraha, depuis Shire. Le chaos politique et s&#233;curitaire contraint cette pharmacienne sans emploi &#224; repousser, depuis des mois, l'ouverture de sa propre officine. &#171; J'ai besoin de garanties et de stabilit&#233; &#187;, insiste celle qui a particip&#233; &#224; l'effort de guerre en soignant les bless&#233;s dans une clinique publique o&#249; les salaires n'ont jamais &#233;t&#233; pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abiy Ahmed et le spectre d'un conflit avec l'&#201;rythr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nomination de Tadesse Werede laisse &#233;galement perplexe Meressa Dessu, chercheur &#224; l'Institut d'&#233;tudes de s&#233;curit&#233; bas&#233; &#224; Addis-Abeba. &#171; Tadesse a syst&#233;matiquement minimis&#233; l'&#233;chec de l'administration int&#233;rimaire. En le nommant, [le Premier ministre] Abiy Ahmed tente de cr&#233;er davantage de divisions au sein du FLPT et des FDT, &#187;, craint Meressa Dessu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Addis-Abeba, les bisbilles internes au FLPT ne sont gu&#232;re comment&#233;es. Le Premier ministre, Abiy Ahmed, est occup&#233; par les autres conflits sur son sol, notamment dans les r&#233;gions Amhara et Oromia. En avril 2023, en Amhara, les &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/En-Ethiopie-d-une-guerre-l-autre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;milices fanno&lt;/a&gt; ont organis&#233; de violentes manifestations contre l'int&#233;gration des forces r&#233;gionales au sein de l'arm&#233;e et de la police nationales. Ces tensions ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; quatre mois plus tard en une r&#233;bellion arm&#233;e contre les troupes f&#233;d&#233;rales avec lesquelles les fanno et les forces r&#233;gionales avaient pourtant combattu pendant le conflit au Tigray.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef du gouvernement fait en outre planer le spectre d'une r&#233;surgence des hostilit&#233;s avec l'&#201;rythr&#233;e &#224; travers une rh&#233;torique belliciste. &#171; La mobilisation militaire se poursuit en &#201;rythr&#233;e. De son c&#244;t&#233;, Abiy Ahmed n'a pas renonc&#233; &#224; son acc&#232;s &#224; la mer Rouge. Les int&#233;r&#234;ts incompatibles de ces deux nations, unies jusqu'&#224; l'ind&#233;pendance de l'&#201;rythr&#233;e en 1993, et leur refus de toute n&#233;gociation m&#232;neront in&#233;vitablement &#224; la guerre &#187;, avertit Meressa Dessu. Le chercheur pr&#233;cise que les scissions au sein de la population tigr&#233;enne b&#233;n&#233;ficient &#224; la fois &#224; Abiy Ahmed et au dictateur &#233;rythr&#233;en, Isaias Afwerki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je ne veux pas perdre de temps avec la guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tensions inqui&#232;tent les Tigr&#233;ens. &#171; Nous redoutons que la situation ne s'embrase entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e, assurait Debretsion Gebremichael mi-mars. Nous esp&#233;rons que les diff&#233;rends seront r&#233;gl&#233;s diplomatiquement. Car m&#234;me si nous n'y participons pas, les combats auront forc&#233;ment lieu ici, sur nos terres, compte tenu de notre position g&#233;ographique. &#187; En f&#233;vrier, le m&#233;dia sp&#233;cialis&#233; Africa Intelligence r&#233;v&#233;lait &#171; une r&#233;union confidentielle in&#233;dite, fin janvier, &#224; Asmara &#187; au cours de laquelle Isaias Afwerki aurait &#171; assur&#233; les officiers des FDT de sa protection en cas de conflit avec l'&#201;thiopie &#187;. Interrog&#233;, le chef du FLPT nie tout contact avec les autorit&#233;s &#233;rythr&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les relations restent ex&#233;crables entre les hommes de Debretsion Gebremichael et Addis-Abeba. &#171; Plut&#244;t que de se concentrer sur la r&#233;habilitation de la population du Tigray, qui &lt;a href=&#034;&#034;&gt;a subi une guerre g&#233;nocidaire&lt;/a&gt;, le gouvernement &#233;thiopien a eu recours &#224; des actes malveillants tels que le blocage de l'entr&#233;e de produits essentiels dans la r&#233;gion du Tigray, comme le carburant, et l'arr&#234;t des activit&#233;s qui permettent de sauver des vies. Ces actions mettent en jeu la vie et les moyens de subsistance de la population du Tigray &#187;, d&#233;nonce le FLPT dans un communiqu&#233; dat&#233; du 26 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la plupart des anciens combattants des FDT sont formels : ils ne reprendront pas les armes. &#171; La guerre n'aide personne. Vous perdez beaucoup de vies et vous vous retrouvez avec un accord qui ne change rien &#187;, tranche Kaleab, qui t&#233;moigne sous pseudonyme. En 2021, ce peintre de 25 ans s'&#233;tait engag&#233; apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'un proche. Exasp&#233;r&#233; par les querelles de pouvoir entre les dirigeants tigr&#233;ens, l'artiste se r&#233;jouit d'avoir obtenu un visa pour les &#201;tats-Unis : &#171; Je suis jeune, je peux accomplir beaucoup de choses. Ma famille attend beaucoup de moi. Je ne veux pas perdre davantage de temps avec la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La malnutrition fait d&#233;j&#224; des victimes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une ruelle de Mekele, &#224; l'abri des oreilles indiscr&#232;tes, Abebe (un pr&#233;nom d'emprunt) confie qu'il pr&#233;f&#233;rerait lui aussi quitter l'&#201;thiopie plut&#244;t que de remettre l'uniforme. &#171; Nous connaissons d&#233;sormais les cons&#233;quences de la guerre, souligne le trentenaire. J'ai perdu mes deux petits fr&#232;res et des amis. Les responsables politiques doivent ramener la paix et cesser de travailler pour leurs propres int&#233;r&#234;ts. &#187; Faisant partie de la majorit&#233; des ex-membres des FDT qui n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;mobilis&#233;s, ce m&#233;decin qui officie dans un h&#244;pital militaire de Mekele craint d'&#234;tre forc&#233; de se battre en cas de nouveaux affrontements. Sa ville natale est toujours occup&#233;e par les troupes &#233;rythr&#233;ennes, emp&#234;chant ses parents de quitter le camp de d&#233;plac&#233;s qui les h&#233;berge. &#171; Les Tigr&#233;ens se sont sacrifi&#233;s et ont relev&#233; tellement de d&#233;fis que personne ne veut renouer avec la guerre &#187;, conclut-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; Adi Mehameday. L'agricultrice au ch&#244;mage Medhin Yalem cit&#233;e plus haut d&#233;crit la mani&#232;re dont la communaut&#233; qui accueille les d&#233;plac&#233;s a fini par leur tourner le dos. &#171; Les habitants en ont assez de nous. Ils n'ont plus suffisamment de nourriture &#224; partager car ils subissent eux-m&#234;mes les effets du conflit &#187;, regrette la m&#232;re de famille. Or la malnutrition progresse au Tigray. D&#233;but mars, la faim a emport&#233; Abeba Teklu, m&#232;re de trois fillettes. &#171; Cela faisait deux &#224; trois ans qu'elle souffrait de malnutrition. Son &#233;tat s'est d&#233;grad&#233; et elle a d&#233;velopp&#233; une insuffisance r&#233;nale &#187;, raconte son veuf, Tesheger Tagegne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_51425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH167/4cffe1ff34d1e2d3-55c9a2f2-07c66.png?1781354247' width='500' height='167' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Institut de recherche en sant&#233; publique de Mekele enregistre une hausse de 43 &#224; 48 % d'enfants et d'adolescents de moins de 18 ans malnutris entre juillet 2024 et janvier 2025. &#171; Les tensions aux diff&#233;rents &#233;chelons et la crainte d'une nouvelle guerre contribuent &#224; la malnutrition et &#224; l'instabilit&#233; alimentaire &#187;, indique Hayelom Kahsay, le directeur de cet institut. Le &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Senegal-Sans-l-aide-des-Etats-Unis-le-souverainisme-a-l-epreuve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;gel des financements&lt;/a&gt; de l'Agence des &#201;tats-Unis pour le d&#233;veloppement international (Usaid), d&#233;cr&#233;t&#233; par le pr&#233;sident &#233;tats-unien Donald Trump le 20 janvier, a encore aggrav&#233; une situation humanitaire qui deviendrait catastrophique en cas de reprise de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soudan. Ces femmes qui ont fait la r&#233;volution s'obstinent &#224; r&#233;clamer leurs droits</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-Ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-s-obstinent-a-reclamer-leurs-48534</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Soudan-Ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-s-obstinent-a-reclamer-leurs-48534</guid>
		<dc:date>2021-06-01T07:21:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustine Passilly</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 8 avril 2021, des centaines de femmes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Khartoum. Elles r&#233;clamaient l'abolition des lois discriminantes et la mise en place de mesures de protection contre les violences qu'elles subissent au quotidien. Mais une large frange de la soci&#233;t&#233; soudanaise ne semble pas pr&#234;te &#224; les suivre. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; le 25 mai 2021 tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2021 - Lettre n&#176;22 - 29 mai Notes de lecture, textes, mises-&#224;-jour, p&#233;tition (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-06-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-06-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton48534-cff88.jpg?1781354247' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 avril 2021, des centaines de femmes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Khartoum. Elles r&#233;clamaient l'abolition des lois discriminantes et la mise en place de mesures de protection contre les violences qu'elles subissent au quotidien. Mais une large frange de la soci&#233;t&#233; soudanaise ne semble pas pr&#234;te &#224; les suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 25 mai 2021&lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2021 - Lettre n&#176;22 - 29 mai Notes de lecture, textes, mises-&#224;-jour, p&#233;tition &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/25/soudan-ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-sobstinent-a-reclamer-leurs-droits/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/25/soudan-ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-sobstinent-a-reclamer-leurs-droits/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les aimables autorisations de l'autrice et d'Orient XXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les kandaka [1] &#233;taient en premi&#232;re ligne lors de la r&#233;volution soudanaise de 2019. Elles n'h&#233;sitaient pas &#224; faire face aux forces de l'ordre tentant de r&#233;primer les manifestations. Celles qui risquaient jusqu'alors d'&#234;tre fouett&#233;es pour une tenue jug&#233;e ind&#233;cente ou pour faire du sport aux c&#244;t&#233;s d'hommes n'avaient plus rien &#224; perdre, admettent volontiers ces derniers. Pourtant, deux ans plus tard, les femmes demeurent sous-repr&#233;sent&#233;es en politique, discrimin&#233;es devant la loi et victimes de harc&#232;lement et violences. Des centaines d'entre elles sont par cons&#233;quent retourn&#233;es dans les rues de Khartoum le 8 avril, trois jours avant l'anniversaire de l'&#233;viction du pr&#233;sident Omar Al-Bachir. Tout en restant bien conscientes qu'une large frange de la soci&#233;t&#233; continuera de s'opposer &#224; des revendications &#224; l'oppos&#233; de l'id&#233;ologie inculqu&#233;e durant les trente ann&#233;es de dictature islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; les principales actrices de la r&#233;volution, nous avons &#233;t&#233; marginalis&#233;es [par le gouvernement de transition], r&#233;sume Rayan Mamoun, 23 ans. En tant que femmes, nous continuons &#224; subir de nombreuses contraintes concernant nos mouvements et le droit &#224; disposer de notre corps. Il n'existe par ailleurs aucune loi pour nous prot&#233;ger, que ce soit dans l'espace public ou priv&#233; &lt;/i&gt; &#187;, poursuit cette jeune dipl&#244;m&#233;e en architecture qui a particip&#233; &#224; l'organisation de la marche. Silhouette &#233;lanc&#233;e et visage poupin d&#233;cor&#233; de lunettes de soleil rondes et d'un piercing &#224; la narine droite, elle se tenait, d&#232;s 11 heures, devant les portes du minist&#232;re de la justice auquel elle a remis, avec d'autres militantes, un m&#233;morandum, &#233;galement transmis au minist&#232;re de l'int&#233;rieur et au procureur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interdit de divorcer ou de reconna&#238;tre son enfant&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; Manifeste f&#233;ministe &#187; r&#233;clame entre autres l'abolition de la loi sur le statut personnel, qui emp&#234;che les femmes de demander le divorce ou encore de reconna&#238;tre leur enfant. &#171; &lt;i&gt;Ce texte doit &#234;tre compl&#232;tement revu pour se baser sur les droits humains et non sur la religion &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Marine Alneel, une manifestante v&#234;tue d'une robe bleu marine tombant juste en dessous de ses genoux qui, comme la salopette que porte Rayan Mamoun, aurait auparavant &#233;t&#233; sanctionn&#233;e par la loi sur l'ordre public abolie en novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette psychologue de 28 ans estime que le gouvernement n'a nulle intention de revenir sur la l&#233;gislation relative au statut personnel. Et ce, malgr&#233; la &#171; d&#233;claration de principes &#187;, ratifi&#233;e le 28 mars par le chef du Conseil souverain et un groupe rebelle, le Mouvement populaire de lib&#233;ration du Soudan-Nord (SPLM-N) [2], et qui pr&#233;voit de s&#233;parer la religion et l'&#201;tat. &#171; &lt;i&gt; Les signataires veulent instaurer la s&#233;cularisation pour atteindre leurs objectifs politiques, mais ils ne comptent pas en faire profiter les femmes &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Marine Alneel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette loi continue de placer les Soudanaises en position de vuln&#233;rabilit&#233;, et particuli&#232;rement les femmes tomb&#233;es enceintes hors mariage. Certes, la m&#232;re &#233;chappe d&#233;sormais aux coups de fouet, de rigueur sous l'ancien r&#233;gime qui appliquait la charia &#224; la lettre. Mais elle se retrouve prise en &#233;tau, surtout si son partenaire d&#233;cide de fuir ses responsabilit&#233;s. &#192; Khartoum, l'ONG Shamaa (Bougie) h&#233;berge de jeunes m&#232;res c&#233;libataires en situation d&#233;licate pour leur permettre de conserver la garde de leur bambin. Et va jusqu'&#224; arranger des rendez-vous entre ces derni&#232;res et de potentiels &#233;poux acceptant de reconna&#238;tre l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rencontr&#233;e en janvier, Sarah [3], 24 ans, s'appr&#234;tait &#224; s'unir &#224; un homme de 20 ans son a&#238;n&#233;. Pourrait-elle, &#224; terme, aimer ce mari choisi &#224; la h&#226;te ? &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas. Peut-&#234;tre. &#199;a a l'air d'&#234;tre un homme bien&lt;/i&gt;&#8230; &#187; Elle dit en tout cas agir dans l'int&#233;r&#234;t du petit gar&#231;on qui gesticule sur ses genoux. Au-del&#224; de l'obstacle l&#233;gislatif, Sarah et la dizaine de femmes accueillies dans ce refuge s'av&#232;rent victimes de la pression exerc&#233;e par la soci&#233;t&#233; soudanaise. &lt;i&gt;&#171; &lt;i&gt; Par peur du regard de la communaut&#233;, mes parents voulaient que j'abandonne mon enfant. Le seul moyen pour qu'ils acceptent la situation, c'est de me marier &lt;/strong&gt; &#187;, raconte cette dipl&#244;m&#233;e en conception technique qui mettra un point d'honneur &#224; travailler d&#232;s que possible afin d'assurer son ind&#233;pendance financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tabou des violences sexuelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune Soudanaise ne peut s'affranchir pleinement de la stigmatisation sociale. Bob sur la t&#234;te et boucles d'oreilles rose fluo, Nahla Abdalla Mohamed, 18 ans, se fondait dans la foule multicolore des femmes d&#233;filant dans les rues de la capitale. Elle est cependant l'une des instigatrices de ce mouvement pour avoir post&#233;, cinq jours plus t&#244;t, une s&#233;rie de vid&#233;os sur Twitter dans lesquelles elle r&#233;v&#233;lait avoir &#233;t&#233; abus&#233;e sexuellement par son oncle. Soulag&#233;e d'avoir partag&#233; ce traumatisme, cette cr&#233;atrice de bijoux s'est attir&#233; les foudres de sa famille et de nombreux internautes. &#171; &lt;i&gt; Mon p&#232;re m'a dit de passer &#224; autre chose, tandis que, sur les r&#233;seaux sociaux, on m'a accus&#233;e de mentir et d'exposer des faits qui rel&#232;vent du cadre familial et non de la communaut&#233;. On m'a aussi reproch&#233; de ne pas me voiler devant mon oncle, bien que l'islam n'oblige pas la femme &#224; porter le hijab en pr&#233;sence d'un homme avec lequel elle ne peut pas se marier &lt;/i&gt; &#187;,d&#233;taille la jeune femme. Elle explique vouloir porter plainte, m&#234;me si elle doute que ses parents lui pardonnent un tel affront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Je viens d'une famille relativement progressiste, temp&#232;re toutefois Nahla Abdalla Mohamed. D'autres n'h&#233;siteraient pas &#224; tuer leur fille si elle se retrouvait dans cette situation. Pour beaucoup de Soudanais, une femme devrait garder ses opinions pour elle. Nous sommes cens&#233;es rester chez nous et nous taire, quoi qu'il nous arrive.&lt;/i&gt; &#187; &#192; la suite de son t&#233;moignage, plusieurs femmes ont &#224; leur tour rendu public les abus qu'elles ont subis, cr&#233;ant une sorte de #MeToo &#224; retardement. Plusieurs cas de violences domestiques et de f&#233;minicides, dont celui de Samah El-Hadi, une adolescente assassin&#233;e par son propre p&#232;re, ont aussi envahi la toile soudanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d'arguments ayant incit&#233; les Soudanaises &#224; marcher ensemble en ce 8 avril. &#171; &lt;i&gt; Celles qui sont abus&#233;es, tu&#233;es ou harcel&#233;es pourraient &#234;tre ta fille, ta s&#339;ur ou ta m&#232;re &lt;/i&gt; &#187;, est-il &#233;crit sur la pancarte brandie par Amna Yasir. Cette jeune dipl&#244;m&#233;e en m&#233;decine g&#233;n&#233;rale de 23 ans insiste : &#171; &lt;i&gt;C'est mon corps et je peux en faire ce que je veux. Personne n'a le droit de me toucher sans mon consentement, peu importe la mani&#232;re dont je m'habille. &lt;/i&gt; &#187; Elle regrette en outre que le harc&#232;lement demeure tabou au Soudan. &#171; Nous devons combattre cette mentalit&#233; &#187;, ajoute-t-elle, alors que le cort&#232;ge se dirige vers le minist&#232;re de l'int&#233;rieur. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un probl&#232;me de femmes, mais avant tout un probl&#232;me venant des hommes, ench&#233;rit Taha Omer, un &#233;tudiant en m&#233;decine ayant rejoint, comme plusieurs dizaines d'hommes, ce rassemblement pacifique. La mentalit&#233; et la culture doivent &#233;voluer, car m&#234;me si la loi est modifi&#233;e, personne ne la respectera tant que l'esprit patriarcal persistera&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re les murs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un jour ne s'&#233;coule sans illustration de cette soci&#233;t&#233; &#224; deux vitesses, o&#249; les hommes s'entassent sur les chaises en plastique des vendeuses de th&#233; pr&#233;sentes &#224; chaque coin de rue de la capitale, quand les clientes font figure d'exceptions. Pendant le ramadan, d&#233;but&#233; cette ann&#233;e dans la soir&#233;e du 12 avril, nombre de Soudanais rompent le je&#251;ne sur la voie publique, assis en cercle autour d'assiettes de dattes, de plats d'assida (pudding de farine bouillie), de bols de sorgho et autres pi&#232;ces de poulets frits. Leurs &#233;pouses sont, elles, bien souvent pri&#233;es, apr&#232;s avoir cuisin&#233; ces iftar, de d&#233;guster leur part derri&#232;re les murs de leur domicile. Mais remettre en cause cet ordre &#233;tabli sous le long r&#232;gne des islamistes demeure, deux ans apr&#232;s la r&#233;volution, passible de sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Waad Bahjet, une trentenaire connue pour d&#233;fendre les droits des femmes sur sa page Facebook, a ainsi &#233;cop&#233;, le 31 mars, de six mois de prison avec sursis. Son tort ? Avoir tourn&#233; une vid&#233;o en direct pour d&#233;noncer le refus des responsables d'une station-service d'approvisionner les v&#233;hicules conduits par des femmes. Cette ing&#233;nieure en g&#233;ologie d&#233;c&#232;le &#224; travers ce verdict, &#171; &lt;i&gt;un message fort pour dissuader les autres femmes de s'exprimer en public et de d&#233;fendre leurs droits &lt;/i&gt; &#187;, directement dict&#233;, selon elle, par les partisans de l'ancien r&#233;gime. Le tribunal a en effet retenu les accusations formul&#233;es par le policier qui l'a interpel&#233;e et maintient que Waad Bahjet l'a frapp&#233;. &#171; &lt;i&gt; Ils ont par contre n&#233;glig&#233; la mani&#232;re dont cet agent m'a trait&#233;e et violent&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore-t-elle. Le rapport m&#233;dical, &#233;mis &#224; la suite de son arrestation, fait &#233;tat de trois ecchymoses au genou et &#224; l'&#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des propos misogynes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette activiste a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien de ses proches, de d&#233;fenseurs des droits humains et de militantes f&#233;ministes. Pour autant, la lutte contre ce type d'injustice ne fait pas consensus. De la m&#234;me mani&#232;re, ce n'est parce que de nombreuses femmes, des &#233;tudiantes en jeans aux sexag&#233;naires en toub [4] traditionnel ont march&#233; pour leurs droits d&#233;but avril que toutes cautionnent les revendications du &#171; Manifeste f&#233;ministe &#187; pr&#244;nant l'&#233;galit&#233;. Des Soudanaises jugent cette valeur contraire &#224; la religion musulmane. &#171; &lt;i&gt; Dans l'islam, les hommes et les femmes ne sont pas &#233;gaux. Il est par exemple normal que la femme ne puisse pas demander le divorce, car son caract&#232;re irritable risquerait de d&#233;truire la relation conjugale pour des raisons triviales&lt;/i&gt; &#187;,affirme Samah Adil, une &#233;tudiante en droit de 18 ans. Elle a particip&#233; &#224; la r&#233;volution &#171; contre les hommes politiques &#187; d'Omar Al-Bachir et assure &#171; ne pas avoir de probl&#232;me avec la d&#233;fense des droits l&#233;gitimes. Mais je ne suis pas d'accord avec ce qui contredit ma religion et le rejette cat&#233;goriquement &#187;, souligne-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les organisatrices de la marche pressent le gouvernement de ratifier la Convention de l'ONU sur l'&#233;limination de toutes les formes de discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes. Les objectifs de ce texte paraissent encore bien &#233;loign&#233;s de la r&#233;alit&#233; soudanaise, les hommes continuant &#224; se cramponner au pouvoir. Lors du dernier remaniement d&#233;but f&#233;vrier, seuls 4 minist&#232;res sur 26 ont &#233;t&#233; confi&#233;s &#224; des femmes. Une minorit&#233; de si&#232;ges, atteignant tout de m&#234;me 40%, devrait par ailleurs leur revenir au sein du futur Conseil l&#233;gislatif, dont la formation est sans cesse repouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images des kandaka ont beau avoir fait le tour du monde en 2019, leurs contours se sont estomp&#233;s depuis. Et celles qui ont r&#233;pondu &#224; l'appel de Rayan Mamoun et des autres organisatrices de la manifestation printani&#232;re n'ont pas manqu&#233; d'&#234;tre prises &#224; partie par des riverains prof&#233;rant des propos misogynes. Pire, une voiture sans plaque d'immatriculation a fonc&#233; &#224; dessein sur la foule, blessant une femme qui a d&#251; &#234;tre emmen&#233;e &#224; l'h&#244;pital. Le cort&#232;ge a donc pris la direction d'un poste de police pour porter plainte. Deux audiences sont fix&#233;es aux 24 et 26 mai prochains. Une condamnation laisserait pr&#233;sager qu'&#224; d&#233;faut d'obtenir l'&#233;galit&#233;, les Soudanaises pourraient, &#224; l'avenir, en finir avec l'impunit&#233; de leurs agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augustine Passilly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/deux-ans-apres-la-revolution-les-soudanaises-reclament-toujours-leurs-droits,4761&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://orientxxi.info/magazine/deux-ans-apres-la-revolution-les-soudanaises-reclament-toujours-leurs-droits,4761&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Surnom donn&#233; aux femmes ayant particip&#233; &#224; la r&#233;volution en r&#233;f&#233;rence aux reines nubiennes du royaume de Koush qui s'&#233;tendait entre le sud de l'&#201;gypte et le nord du Soudan entre 2500 av. J.-C. et 350 ap. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Dirig&#233; par Abdelaziz Al Hilou, le SPLM-N est l'un des deux groupes de rebelles arm&#233;s qui a refus&#233; de signer l'accord de paix de Juba le 3 octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Long morceau de tissu color&#233; dans lequel les Soudanaises s'enroulent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soudan. Ces femmes qui ont fait la r&#233;volution s'obstinent &#224; r&#233;clamer leurs droits</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-Ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-s-obstinent-a-reclamer-leurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Soudan-Ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-s-obstinent-a-reclamer-leurs</guid>
		<dc:date>2021-05-18T06:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustine Passilly</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 8 avril 2021, des centaines de femmes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Khartoum. Elles r&#233;clamaient l'abolition des lois discriminantes et la mise en place de mesures de protection contre les violences qu'elles subissent au quotidien. Mais une large frange de la soci&#233;t&#233; soudanaise ne semble pas pr&#234;te &#224; les suivre. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les kandaka (1) &#233;taient en premi&#232;re ligne lors de la r&#233;volution soudanaise de 2019. Elles n'h&#233;sitaient pas &#224; faire face aux forces de l'ordre tentant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton48329-ec760.png?1781354247' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 avril 2021, des centaines de femmes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Khartoum. Elles r&#233;clamaient l'abolition des lois discriminantes et la mise en place de mesures de protection contre les violences qu'elles subissent au quotidien. Mais une large frange de la soci&#233;t&#233; soudanaise ne semble pas pr&#234;te &#224; les suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/deux-ans-apres-la-revolution-les-soudanaises-reclament-toujours-leurs-droits,4761&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les kandaka (1) &#233;taient en premi&#232;re ligne lors de la r&#233;volution soudanaise de 2019. Elles n'h&#233;sitaient pas &#224; faire face aux forces de l'ordre tentant de r&#233;primer les manifestations. Celles qui risquaient jusqu'alors d'&#234;tre fouett&#233;es pour une tenue jug&#233;e ind&#233;cente ou pour faire du sport aux c&#244;t&#233;s d'hommes n'avaient plus rien &#224; perdre, admettent volontiers ces derniers. Pourtant, deux ans plus tard, les femmes demeurent sous-repr&#233;sent&#233;es en politique, discrimin&#233;es devant la loi et victimes de harc&#232;lement et violences. Des centaines d'entre elles sont par cons&#233;quent retourn&#233;es dans les rues de Khartoum le 8 avril, trois jours avant l'anniversaire de l'&#233;viction du pr&#233;sident Omar Al-Bachir. Tout en restant bien conscientes qu'une large frange de la soci&#233;t&#233; continuera de s'opposer &#224; des revendications &#224; l'oppos&#233; de l'id&#233;ologie inculqu&#233;e durant les trente ann&#233;es de dictature islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; les principales actrices de la r&#233;volution, nous avons &#233;t&#233; marginalis&#233;es [par le gouvernement de transition], r&#233;sume Rayan Mamoun, 23 ans. En tant que femmes, nous continuons &#224; subir de nombreuses contraintes concernant nos mouvements et le droit &#224; disposer de notre corps. Il n'existe par ailleurs aucune loi pour nous prot&#233;ger, que ce soit dans l'espace public ou priv&#233; &#187;, poursuit cette jeune dipl&#244;m&#233;e en architecture qui a particip&#233; &#224; l'organisation de la marche. Silhouette &#233;lanc&#233;e et visage poupin d&#233;cor&#233; de lunettes de soleil rondes et d'un piercing &#224; la narine droite, elle se tenait, d&#232;s 11 heures, devant les portes du minist&#232;re de la justice auquel elle a remis, avec d'autres militantes, un m&#233;morandum, &#233;galement transmis au minist&#232;re de l'int&#233;rieur et au procureur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interdit de divorcer ou de reconna&#238;tre son enfant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; Manifeste f&#233;ministe &#187; r&#233;clame entre autres l'abolition de la loi sur le statut personnel, qui emp&#234;che les femmes de demander le divorce ou encore de reconna&#238;tre leur enfant. &#171; Ce texte doit &#234;tre compl&#232;tement revu pour se baser sur les droits humains et non sur la religion &#187;, d&#233;clare Marine Alneel, une manifestante v&#234;tue d'une robe bleu marine tombant juste en dessous de ses genoux qui, comme la salopette que porte Rayan Mamoun, aurait auparavant &#233;t&#233; sanctionn&#233;e par la loi sur l'ordre public abolie en novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette psychologue de 28 ans estime que le gouvernement n'a nulle intention de revenir sur la l&#233;gislation relative au statut personnel. Et ce, malgr&#233; la &#171; d&#233;claration de principes &#187;, ratifi&#233;e le 28 mars par le chef du Conseil souverain et un groupe rebelle, le Mouvement populaire de lib&#233;ration du Soudan-Nord (SPLM-N), (2), et qui pr&#233;voit de s&#233;parer la religion et l'&#201;tat. &#171; Les signataires veulent instaurer la s&#233;cularisation pour atteindre leurs objectifs politiques, mais ils ne comptent pas en faire profiter les femmes &#187;, d&#233;plore Marine Alneel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette loi continue de placer les Soudanaises en position de vuln&#233;rabilit&#233;, et particuli&#232;rement les femmes tomb&#233;es enceintes hors mariage. Certes, la m&#232;re &#233;chappe d&#233;sormais aux coups de fouet, de rigueur sous l'ancien r&#233;gime qui appliquait la charia &#224; la lettre. Mais elle se retrouve prise en &#233;tau, surtout si son partenaire d&#233;cide de fuir ses responsabilit&#233;s. &#192; Khartoum, l'ONG Shamaa (Bougie) h&#233;berge de jeunes m&#232;res c&#233;libataires en situation d&#233;licate pour leur permettre de conserver la garde de leur bambin. Et va jusqu'&#224; arranger des rendez-vous entre ces derni&#232;res et de potentiels &#233;poux acceptant de reconna&#238;tre l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rencontr&#233;e en janvier, Sarah (3), 24 ans, s'appr&#234;tait &#224; s'unir &#224; un homme de 20 ans son a&#238;n&#233;. Pourrait-elle, &#224; terme, aimer ce mari choisi &#224; la h&#226;te ? &#171; Je ne sais pas. Peut-&#234;tre. &#199;a a l'air d'&#234;tre un homme bien&#8230; &#187; Elle dit en tout cas agir dans l'int&#233;r&#234;t du petit gar&#231;on qui gesticule sur ses genoux. Au-del&#224; de l'obstacle l&#233;gislatif, Sarah et la dizaine de femmes accueillies dans ce refuge s'av&#232;rent victimes de la pression exerc&#233;e par la soci&#233;t&#233; soudanaise. &#171; Par peur du regard de la communaut&#233;, mes parents voulaient que j'abandonne mon enfant. Le seul moyen pour qu'ils acceptent la situation, c'est de me marier &#187;, raconte cette dipl&#244;m&#233;e en conception technique qui mettra un point d'honneur &#224; travailler d&#232;s que possible afin d'assurer son ind&#233;pendance financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tabou des violences sexuelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune Soudanaise ne peut s'affranchir pleinement de la stigmatisation sociale. Bob sur la t&#234;te et boucles d'oreilles rose fluo, Nahla Abdalla Mohamed, 18 ans, se fondait dans la foule multicolore des femmes d&#233;filant dans les rues de la capitale. Elle est cependant l'une des instigatrices de ce mouvement pour avoir post&#233;, cinq jours plus t&#244;t, une s&#233;rie de vid&#233;os sur Twitter dans lesquelles elle r&#233;v&#233;lait avoir &#233;t&#233; abus&#233;e sexuellement par son oncle. Soulag&#233;e d'avoir partag&#233; ce traumatisme, cette cr&#233;atrice de bijoux s'est attir&#233; les foudres de sa famille et de nombreux internautes. &#171; Mon p&#232;re m'a dit de passer &#224; autre chose, tandis que, sur les r&#233;seaux sociaux, on m'a accus&#233;e de mentir et d'exposer des faits qui rel&#232;vent du cadre familial et non de la communaut&#233;. On m'a aussi reproch&#233; de ne pas me voiler devant mon oncle, bien que l'islam n'oblige pas la femme &#224; porter le hijab en pr&#233;sence d'un homme avec lequel elle ne peut pas se marier &#187;, d&#233;taille la jeune femme. Elle explique vouloir porter plainte, m&#234;me si elle doute que ses parents lui pardonnent un tel affront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je viens d'une famille relativement progressiste, temp&#232;re toutefois Nahla Abdalla Mohamed. D'autres n'h&#233;siteraient pas &#224; tuer leur fille si elle se retrouvait dans cette situation. Pour beaucoup de Soudanais, une femme devrait garder ses opinions pour elle. Nous sommes cens&#233;es rester chez nous et nous taire, quoi qu'il nous arrive. &#187; &#192; la suite de son t&#233;moignage, plusieurs femmes ont &#224; leur tour rendu public les abus qu'elles ont subis, cr&#233;ant une sorte de #MeToo &#224; retardement. Plusieurs cas de violences domestiques et de f&#233;minicides, dont celui de Samah El-Hadi, une adolescente assassin&#233;e par son propre p&#232;re, ont aussi envahi la toile soudanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d'arguments ayant incit&#233; les Soudanaises &#224; marcher ensemble en ce 8 avril. &#171; Celles qui sont abus&#233;es, tu&#233;es ou harcel&#233;es pourraient &#234;tre ta fille, ta s&#339;ur ou ta m&#232;re &#187;, est-il &#233;crit sur la pancarte brandie par Amna Yasir. Cette jeune dipl&#244;m&#233;e en m&#233;decine g&#233;n&#233;rale de 23 ans insiste : &#171; C'est mon corps et je peux en faire ce que je veux. Personne n'a le droit de me toucher sans mon consentement, peu importe la mani&#232;re dont je m'habille. &#187; Elle regrette en outre que le harc&#232;lement demeure tabou au Soudan. &#171; Nous devons combattre cette mentalit&#233; &#187;, ajoute-t-elle, alors que le cort&#232;ge se dirige vers le minist&#232;re de l'int&#233;rieur. &#171; Ce n'est pas un probl&#232;me de femmes, mais avant tout un probl&#232;me venant des hommes, ench&#233;rit Taha Omer, un &#233;tudiant en m&#233;decine ayant rejoint, comme plusieurs dizaines d'hommes, ce rassemblement pacifique. La mentalit&#233; et la culture doivent &#233;voluer, car m&#234;me si la loi est modifi&#233;e, personne ne la respectera tant que l'esprit patriarcal persistera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re les murs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un jour ne s'&#233;coule sans illustration de cette soci&#233;t&#233; &#224; deux vitesses, o&#249; les hommes s'entassent sur les chaises en plastique des vendeuses de th&#233; pr&#233;sentes &#224; chaque coin de rue de la capitale, quand les clientes font figure d'exceptions. Pendant le ramadan, d&#233;but&#233; cette ann&#233;e dans la soir&#233;e du 12 avril, nombre de Soudanais rompent le je&#251;ne sur la voie publique, assis en cercle autour d'assiettes de dattes, de plats d'assida (pudding de farine bouillie), de bols de sorgho et autres pi&#232;ces de poulets frits. Leurs &#233;pouses sont, elles, bien souvent pri&#233;es, apr&#232;s avoir cuisin&#233; ces iftar, de d&#233;guster leur part derri&#232;re les murs de leur domicile. Mais remettre en cause cet ordre &#233;tabli sous le long r&#232;gne des islamistes demeure, deux ans apr&#232;s la r&#233;volution, passible de sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Waad Bahjet, une trentenaire connue pour d&#233;fendre les droits des femmes sur sa page Facebook, a ainsi &#233;cop&#233;, le 31 mars, de six mois de prison avec sursis. Son tort ? Avoir tourn&#233; une vid&#233;o en direct pour d&#233;noncer le refus des responsables d'une station-service d'approvisionner les v&#233;hicules conduits par des femmes. Cette ing&#233;nieure en g&#233;ologie d&#233;c&#232;le &#224; travers ce verdict, &#171; un message fort pour dissuader les autres femmes de s'exprimer en public et de d&#233;fendre leurs droits &#187;, directement dict&#233;, selon elle, par les partisans de l'ancien r&#233;gime. Le tribunal a en effet retenu les accusations formul&#233;es par le policier qui l'a interpel&#233;e et maintient que Waad Bahjet l'a frapp&#233;. &#171; Ils ont par contre n&#233;glig&#233; la mani&#232;re dont cet agent m'a trait&#233;e et violent&#233;e &#187;, d&#233;plore-t-elle. Le rapport m&#233;dical, &#233;mis &#224; la suite de son arrestation, fait &#233;tat de trois ecchymoses au genou et &#224; l'&#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des propos mysogines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette activiste a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien de ses proches, de d&#233;fenseurs des droits humains et de militantes f&#233;ministes. Pour autant, la lutte contre ce type d'injustice ne fait pas consensus. De la m&#234;me mani&#232;re, ce n'est parce que de nombreuses femmes, des &#233;tudiantes en jeans aux sexag&#233;naires en toub (4) traditionnel ont march&#233; pour leurs droits d&#233;but avril que toutes cautionnent les revendications du &#171; Manifeste f&#233;ministe &#187; pr&#244;nant l'&#233;galit&#233;. Des Soudanaises jugent cette valeur contraire &#224; la religion musulmane. &#171; Dans l'islam, les hommes et les femmes ne sont pas &#233;gaux. Il est par exemple normal que la femme ne puisse pas demander le divorce, car son caract&#232;re irritable risquerait de d&#233;truire la relation conjugale pour des raisons triviales &#187;, affirme Samah Adil, une &#233;tudiante en droit de 18 ans. Elle a particip&#233; &#224; la r&#233;volution &#171; contre les hommes politiques &#187; d'Omar Al-Bachir et assure &#171; ne pas avoir de probl&#232;me avec la d&#233;fense des droits l&#233;gitimes. Mais je ne suis pas d'accord avec ce qui contredit ma religion et le rejette cat&#233;goriquement &#187;, souligne-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les organisatrices de la marche pressent le gouvernement de ratifier la Convention de l'ONU sur l'&#233;limination de toutes les formes de discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes. Les objectifs de ce texte paraissent encore bien &#233;loign&#233;s de la r&#233;alit&#233; soudanaise, les hommes continuant &#224; se cramponner au pouvoir. Lors du dernier remaniement d&#233;but f&#233;vrier, seuls 4 minist&#232;res sur 26 ont &#233;t&#233; confi&#233;s &#224; des femmes. Une minorit&#233; de si&#232;ges, atteignant tout de m&#234;me 40 %, devrait par ailleurs leur revenir au sein du futur Conseil l&#233;gislatif, dont la formation est sans cesse repouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images des kandaka ont beau avoir fait le tour du monde en 2019, leurs contours se sont estomp&#233;s depuis. Et celles qui ont r&#233;pondu &#224; l'appel de Rayan Mamoun et des autres organisatrices de la manifestation printani&#232;re n'ont pas manqu&#233; d'&#234;tre prises &#224; partie par des riverains prof&#233;rant des propos misogynes. Pire, une voiture sans plaque d'immatriculation a fonc&#233; &#224; dessein sur la foule, blessant une femme qui a d&#251; &#234;tre emmen&#233;e &#224; l'h&#244;pital. Le cort&#232;ge a donc pris la direction d'un poste de police pour porter plainte. Deux audiences sont fix&#233;es aux 24 et 26 mai prochains. Une condamnation laisserait pr&#233;sager qu'&#224; d&#233;faut d'obtenir l'&#233;galit&#233;, les Soudanaises pourraient, &#224; l'avenir, en finir avec l'impunit&#233; de leurs agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Surnom donn&#233; aux femmes ayant particip&#233; &#224; la r&#233;volution en r&#233;f&#233;rence aux reines nubiennes du royaume de Koush qui s'&#233;tendait entre le sud de l'&#201;gypte et le nord du Soudan entre 2500 av. J.-C. et 350 ap. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Dirig&#233; par Abdelaziz Al Hilou, le SPLM-N est l'un des deux groupes de rebelles arm&#233;s qui a refus&#233; de signer l'accord de paix de Juba le 3 octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Long morceau de tissu color&#233; dans lequel les Soudanaises s'enroulent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
