<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=12437&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le pouvoir et l'urgence dans la crise &#233;cologique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-pouvoir-et-l-urgence-dans-la-crise-ecologique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-pouvoir-et-l-urgence-dans-la-crise-ecologique</guid>
		<dc:date>2026-06-02T09:15:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#250;lia Mart&#237;, Martin Lallana</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-06-02</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'urgence de la crise globale du capitalisme, notamment du fait de la crise &#233;cologique, est ind&#233;niable. Y r&#233;pondre n&#233;cessite une vision claire de la question du pouvoir et de la transition vers une autre soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; mai 2026 | tir&#233; d'inprecor.fr | Photo : Militants &#233;cologistes. DR. https://inprecor.fr/le-pouvoir-et-lurgence-dans-la-crise-ecologique &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation est sans ambigu&#239;t&#233; : nous sommes au bord d'un d&#233;sastre climatique irr&#233;versible 1. En 2025 nous avons d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; sept des neuf (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-06-02&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/crise_mortelle_et_sa_reponse_modifie-2-b5786.png?1781035283' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'urgence de la crise globale du capitalisme, notamment du fait de la crise &#233;cologique, est ind&#233;niable. Y r&#233;pondre n&#233;cessite une vision claire de la question du pouvoir et de la transition vers une autre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;mai 2026 | tir&#233; d'inprecor.fr | Photo : Militants &#233;cologistes. DR.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/le-pouvoir-et-lurgence-dans-la-crise-ecologique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/le-pouvoir-et-lurgence-dans-la-crise-ecologique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est sans ambigu&#239;t&#233; : nous sommes au bord d'un d&#233;sastre climatique irr&#233;versible 1. En 2025 nous avons d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; sept des neuf limites plan&#233;taires 2. Cela a pour effet fondamental l'acc&#233;l&#233;ration et l'aggravation de toute la crise &#233;cologique. Les records d'&#233;missions globales de CO2 et leur concentration dans l'atmosph&#232;re sont battus chaque ann&#233;e. Tant que le robinet est ouvert, le d&#233;bit ne r&#233;duira pas. On a pu observer r&#233;cemment que la capacit&#233; d'absorption des &#233;missions de CO2 des oc&#233;ans se r&#233;duisait3. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne s'observe pour les for&#234;ts : en 2023 et en 2024 la d&#233;forestation et les m&#233;ga-feux ont r&#233;duit les absorptions de carbone des for&#234;ts au plus bas 4. En Finlande, les for&#234;ts n'agissent plus comme pi&#232;ges &#224; carbone mais comme source de carbone 5 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la chute de la biodiversit&#233; atteint une ampleur catastrophique. Depuis 1970, la population d'animaux sauvages a chut&#233; de 73&#8197;% 6. Presque un million d'esp&#232;ces sont menac&#233;es d'extinction. La diminution du nombre d'insectes est d&#233;j&#224; en train de r&#233;duire la production alimentaire. Elle est accompagn&#233;e de l'utilisation massive d'engrais chimiques dans l'agro-industrie qui est en train d'&#233;puiser la fertilit&#233; des sols cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le chaos mondial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus, nous ne pouvons pas analyser l'urgence &#233;cologique de mani&#232;re isol&#233;e : celle-ci se produit dans un contexte socio-&#233;conomique et g&#233;opolitique mondial instable. L'invasion de l'Ukraine, le g&#233;nocide en Palestine, les interventions &#233;tatsuniennes en Am&#233;rique latine, les tensions dans la Mer de Chine m&#233;ridionale, les r&#233;voltes, les coups d'&#201;tats et les guerres pour les ressources en Afrique, etc., d&#233;crivent un d&#233;sordre mondial. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, l'essor des migrations, des in&#233;galit&#233;s, l'augmentation du co&#251;t de la vie, la droitisation de la soci&#233;t&#233;, la r&#233;pression et la violence (qui ont un impact bien plus important sur les personnes racis&#233;es, les femmes, les personnes LGBTQIA+, les activistes, etc.) montrent une s&#233;rie d'urgences accumul&#233;es, et dans une large mesure interconnect&#233;es, auxquelles nous devons r&#233;pondre. M&#234;me si l'on d&#233;tourne les yeux, tout ceci continue &#224; se produire. Toujours plus vite, toujours plus grave, toujours plus irr&#233;versible. Mais la prise de conscience ne se transforme pas m&#233;caniquement en action contre la catastrophe en cours. La v&#233;ritable dispute sur la crise &#233;cosociale n'est pas le d&#233;bat scientifique mais la question du pouvoir. C'est dans cette perspective que se situe la r&#233;flexion que nous voulons aborder dans cet article : sur le pouvoir et l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question de l'urgence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les doutes se d&#233;veloppent logiquement concernant la strat&#233;gie politique &#224; adopter afin de r&#233;pondre au mieux &#224; l'urgence de la crise &#233;cologique. En effet, les &#233;ch&#233;ances pour mettre en place les immenses transformations n&#233;cessaires sont d'&#224; peine une &#224; deux d&#233;cennies. Les cons&#233;quences de l'inaction sont de plus en plus catastrophiques. Par cons&#233;quent, le manque de certitudes strat&#233;giques donne lieu &#224; des r&#233;ponses vari&#233;es, qui partagent la conscience de l'urgence mais adoptent des approches diff&#233;rentes et bien souvent, contradictoires. Nous analyserons celles exer&#231;ant une certaine influence dans le contexte de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intellectuels du &#171; progressisme vert &#187; espagnol ont r&#233;cemment insist&#233; sur la question des temporalit&#233;s pour justifier leur projet politique. Emilio Santiago affirme qu'aucun frein &#224; la d&#233;carbonisation n'est admissible et que la gauche ne peut plus s'arr&#234;ter &#224; des excuses id&#233;ologiques comme les in&#233;galit&#233;s ou les b&#233;n&#233;fices des grandes entreprises priv&#233;es 7. Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez revendique l'importance d'&#233;tablir une alliance avec la frange verte du capital 8. Xan L&#243;pez consid&#232;re que la gauche doit en finir avec ses dogmes et agir dans le capitalisme tel qu'il est pour renforcer la d&#233;mocratie lib&#233;rale verte 9. C&#233;sar Rendueles d&#233;fend que l'actualit&#233; de la crise &#233;cologique transforme l'h&#233;ritage du marxisme en fantaisie morbide et politiquement catastrophique10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous insistent sur le m&#234;me point : il n'est pas r&#233;aliste d'esp&#233;rer la chute du capitalisme pour d&#233;passer la crise climatique. Et &#224; partir de cette position, ils en appellent &#224; un pragmatisme vert qui choisit la gestion verte de l'existant. S'il y a quelques ann&#233;es ils justifiaient cette voie en arguant qu'elle s'inscrivait dans l'air du temps ; ils le justifient maintenant comme la seule voie face &#224; la mont&#233;e du fascisme fossile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des mouvements sociaux, m&#234;me si la vitalit&#233; des mobilisations climatiques pr&#233;-pand&#233;mie n'a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;e, on en a h&#233;rit&#233; la radicalisation de certains secteurs militants. Des collectifs comme Extinction Rebellion ou Futuro Vegetal ont utilis&#233; les tactiques de d&#233;sob&#233;issance civile pour attirer l'attention sur l'urgence de la situation. Le mouvement fran&#231;ais Les Soul&#232;vements de la terre jouit &#233;galement d'une influence croissante dans les groupes &#233;cologistes autonomes et de d&#233;fense du territoire. Ceci a men&#233; &#224; l'apparition subite des Revoltes de la Terra en Catalogne. Sans oublier les r&#233;voltes paysannes dans toute l'Europe, et qui, malgr&#233; le fait que leurs revendications ne soient pas toujours &#233;cologiques, mettent cependant en &#233;vidence les sympt&#244;mes de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des membres du collectif portugais Clim&#225;ximo interrogent les strat&#233;gies actuelles des mouvements depuis le prisme de l'urgence 11 et critiquent la mani&#232;re dont la plupart des organisations multiplient les esquives concernant cette question. Ils consid&#232;rent que ni construction progressive d'un pouvoir et d'une organisation communautaire, ni les mobilisations de masses, ni les revendications concr&#232;tes et r&#233;alistes ne r&#233;pondent correctement &#224; l'urgence de la crise. En m&#234;me temps, ils alertent sur le fait que l'ampleur de la menace a bien trop souvent pour r&#233;ponse le renoncement &#224; la lutte pour le pouvoir et le retranchement vers des projets locaux. Ils affirment que &#171; si l'on veut planifier le d&#233;mant&#232;lement du capitalisme dans les d&#233;lais impos&#233;s par le changement climatique, nous avons besoin d'une th&#233;orie du changement et d'un mod&#232;le d'organisation qui soient compatibles avec cette t&#226;che &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils insistent sur l'importance de renforcer l'&#233;cosyst&#232;me des mouvements et organisations engag&#233;es dans la rupture r&#233;volutionnaire. La proposition est que les organisations se positionnent dans l'&#233;tat d'esprit d'une guerre face &#224; l'urgence climatique : toute strat&#233;gie, tactique et processus interne doit &#234;tre efficace, doit recourir &#224; des formations rapides et doit &#234;tre souple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#171; progressistes verts &#187;, toute prise de position id&#233;ologique sera per&#231;ue comme contraire &#224; tout projet r&#233;volutionnaire. Ils s'opposent aux positions anticapitalistes, synonymes selon eux d'obstacles &#224; la r&#233;solution de la crise &#233;cologique, bien que les r&#233;sultats de leur pragmatisme soient toujours invisibles. De plus, la fa&#231;on trompeuse dont ils envisagent l'urgence pour imposer leur projet politique fait beaucoup trop &#233;cho au fameux &#171; il n'y a pas d'alternative &#187;, qui l&#233;gitime des solutions antid&#233;mocratiques et oublie que, sans les individus les plus touch&#233;s par cette crise &#233;cosociale, nous ne pourrons d&#233;clencher les processus radicaux qui sont n&#233;cessaires aux transformations ambitieuses dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on peut se reconna&#238;tre dans certains des positionnements de Clim&#225;ximo, leurs cons&#233;quences ne pourront &#234;tre qu'un exc&#232;s de volontarisme. Dans la pratique, on peut constater que le choix d'une intensification rapide de la lutte brouille le contexte concret des mouvements et des dynamiques locales qui les traversent. Si la radicalisation reste une cons&#233;quence positive de l'urgence, la r&#233;alit&#233; des mouvements sociaux continue &#224; &#234;tre bien trop fractur&#233;e et dans l'incapacit&#233; d'interpeller de larges couches de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi observer des propositions utiles pour la r&#233;organisation et le renforcement des mouvements, mais sans proposition claire pour r&#233;soudre la question du pouvoir. Par la suite, nous tenterons d'esquisser notre r&#233;ponse &#224; la crise &#233;cosociale. Nous signalerons quelques lacunes de la pens&#233;e &#233;cosocialiste et d&#233;velopperons nos r&#233;flexions sur le pouvoir et sur l'urgence face &#224; la crise &#233;cosociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fertiliser la pens&#233;e &#233;cosocialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur la crise &#233;cologique dans la pens&#233;e marxiste d&#233;butent durant la seconde moiti&#233; du 20e si&#232;cle. Plus d'un demi-si&#232;cle de pens&#233;e &#233;cosocialiste a laiss&#233; un h&#233;ritage pr&#233;cieux et a jou&#233; un r&#244;le important autant dans les organisations marxistes que dans le mouvement &#233;cologiste. Mais reconna&#238;tre cet h&#233;ritage ne nous emp&#234;che pas pour autant de reconna&#238;tre et de signaler certaines limites que ces r&#233;flexions ont pu avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la majorit&#233; des cas, la pens&#233;e &#233;cosocialiste s'est concentr&#233;e uniquement sur la partie &#233;cologique du d&#233;bat. Certaines questions centrales du marxisme n'ont pas &#233;t&#233; abord&#233;es selon ce prisme : sur l'&#201;tat, la crise et l'organisation ou la transition, de sorte que les apports de cette pens&#233;e doivent &#234;tre compl&#233;t&#233;s par d'autres &#233;coles de pens&#233;e marxiste. Malheureusement, un tel puzzle ne g&#233;n&#232;re pas un r&#233;sultat satisfaisant et coh&#233;rent. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cet endroit que la pens&#233;e &#233;cosocialiste doit se fertiliser. La m&#234;me question appara&#238;t dans la question des temps politiques. Il existe un riche h&#233;ritage de d&#233;bats sur les temps politiques, l'organisation et la strat&#233;gie dans le marxisme. Mais une relecture &#233;cosocialiste de ce dernier est toujours devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur les temps politiques et l'organisation du marxisme remonte aux d&#233;bats &#224; l'int&#233;rieur de la IIe Internationale et du parti social-d&#233;mocrate allemand (SPD). Eduard Bernstein d&#233;fendait le parlementarisme comme une longue marche vers la conqu&#234;te progressive du pouvoir. Pour Karl Kautsky, la r&#233;volution se r&#233;sumait &#224; la modification du rapport de forces au sein de l'&#201;tat et &#224; la croissance des masses ouvri&#232;res. C'est ainsi qu'il misait sur une accumulation passive des forces, afin &#171; d'avancer patiemment sur les chemins du pouvoir jusqu'&#224; ce que le pouvoir tombe comme un fruit m&#251;r &#187;. Ces conceptions pla&#231;aient le parti dans un r&#244;le de p&#233;dagogue qui cultive et organise la classe laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que Walter Benjamin accusa de r&#233;signation historique12. La social-d&#233;mocratie allemande prenait le parti d'un temps homog&#232;ne et vide, un temps de progr&#232;s m&#233;canique sans crises ni ruptures. Une temporalit&#233; sans &#233;v&#233;nements. Pour Benjamin, ce parti pris avait endormi la vigilance r&#233;volutionnaire face aux menaces. Dans sa conception, le temps strat&#233;gique de la politique n'est ni lin&#233;aire ni vide : c'est un temps discontinu, d&#233;cousu et fractur&#233;, rempli de n&#339;uds et de faits impr&#233;gn&#233;s de sens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH321/57096fc7c615b942-5ebc7801-0ab77.png?1781049903' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le parti n'et pas un p&#233;dagogue qui emmagasine des forces patiemment mais un op&#233;rateur strat&#233;gique qui r&#233;agit avec agilit&#233; &#224; la conjoncture. Il doit &#234;tre toujours pr&#234;t &#224; l'impr&#233;vu et pr&#233;parer tous les fronts. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus significative des ruptures fut celle formul&#233;e par L&#233;nine au travers de deux apports fondamentaux : sa notion de crise r&#233;volutionnaire et sa conception du parti. Pour le r&#233;volutionnaire russe, le parti n'est pas un p&#233;dagogue qui emmagasine des forces patiemment mais un op&#233;rateur strat&#233;gique qui r&#233;agit avec agilit&#233; &#224; la conjoncture. La r&#233;volution doit se pr&#233;parer en construisant une organisation capable d'agir dans des circonstances extr&#234;mes, sans &#234;tre paralys&#233;e au moindre d&#233;fi. C'est en cela que le parti doit toujours &#234;tre pr&#234;t &#224; l'impr&#233;vu et pr&#233;parer tous les fronts. Comme le d&#233;crit Daniel Bensa&#239;d, la politique de L&#233;nine est une politique de l'impatience 13. La politique du temps bris&#233; de la strat&#233;gie l&#233;niniste est un temps rythm&#233; par la lutte et interrompu par la crise. Dans ce temps bris&#233;, le parti agit comme bo&#238;te de vitesses de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;bats offrent-ils une r&#233;ponse satisfaisante au probl&#232;me de l'urgence de la crise &#233;cologique ? Il serait malhonn&#234;te de r&#233;pondre de fa&#231;on affirmative. M&#234;me si c'est s&#233;duisant, on ne peut pas les appliquer m&#233;caniquement au probl&#232;me des temps politiques de la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pouvoir, crise et transition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous tenterons d'esquisser notre r&#233;ponse via trois approches : celle du pouvoir, celle de la crise et celle de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, aborder la question de la prise du pouvoir nous semble fondamental dans un contexte o&#249; les mouvements &#233;cosociaux l'&#233;ludent constamment. Que ce soit sous l'influence du mouvement autonome, par crainte du r&#233;formisme, ou simplement par impuissance et incapacit&#233; &#224; imaginer des sc&#233;narios de rupture, on ne con&#231;oit pas de relation avec l'&#201;tat qui ne repose pas soit sur une logique de pression et de revendications, soit, au contraire, sur une confrontation qui ne vise pas &#224; transformer le pouvoir, mais simplement &#224; l'affaiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons besoin d'&#233;voquer la question de comment transformer l'&#201;tat au regard de l'urgence. Car l'id&#233;e selon laquelle nous n'avons pas le temps de mener de grandes transformations et qu'il vaut donc mieux s'adapter et trouver un compromis nous conduit dans une impasse o&#249; le capitalisme continue de fonctionner comme si de rien n'&#233;tait. &#201;luder ce d&#233;fi et se concentrer exclusivement sur la construction d'espaces autonomes suppose &#233;galement d'abandonner les outils d'intervention dans l'&#233;conomie qui sont n&#233;cessaires et urgents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, que signifie prendre le pouvoir pour un projet &#233;cosocialiste dans une d&#233;mocratie lib&#233;rale occidentale ? La conception de crise r&#233;volutionnaire de L&#233;nine se basait sur la dualit&#233; du pouvoir et sur une campagne politico-militaire de renversement de l'appareil de domination &#233;tatique. Ce mod&#232;le est difficilement applicable dans les pays o&#249; existe une soci&#233;t&#233; civile robuste et &#233;tablie dans les profondeurs de la soci&#233;t&#233;, o&#249; l'&#201;tat exerce une forte h&#233;g&#233;monie et jouit d'une forte l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces territoires, les d&#233;bats de l'Internationale Communiste formul&#232;rent d'autres mod&#232;les : le gouvernement ouvrier et l'approche transitoire 14. L'on y observait comment la radicalisation sociale de la classe laborieuse se traduisait d'abord par l'aspiration r&#233;formiste &#224; un gouvernement d&#233;mocratique qui r&#233;pond&#238;t aux revendications d&#233;fendues. Dans ces conditions, l'acc&#232;s au gouvernement par le biais des urnes par des forces socialistes peut remplir un r&#244;le provisoire et transitoire. Cependant, ce gouvernement devra affronter le sabotage &#233;conomique des capitalistes, &#224; un sentiment d'impuissance et un d&#233;couragement croissant, ainsi qu'&#224; une dynamique croissante des conflits de classes. D'o&#249; l'approche transitoire : ce gouvernement peut jouer un r&#244;le de pont, mais se doit de d&#233;passer la politique r&#233;formiste et renforcer la radicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gouvernement ouvrier, contre-pouvoirs et programme de transition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans un contexte de crise &#233;cosociale, le succ&#232;s de cette strat&#233;gie d&#233;pendra particuli&#232;rement de la capacit&#233; &#224; construire des institutions de contre-pouvoir. Ces institutions sont fondamentales pour renforcer les classes populaires dans un contexte d'appauvrissement et de recrudescence des violences. Mais elles auront aussi &#224; cr&#233;er une autonomie et &#224; d&#233;sarmer les chantages du capital, en plus de construire des exp&#233;riences de construction du pouvoir qui ne passent pas par la d&#233;l&#233;gation &#8211; caract&#233;ristiques des d&#233;mocraties lib&#233;rales &#8211;, et &#224; faciliter la radicalisation et le d&#233;bordement des cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instauration d'un gouvernement transitoire avec de fortes structures de contre-pouvoir est une hypoth&#232;se qui se transpose facilement en p&#233;riode de crise &#233;cologique. Il n'est pas n&#233;cessaire de croire en l'abolition du capitalisme &#224; l'&#233;chelle mondiale durant la prochaine d&#233;cennie pour adopter une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire : des revendications transitoires qui font progresser significativement la transition &#233;cologique peuvent parfaitement &#234;tre d&#233;velopp&#233;es par un gouvernement ouvrier &#8211; on entend la &#171; classe ouvri&#232;re &#187; au sens large &#8211; qui arrive &#233;lectoralement au pouvoir dans un moment de radicalisation sociale. La nationalisation des entreprises de l'&#233;nergie, une r&#233;forme agraire agro&#233;cologique, l'extension massive des transports en commun, une r&#233;duction drastique du temps de travail, la r&#233;gularisation des personnes exil&#233;&#183;es, l'expropriation des logements appartenant &#224; des entreprises et &#224; des fonds d'investissements ou la fin de la privatisation de la sant&#233;. Ces interventions vont rencontrer limites et sabotages, et le renforcement de la strat&#233;gie de rupture sera la seule r&#233;ponse possible. D'un point de vue pragmatique, s'il y a bien une chose que nous apprend le 20e si&#232;cle, c'est qu'un programme r&#233;formiste significatif n'a &#233;t&#233; efficace que lorsque la r&#233;volution &#233;tait une menace cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des r&#233;ponses socialistes aux crises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, quels sont les effets de la crise et des mobilisations sociales ? Dans le temps bris&#233; de la crise &#233;cosociale, il s'agit d'&#233;l&#233;ments centraux, apparaissant de fa&#231;ons vari&#233;es. Sur le plan &#233;conomique, nous savons que pendant la prochaine d&#233;cennie, nous ferons face &#224; une nouvelle crise &#233;conomique. L'accumulation capitaliste est en mauvaise sant&#233; et, depuis les ann&#233;es 70, le Nord Global connait une crise tous les dix ans. Bien loin des analyses gauchistes, elles ne repr&#233;sentent pas une &#233;tincelle favorable aux explosions r&#233;volutionnaires. En p&#233;riode de crise, les capitalistes r&#233;tablissent leurs taux de profit et renforcent leur domination sur la classe laborieuse. Les crises ne sont pas le sympt&#244;me d'&#233;puisement catastrophique, elles revitalisent l'accumulation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#229;le Holgersen d&#233;fend l'id&#233;e que l'&#233;cosocialisme ne peut ni &#233;chapper, ni ignorer les crises 15. Afin d'&#233;viter de reproduire sans fin les m&#234;mes recettes keyn&#233;siennes restaurant la comp&#233;titivit&#233; et la rentabilit&#233; du capital, nous devons pr&#233;parer des strat&#233;gies et des programmes socialistes contre la crise. Nous avons besoin de plans d'action concrets pour la gestion imm&#233;diate de la crise, afin de minimiser les d&#233;g&#226;ts sociaux et d'appliquer une politique de classe aux moments du choc. Il s'agit essentiellement de se pr&#233;parer &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la lutte des classes, au moment o&#249;, in&#233;vitablement, elle entre en conflit avec le profit et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Les structures de contre-pouvoir des classes populaires joueront alors un r&#244;le-cl&#233;, tout comme la capacit&#233; &#224; articuler des strat&#233;gies qui parviennent &#224; transformer l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;r&#233; par la nouvelle situation en changements r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crises sociales et crise de direction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, il y a les mobilisations sociales. Elles se d&#233;veloppent ind&#233;pendamment de la crise &#233;conomique. La dynamique du si&#232;cle dernier positionnait en g&#233;n&#233;ral le conflit comme pr&#233;c&#233;dant la crise. Joshua Clover d&#233;fend que la forme &#224; travers laquelle s'exprime la lutte des classes dans notre p&#233;riode est l'agitation 16 qu'il d&#233;finit comme une forme d'action collective qui lutte pour &#171; figer les prix &#187; des biens du march&#233;, et mobilise toujours plus de personnes exclues du march&#233; du travail salari&#233;. Il observe les luttes de masse pour le prix du carburant et des transports en France, au Br&#233;sil, au Mexique ou en Ha&#239;ti. En examinant un ph&#233;nom&#232;ne similaire, Vincent Bevins r&#233;alise le bilan amer des mobilisations massives de la d&#233;cennie 2010-2020 17. Des mouvements en Tunisie, en &#201;gypte, en Turquie, au Br&#233;sil, en Cor&#233;e du Sud et au Chili, il conclut que ces actions ont permis de cr&#233;er des vides politiques, mais qu'elles ont &#233;t&#233; incapables de profiter des situations r&#233;volutionnaires. Alors que les mobilisations de masse, sans direction, n'avaient pas la capacit&#233; de prendre le pouvoir, les &#233;lites &#233;conomiques organis&#233;es ont su profiter de la vacance du pouvoir pour renforcer leur position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises, les &#233;meutes et les manifestations de masse sont trois ph&#233;nom&#232;nes qui se produiront dans les ann&#233;es &#224; venir. Ce sont des &#233;v&#233;nements qui fractureront le temps politique. L'urgence &#233;cologique est directement li&#233;e &#224; notre capacit&#233; &#224; intervenir &#224; ces moments-l&#224;. Si nos organisations se retrouvent bloqu&#233;es ou marginalis&#233;es, nous aurons perdu une d&#233;cennie que nous ne pouvions pas nous permettre de perdre. De plus, il est possible que ces &#233;v&#233;nements prennent une tournure contre-r&#233;volutionnaire : Richard Seymour d&#233;crit, &#224; travers le concept de &#171; nationalisme du d&#233;sastre &#187;, comment l'extr&#234;me droite exploite les catastrophes, r&#233;elles ou invent&#233;es, pour &#233;largir et radicaliser sa base sociale 18, en orientant les aspirations et les &#233;motions dans une direction r&#233;actionnaire, en proposant des fantasmes violents comme exutoire &#224; la frustration sociale. Se pr&#233;parer &#224; intervenir dans les crises et les soul&#232;vements exige d'&#233;largir notre base, de renforcer nos alliances, mais surtout d'&#234;tre capable de lire la r&#233;alit&#233; sociale pour anticiper et construire des issues &#233;mancipatrices aux frustrations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles actions concr&#232;tes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quelles sont les conqu&#234;tes n&#233;cessaires &#224; une transition &#233;cosocialiste, &#224; partir de la situation actuelle ? D'un c&#244;t&#233;, les Soul&#232;vements de la Terre ont popularis&#233; le concept de d&#233;sarmement comme strat&#233;gie d&#233;fensive pour d&#233;sarticuler et freiner les infrastructures qui nous dirigent vers l'effondrement 19. Cette strat&#233;gie gagnante a su marquer le d&#233;bat public et freiner certains m&#233;ga-projets &#8211; m&#234;me s'il faudrait aborder certains d&#233;bats tactiques sur les formes, le type d'infrastructures &#224; attaquer et les cons&#233;quences sur la classe laborieuse pour pouvoir &#233;tendre cette strat&#233;gie. D'un autre c&#244;t&#233;, Kai Heron, Keir Milburn et Bertie Russel d&#233;fendent la construction d'outils de propri&#233;t&#233; publico-communautaire dans des secteurs cl&#233;s de la reproduction 20 comme le soin, le logement, l'&#233;nergie ou l'alimentation. Cela donne naissance &#224; un cadre institutionnel qui s'appuie sur l'engagement populaire pour r&#233;pondre aux besoins sociaux et limiter la domination du capital. Ces outils ne sont pas le r&#233;sultat d'une r&#233;volution &#233;cosocialiste, mais une approche pour construire un pouvoir populaire et avancer dans la transition &#233;cologique. Un projet concret et r&#233;alisable dans lequel peuvent converger des forces organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conqu&#234;tes &#233;cosocialistes doivent combiner ce double mouvement destituant-constituant op&#233;rant sur les nouvelles formes d'organisation de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;. Am&#233;liorer les fa&#231;ons de les combiner pour favoriser leur alimentation r&#233;ciproque et non leur opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, nous voyons comment un projet organisationnel &#233;cosocialiste peut r&#233;pondre &#224; l'urgence de la crise &#233;cosociale. La consolidation et l'expansion d'institutions de contre-pouvoir, capables d'imposer des revendications transitoires au niveau national, peuvent se comprendre comme la conqu&#234;te d'outils qui r&#233;pondent en m&#234;me temps aux besoins sociaux et &#224; la n&#233;cessit&#233; d'affaiblir la domination du capital. L'articulation dialectique des processus de luttes sociales et de victoire &#233;lectorale peut apporter une r&#233;ponse &#224; l'urgence &#233;cosociale. La transformation urgente et l'objectif de faire gagner en puissance les outils populaires ne sont pas des projets en l'air, ils doivent faire concr&#232;tement partie de la strat&#233;gie de mobilisation des forces r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/manifestation_a_valladolid.png?56705/c4cb915bc1c077f48758d92e88fbf7a72ae6cee1054a986af9200e517c5743e2' width='393' height='662' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Manifestation &#224; Valladolid contre la gestion des r&#233;cents incendies &#224; L&#233;on, Zamora, Palencia et Salamanque. Photo Miriam Chacon (Ical)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cosocialisme et barbarie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur le pouvoir, la crise et la transition apportent quelques r&#233;ponses au probl&#232;me de l'urgence. Les organisations r&#233;volutionnaires &#233;cosocialistes doivent r&#233;agir avec souplesse &#224; la conjoncture, elles doivent avancer des revendications transitoires, &#233;laborer un programme pour affronter les crises, intervenir dans les mouvements sociaux et construire des outils de transition qui satisfassent les besoins sociaux. Elles doivent &#233;galement utiliser le gouvernement ouvrier comme pont entre les aspirations populaires et l'horizon de la rupture. Tout ceci est li&#233; &#224; la p&#233;riode de crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons d'une conviction : il n'y a pas de raccourcis, mais chaque victoire partielle que nous arrachons poss&#232;de son importance. Il n'y a de raccourcis ni dans les moyens, ni dans la fin &#8211; la prise du pouvoir politique par la classe laborieuse. Mais nous devons cependant entre-temps mener &#224; bien des transformations gigantesques. Il est improbable qu'un programme &#233;cosocialiste soit achev&#233; avant les d&#233;lais fix&#233;s pour une r&#233;duction drastique du CO2. Il est probable &#233;galement qu'un programme r&#233;formiste pragmatique n'y arrive pas plus car, entre autres, nous sommes d&#233;j&#224; en train de d&#233;passer des points de non-retour dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'expression &#233;cul&#233;e d'&#171; &#233;cosocialisme ou barbarie &#187; se doit d'&#233;voluer en &#171; &#233;cosocialisme dans la barbarie &#187;. Ou plut&#244;t, comment construire l'&#233;cosocialisme au travers de la barbarie. Nous ne sommes pas face &#224; un sc&#233;nario du tout ou rien. Nous sommes face &#224; un sc&#233;nario volatile, toujours plus catastrophique et dans lequel il n'y a pas de futur certain. Nous devons &#233;viter les pires d&#233;nouements et c'est pour cela que nous devons renforcer notre pouvoir. Nous savons que la lutte des classes va s'intensifier et que l'organisation populaire sera l'unique possibilit&#233; pour obtenir une victoire et &#233;viter les retours en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est essentiel. Comme nous le disions, l'extr&#234;me droite est en train de gagner la bataille du leadership de la frustration vers une radicalisation r&#233;actionnaire. Ne pas l'inclure dans notre analyse serait une terrible erreur. La propagation sociale des positions r&#233;actionnaires et racistes annule toute avanc&#233;e partielle de la transition &#233;cologique. La r&#233;ponse populaire &#224; la Dana (d&#233;pression isol&#233;e en haute altitude) au Pa&#237;s Valenci&#224;21 en offre un exemple. Les personnes impliqu&#233;es le savent parfaitement : ce qui a d&#233;termin&#233; la capacit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; cette situation, c'est l'existence de structures populaires ant&#233;rieures. En leur absence, la conjonction des catastrophes climatiques et d'une extr&#234;me droite forte d&#233;truira les liens de solidarit&#233; dans les communaut&#233;s et le mal-&#234;tre se radicalisera dans le pire des sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les crises et les explosions sociales, nous pouvons &#234;tre certains que ce type de catastrophes et d'attaques de l'extr&#234;me droite se produiront dans un avenir proche. Voil&#224; pourquoi une organisation &#233;cosocialiste qui prend au s&#233;rieux l'urgence de la situation doit se pr&#233;parer &#224; r&#233;pondre. Une d&#233;faite nous ferait perdre des ann&#233;es que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 2026&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. William J. Ripple et collaborateurs, &#8220;The 2025 state of the climate report : a planet on the brink&#8221; (Le rapport sur l'&#233;tat du climat en 2025 : une plan&#232;te au bord du gouffre), BioScience, Volume 75, n&#176;12, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Planetary Boundaries Science (PBScience), 2025, Planetary Health Check 2025. Potsdam Institute for Climate Impact Research (Bilan de sant&#233; de la plan&#232;te 2025. Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam), Potsdam, Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. M&#252;ller, Jens D., Gruber, Nicolas ; Schneuwly, Aline, etc. &#8220;Unexpected decline in the ocean carbon sink under record-high sea surface temperatures in 2023&#8221; (Baisse inattendue du puits de carbone oc&#233;anique alors que les temp&#233;ratures de surface de la mer atteignaient des niveaux records en 2023), Nat. Clim. Chang, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Nancy Harris et Melissa Rose. &#8220;World's Forest Carbon Sink Shrank to its Lowest Point in at Least 2 Decades, Due to Fires and Persistent Deforestation&#8221; (Le puits de carbone forestier mondial a atteint son niveau le plus bas depuis au moins deux d&#233;cennies, en raison des incendies et de la d&#233;forestation persistante), World Resource Institute, 24 juillet 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Natural Resources Institute Finland. 2025. &#8220;Preliminary greenhouse gas inventory results for 2023 : Forest land has turned into an emission source because the carbon sink of trees no longer cover emissions from forest soil&#8221; (R&#233;sultats pr&#233;liminaires de l'inventaire des gaz &#224; effet de serre pour 2023 : les terres foresti&#232;res sont devenues une source d'&#233;missions, car le puits de carbone constitu&#233; par les arbres ne compense plus les &#233;missions provenant des sols forestiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. WWF, Rapport Plan&#232;te Vivante, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Emilio Santiago Mui&#241;o (2024), &#8220;El cron&#243;metro ya es la br&#250;jula : por un frentepopulismo clim&#225;tico&#8221; (Le chronom&#232;tre fait d&#233;sormais office de boussole : pour un populisme climatique), Critic. Emilio Santiago Mu&#237;&#241;o est anthropologue climatique et conseiller pour les d&#233;put&#233;&#183;es de la communaut&#233; autonome de Madrid et pour le Congr&#232;s des d&#233;put&#233;&#183;es de l'&#201;tat Espagnol (NdT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez (2024), &#8220;&#191;Qu&#233; es una alianza ? Apolog&#237;a de la incomodidad&#8221; (Qu'est-ce qu'une alliance ? &#201;loge de l'inconfort), Corriente C&#225;lida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Clemente &#193;lvarez, Xan L&#243;pez, &#8220;No es realista esperar a la abolici&#243;n del capitalismo para superar la crisis clim&#225;tica&#8221; (Il n'est pas r&#233;aliste d'attendre l'abolition du capitalisme pour surmonter la crise climatique), El Pa&#237;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cesar Rendueles (2025), &#8220;La extinci&#243;n del marxismo (el marxismo pol&#237;tico ante la crisis ecosocial)&#8221; (La fin du marxisme (le marxisme politique face &#224; la crise &#233;cosociale)), Cuaderno digital de cultura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Mariana Rodrigues et Sinan Eden (2025), All In : a revolutionary theory to stop climate collapse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. &#171; Paris, capitale du XIXe si&#232;cle &#187;, Walter Benjamin, 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Daniel Bensaid (2013), &#171; La politique comme art strat&#233;gique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Mart&#237;n Mosquera (2023). &#8220;Lecciones desde lejos : frente &#250;nico y gobierno obrero en la Internacional Comunista&#8221; (Le&#231;ons de loin : front unique et gouvernement ouvrier au sein de l'Internationale communiste), viento sur n&#176;186.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. St&#229;le Holgersen (2025). Against the Crisis : Economy and Ecology in a Burning World (Face &#224; la crise : &#233;conomie et &#233;cologie dans un monde en feu), Verso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Joshua Clover (2025), Disturbio. Huelga. Disturbio. La nueva era de los levantamientos (&#201;meute. Gr&#232;ve. &#201;meute. La nouvelle &#232;re des soul&#232;vements).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Vincent Bevins, Si ardemos. La d&#233;cada de las protestas masivas y la revoluci&#243;n que no fue (Si nous br&#251;lons. La d&#233;cennie des manifestations de masse et de la r&#233;volution qui n'a pas eu lieu.), Capit&#225;n Swing, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Richard Seymour, Disaster Nationalism : The Downfall of Liberal Civilization, Verso (2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Stathis Kouvelakis, &#171; Les Soul&#232;vements de la Terre : composition et strat&#233;gie de l'action de masse &#187;, Contretemps.eu (2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Kai Heron, Keir Milburn et Bertie Russell, Radical Abundance. How to Win a Green Democratic Future, Pluto (2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. &#171; Espagne. La temp&#234;te parfaite &#187;, Manuel Gar&#237; Ramos, 18 d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
*****
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Strat&#233;gie &#233;cosocialiste en p&#233;riode de turbulences</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Strategie-ecosocialiste-en-periode-de-turbulences</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Strategie-ecosocialiste-en-periode-de-turbulences</guid>
		<dc:date>2025-03-11T08:16:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Lallana</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-03-11</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi diable parler d'&#233;cosocialisme ? Le socialisme ne cherche-t-il pas d&#233;j&#224; &#224; organiser librement et consciemment le m&#233;tabolisme social ? Les outils classiques de l'analyse marxiste sont-ils incomplets pour faire face &#224; la p&#233;riode historique actuelle ? Quelles sont les implications fondamentales de la crise &#233;cologique pour l'organisation et la strat&#233;gie socialistes ? Tout au long de cet article, nous tenterons d'aborder certains des &#233;l&#233;ments centraux qui d&#233;finissent le champ de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-03-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-03-11&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/change_the_climate_not_the_system-250f9.png?1781053224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi diable parler d'&#233;cosocialisme ? Le socialisme ne cherche-t-il pas d&#233;j&#224; &#224; organiser librement et consciemment le m&#233;tabolisme social ? Les outils classiques de l'analyse marxiste sont-ils incomplets pour faire face &#224; la p&#233;riode historique actuelle ? Quelles sont les implications fondamentales de la crise &#233;cologique pour l'organisation et la strat&#233;gie socialistes ? Tout au long de cet article, nous tenterons d'aborder certains des &#233;l&#233;ments centraux qui d&#233;finissent le champ de la strat&#233;gie socialiste en relation avec la crise &#233;cologique. La th&#232;se principale que nous d&#233;fendrons ici est que l'analyse marxiste reste le meilleur outil pour faire face &#224; cette situation qualitativement diff&#233;rente, tandis que la gravit&#233;, l'urgence et l'irr&#233;versibilit&#233; des cons&#233;quences imposent des tactiques et des revendications transitoires sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;27 f&#233;vrier 2025 | tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/node/4596&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;inprecor.fr&lt;/a&gt; no. 729&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question pertinente n'est pas de savoir si le capitalisme sera capable ou non de r&#233;soudre la crise &#233;cologique, mais comment nous pouvons r&#233;soudre la crise &#233;cologique &#224; temps et dans les dimensions qui s'imposent tout en avan&#231;ant dans la construction d'un pouvoir de classe qui soit capable de d&#233;passer le capitalisme. On ne peut pas se contenter de r&#233;pondre que l'on se pr&#233;occupera de la fum&#233;e des chemin&#233;es seulement quand on aura socialis&#233; les usines. Une strat&#233;gie socialiste consciente de la gravit&#233; de la crise &#233;cologique doit &#234;tre capable d'int&#233;grer dans son horizon de transformation radicale l'objectif d'&#233;viter l'extinction massive des esp&#232;ces, la d&#233;gradation de la fertilit&#233; des sols, l'&#233;puisement de certaines ressources naturelles ou les destructions, &#224; l'&#233;chelle mondiale, associ&#233;es au chaos climatique. Elle doit le faire parce que tous ces ph&#233;nom&#232;nes repr&#233;sentent une atteinte aux conditions qui permettraient &#224; l'ensemble de l'humanit&#233; de jouir d'une vie digne. Mais elle doit le faire aussi, et surtout, parce que ces luttes et conflits sp&#233;cifiques portent en eux la possibilit&#233; d'un antagonisme entre la classe ouvri&#232;re et le pouvoir capitaliste qui peut &#234;tre particuli&#232;rement fertile pour avancer vers le socialisme. Comme l'&#233;crivaient Joel Kovel et Michael L&#246;wy en 2001 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#233;cosocialisme conserve les objectifs &#233;mancipateurs du socialisme premi&#232;re version et rejette les buts att&#233;nu&#233;s, r&#233;formistes, de la social-d&#233;mocratie et les structures productivistes du socialisme bureaucratique. Il insiste sur une red&#233;finition des voies et du but de la production socialiste dans un cadre &#233;cologique. &#187;&lt;/i&gt; 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce sens large que nous entendons l'&#233;cosocialisme et c'est &#224; partir de ce cadre que nous estimons urgent et n&#233;cessaire d'avancer sur les implications th&#233;oriques et strat&#233;giques qui en d&#233;coulent. &#192; cette fin, dans les pages suivantes, nous passerons en revue des &#233;l&#233;ments centraux li&#233;s &#224; la conceptualisation de la crise &#233;cologique, &#224; la crise du capitalisme mondial, aux discussions sur l'&#201;tat et la planification, aux exigences transitoires, au temps bris&#233; 2 de la politique et &#224; l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'entendons-nous par &#171; crise &#233;cologique &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; des fins de clarification, il nous semble important de nous arr&#234;ter sur la mani&#232;re dont nous comprenons les sc&#233;narios de d&#233;gradation &#233;cologique massive qui s'annoncent. L'accumulation jusqu'&#224; saturation de rapports, de publications, de reportages et de discours sur cette d&#233;gradation s&#232;me souvent plus de confusion qu'autre chose. Il n'est pas surprenant qu'actuellement les repr&#233;sentations sociales associent principalement le mouvement &#233;cologiste au recyclage, au fait de fermer le robinet en se brossant les dents ou de ne pas jeter de m&#233;gots de cigarettes par terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me veine, il est habituel de pr&#233;senter de fausses solutions, port&#233;es par les grandes entreprises, telles que la licorne appel&#233;e &#233;conomie circulaire, la chim&#232;re d&#233;nomm&#233;e neutralit&#233; climatique ou la voiture &#233;lectrique comme r&#233;ponses &#224; un diagnostic catastrophique. Parall&#232;lement, le conte de la transition verte est utilis&#233; pour justifier des processus de r&#233;organisation de l'accumulation capitaliste, impliquant dans de nombreux cas une attaque contre le travail et l'expropriation de territoires. L'une des cons&#233;quences logiques est donc la g&#233;n&#233;ralisation de la frustration et du rejet de tout ce qui a trait &#224; la soi-disant transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne doit pas conduire &#224; construire un projet socialiste qui esquiverait la crise &#233;cologique. Nous devons partir d'une compr&#233;hension solide et pr&#233;cise de celle-ci, qui indique les points o&#249; le conflit peut &#233;clater en premier. Un cadre d'analyse pour l'aborder se trouve dans le concept de rupture m&#233;tabolique, d&#233;j&#224; pr&#233;sent dans l'&#339;uvre de Marx : &#171; une rupture irr&#233;m&#233;diable de la continuit&#233; du m&#233;tabolisme social prescrit par les lois naturelles de la vie &#187;. Ce concept a &#233;t&#233; explor&#233; par des auteurs tels que John Bellamy Foster 3 et Kohei Saito 4. Dans l'&#201;tat espagnol, Joaquim Sempere 5 parle d'une triple rupture m&#233;tabolique, marqu&#233;e par : 1) le passage d'un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique, bas&#233; sur les &#233;nergies renouvelables, &#224; un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; sur les &#233;nergies fossiles, 2) la rupture du cycle biologique de la production alimentaire due &#224; l'introduction massive d'engrais chimiques, et 3) le pillage min&#233;ral du sous-sol avec le risque associ&#233; d'&#233;puisement des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette triple rupture conduit &#224; une incompatibilit&#233; entre le maintien du mode de production actuel bas&#233; sur la reproduction &#233;largie du capital et le respect des limites &#233;cologiques de la plan&#232;te. En m&#234;me temps, elle fixe des objectifs sp&#233;cifiques au socialisme, dans l'id&#233;e de r&#233;int&#233;grer l'activit&#233; &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; au sein des cycles de r&#233;g&#233;n&#233;ration des &#233;cosyst&#232;mes indispensables &#224; la vie. Les cons&#233;quences de ce d&#233;passement des limites biophysiques constituent ce que nous appelons de mani&#232;re g&#233;n&#233;rique la crise &#233;cologique. Des aspects sp&#233;cifiques tels que le changement climatique, la perte de biodiversit&#233; ou l'&#233;puisement des sols fertiles en sont quelques-uns des sympt&#244;mes. N&#233;anmoins, une compr&#233;hension solide et pr&#233;cise doit aller beaucoup plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise &#233;cologique est l'expression de la crise du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans notre approche, nous concevons la crise &#233;cologique comme une succession de crises multiples, qui s'encha&#238;nent et sont interconnect&#233;es. Nous sommes confront&#233;s &#224; un sc&#233;nario o&#249; vont s'ajouter des couches de plus en plus complexes. &#192; mesure que s'ass&#232;che l'huile qui graisse la circulation du capital, de nombreuses pi&#232;ces commencent &#224; grincer. Aucun &#233;v&#233;nement ne viendra simplifier l'ensemble du champ politique, aucun &#233;l&#233;ment ne dominera ni ne guidera tous les processus comme ce fut le cas du choc p&#233;trolier. Aussi importants, graves et profonds que soient certains ph&#233;nom&#232;nes, la r&#233;alit&#233; sera toujours beaucoup plus complexe. Cette approche vise &#224; se distinguer d'une vision lin&#233;aire et m&#233;caniste qui culmine dans un moment catastrophique o&#249; l'on certifie que le pire est arriv&#233;, et qui correspond &#224; l'image renvoy&#233;e par les th&#233;ories de l'effondrement, de la collapsologie, mais qui alimente &#233;galement les arguments r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que la crise &#233;cologique ne vient pas simplement s'ajouter &#224; d'autres processus violents du d&#233;veloppement capitaliste mais plut&#244;t que la crise &#233;cologique est l'expression m&#234;me de la crise du mod&#232;le d'accumulation capitaliste. La chute du taux de profit dans les ann&#233;es 1970 a n&#233;cessit&#233; l'accroissement de l'exploitation du travail humain et le pillage de la nature, ce qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; avec l'introduction du n&#233;olib&#233;ralisme mondial &#224; la fin des ann&#233;es 1980. Cela explique pourquoi la moiti&#233; des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre de la modernit&#233; ont &#233;t&#233; produites au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es. Ce n'est pas arriv&#233; par inadvertance, et cela n'aurait pas pu &#234;tre &#233;vit&#233; sans remettre en cause le capital. Dans ce cadre d'analyse, toute possibilit&#233; de r&#233;solution de la crise &#233;cologique passe n&#233;cessairement par une transformation radicale dans le domaine des rapports de production.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre strat&#233;gie pour r&#233;pondre &#224; l'accumulation de crises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, il faut &#234;tre attentif au fait que chaque crise poss&#232;de des traits sp&#233;cifiques, souvent structur&#233;s autour de questions qui semblent &#233;loign&#233;es des causes &#233;cologiques sous-jacentes. Nous pouvons trouver des exemples tels que l'inflation, la dette ou le tournant autoritaire, qui r&#233;pondent &#224; des processus propres, mais qui seront de plus en plus influenc&#233;s par les sympt&#244;mes de la crise &#233;cologique 6. Dans la plupart des cas, nous sommes confront&#233;s &#224; une expression non environnementale de la crise &#233;cologique. Il est rare qu'elle apparaisse comme quelque chose de pur et d'id&#233;al, avec des liens de causalit&#233; clairs. Non pas parce qu'elle est trop floue, mais parce que ces liens n'existent pas. Il n'y a pas une chose appel&#233;e crise &#233;cologique qui s'ajoute &#224; une autre chose appel&#233;e in&#233;galit&#233; sociale, &#224; une autre chose appel&#233;e exploitation du travail et &#224; une autre chose appel&#233;e oppression de genre. La combinaison unique de tous ces &#233;l&#233;ments est la forme sous laquelle la crise actuelle du capitalisme mondial se pr&#233;sente &#224; nous. Celle-ci doit &#234;tre comprise comme le r&#233;sultat du processus historique qui nous a conduits jusqu'ici, et non comme une r&#233;alit&#233; immuable. Des situations ponctuelles et localis&#233;es de rupture des cycles de r&#233;g&#233;n&#233;ration de la nature ont exist&#233; auparavant sous d'autres formes d'organisation sociale. Cependant, ce &#224; quoi nous sommes confront&#233;s aujourd'hui est le r&#233;sultat sp&#233;cifique de processus induits au cours des deux derniers si&#232;cles par l'accumulation du capital, tels que la r&#233;volution industrielle bas&#233;e sur les sources d'&#233;nergie fossiles, l'imp&#233;rialisme ou la mondialisation. L'expression et le d&#233;passement de cette accumulation sont donc ins&#233;parables de ces processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique que, dans de nombreux cas, les conflits, les explosions et les r&#233;voltes sociales qui se produiront &#224; l'avenir ne r&#233;pondront pas &#224; des revendications purement &#233;cologiques ou relatives aux limites biophysiques de la plan&#232;te. Et dans de nombreux cas, paradoxalement, ce sera pr&#233;cis&#233;ment dans ces conflits sociaux moins li&#233;s narrativement &#224; la crise &#233;cologique que nous pourrons trouver les ingr&#233;dients n&#233;cessaires pour construire des solutions politiques aux causes de la crise. La t&#226;che r&#233;volutionnaire consiste donc &#224; savoir comment intervenir dans chacun de ces conflits, en cherchant &#224; introduire une orientation &#233;cosocialiste dans leur d&#233;veloppement. Dans chacune de ces crises, des possibilit&#233;s de rupture s'ouvrent. Par cons&#233;quent, les processus de lutte collective qui s'y d&#233;veloppent auront une influence sur notre capacit&#233; &#224; affronter la crise suivante. Notre conception est celle d'un sc&#233;nario cumulatif, dans lequel c'est le travail politique et social de chaque phase qui d&#233;terminera la capacit&#233; de r&#233;organisation de notre monde. C'est pr&#233;cis&#233;ment l'accumulation de processus dans lesquels de larges masses populaires entrent en conflit qui permettra d'apprendre et d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes globaux qui permettront d'avancer dans la construction d'une alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous consid&#233;rons que ce processus de d&#233;gradation &#233;cologique massive et de rar&#233;faction des ressources n'&#233;tablit en aucun cas des sc&#233;narios dans lesquels les possibilit&#233;s d'une pratique politique &#233;mancipatrice et de justice sociale disparaissent. Quelle que soit la gravit&#233; de la crise, quelle que soit sa violence, la possibilit&#233; et l'obligation de mener une lutte collective pour am&#233;liorer les conditions de vie des classes d&#233;munies subsisteront.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Turbulences &#233;conomiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;int&#233;grer notre m&#233;tabolisme social dans les cycles de r&#233;g&#233;n&#233;ration de la nature exige des transformations radicales, &#224; une &#233;chelle et &#224; une vitesse qui n'ont gu&#232;re d'&#233;quivalent dans l'histoire r&#233;cente. Nous parlons de transformations telles que le remplacement de toutes les technologies &#233;nerg&#233;tiques bas&#233;es sur les combustibles fossiles par des technologies exploitant les sources d'&#233;nergie renouvelables, la reconfiguration des d&#233;pendances au commerce et au transport internationaux, le d&#233;veloppement massif des syst&#232;mes de transport public collectif, le d&#233;mant&#232;lement de l'industrie de la viande et la mise en &#339;uvre d'une r&#233;forme agraire agro&#233;cologique, le lancement de programmes massifs de protection des &#233;cosyst&#232;mes, la r&#233;habilitation &#233;nerg&#233;tique des b&#226;timents, ou encore la r&#233;organisation urbaine et territoriale g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Et tout cela devrait se produire au niveau mondial dans un d&#233;lai d'&#224; peine trois d&#233;cennies pour &#233;viter de d&#233;passer les points de non-retour qui nous conduiraient &#224; des niveaux de catastrophe inimaginables sur le plan historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique n&#233;cessairement que beaucoup, beaucoup de choses doivent changer dans la sph&#232;re &#233;conomique. Cependant, penser ces transformations radicales dans la sph&#232;re productive d'une mani&#232;re volontariste, &#233;trang&#232;re &#224; la r&#233;alit&#233; concr&#232;te sur laquelle nous travaillons, est une erreur. Comme le disait Marx dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement donn&#233;es et h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants &#187; &lt;/i&gt; 7 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots r&#233;sonnent avec une acuit&#233; particuli&#232;re &#224; l'heure actuelle, alors que nous ne demanderions pas mieux que de pouvoir faire l'histoire &#224; notre guise. Mais la dynamique d'un capitalisme mondial est celle d'une profonde crise d'accumulation. On ne peut pas ignorer ce ph&#233;nom&#232;ne, et encore moins le contourner. La crise prolong&#233;e du capital, avec un taux de profit stagnant depuis des d&#233;cennies, d&#233;finit le champ dans lequel nous &#233;voluons. Il en r&#233;sulte une s&#233;rie de cons&#233;quences in&#233;vitables pour tout projet politique visant &#224; r&#233;soudre la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isidro L&#243;pez et Rub&#233;n Mart&#237;nez, dans leur livre La solution verte, mettent en &#233;vidence quatre ph&#233;nom&#232;nes qui caract&#233;risent la crise du mode de production &#224; laquelle nous sommes confront&#233;s : 1) une crise de surproduction et une baisse tendancielle du taux de profit, 2) la mod&#233;ration salariale, 3) l'&#233;puisement du changement technologique et de la productivit&#233; du travail, 4) l'&#233;rosion de l'investissement productif 8 . Or, s'il y a une chose qui n&#233;cessite une quantit&#233; &#233;norme d'investissements productifs, c'est bien la transition &#233;cologique. Cependant, notre &#233;conomie n'est pas mue par des volont&#233;s ext&#233;rieures, mais guid&#233;e par une simple loi d'airain : le capital est oblig&#233; de produire plus de capital. Dans ce contexte, l'incapacit&#233; d'augmenter la productivit&#233; du travail par des changements technologiques signifie que la condition pr&#233;alable &#224; la restructuration capitaliste est de r&#233;duire les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, face &#224; la stagnation de l'&#233;conomie mondiale, le capital a pris un tour de plus en plus rentier en s'orientant massivement vers la finance. Cette &#233;volution renforce la dynamique de pillage et de d&#233;possession. Nous en trouvons des exemples dans des domaines cl&#233;s pour la reproduction sociale et les possibilit&#233;s d'existence : c'est la dynamique d'extraction de valeur par les march&#233;s financiers qui d&#233;finit de plus en plus l'acc&#232;s au logement, aux produits de base et &#224; l'alimentation. Dans ce contexte, comme l'affirme Javier Moreno Zacar&#233;s :&lt;i&gt; &#171; l'accumulation de capital devient, dans une large mesure, un conflit redistributif &#224; somme nulle dans lequel l'investissement fuit vers la s&#233;curit&#233; que procure la rente &#187; &lt;/i&gt; 9. Le Green New Deal est une banni&#232;re regroupant actuellement des projets n&#233;okeyn&#233;siens qui tentent de relancer l'investissement productif en d&#233;tournant le capital des mains de la finance. Cela para&#238;t toutefois assez compliqu&#233;, au vu des &#233;normes difficult&#233;s &#224; relancer un cycle d'accumulation expansionniste dans un avenir proche. Le probl&#232;me sous-jacent est qu'il n'y a pratiquement pas de perspective de rentabilit&#233; pour alimenter un tel cycle &#224; partir de la sph&#232;re de la production. L'inefficacit&#233; des politiques d'assouplissement quantitatif 10 des banques centrales, qui n'ont pas eu d'effet stimulant, en est la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incapacit&#233; &#224; relancer une expansion &#233;conomique est d'autant plus probl&#233;matique qu'il est urgent de transformer en profondeur les technologies de l'&#233;nergie. Ce que l'on appelle la transition &#233;nerg&#233;tique renvoie, en fait, &#224; une v&#233;ritable r&#233;volution technologique, encore plus importante que celles qui ont eu lieu pr&#233;c&#233;demment dans l'histoire. Mais l&#224; encore, on constate que ces transformations ne se font pas non plus au hasard. Dans ses recherches sur les ondes longues du d&#233;veloppement des &#233;nergies fossiles, Andreas Malm souligne &#224; quel point le capitalisme a surmont&#233; les phases &#233;conomiques r&#233;cessives en augmentant la consommation en &#233;nergies fossiles 11. On conna&#238;t les d&#233;veloppements technologiques associ&#233;s &#224; chaque source d'&#233;nergie, mais le d&#233;veloppement massif qui les place en position dominante se produit dans la phase ascendante d'un cycle &#233;conomique. Or, passer d'un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; sur les &#233;nergies fossiles &#224; un syst&#232;me bas&#233; sur les renouvelables suppose des changements substantiels dans le fonctionnement que le mode de production capitaliste conna&#238;t depuis deux si&#232;cles. Face &#224; ce constat, Malm souligne : &#171; La question qui se pose alors est de savoir si l'accumulation du capital en g&#233;n&#233;ral et une phase de nouvelle expansion en particulier sont compatibles avec une utilisation exclusive du soleil, du vent et de l'eau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me veine, Daniel Albarrac&#237;n estime que la relance d'un cycle expansif qui conduirait &#224; un changement substantiel du mod&#232;le productif ne se fera que si le capital en esp&#232;re des profits 12. Et cela, dans les circonstances actuelles, ne semble possible qu'&#224; travers une formidable intensification de l'exploitation et la marchandisation de nouvelles sph&#232;res de la vie. En d'autres termes : une plus grande exploitation des forces de reproduction, un plus grand pillage des ressources naturelles et de plus grandes in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments complexifient le terrain &#233;conomique sur lequel nous &#233;voluons et rendent caduques tous les projets politiques qui tentent de naviguer dans ces turbulences sans assumer une strat&#233;gie de rupture avec le capital. La crise &#233;cologique s'inscrit dans le cadre de la crise actuelle de l'accumulation, dont elle restreint plus encore les limites et accro&#238;t l'urgence d'en sortir. Pr&#233;tendre la r&#233;soudre dans le cadre capitaliste, au-del&#224; du fait que c'est probablement impossible, nous fait perdre un temps pr&#233;cieux. Pour autant, le fait qu'il soit impossible de la r&#233;soudre n'implique pas que nous n'allons pas conna&#238;tre de multiples tentatives de remettre &#224; flot le capitalisme en essayant de le verdir&#8230; Comme l'affirment Isidro L&#243;pez et Rub&#233;n Mart&#237;nez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au fond de toutes les strat&#233;gies, r&#233;glementations et projets, il y a le m&#234;me probl&#232;me &#224; r&#233;soudre : l'extraction de la plus-value et le pillage des ressources naturelles, de l'&#233;nergie et du travail humain non r&#233;mun&#233;r&#233; sont entr&#233;s dans une spirale d'escalade des co&#251;ts et parfois de non-viabilit&#233; qui met en p&#233;ril la reproduction &#233;largie du capital. Depuis plusieurs d&#233;cennies, ce processus produit plus de co&#251;ts que de b&#233;n&#233;fices pour la majorit&#233; de la population mondiale. L'une des expressions de cette forme n&#233;gative de valeur &#224; laquelle le capitalisme historique est parvenu est le r&#233;chauffement climatique, qui menace la vie sur terre, mais qui est avant tout une menace pour l'accumulation capitaliste elle-m&#234;me. C'est pr&#233;cis&#233;ment face &#224; l'impossibilit&#233; de maintenir le taux de profit &#224; flot et face &#224; la mat&#233;rialisation &#233;vidente des contradictions capital-nature que les forces capitalistes avancent leur solution verte &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'un &#233;cosocialisme r&#233;volutionnaire doit &#234;tre capable de se distinguer des fausses solutions, de comprendre les limites impos&#233;es par la recherche incessante de l'accumulation du capital, et de formuler des r&#233;ponses de rupture capables de les d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;tat capitaliste et planification&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur et l'urgence de la crise &#233;cologique remettent l'&#201;tat et la planification au centre du d&#233;bat politique. L'ampleur et la rapidit&#233; des transformations n&#233;cessaires rendent de plus en plus &#233;vidente l'inad&#233;quation des solutions de march&#233;. En juillet 2021, un article d'opinion du Financial Times affirmait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La lutte contre le changement climatique n&#233;cessite la transformation d'au moins cinq syst&#232;mes d'approvisionnement : l'&#233;nergie, les transports, les b&#226;timents, l'industrie et l'agriculture. Le m&#233;canisme des prix a du mal &#224; coordonner une transformation rapide &#224; cette &#233;chelle. [...] Quelle est l'alternative ? Au lieu d'attendre apr&#232;s le march&#233;, une agence de planification &#8211; dont la composition et la responsabilit&#233; doivent &#234;tre soigneusement examin&#233;es &#8211; devrait formuler des plans pour chacun des cinq syst&#232;mes, qui devraient ensuite &#234;tre traduits en crit&#232;res &#224; l'&#233;chelle de projets pour des investissements durables &#187; &lt;/i&gt; (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les r&#233;f&#233;rences historiques auxquelles se r&#233;f&#232;re l'article ne sont pas le Gosplan sovi&#233;tique ou le projet chilien Synco, mais le New Deal am&#233;ricain et le Plan Monnet fran&#231;ais (14). Il ne s'agit donc pas d'une planification &#233;conomique d&#233;mocratique permettant d'organiser la production et la reproduction de la vie d'une mani&#232;re lib&#233;r&#233;e des imp&#233;ratifs du capital. Il s'agit d'une planification dite indicative, respectueuse du march&#233; et subordonn&#233;e aux int&#233;r&#234;ts des fractions dominantes du capital, qui met d'&#233;normes quantit&#233;s de ressources publiques au service de l'accumulation. On parle l&#224; de la mise en &#339;uvre d'un ensemble de politiques publiques plus ou moins ambitieuses, avec une bo&#238;te &#224; outils constitu&#233;e principalement d'investissements publics, de r&#233;glementation et du trio de politiques fiscales, mon&#233;taires et industrielles. Cette approche de plus en plus r&#233;pandue est au c&#339;ur de nombreuses propositions politiques pour la transition &#233;cologique. Il n'est pas question ici d'analyser les approches d&#233;velopp&#233;es directement par les valets de la bourgeoisie, comme le Green Deal de l'Union europ&#233;enne. Mais il est, en revanche, int&#233;ressant de questionner les hypoth&#232;ses qui sous-tendent les divers projets &#224; gauche concernant la place de l'&#201;tat et ses marges de man&#339;uvre dans la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopper massivement les transports publics, mener une r&#233;forme agraire agro&#233;cologique et augmenter les emplois publics d&#233;volus &#224; la pr&#233;vention des incendies sont trois propositions partag&#233;es par les forces de gauche conscientes de la gravit&#233; de la crise &#233;cologique. Et pour rendre cela possible, en passer par le pouvoir de l'&#201;tat est en g&#233;n&#233;ral une &#233;vidence. Le risque de cette forme de logique est de tr&#232;s vite tomber dans un f&#233;tichisme de l'&#201;tat. Ainsi, l'appareil d'&#201;tat capitaliste est pr&#233;sent&#233; comme un outil neutre dans lequel il faudrait s'impliquer pour transformer la soci&#233;t&#233;. Notre t&#226;che pour la mise en &#339;uvre d'une transition &#233;cologique socialement juste serait donc de gagner suffisamment de positions institutionnelles pour pousser &#224; de telles transformations depuis l'int&#233;rieur de l'appareil d'&#201;tat. Dans cette hypoth&#232;se, les mouvements sociaux, les syndicats et les exp&#233;riences d'auto-organisation peuvent &#234;tre utiles certes, et il est bon qu'ils et elles existent, mais l'essentiel et la priorit&#233; se trouvent dans la comp&#233;tition &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie politique &#233;cosocialiste doit se distancier de ces conceptions et partir d'une compr&#233;hension de la nature de l'&#201;tat capitaliste actuel. L'&#201;tat n'est pas un ensemble d'institutions neutres qui peuvent &#234;tre occup&#233;es et utilis&#233;es &#224; n'importe quelle fin. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'&#201;tat a pour fonction d'agir comme un capitaliste collectif : il pr&#233;serve les int&#233;r&#234;ts de l'accumulation du capital dans son ensemble, m&#234;me si cela va momentan&#233;ment &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de secteurs capitalistes sp&#233;cifiques. Il y a aussi deux &#233;l&#233;ments concrets qui d&#233;terminent consid&#233;rablement les marges de man&#339;uvre de l'&#201;tat aujourd'hui : la crise de rentabilit&#233; du capitalisme mondial et le degr&#233; d'internationalisation des circuits d'accumulation. Cela affaiblit s&#233;rieusement la strat&#233;gie qui confie la transformation de la soci&#233;t&#233; uniquement &#224; un &#201;tat fort qui domine le march&#233; et assure la redistribution des richesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auto-organisation de la classe comme strat&#233;gie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, fondamentalement, ce n'est pas tant l'arithm&#233;tique parlementaire qui d&#233;termine l'ambition des politiques publiques qui peuvent &#234;tre men&#233;es &#224; un moment donn&#233; que les rapports de production capitalistes. En d&#233;finitive, le juge de paix n'est pas l'&#201;tat mais la loi de la valeur. La social-d&#233;mocratie verte a donc besoin que le capital se porte bien pour pouvoir mettre en &#339;uvre son programme. Alors qu'elle se pr&#233;sente comme la seule option r&#233;aliste capable de r&#233;pondre &#224; l'urgence de la crise &#233;cologique, elle utilise une bo&#238;te &#224; outils avec laquelle il est difficilement possible d'op&#233;rer les transformations n&#233;cessaires. Ainsi, une &#233;tude r&#233;cente souligne qu'une r&#233;duction du temps de travail sans rupture avec l'accumulation capitaliste n&#233;cessiterait une gouvernance qui garantisse le taux de profit du secteur priv&#233; et la stabilit&#233; macro&#233;conomique 13. Le refus du conflit implique donc un compromis avec le capital et n&#233;cessite d'assumer la gestion de la mis&#232;re produite par le n&#233;olib&#233;ralisme, ou toute autre forme sp&#233;cifique que prend le capitalisme &#224; un moment donn&#233;. Et, tant dans le pr&#233;sent que, de fa&#231;on pr&#233;visible, dans le futur, nous n'allons pas rencontrer un nouvel &#226;ge d'or du capitalisme qui nous permette de mettre en &#339;uvre un solide programme de r&#233;formes &#233;cosociales 14 par l'&#201;tat sans &#233;pisodes de violents conflits et de rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela doit nous conduire &#224; baser notre strat&#233;gie &#233;cosocialiste sur un projet politiquement et organisationnellement autonome vis-&#224;-vis de l'&#201;tat. Un projet qui mette au centre de nos t&#226;ches politiques les exp&#233;riences d'auto-organisation de la classe ouvri&#232;re tout en maintenant, &#224; chaque instant, un horizon de rupture r&#233;volutionnaire. Dans ce cadre, il n'y a pas de place pour les raccourcis politiques et intellectuels : ce qui ouvrira la moindre possibilit&#233; de r&#233;aliser des transformations radicales pour rem&#233;dier &#224; la crise &#233;cologique se trouve dans la force des exp&#233;riences de pouvoir populaire extra-institutionnel. La faiblesse dont nous partons ne change rien &#224; cette r&#233;alit&#233;. Dans le m&#234;me temps, ce projet doit &#234;tre en capacit&#233; de montrer les limites de la gestion de l'&#201;tat capitaliste afin de rendre &#233;vidente la n&#233;cessit&#233; de son d&#233;passement.... Car c'est pr&#233;cis&#233;ment lorsque les capacit&#233;s de l'ancien appareil d'&#201;tat sont paralys&#233;es, disloqu&#233;es et incapables de remplir leur fonction qu'&#233;merge la l&#233;gitimit&#233; des structures et institutions autonomes, gr&#226;ce auxquelles les classes populaires r&#233;pondent d&#233;mocratiquement aux t&#226;ches et aux besoins quotidiens, asseyant ainsi leur autorit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs fa&#231;ons d'orienter au maximum l'action de l'&#201;tat dans un sens &#233;cosocial. Celles qui nous int&#233;ressent le plus sont les revendications transitoires capables de rassembler la plus grande force sociale, politique et organisationnelle. La gratuit&#233; d'un service public ou l'expropriation de grands propri&#233;taires immobiliers, par exemple, peuvent &#234;tre obtenues par des initiatives l&#233;gislatives ou par un processus d'auto-organisation, de mobilisation et d'affrontement soutenu dans le temps. Dans le premier cas, l'&#233;chec de l'initiative sera un fait divers. Dans le second cas, en revanche, le succ&#232;s comme l'&#233;chec signifieront un renforcement du pouvoir de la classe ouvri&#232;re, une augmentation de sa l&#233;gitimit&#233; et une base d'apprentissage fertile sur laquelle construire les exp&#233;riences futures. Il serait faux, pour autant, de tirer un trait d'&#233;galit&#233; entre la victoire ou la d&#233;faite du mouvement. Mais l'existence d'un tel processus assure la survie de fondations sur lesquelles reprendre et renforcer l'&#233;mancipation. La lutte pour des r&#233;formes dans le cadre de l'&#201;tat ne dispara&#238;t donc pas de notre strat&#233;gie. Mais ce doit &#234;tre une lutte pour des r&#233;formes qui visent &#224; affaiblir l'&#233;quilibre du syst&#232;me, &#224; aiguiser ses contradictions, &#224; intensifier ses crises et &#224; porter la lutte des classes &#224; des niveaux de plus en plus intenses 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela doit nous aider &#224; reconstruire, &#224; partir du conflit, les imaginaires d'un avenir radicalement diff&#233;rent. Cela doit nous aider &#224; reprendre la question de l'autogestion, de la planification et de la d&#233;mocratie socialiste 16. On doit rejeter les limites &#233;troites d'une planification fond&#233;e sur des politiques publiques qui ne rompent pas avec l'accumulation capitaliste. Enfin, on doit d&#233;signer le march&#233; comme le parasite qu'il est et montrer l'actualit&#233;, la viabilit&#233; et l'efficacit&#233; des m&#233;thodes avec lesquelles nous pourrions organiser d&#233;mocratiquement la production et la reproduction dans un mod&#232;le &#233;cosocialiste 17.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Revendications transitoires et temps bris&#233; de la politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; [Tous] reconnaissent que la catastrophe est certaine, qu'elle est imminente, qu'il faut la combattre &#233;nergiquement, que le peuple doit faire des &#8220;efforts h&#233;ro&#239;ques&#8221; pour conjurer le d&#233;sastre, etc. Tout le monde le dit. Tout le monde le reconna&#238;t. Tout le monde l'affirme. Et l'on ne fait rien &#187;&lt;/i&gt; 18 &#233;crivait L&#233;nine en septembre 1917. Les comparaisons historiques hors contexte sont &#224; proscrire dans la plupart des cas. Cependant, dans ce cas, nous pouvons nous inspirer d'un point commun : le moment o&#249; la perspective r&#233;volutionnaire appara&#238;t comme la solution la plus logique. Comme nous l'avons vu dans les pages pr&#233;c&#233;dentes, nous sommes bien conscient&#183;es des actions &#224; entreprendre imm&#233;diatement pour rem&#233;dier aux causes de la crise &#233;cologique, mais nous constatons jour apr&#232;s jour que rien ne se passe alors que la catastrophe est imminente. Cette inaction, souvent d&#233;nonc&#233;e comme un manque de volont&#233; politique de la part des gouvernants, est une d&#233;monstration de l'incapacit&#233; structurelle de la gestion institutionnelle &#224; aller &#224; l'encontre de la dynamique de l'accumulation capitaliste. En m&#234;me temps, la conception majoritairement partag&#233;e de la politique la r&#233;duit &#224; sa dimension institutionnelle. La combinaison de tous ces &#233;l&#233;ments ouvre un espace de lutte au sein duquel le manque de compr&#233;hension des limites que rencontre l'action de l'&#201;tat nous fournit un terrain fertile dans lequel les exp&#233;riences organisationnelles &#233;cosocialistes peuvent cro&#238;tre et se renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'une des t&#226;ches strat&#233;giques d'une organisation &#233;cosocialiste est d'identifier les revendications qui sont largement comprises et partag&#233;es &#224; une &#233;chelle de masse et qui, &#224; certains moments de la crise, peuvent favoriser l'organisation et la mobilisation de masse. Dans de nombreux cas, il s'agira de revendications visant &#224; arracher des transformations &#224; l'&#201;tat capitaliste tout en affaiblissant sa domination et en renfor&#231;ant les structures de la classe. Il s'agit par exemple d'un r&#233;gime salarial plus favorable, de l'expropriation d'un secteur strat&#233;gique ou de l'am&#233;lioration des services publics. Cela n'est pas en contradiction avec l'objectif de construire un projet dot&#233; d'une autonomie politique et organisationnelle par rapport &#224; l'&#201;tat, tant que les exp&#233;riences de pouvoir populaire restent prioritaires. Il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'identifier les interstices les plus propices au d&#233;veloppement de conflits qui d&#233;fendront un programme de rupture &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;cologie comme lieu de confrontation avec le capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, la crise &#233;cologique nous offre un large &#233;ventail de possibilit&#233;s, une cha&#238;ne aux maillons rouill&#233;s &#224; laquelle s'attaquer, des dizaines de moments o&#249; les contradictions sont criantes entre l'ampleur de la catastrophe et les limites de la gestion capitaliste, et o&#249; la r&#233;volution peut &#233;merger comme la solution logique. Nous pensons &#224; ces moments o&#249; le conflit entre la vie et le capital est ressenti avec le plus d'acuit&#233;, ceux dans lesquels les fausses solutions d'une gestion verte et bienveillante du n&#233;olib&#233;ralisme seront per&#231;ues avec plus de clart&#233;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous pouvons mettre en &#233;vidence trois domaines d'intervention prioritaires. Premi&#232;rement, les secteurs du monde du travail qui seront s&#233;rieusement affect&#233;s par la r&#233;organisation de la production industrielle dans les ann&#233;es &#224; venir. Nous pouvons parler en particulier de l'industrie automobile, dont il est peu probable qu'elle continue &#224; fonctionner comme avant au cours de la prochaine d&#233;cennie. Deuxi&#232;mement, les conflits li&#233;s aux conditions qui rendent possible la reproduction sociale, depuis l'approvisionnement de base, l'alimentation, le logement et les services publics &#8211; &#233;l&#233;ments fondamentaux pour l'organisation de la vie quotidienne &#8211; jusqu'aux corps eux-m&#234;mes des travailleur&#183;ses de la reproduction sociales et du soin 19. Il s'agit donc de conflits dans le cadre de la lutte contre l'inflation et l'endettement, mais aussi dans des domaines de l'exploitation comme le travail domestique. Troisi&#232;mement, des br&#232;ches sont ouvertes par les dynamiques de d&#233;possession territoriale et de marchandisation des ressources naturelles. C'est dans ce cadre que nous situons les conflits n&#233;s des nouvelles vagues extractives, de la marchandisation de l'acc&#232;s aux biens communs et de la reconfiguration territoriale du capital fossile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Saisir les occasions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, le projet &#233;cosocialiste doit &#234;tre capable de proposer des futurs meilleurs, enthousiasmants et porteurs d'espoir. Tout en disant clairement que les am&#233;liorations imm&#233;diates dans la vie des classes populaires ne peuvent se faire sans accepter la gravit&#233; de la situation et les limites biophysiques de la plan&#232;te. Nous devons articuler trois &#233;l&#233;ments cl&#233;s dans notre discours : 1) les formes collectives de satisfaction des besoins sociaux, 2) la redistribution et la valorisation de la prise en charge du soin, et 3) des conqu&#234;tes concernant le temps libre et les formes de travail non ali&#233;nantes. On doit opposer ce discours &#224; la d&#233;saffection actuelle et &#224; la conviction que tous les futurs possibles seront pires qu'aujourd'hui, ce qui alimente des discours st&#233;riles ou carr&#233;ment r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces t&#226;ches doivent &#234;tre men&#233;es &#224; bien sans tomber dans ce que nous pourrions appeler un &#233;cosocialisme hors du temps : un &#233;cosocialisme qui fait confiance &#224; l'accumulation incr&#233;mentale de petites victoires pour rendre possible la transformation radicale et urgente de la soci&#233;t&#233; que la crise &#233;cologique nous impose. Si nous croyons &#224; la gravit&#233; du diagnostic, nous ne pouvons pas concevoir les d&#233;cennies &#224; venir comme un long fleuve tranquille. Au contraire, nous sommes confront&#233;s &#224; des temps bris&#233;s, pleins de n&#339;uds, de bifurcations et de virages serr&#233;s. Comme l'a soulign&#233; &#224; juste titre Daniel Bensa&#239;d, le temps bris&#233; de la strat&#233;gie l&#233;niniste est un temps rythm&#233; par la lutte et interrompu par la crise 20. Ceci est particuli&#232;rement pertinent dans le contexte de la crise &#233;cologique. Les points de non-retour du changement climatique, les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes ou la combinaison des in&#233;galit&#233;s sociales et de la raret&#233; des ressources sont des expressions de la crise &#233;cologique qui impliquent un avenir proche marqu&#233; par les turbulences et l'instabilit&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce temps bris&#233; de la politique que nous avons une chance minimale de r&#233;aliser les transformations n&#233;cessaires &#224; une solution socialement juste &#224; la crise &#233;cologique. La radicalit&#233; du diagnostic doit co&#239;ncider avec la radicalit&#233; de la pratique politique. &#192; un si&#232;cle de distance, nous devons lire les derniers rapports du GIEC, qui parlent de r&#233;ductions drastiques des &#233;missions de CO2 en seulement trois d&#233;cennies, en parall&#232;le des annotations de L&#233;nine dans lesquelles il d&#233;clarait &#171; La gradualit&#233; n'explique rien sans les sauts. Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons travailler sans rel&#226;che ici et maintenant, intervenir dans les conflits qui s'annoncent, renforcer patiemment les exp&#233;riences organisationnelles, acqu&#233;rir une l&#233;gitimit&#233; sociale par une pratique concr&#232;te ancr&#233;e dans le territoire. Mais nous devons aussi rester ouverts &#224; l'improvisation des &#233;v&#233;nements, conscients que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans les moments de crise que s'ouvrent les possibilit&#233;s de rupture r&#233;volutionnaire. C'est pr&#233;cis&#233;ment des moments de crise, comme une s&#233;cheresse prolong&#233;e ou une hausse des prix de l'&#233;nergie, que nous pouvons profiter pour faire avancer avec force des revendications transitoires, largement comprises et d&#233;fendues, qui permettent des sauts qualitatifs dans l'organisation et la mobilisation des classes populaires. Mais aussi des crises o&#249; le m&#233;contentement et la rage sociale accumul&#233;s s'expriment sous forme d'explosions spontan&#233;es, sous forme de r&#233;voltes, massives mais sans horizon politique d&#233;fini ni structures interm&#233;diaires qui iraient au-del&#224; de ce qui est n&#233;cessaire pour mobiliser ou faire face aux d&#233;fis imm&#233;diats. En ce sens, la strat&#233;gie &#233;cosocialiste doit &#233;galement &#234;tre en mesure de r&#233;pondre &#224; la question de savoir comment transformer la forme-r&#233;volte et les crises organiques qui suivront et s'intensifieront dans le cadre de la crise &#233;cologique en crises r&#233;volutionnaires, dans lesquelles de larges masses agissent consciemment en confrontation avec le pouvoir existant et en vue de la construction de leur propre pouvoir populaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Organisation et strat&#233;gie &#233;cosocialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont donc les nouveaut&#233;s sp&#233;cifiques que la crise &#233;cologique introduit dans la strat&#233;gie socialiste ? Fondamentalement, la nouveaut&#233; r&#233;side dans le rythme et l'urgence impos&#233;s par la gravit&#233; du diagnostic. Comme l'affirment Kai Heron et Jodi Dean :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous n'avons plus le luxe de la spontan&#233;it&#233;. Pour &#233;viter que le changement climatique n'intensifie l'oppression et n'acc&#233;l&#232;re l'extinction, nous devons cr&#233;er et rejoindre des organisations capables de relever le d&#233;fi d'une pens&#233;e et d'une action transitoires. &#187;&lt;/i&gt; 21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fil conducteur de la politique r&#233;volutionnaire de ce si&#232;cle doit &#234;tre d'assumer les t&#226;ches qui d&#233;coulent de l'urgence &#233;cosociale. Dans ce sens, nous pouvons sch&#233;matiquement esquisser trois grands cadres au sein desquels penser les t&#226;ches politiques du pr&#233;sent. Ces trois cadres sont ins&#233;parables et ne peuvent &#234;tre compris isol&#233;ment, ils doivent donc &#234;tre abord&#233;s ensemble et se nourrir les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la construction d'organisations socialistes adapt&#233;es aux strat&#233;gies de rupture r&#233;volutionnaire. Il faut partir du principe qu'il s'agit d'un combat de tr&#232;s longue haleine. En effet, on ne devrait plus parler de lutte &#233;cologique. Mais plut&#244;t de la fa&#231;on dont la crise &#233;cologique d&#233;termine et conditionne d&#233;sormais tout le sc&#233;nario de la lutte politique &#233;mancipatrice, elle doit &#234;tre l'air que nous respirons tou&#183;tes. &#192; partir de l&#224;, nous devons &#234;tre conscient&#183;es que nous avons besoin de bien plus que trois ou quatre manifestations de masse, et de mouvements spontan&#233;s qui apparaissent et disparaissent en un clin d'&#339;il. Nous avons besoin de structures organisationnelles stables. Des espaces collectifs dans lesquels nous pouvons mener des r&#233;flexions strat&#233;giques qui nous permettent de comprendre les raisons des victoires et des d&#233;faites que nous allons accumuler. Des lieux &#224; partir desquels promouvoir de nouvelles initiatives, gr&#226;ce auxquels renforcer les luttes et dans lesquels se r&#233;fugier dans les phases de recul. Assumer cet engagement militant sera essentiel pour affronter l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, accepter de composer et d'improviser sur la pratique. Les diagnostics de la crise &#233;cologique ne nous fournissent pas une image claire de ce que sera le futur proche. La complexit&#233; des processus biophysiques et l'impr&#233;visibilit&#233; des processus sociaux induisent des cons&#233;quences qui ne sont pas m&#233;caniques. Cependant, m&#234;me si nous n'avons pas de boule de cristal, nous en savons assez sur la gravit&#233; de la crise &#233;cologique pour pouvoir nous y pr&#233;parer et agir avec audace politique lors des multiples crises et conflits qui s'annoncent. Nous savons que dans un avenir proche, les incendies massifs, les s&#233;cheresses, les crises &#233;nerg&#233;tiques, les crises alimentaires, les faillites et licenciements massifs, la cr&#233;ation de millions de r&#233;fugi&#233;&#183;es climatiques, sont des situations qui vont advenir. &#192; partir de l&#224;, nous devons anticiper, planifier et tirer parti des convulsions de l'avenir pour recueillir un soutien massif en faveur de nos propositions de transformation radicale de la soci&#233;t&#233;. Renforcer l'organisation des syndicats agraires de gauche dans les endroits qui seront les plus touch&#233;s par la s&#233;cheresse, construire la confiance entre les travailleur&#183;ses et les organisations politiques sur la base de propositions de reconversion des industries dont on sait qu'elles vont fermer, pr&#233;parer des campagnes et des actions qui puissent &#234;tre d&#233;ploy&#233;es rapidement face aux futurs incendies et diriger la rage accumul&#233;e vers les entreprises d'&#233;nergie fossile. C'est plus facile &#224; dire qu'&#224; faire, mais nous devons passer &#224; la pratique pour acqu&#233;rir de l'exp&#233;rience. Une gymnastique r&#233;volutionnaire pour le temps bris&#233; de la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, nous devons faire en sorte que l'&#233;cologie ne soit plus une lutte sectorielle. Comme nous l'avons dit, la crise &#233;cologique d&#233;termine et conditionne tout le sc&#233;nario de la lutte politique &#233;mancipatrice. Il faut donc cesser de l'envisager comme s'il s'agissait d'une lutte sectorielle, et l'aborder dans toute son ampleur et sa complexit&#233;. Cela implique que les collectifs, organisations et mouvements &#171; purement &#187; &#233;cologistes n'aient pas le monopole de l'organisation concernant la question &#233;cosocialiste. L'objectif est de promouvoir et de construire un bloc &#233;cosocialiste populaire. Et on ne parle pas d'une alliance morale ou d'une liste inop&#233;rante d'acronymes. La raison d'agir ensemble r&#233;side dans la r&#233;alit&#233; complexe &#224; laquelle nous sommes confront&#233;&#183;es. Si les fonds d'investissement qui dominent les grandes compagnies p&#233;troli&#232;res sont les m&#234;mes que ceux qui r&#233;alisent une part importante de leurs profits dans le secteur immobilier, un encadrement strict des loyers et l'expropriation des logements des sp&#233;culateurs constituent un pas en avant dans la lutte contre le changement climatique. Pour cette raison et pour bien d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les t&#226;ches des r&#233;volutionnaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela doit se faire de mani&#232;re non sectaire, en comprenant les difficult&#233;s de la situation sociale, politique et organisationnelle d'o&#249; nous partons. Deux voies fondamentales en d&#233;coulent. D'une part, les militant&#183;es et les groupes &#233;cosocialistes doivent s'immerger dans les processus de base du conflit, mettre les mains dans le cambouis et collaborer &#224; la construction d'un tissu de r&#233;sistance populaire, marqu&#233; par une grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; et des niveaux de conscience in&#233;gaux. Le militantisme &#233;cosocialiste doit &#234;tre compris au sens l&#233;niniste, comme le fait d'&#234;tre un ou une &#171; tribun populaire sachant r&#233;agir contre toute manifestation d'arbitraire et d'oppression, o&#249; qu'elle se produise, quelle que soit la classe ou la couche sociale qui ait &#224; en souffrir &#187; 22. Avoir une compr&#233;hension &#233;labor&#233;e de la crise &#233;cologique et des moyens de la combattre ne s'oppose pas au fait de s'impliquer et de renforcer une lutte de quartier contre l'extension d'un a&#233;roport ou d'un incin&#233;rateur. Pour gagner en l&#233;gitimit&#233;, il faut cultiver tous les terrains, et &#171; profiter de la moindre occasion pour exposer devant tous ses convictions socialistes et ses revendications d&#233;mocratiques, pour expliquer &#224; tous et &#224; chacun la port&#233;e historique et mondiale de la lutte &#233;mancipatrice du prol&#233;tariat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, nous devons &#233;tablir et renforcer les alliances entre les diff&#233;rents espaces qui constitueraient ce bloc &#233;cosocialiste populaire. Nous soulignons trois &#233;l&#233;ments qui devraient &#234;tre pr&#233;sents dans la construction de ces alliances :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Des espaces stables de coordination entre des organisations qui assument une strat&#233;gie de rupture. Au-del&#224; des &#233;v&#233;nements ponctuels, il s'agit de maintenir des espaces de rencontre o&#249; se construisent la confiance, l'exp&#233;rience et la reconnaissance des apports de chacun. Pourquoi entre organisations qui assument une strat&#233;gie de rupture ? Parce qu'il faut partir d'un minimum de clart&#233; strat&#233;gique sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;passer le capitalisme pour que ce type d'espace soit vraiment utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Discussion strat&#233;gique. Nous ne pouvons pas continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir de mani&#232;re obsessionnelle &#224; ces questions dans un quasi-isolement. Nous avons besoin de mettre en commun nos discussions strat&#233;giques entre militant&#183;es et activistes de multiples organisations, espaces et mouvements. Nous avons besoin de partager nos doutes et d'int&#233;grer les propositions et les exp&#233;riences d'autres personnes organis&#233;es. Nous devons identifier collectivement les lacunes que nous ne parvenons pas &#224; combler et les fronts politiques que nous devons renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Unit&#233; d'action, diversit&#233; des tactiques. En nous appuyant sur les t&#226;ches et les outils susmentionn&#233;s, nous devons &#234;tre capables de frapper ensemble &#224; partir de diff&#233;rents fronts. Pour prendre un exemple concret, &#234;tre capable de r&#233;agir conjointement dans une situation de crise &#233;nerg&#233;tique implique : des revendications transitoires aux institutions pour assurer la gratuit&#233; des transports publics et la garantie d'un approvisionnement de base dans les foyers, des campagnes pour coordonner le non-paiement des factures d'&#233;nergie, des occupations et actions de d&#233;sob&#233;issance civile au si&#232;ge des compagnies d'&#233;lectricit&#233;, des gr&#232;ves du travail dans les services d'autobus urbains&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces notes, probablement incompl&#232;tes et manquant de pr&#233;cision, devront &#234;tre examin&#233;es et mises &#224; jour sur la base des r&#233;sultats de l'exp&#233;rience concr&#232;te. Comme toujours, nous avons peu de certitudes quant au succ&#232;s de la lutte des classes. La crise &#233;cologique, cependant, &#233;tablit un &#233;l&#233;ment qui ne fait aucun doute : nous n'entrons pas dans des d&#233;cennies de calme plat, de sorte que la strat&#233;gie socialiste de ce si&#232;cle devra naviguer &#224; travers des p&#233;riodes de turbulences extr&#234;mes. Avec, comme toujours, des risques importants. Mais cela permet aussi d'ouvrir sans cesse le champ des possibles. Chaque lutte, chaque conflit, chaque exp&#233;rience de pouvoir populaire s&#232;me la graine des suivantes. La strat&#233;gie &#233;cosocialiste doit donc se lancer sur cette mer agit&#233;e et s'atteler r&#233;solument aux t&#226;ches r&#233;volutionnaires de ce moment historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juin 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par William Donaura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Joel Kovel et Michael L&#246;wy, &#171; Manifeste &#233;cosocialiste international &#187;, 2001, Cahiers du socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt; 2. Le &#171; temps bris&#233; de la politique &#187; et la &#171; politique du temps bris&#233; &#187; font r&#233;f&#233;rence &#224; un texte de Daniel Bensa&#239;d, cit&#233; plus bas, sur la pens&#233;e strat&#233;gique de L&#233;nine.&lt;br class='autobr' /&gt; 3. John Bellamy Foster, Marx &#233;cologiste, &#201;ditions Amsterdam, 2024.&lt;br class='autobr' /&gt; 4. Kohei Saito, La nature contre le capital. L'&#233;cologie de Marx dans sa critique inachev&#233;e du capital, Syllepse et Page 2, 2021.&lt;br class='autobr' /&gt; 5. Joaquim A Sempere, Las cenizas de prometeo : Transici&#243;n energ&#233;tica y socialismo, Pasado y Presente, 2018.&lt;br class='autobr' /&gt; 6. Christopher Olk. &#171; No hay estabilidad de precios en un planeta moribundo &#187;, Viento Sur, 11 octobre 2022.&lt;br class='autobr' /&gt; 7. Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, 1851. &lt;br class='autobr' /&gt; 8. Isidro L&#243;pez et Rub&#233;n Mart&#237;nez, The Green Solution : Crisis, Green New Deal and Capitalist Property Relations, La Hidra Cooperativa : Barcelone, 2021.&lt;br class='autobr' /&gt; 9. Javier Moreno Zacar&#233;s, &#171; Euphoria of the Rentier ? &#187;, New Left Review, n&#176; 129, mai/juin 2021, pp. 47-67. &lt;br class='autobr' /&gt; 10. Ces politiques conduisent &#224; injecter massivement de la monnaie dans l'&#233;conomie et sont cens&#233;es relancer l'investissement priv&#233;. On peut aussi parler dans ce cas de &#171; facilit&#233;s de pr&#234;t &#187;, NDT.&lt;br class='autobr' /&gt; 11. Andreas Malm, &#171; Long Waves of Fossil Development : Periodizing Energy and Capital &#187;, Mediations, Volume 31, n&#176; 2, printemps 2018, pp. 17-40. &lt;br class='autobr' /&gt; 12. Daniel Albarrac&#237;n S&#225;nchez, &#171; Controversias socioecon&#243;micas sobre la tecnolog&#237;a : &#191;Una nueva onda larga expansiva gracias a la revoluci&#243;n digital ? &#187;, Revista Internacional De Pensamiento Pol&#237;tico, volume 17, n&#176; 1, pp. 435&#8211;456.14) Le plan Monnet ou premier Plan de modernisation et d'&#233;quipement est un plan quinquennal de reconstruction et de modernisation du gouvernement fran&#231;ais apr&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale centr&#233; sur les principales ressources n&#233;cessaires &#224; l'&#233;conomie du pays.&lt;br class='autobr' /&gt; 13. Basil Oberholzer, &#171; Post-growth transition, working time reduction, and the question of profits &#187;, Ecological Economics, 206, 107748, 2023. &lt;br class='autobr' /&gt; 14. Nous avons choisi le terme &#171; &#233;cosocialiste &#187; quand l'auteur fait r&#233;f&#233;rence aux courants politiques qui se revendiquent de ces analyses et le terme &#171; &#233;cosociales &#187; quand l'auteur faire r&#233;f&#233;rence &#224; des revendications ou des mesures. Dans ce second sens le terme vient remplacer &#171; sociales &#187;, d'usage plus habituel, NDT.&lt;br class='autobr' /&gt; 15. Mark Engler y Paul Engler, &#171; Las reformas no reformistas de Andr&#233; Gorz &#187;, Jacobin Latinoam&#233;rica, 25 juillet 2021. &lt;br class='autobr' /&gt; 16. Ernest Mandel, &#171; En d&#233;fense de la planification socialiste &#187;, Quatri&#232;me Internationale n&#176; 25, septembre 1987. &lt;br class='autobr' /&gt; 17. Cibcom, &#171; Cerrar la fractura : por una planificaci&#243;n ecol&#243;gica del metabolismo universal &#187;, Jacobin Latinoam&#233;rica, 18 f&#233;vrier 2023. &lt;br class='autobr' /&gt; 18. V.I. L&#233;nine, La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer, septembre 1917.&lt;br class='autobr' /&gt; 19. Stefan&#237;a Barca, &#171; Fuerzas de reproducci&#243;n. El ecofeminismo socialista y la lucha por deshacer el Antropoceno &#187;, Viento Sur, 30 d&#233;cembre 2022. &lt;br class='autobr' /&gt; 20. Daniel Bensa&#239;d, &#171; Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! &#187;, Inprecor, n&#176; 716, janvier 2024. Article initialement publi&#233; en 2002 dans la revue International Socialism. &lt;br class='autobr' /&gt; 21. Kai Heron et Jodi Dean, &#171; Leninismo clim&#225;tico y transici&#243;n revolucionaria. Organizaci&#243;n y antiimperialismo en tiempos catastr&#243;ficos &#187;, Viento Sur, n&#176; 183, 16 ao&#251;t 2022. &lt;br class='autobr' /&gt; 22. V.I. L&#233;nine, Que faire ?, 1902.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cosocialisme : la n&#233;cessit&#233; d'une alternative r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ecosocialisme-la-necessite-d-une-alternative-revolutionnaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ecosocialisme-la-necessite-d-une-alternative-revolutionnaire</guid>
		<dc:date>2021-08-31T08:02:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juanjo Lvarez, Martin Lallana</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-08-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise marque la sc&#232;ne politique, sociale, &#233;conomique et culturelle de toute une g&#233;n&#233;ration. Dans une mer d'incertitude, la seule certitude est qu'il n'y aura pas de retour &#224; ces glorieuses ann&#233;es du pass&#233;. La pr&#233;carit&#233; et l'ins&#233;curit&#233; face &#224; l'avenir sont une constante qui semble s'&#234;tre maintenue. La crise &#233;cologique appara&#238;t entrelac&#233;e dans ce panorama, confirmant que le monde dans lequel nous vivons n'est plus celui dans lequel nous pensions vivre. Confirmant que la d&#233;gradation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-08-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-08-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH73/arton49266-2a784.png?1781053224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise marque la sc&#232;ne politique, sociale, &#233;conomique et culturelle de toute une g&#233;n&#233;ration. Dans une mer d'incertitude, la seule certitude est qu'il n'y aura pas de retour &#224; ces glorieuses ann&#233;es du pass&#233;. La pr&#233;carit&#233; et l'ins&#233;curit&#233; face &#224; l'avenir sont une constante qui semble s'&#234;tre maintenue. La crise &#233;cologique appara&#238;t entrelac&#233;e dans ce panorama, confirmant que le monde dans lequel nous vivons n'est plus celui dans lequel nous pensions vivre. Confirmant que la d&#233;gradation &#233;cologique est d&#233;j&#224; suffisamment profonde pour qu'il soit impossible de continuer &#224; regarder ailleurs, et que le hautement improbable est sur le point de devenir quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;17 ao&#251;t 2021 | tir&#233; de Viento sur num&#233;ro 176&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/ecosocialismo-la-necesidad-de-una-alternativa-revolucionaria/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/ecosocialismo-la-necesidad-de-una-alternativa-revolucionaria/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation ind&#233;niable des temp&#233;ratures et l'apparition de ph&#233;nom&#232;nes climatiques extr&#234;mes, de plus en plus fr&#233;quents, rendent la perception du changement climatique imm&#233;diate et commencent &#224; se r&#233;pandre. C'est ce fait objectif qui facilite, entre autres, l'entr&#233;e de l'environnementalisme sur la voie de la mobilisation de masse, avec un r&#244;le particulier pour les secteurs de la jeunesse. Le travail de d&#233;cennies se condense et fait un bond d'&#233;chelle ces derni&#232;res ann&#233;es. La politique prend conscience de la pertinence de l'environnementalisme, et l'environnementalisme aborde la politique. Une nouvelle phase se d&#233;clenche dans laquelle les exigences de l'environnementalisme se rapprochent de la centralit&#233; politique, notamment dans le cas de l'urgence climatique. La politique verte appara&#238;t comme un champ de bataille pour tous les partis politiques,tous les groupes sont contraints de prendre position, et le d&#233;bat &#233;cologique acquiert une visibilit&#233; &#224; laquelle on ne pouvait gu&#232;re aspirer auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aborder la situation implique clairement d'assumer la dimension de la crise. Il ne s'agit pas d'une conjoncture, ni d'une crise sectorielle limit&#233;e au vert. Le sc&#233;nario &#233;cologique est une menace &#233;troitement li&#233;e &#224; la croissance &#233;conomique. Chaque fracture m&#233;tabolique (d&#233;clin &#233;nerg&#233;tique, fertilit&#233; des sols, &#233;puisement des ressources) fait partie d'une saturation des limites &#233;cologiques de la plan&#232;te &#224; laquelle le capitalisme ne peut tout simplement pas faire face. La dynamique du capital est la reproduction &#233;largie, alors que l'imp&#233;ratif pour faire face &#224; cette crise est de r&#233;duire la sph&#232;re &#233;conomique. Il ne faut pas s'y tromper : une rupture est n&#233;cessaire, une transformation profonde et durable de tout le cadre social, &#233;conomique et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, une transformation de cet ordre n'est pas seulement une r&#233;volution ponctuelle ; en r&#233;alit&#233;, bien entendu, aucune r&#233;volution n'est un ph&#233;nom&#232;ne ponctuel. Pour le dire de mani&#232;re provocante : la prise du Palais d'Hiver &#233;tait la moindre des choses. Ce qui est central, c'est l'accumulation de forces autour d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, la possibilit&#233; d'un autre monde, qui se produit dans les ann&#233;es et d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. De la m&#234;me mani&#232;re, la construction de nouveaux imaginaires et alternatives dans chaque conflit est le p&#244;le central sur lequel parvenir &#224; un nouveau consensus social qui soutient la transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La polarisation qui se produit dans les moments de crise profonde est le terreau o&#249; surgissent des ruptures historiques dans lesquelles les soci&#233;t&#233;s prennent un nouveau cours. L'&#233;cosocialisme a la responsabilit&#233; de s'imposer comme un projet &#233;mancipateur capable d'appara&#238;tre comme une alternative dans ces moments-l&#224;. Le projet politique de l'environnementalisme ne peut &#234;tre qu'un projet r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conceptualisation de la crise &#233;cologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble important de faire une pause dans un premier temps pour clarifier notre compr&#233;hension des sc&#233;narios de d&#233;gradation &#233;cologique massive qui nous attendent. &#201;videmment, il n'est pas en notre pouvoir de choisir le proc&#233;d&#233; qui nous convient le mieux. Mais nous consid&#233;rons qu'au sein d'une situation objective marqu&#233;e par des crit&#232;res biophysiques, il existe diff&#233;rentes interpr&#233;tations sur cette d&#233;gradation et sur la place des processus politiques et sociaux dans celle-ci, ce qui nous int&#233;resse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Nous consid&#233;rons que la situation que nous appelons g&#233;n&#233;riquement crise &#233;cologique peut &#234;tre con&#231;ue comme une succession de crises multiples, successives et li&#233;es. Il s'agit de se diff&#233;rencier d'une compr&#233;hension lin&#233;aire qui culmine dans un moment catastrophique o&#249; le pire est attest&#233;, qui correspond &#224; l'image projet&#233;e par certaines positions effondr&#233;es, mais qui alimente aussi les arguments r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Chacune de ces crises se manifestera sous des caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques, qui s'articulent souvent autour d'enjeux qui paraissent &#233;loign&#233;s des causes &#233;cologiques sous-jacentes. Cela d&#233;termine que chaque crise doit &#234;tre trait&#233;e selon ses propres param&#232;tres, qui dans la plupart des cas seront fortement li&#233;s &#224; la situation sociale, politique et territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans chacune de ces crises, des possibilit&#233;s de rupture s'ouvrent et les processus de lutte collective qui s'y d&#233;roulent auront une influence sur notre capacit&#233; &#224; affronter la prochaine crise. Notre compr&#233;hension est celle d'un sc&#233;nario cumulatif, dans lequel ce sera le travail politique et social de chaque phase qui d&#233;terminera la capacit&#233; d'une r&#233;organisation de notre monde. C'est justement l'accumulation de processus dans lesquels de larges majorit&#233;s populaires entrent en conflit qui permet un apprentissage et une explication des ph&#233;nom&#232;nes globaux qui permettent d'avancer dans la construction d'une alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Nous consid&#233;rons qu'en aucun cas ce processus de d&#233;gradation &#233;cologique massive et de rar&#233;faction des ressources n'&#233;tablit des sc&#233;narios dans lesquels les possibilit&#233;s d'une pratique politique &#233;mancipatrice et de justice sociale sont termin&#233;es. Quelle que soit sa gravit&#233;, quelle que soit la violence qu'elle atteint, la possibilit&#233; et l'obligation de mener une lutte collective pour am&#233;liorer les conditions de vie des classes d&#233;poss&#233;d&#233;es resteront en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conceptualisation du d&#233;fi auquel nous sommes confront&#233;s nous permet de faire une revendication importante. Bien que la situation globale de crise civilisationnelle &#224; laquelle nous sommes confront&#233;s n'ait aucun parall&#232;le dans l'histoire de l'humanit&#233;, la forme concr&#232;te que prend chacune de ces crises successives et li&#233;es, aura des r&#233;sonances dans certains processus politiques historiques, de ceux dont nous pouvons tirer des enseignements. Si la crise &#233;cologique est un tableau de Bosch, nous allons y faire face grille par grille. Le temps de la politique r&#233;volutionnaire ne s'est pas termin&#233; pour c&#233;der la place &#224; autre chose, mais n'a fait que s'intensifier et accro&#238;tre l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#233;narios de r&#233;ponse populaire aux crises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des cons&#233;quences les plus &#233;videntes de la crise &#233;cologique est sa capacit&#233; &#224; catalyser, promouvoir et allumer la m&#232;che d'&#233;pisodes de conflit social. Sous les coups de ce marteau, des explosions sociales sont probables ou certaines. Cependant, pour qu'une situation r&#233;volutionnaire ait lieu avec une possibilit&#233; de succ&#232;s, il nous faut quelque chose de plus que ces d&#233;bordements, il nous faut une construction politique consciente du sujet populaire qui agisse de mani&#232;re d&#233;cisive dans les moments de rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines des crises multiples d&#233;clench&#233;es par la d&#233;gradation &#233;cologique sont susceptibles de prendre pour une crise organique, pointant vers l'&#233;chec du pouvoir existant. Ceci est d&#251; &#224; une perte de l&#233;gitimit&#233; et &#224; une s&#233;paration entre les aspirations de larges couches de la population et les actions de l'&#201;tat. Aussi bien une mauvaise r&#233;ponse aux cons&#233;quences d'&#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes qu'une gestion profond&#233;ment in&#233;quitable des situations de raret&#233; des ressources, comme les licenciements massifs ou le d&#233;mant&#232;lement des services publics, sont des &#233;l&#233;ments li&#233;s &#224; la crise &#233;cologique qui peuvent &#234;tre l'&#233;tincelle qui provoque une crise organique . La r&#233;alit&#233; sociale dont nous sommes partis, atomis&#233;e, d&#233;chir&#233;e et de plus en plus travers&#233;e par les in&#233;galit&#233;s, nous pousse &#224; penser que la mani&#232;re dont ces crises organiques se d&#233;velopperont sera celle de la r&#233;volte.Des flamb&#233;es massives spontan&#233;es, sans horizon politique d&#233;fini et non dot&#233;es de structures interm&#233;diaires qui vont au-del&#224; de ce qui est n&#233;cessaire pour mobiliser ou relever les d&#233;fis imm&#233;diats. La r&#233;volte tente des formes d'antagonisme, et affaiblit l'Etat, mais elle ne s'effondre pas. La force sociale et la faiblesse politique s'expriment &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, la strat&#233;gie &#233;cosocialiste doit pouvoir r&#233;pondre &#224; la question de savoir comment convertir la forme-r&#233;volte et les crises organiques qui vont se produire et s'intensifier sous la crise &#233;cologique en crises r&#233;volutionnaires, dans lesquelles de grandes masses agissent consciemment en confrontation. avec le pouvoir existant et vers une construction de son propre pouvoir populaire. Sans ce facteur, les r&#233;voltes &#233;chouent ou se transforment en contre-r&#233;volutions violentes. En ce sens, on ne peut s'attendre &#224; l'&#233;mergence spontan&#233;e d'exp&#233;riences massives d'auto-organisation, de contr&#244;le populaire et d'autogestion s'il n'y a pas eu d'apprentissage pr&#233;alable. Une accumulation d'exp&#233;riences est n&#233;cessaire, une maturation des forces, dans laquelle la l&#233;gitimit&#233; a &#233;t&#233; acquise, ainsi que des fonctions sociales quotidiennes qui affirment une autorit&#233; sociale alternative &#224; celle du pouvoir actuel. C'est quelque chose qui prend une importance particuli&#232;re dans le cadre de la crise &#233;cologique, car il est probable qu'il deviendra de plus en plus visible comment les actions capitalistes aggravent encore les cons&#233;quences injustes de la crise, ainsi que la crise elle-m&#234;me, et comment la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; corriger cette dynamique est de plus en plus affaibli. Pour ces raisons, ce sont les t&#226;ches strat&#233;giques qui doivent &#234;tre plac&#233;es au centre de notre agenda &#233;co-socialiste. Promouvoir et renforcer chaque conflit, accumuler des cadres ins&#233;r&#233;s dans les couches populaires capables d'&#233;voluer avec agilit&#233; en p&#233;riode de perturbation,et construire les processus collectifs qui sont le germe d'un pouvoir populaire qui doit se montrer capable de transformer en profondeur notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de l'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'Etat plane sur toutes ces r&#233;flexions strat&#233;giques. Avec la crise &#233;cologique et l'urgence climatique sur nos t&#234;tes, il devient encore plus urgent de clarifier nos compr&#233;hensions &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par l'&#201;tat capitaliste r&#233;ellement existant. Certaines conceptions majoritaires &#224; gauche au cours des derni&#232;res d&#233;cennies con&#231;oivent l'&#201;tat comme un espace mixte dans lequel se cristallise le rapport de forces de la lutte des classes, et donc un ensemble d'appareils quelque peu neutres qui peuvent &#234;tre occup&#233;s et utilis&#233;s &#224; but. Pour notre part, nous pensons que cela ne peut pas &#234;tre compris de cette mani&#232;re, encore moins pour r&#233;soudre la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le n&#233;olib&#233;ralisme, les tendances de l'&#201;tat &#224; favoriser l'accumulation de capital montent en fl&#232;che et tendent &#224; engloutir la dimension sociale, affaiblissant le r&#244;le distributif que dans certaines parties du monde, notamment en Europe occidentale, nous appelions l'&#201;tat-providence. De cette fa&#231;on, il fait partie d'un organe administratif, des travailleurs bureaucratiques et affaiblis, pr&#233;caires dans certains cas, dans les domaines qui nous int&#233;ressent le plus &#224; l'heure de la transition &#233;co-sociale. De m&#234;me, tout un r&#233;seau d'accords de libre-&#233;change, de pactes de stabilit&#233; et de dettes aupr&#232;s des march&#233;s financiers limite clairement le terrain effectivement praticable par une politique publique &#233;tatique. Notre vision ici est que les appareils de l'&#201;tat capitaliste actuel ne seront pas en mesure d'effectuer les transformations profondes n&#233;cessaires pour faire face &#224; la crise &#233;cologique. Dans bien des cas, une contre-r&#233;volution capitaliste ne serait m&#234;me pas n&#233;cessaire pour l'emp&#234;cher, puisque le labyrinthe de pi&#232;ges est d&#233;j&#224; ench&#226;ss&#233; dans l'activit&#233; gouvernementale, l&#233;gislative, r&#233;glementaire et financi&#232;re. Nous pensons qu'il est n&#233;cessaire de commencer par une clart&#233; strat&#233;gique &#224; cet &#233;gard dans les domaines qui nous int&#233;ressent le plus en mati&#232;re de transition &#233;co-sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que l'engagement &#233;co-socialiste doit tourner le dos &#224; l'&#201;tat, mais plut&#244;t ne pas y placer des aspirations dont on sait d'avance qu'elles ne seront pas r&#233;ciproques, et agir en cons&#233;quence. Un gouvernement de gauche avec un programme politique de rupture peut &#234;tre en mesure de promouvoir des d&#233;veloppements et d'ouvrir des possibilit&#233;s qui ne sont pas si accessibles uniquement &#224; partir de la mobilisation sociale. Cela peut &#234;tre un levier. Mais, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle n'est pas capable d'aller &#224; l'encontre de la tendance &#224; l'accumulation du capital, sa r&#233;alisation ne peut en aucun cas affaiblir l'organisation populaire autonome, qui est la seule capable de r&#233;aliser le d&#233;passement du pouvoir capitaliste et la construction d'un ordre. &#233;cosocialiste. Un tel gouvernement devrait favoriser les avanc&#233;es mat&#233;rielles et les conqu&#234;tes en faveur de la majorit&#233; sociale,ainsi que d'affaiblir au maximum le pouvoir &#233;conomique par des mesures de socialisation et d'autogestion des secteurs strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, de l'ext&#233;rieur de l'institution, une impulsion populaire doit &#234;tre organis&#233;e pour atteindre au maximum l'auto-organisation et l'autonomisation du mouvement social. Cela d&#233;terminera dans quelle mesure il sera possible d'inciter l'&#201;tat &#224; faire quelques premiers pas dans la transition &#233;co-sociale. Ce sera cette force du mouvement populaire autonome et organis&#233; qui permettra de transformer les crises organiques en crises r&#233;volutionnaires ; ce qui permet d'atteindre une accumulation d'exp&#233;riences et une l&#233;gitimit&#233; suffisante pour avoir la possibilit&#233; d'op&#233;rer la rupture avec le pouvoir capitaliste. Car c'est pr&#233;cis&#233;ment lorsque les capacit&#233;s de l'ancien appareil d'&#201;tat sont paralys&#233;es, disloqu&#233;es et incapables de remplir leur fonction quand &#233;merge la l&#233;gitimit&#233; sociale des structures et institutions autonomes avec lesquelles les classes populaires r&#233;pondent d&#233;mocratiquement aux t&#226;ches et aux besoins quotidiens, &#233;tablissant leur autorit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;tapes de la construction du sujet et de la conscience&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accumulation d'exp&#233;riences et la maturation des forces des classes populaires &#224; partir de conflits concrets sont des &#233;tapes obligatoires dans ce processus, nous ne pouvons pas les ignorer. La fonction que ces &#233;tapes doivent remplir est triple. En premier lieu, la formation d'un sujet politique, reconnu comme tel et conscient de son potentiel &#224; travers l'organisation. Deuxi&#232;mement, la compr&#233;hension par de larges couches de la population de l'ampleur et de la profondeur de la crise &#233;cologique, ainsi que la conviction de la n&#233;cessit&#233; de rompre avec l'ordre &#233;conomique existant pour y faire face. Troisi&#232;mement, la prise de conscience que ce sujet populaire est le seul &#224; pouvoir op&#233;rer cette rupture et la construction d'un ordre social &#233;mancipateur qui aborde &#233;quitablement les diff&#233;rentes crises.A ce dernier point s'ajoute une annexe, qui est la n&#233;cessit&#233; de prendre conscience de la possibilit&#233; r&#233;elle de r&#233;aliser cette rupture et ces transformations. Ce qui n'est pas exactement un aspect mineur, mais il acquiert une importance particuli&#232;re pour le moment politique et historique dans lequel nous nous trouvons, o&#249; l'horizon r&#233;volutionnaire semble &#234;tre rest&#233; comme un souvenir futile du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rapidit&#233; et la r&#233;gularit&#233; avec lesquelles nous pourrons franchir ces &#233;tapes seront une combinaison d'efforts conscients et d'intensification de crises multiples et li&#233;es. Quoi qu'il en soit, les d&#233;cennies de grande incertitude et d'instabilit&#233; dans lesquelles nous entrons peuvent nous amener &#224; penser qu'un processus apparemment lent peut se produire beaucoup plus rapidement que pr&#233;vu. Nous identifions deux domaines dans lesquels ces conflits peuvent se d&#233;velopper plus cr&#251;ment et favoriser la maturation des forces que nous avons &#233;voqu&#233;es. D'une part, les multiples fractures qui sous-tendent ce qu'on a appel&#233; le conflit capital-vie. D'autre part, le domaine du travail, en particulier dans les secteurs particuli&#232;rement li&#233;s aux axes de la transition &#233;cologique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la premi&#232;re question, en entrant dans ces crises, nous allons voir comment s'accentue le conflit capital-vie. L'incapacit&#233; du capitalisme &#224; obtenir les taux de profit auxquels il &#233;tait habitu&#233; et la limitation de la sph&#232;re financi&#232;re &#224; fonctionner de mani&#232;re totalement autonome par rapport &#224; la sph&#232;re de l'&#233;conomie r&#233;elle poussent le capital &#224; aller l&#224; o&#249; il n'arrivait pas avant. La marchandisation, la privatisation et les processus d'accumulation par d&#233;possession en sont la preuve. L'impossibilit&#233; d'acc&#233;der &#224; un logement, le d&#233;clin des services publics, l'entr&#233;e de fonds d'investissement dans des secteurs comme l'&#233;nergie ou l'agriculture et l'accaparement de terres fertiles par de grandes fortunes sont quelques exemples de la mani&#232;re dont cela se concr&#233;tise. Tout cela accentue l'exp&#233;rience des dommages que produit le capital, et dans la traduction politique de cette douleur r&#233;side la possibilit&#233; d'un autre monde. Les processus d'organisation et de conflit auxquels sont confront&#233;es chacune de ces fractures sont fondamentaux pour la maturation des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la deuxi&#232;me question, le travail appara&#238;t comme l'axe sur lequel de larges majorit&#233;s ressentiront les effets de la crise climatique dans leur quotidien. Cela ne se limite pas &#224; l'emploi salari&#233;, mais a &#233;galement sa contrepartie dans le travail de reproduction. Il est facile d'imaginer comment des moments de raret&#233; des ressources peuvent augmenter la demande pour ces emplois et, s'ils ne sont pas socialement distribu&#233;s, conduire &#224; une plus grande oppression des femmes. De son c&#244;t&#233;, nous allons conna&#238;tre de graves contusions dans l'emploi salari&#233;, avec des fermetures massives et des licenciements massifs dans les secteurs les plus li&#233;s &#224; la crise &#233;cologique. Dans tous ces cas, les luttes dans les conflits cl&#233;s seront au c&#339;ur de la constitution de ce p&#244;le &#233;co-socialiste populaire dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, il sera particuli&#232;rement important que la construction de ce projet &#233;co-socialiste aille au-del&#224; de ce que le mouvement &#233;cologiste a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Il doit &#234;tre capable de sauter dans une confluence o&#249; l'environnementalisme n'est qu'une partie de quelque chose de beaucoup plus vaste, qui comprend les syndicats, les &#233;cologistes, les mouvements sociaux et les partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec quelle impulsion : horizon et imaginaire alternatif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon et l'imaginaire alternatif sont les &#233;l&#233;ments qui nous manquent pour conclure cette revue de quelques notions strat&#233;giques pour le projet &#233;cosocialiste. Sans eux, il serait difficile d'obtenir l'&#233;lan n&#233;cessaire pour parcourir cette voie. Il s'agit autant d'envisager un avenir radicalement diff&#233;rent et profond&#233;ment souhaitable que de choisir les revendications &#224; utiliser &#224; partir du pr&#233;sent pour relier les luttes &#224; cet horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait parler longuement de l'imaginaire d'une soci&#233;t&#233; &#233;cosocialiste, qui diff&#232;re par la force de ce monde d'abondance dont elle a &#233;t&#233; th&#233;oris&#233;e dans le pass&#233;. C'est plut&#244;t un horizon dans lequel la redistribution des richesses et des emplois nous a permis d'entrer de mani&#232;re &#233;quitable dans la crise &#233;cologique, dans lequel la planification &#233;conomique et &#233;cologique r&#233;duit au maximum les impacts de l'&#233;puisement des ressources, et dans lequel peu &#224; peu notre soci&#233;t&#233; se r&#233;int&#232;gre dans les limites biophysiques de l'&#233;cosyst&#232;me. Deux des forces de cet horizon se trouvent dans une redistribution et une valorisation du souci de la vie et dans la lib&#233;ration du temps libre pour avoir des vies plus vivables. Nous ne pouvons en aucun cas sous-estimer les ravages psychosociaux caus&#233;s par le maelstr&#246;m capitaliste,qui peut augmenter &#224; mesure que l'incertitude, la pr&#233;carit&#233; et l'instabilit&#233; augmentent. Ces &#233;l&#233;ments, avec le projet politique et l'horizon &#233;cosocialiste, ont un grand potentiel lorsqu'il s'agit de cr&#233;er un imaginaire du bien vivre, souhaitable pour tous, largement partag&#233; et pour lequel lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes et conflits sp&#233;cifiques du pr&#233;sent doivent toujours &#234;tre li&#233;s &#224; l'horizon que nous voulons atteindre. Sinon, il tombe dans la d&#233;sorientation strat&#233;gique et la voie des tactiques opportunistes. C'est ce fil, qui doit toujours &#234;tre maintenu, qui est capable de promouvoir de nouveaux processus de lutte politique. Et celui qui, au fur et &#224; mesure que se consolident les exp&#233;riences et l'organisation du sujet populaire, devient la corde avec laquelle faire le saut r&#233;volutionnaire dans les moments de rupture et de faillite. Pour entretenir ce lien, nous devons travailler sur des propositions qui contiennent des &#233;l&#233;ments de transformation &#233;cologique, et qui en m&#234;me temps supposent des am&#233;liorations pour la majorit&#233;. Chaque revendication, chaque lutte et chaque conqu&#234;te doit contenir la graine qui peut germer dans les conflits suivants.Il faut bien montrer comment notre projet politique suppose une victoire mat&#233;rielle au profit des classes populaires d&#232;s le premier moment de son application. Pour cette raison, nous devons placer au premier plan de nos revendications des questions telles que la cr&#233;ation de milliers d'emplois stables pour les secteurs dont les travailleurs voient leurs moyens de subsistance en danger, la mobilit&#233; collective publique et l'acc&#232;s garanti au logement et aux fournitures de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari r&#233;volutionnaire de l'&#233;cosocialisme gagne en validit&#233; &#224; mesure que la crise &#233;cologique s'intensifie. Comme nous l'avons vu, les &#233;tapes et les processus &#224; suivre ne sont pas facultatifs, il n'y a pas de raccourcis. L'urgence impos&#233;e par les temps &#233;cologiques peut faire douter de la validit&#233; d'une hypoth&#232;se de transformation telle que celle pr&#233;sent&#233;e ici. Compte tenu de cela, en premier lieu, nous devons nous rappeler que l'histoire n'avance jamais en ligne droite et que dans les moments d'instabilit&#233;, il y a des sauts, des ruptures et des ruptures qui rendent r&#233;alisables les possibilit&#233;s qui semblaient auparavant inimaginables. Deuxi&#232;mement, nous pensons que c'est pr&#233;cis&#233;ment l'urgence et l'ampleur de la crise &#224; laquelle nous sommes confront&#233;s qui nous obligent &#224; assumer la t&#226;che de construire un projet de cette nature. Si le temps dont nous disposons est court,Nous ne pouvons plus attendre pour mener &#224; bien la construction du bloc &#233;co-socialiste populaire capable de rompre avec cet ordre social qui nous opprime et d&#233;truit la plan&#232;te. Cela ne signifie en aucun cas attendre b&#234;tement le grand jour o&#249; le capitalisme tombera. Bien au contraire, cela signifie agir de mani&#232;re d&#233;cisive dans chaque conflit, chaque lutte et chaque bataille politique du pr&#233;sent. Avec une flexibilit&#233; tactique et une clart&#233; strat&#233;gique.chaque combat et chaque bataille politique du pr&#233;sent. Avec une flexibilit&#233; tactique et une clart&#233; strat&#233;gique.chaque combat et chaque bataille politique du pr&#233;sent. Avec une flexibilit&#233; tactique et une clart&#233; strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on ne pouvait manquer de mentionner que cette lutte a un caract&#232;re international, et que le sujet populaire, large et m&#233;tis auquel doit faire face cette crise a aussi un caract&#232;re international. En fait, nous sommes susceptibles de voir bon nombre des explosions organiques, des r&#233;voltes et des crises que nous avons mentionn&#233;es se d&#233;velopper d'abord dans les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques ou semi-p&#233;riph&#233;riques du capitalisme mondial. Les succ&#232;s et les avanc&#233;es de tels &#233;v&#233;nements ouvriront des possibilit&#233;s pour le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Juanjo &#193;lvarez et Mart&#237;n Lallana font partie de la zone &#233;cosocialisme d'Anticapitalistas&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
