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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Repenser le changement politique en Iran : de la contestation &#224; la guerre</title>
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		<dc:date>2026-06-16T12:38:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mohammad Ali Kadivar</dc:creator>


		<dc:subject>01_03 - 3 ou 6 articles</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-06-16</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un mois avant que les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l ne d&#233;clenchent, le 28 f&#233;vrier 2026, la guerre contre l'Iran, des soul&#232;vements de masse &#224; l'int&#233;rieur du pays ont entra&#238;n&#233; la r&#233;pression la plus s&#233;v&#232;re de l'histoire moderne du pays. Les manifestations et la r&#233;pression se sont conjugu&#233;es &#224; des appels &#224; une intervention ext&#233;rieure. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'&#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump a d&#233;clar&#233; le 2 janvier que les &#201;tats-Unis &#233;taient &#171; pr&#234;ts &#224; intervenir &#187; si l'Iran venait &#224; massacrer les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-06-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-06-16&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/capture_d_e_cran_le_2026-06-14_a_23.28_57-41cd8.png?1781613532' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mois avant que les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l ne d&#233;clenchent, le 28 f&#233;vrier 2026, la guerre contre l'Iran, des soul&#232;vements de masse &#224; l'int&#233;rieur du pays ont entra&#238;n&#233; la r&#233;pression la plus s&#233;v&#232;re de l'histoire moderne du pays. Les manifestations et la r&#233;pression se sont conjugu&#233;es &#224; des appels &#224; une intervention ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/moyenorient/iran/repenser-le-changement-politique-en-iran-de-la-contestation-a-la-guerre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump a d&#233;clar&#233; le 2 janvier que les &#201;tats-Unis &#233;taient &#171; pr&#234;ts &#224; intervenir &#187; si l'Iran venait &#224; massacrer les manifestant&#183;e&#183;s[1]. Reza Pahlavi, fils du shah renvers&#233; et figure de proue de l'opposition hors d'Iran, a d&#233;clar&#233; : &#171; Dans des conditions o&#249; le peuple iranien est fauch&#233; de la mani&#232;re la plus brutale qui soit, je ne consid&#232;re pas l'aide &#224; la lib&#233;ration d'une nation comme une agression. &#187;[2] Le 10 janvier, un groupe d'intellectuels et de figures de l'opposition iraniens de premier plan &#8211; dont la laur&#233;ate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et le cin&#233;aste Mohsen Makhmalbaf &#8211; ont &#233;crit directement &#224; Trump, d&#233;clarant que &#171; toutes les voies permettant de mettre un terme &#224; la r&#233;pression et de sauver la vie de nos compatriotes se sont retrouv&#233;es dans une impasse &#187; et qu'&#171; une issue &#224; cette situation n&#233;cessite une aide internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces appels sont symptomatiques d'un changement plus large dans les perspectives politiques.Tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur de l'Iran, il existe une perception croissante selon laquelle les efforts de la soci&#233;t&#233; iranienne pour provoquer un changement politique ont tous &#233;chou&#233;. La r&#233;volte a &#233;chou&#233;. La r&#233;forme a &#233;chou&#233;. L'activisme civique a &#233;chou&#233;. Cette affirmation a largement circul&#233; parmi les militant&#183;e&#183;s de l'opposition en faveur d'un changement de r&#233;gime (barandazan : ceux qui cherchent le renversement) et a &#233;t&#233; consid&#233;rablement amplifi&#233;e au sein de la diaspora par le biais de cha&#238;nes satellitaires telles que Iran International [d'orientation monarchiste] et Manoto [bas&#233;e &#224; Londres] ainsi que par des personnalit&#233;s de premier plan comme Pahlavi, trouvant un &#233;cho &#224; l'int&#233;rieur de l'Iran via les r&#233;seaux sociaux et les m&#233;dias en ligne en langue persane. Dans ces derniers, ce sentiment s'est cristallis&#233; dans un refrain commun : &#171; Nous avons emprunt&#233; toutes les voies. &#187;[2] D&#233;fendant la guerre am&#233;ricano-isra&#233;lienne contre l'Iran, le secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain Marco Rubio a invoqu&#233; la m&#234;me logique, affirmant que le monde avait &#233;t&#233; t&#233;moin de &#171; vagues successives de manifestations &#187; qui n'avaient rencontr&#233; que le carnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation selon laquelle rien n'a fonctionn&#233; tire sa force d'une histoire de r&#233;pression. La R&#233;publique islamique a r&#233;prim&#233; &#224; maintes reprises les manifestations de masse par des arrestations, des emprisonnements et une violence meurtri&#232;re. Les soul&#232;vements de 2017&#8211;2018, 2019, 2022 et, plus r&#233;cemment, janvier 2026 ont tous &#233;t&#233; violemment r&#233;prim&#233;s. Mais la conclusion souvent tir&#233;e de ces &#233;v&#233;nements &#8211; &#224; savoir que l'action collective en Iran a &#233;chou&#233; &#8211; confond d&#233;faite &#224; court terme et &#233;chec, et ignore les traces que ces d&#233;faites laissent derri&#232;re elles : des personnes radicalis&#233;es, des relations sociales alt&#233;r&#233;es et les limites de ce que les &#201;tats peuvent et ne peuvent pas faire. Les r&#233;cents mouvements de protestation en Iran n'ont pas renvers&#233; la R&#233;publique islamique. Ils ont toutefois red&#233;fini les normes sociales, modifi&#233; les calculs politiques et &#233;largi le terrain sur lequel se d&#233;rouleront les luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Femme, Vie, Libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2022, le soul&#232;vement connu mondialement sous le nom de mouvement &#171; Femme, Vie, Libert&#233; &#187; a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233; par la mort de Mahsa Jina Amini, une jeune femme kurde sunnite dont le meurtre a eu un retentissement bien au-del&#224; des circonstances imm&#233;diates de son arrestation pour ne pas avoir port&#233; correctement le voile. Les manifestations se sont &#233;tendues &#224; l'&#233;chelle nationale, durant plusieurs semaines, et ont fait face &#224; une r&#233;pression intense : des centaines de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es pendant les manifestations, des milliers ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et les mois qui ont suivi ont vu une vague de condamnations &#224; mort.[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de 2022 se sont distingu&#233;es des &#233;pisodes ant&#233;rieurs non seulement par leur ampleur et leur dur&#233;e, mais aussi par la convergence de diff&#233;rentes formes d'action collective. Le mouvement &#233;tait &#224; la fois une manifestation anti-r&#233;gime, un mouvement de femmes et une mobilisation pour les droits ethniques et des minorit&#233;s[5]. En tant que manifestation anti-r&#233;gime, son caract&#232;re politique &#233;tait ind&#233;niable. Les slogans dominants &#8211; &#171; Mort au dictateur &#187; et &#171; Mort &#224; Khamenei &#187; &#8211; visaient l'ensemble du syst&#232;me et ses dirigeants, incarn&#233;s par la figure du Guide supr&#234;me Ali Khamenei, plut&#244;t qu'une politique ou un grief sp&#233;cifiques. En tant que mouvement de femmes, il a produit certaines de ses images les plus marquantes et les plus largement diffus&#233;es : des femmes se coupant les cheveux et br&#251;lant leurs hijabs en public. Ces actes repr&#233;sentaient un rejet du contr&#244;le de l'&#201;tat sur leur corps et une affirmation de leur autonomie qui a trouv&#233; un &#233;cho mondial. En tant que mobilisation pour les droits des minorit&#233;s ethniques, l'identit&#233; d'Amini en tant que femme kurde sunnite a suscit&#233; une mobilisation particuli&#232;rement intense dans les r&#233;gions kurdes et sunnites.[6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces manifestations s'inscrivaient &#233;galement dans le prolongement de ce que le sociologue Asef Bayat [universit&#233; de l'Illinois aux Etats-Unis] a qualifi&#233; de &#171; non-mouvements &#187; : des formes d'action collective diffuses et non coordonn&#233;es[7]. Avant m&#234;me 2022, les Iraniennes s'&#233;taient engag&#233;es depuis des ann&#233;es dans une r&#233;sistance quotidienne qui s'&#233;tait accumul&#233;e en silence avant d'&#233;clater dans les rues. Des millions d'entre elles ont r&#233;sist&#233; au port obligatoire du hijab par des pratiques quotidiennes, portant leur foulard de mani&#232;re l&#226;che, laissant appara&#238;tre les cheveux et le maquillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, ces actes de d&#233;sob&#233;issance de plus en plus nombreus ont &#233;t&#233; ponctu&#233;s par des formes d'activisme plus organis&#233;es. Par exemple, la campagne &#171; Un million de signatures &#187; lanc&#233;e par des militantes f&#233;ministes en 2006 pour r&#233;former les lois familiales discriminatoires &#224; l'&#233;gard des femmes a impliqu&#233; la formation d'une coalition entre des femmes la&#239;ques et religieuses et a r&#233;ussi &#224; bloquer une l&#233;gislation r&#233;trograde. Dans un autre cas, le fait que Vida Movahed se soit d&#233;voil&#233;e en public sur l'avenue de la R&#233;volution &#224; T&#233;h&#233;ran en 2017 a inspir&#233; une vague d'actes similaires &#224; travers le pays. Le soul&#232;vement de 2022 s'est inscrit dans le contexte de ces d&#233;cennies de lutte et a entra&#238;n&#233; un passage d'une d&#233;sob&#233;issance partielle &#224; l'abandon g&#233;n&#233;ralis&#233; du hijab dans de nombreux espaces urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur de cette transformation a &#233;t&#233; document&#233;e de mani&#232;re empirique. Une &#233;tude portant sur la pr&#233;sence des femmes sur les r&#233;seaux sociaux a r&#233;v&#233;l&#233; que, imm&#233;diatement apr&#232;s les manifestations du mouvement &#171; Femme, Vie, Libert&#233; &#187;, le nombre de femmes apparaissant sans voile avait augment&#233; de 24%[8]. Malgr&#233; le caract&#232;re intransigeant de la loi, ce changement populaire a persist&#233; au cours des ann&#233;es suivantes. La m&#234;me &#233;tude a &#233;galement r&#233;v&#233;l&#233; que la couverture m&#233;diatique des manifestations avait modifi&#233; la dynamique au sein des familles : dans les zones o&#249; l'activit&#233; de protestation &#233;tait plus intense, les d&#233;penses des m&#233;nages se sont d&#233;plac&#233;es des hommes vers les femmes et les enfants &#8211; ce qui t&#233;moigne d'un changement du rapport de force au sein de la famille &#8211;, sugg&#233;rant que les cons&#233;quences du mouvement se sont &#233;tendues non seulement &#224; l'espace public, mais aussi aux dispositions domestiques qui r&#233;gissent la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont &#233;galement fa&#231;onn&#233; la dynamique au sein de l'&#233;lite politique, bien que le cheminement ne se soit pas fait de mani&#232;re lin&#233;aire, de la protestation &#224; la concession. En mai 2024, la mort inattendue du pr&#233;sident iranien Ebrahim Raisi dans un accident d'h&#233;licopt&#232;re a provoqu&#233; des &#233;lections anticip&#233;es, cr&#233;ant une opportunit&#233; que les manifestations seules n'auraient pas pu offrir. Masoud Pezeshkian &#8211; ancien ministre de la Sant&#233; sous la pr&#233;sidence de Mohammad Khatami [d'ao&#251;t 1997 &#224; ao&#251;t 2005] et repr&#233;sentant de longue date de Tabriz, lui-m&#234;me d'origine az&#233;rie et kurde &#8211; avait &#233;t&#233; disqualifi&#233; par le Conseil des gardiens pour se pr&#233;senter aux &#233;lections l&#233;gislatives de mars 2024, avant d'&#234;tre autoris&#233; &#224; se pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidence quelques mois plus tard. Ce revirement &#233;tait en soi significatif. L'organe de contr&#244;le a revu sa position &#224; la suite des manifestations et du d&#233;c&#232;s d'Ebrahim Raisi, autorisant le seul candidat r&#233;formiste en lice &#224; se pr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;lection a mis en &#233;vidence la d&#233;sillusion de la population &#8211; le premier tour a enregistr&#233; le taux de participation le plus bas de l'histoire de la R&#233;publique islamique, alors que des personnalit&#233;s de tous horizons politiques, dont la laur&#233;ate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, avaient appel&#233; au boycott &#8211;, Pezeshkian s'est qualifi&#233; pour un second tour face au candidat de la ligne dure Saeed Jalili. Le taux de participation a l&#233;g&#232;rement augment&#233; au second tour pour atteindre un peu moins de 50%, certains de ceux qui avaient boycott&#233; le premier tour s'&#233;tant rendus aux urnes afin d'&#233;viter une pr&#233;sidence de Jalili[9]. Pezeshkian a remport&#233; le scrutin avec 54% des voix[10]. Sa campagne avait directement exprim&#233; son soutien aux manifestations &#171; Femme, Vie, Libert&#233; &#187; et s'&#233;tait engag&#233;e &#224; s'opposer aux patrouilles charg&#233;es de faire respecter le port obligatoire du hijab, forces responsables de l'arrestation et de la mort de Masha Jina Amini. Le mouvement de protestation a fa&#231;onn&#233; le terrain politique sur lequel s'est d&#233;roul&#233;e l'&#233;lection, m&#234;me s'il n'a pas pu en d&#233;terminer enti&#232;rement le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pezeshkian a nomm&#233; un homme politique kurde sunnite au poste de gouverneur de la province du Kurdistan &#8211; le premier gouverneur sunnite depuis les tout d&#233;buts de la R&#233;publique islamique &#8211; et a d&#233;sign&#233; Abdolkarim Hosseinzadeh au poste de vice-pr&#233;sident charg&#233; du d&#233;veloppement rural, le premier sunnite jamais nomm&#233; &#224; un tel poste dans l'histoire de la R&#233;publique islamique. Dans une d&#233;marche sans pr&#233;c&#233;dent qui n'avait jamais &#233;t&#233; utilis&#233;e auparavant contre un d&#233;put&#233; d&#233;missionnaire, le parlement, domin&#233; par les partisans de la ligne dure, a vot&#233; le rejet de la d&#233;mission d'Hosseinzadeh de son si&#232;ge parlementaire, une exigence proc&#233;durale lui permettant d'acc&#233;der au poste ex&#233;cutif. Mais Pezeshkian a persist&#233;, et en octobre, le parlement a c&#233;d&#233;. Il ne s'agissait pas de concessions faciles, impos&#233;es d'en haut. Il s'agissait de gains progressifs obtenus gr&#226;ce &#224; la pression politique et disput&#233;s &#224; chaque &#233;tape. Bien qu'elles n'aient pas d&#233;mantel&#233; le syst&#232;me d'exclusion, elles en ont modifi&#233; les limites, &#233;tablissant de nouveaux pr&#233;c&#233;dents que les futurs gouvernements ne pourraient pas facilement ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2023&#8211;2024, le parlement conservateur a adopt&#233; une nouvelle l&#233;gislation visant &#224; alourdir les sanctions en cas de violation du port obligatoire du hijab &#8211; une tentative de r&#233;affirmer son contr&#244;le face au non-respect g&#233;n&#233;ralis&#233; de cette obligation par les femmes. Pourtant, lors d'un moment r&#233;v&#233;lateur de r&#233;ajustement interne, Pezeshkian a refus&#233; de signer le projet de loi, avertissant que son application g&#233;n&#233;rerait des tensions sociales susceptibles de mettre en p&#233;ril la stabilit&#233; nationale. Dans la pratique, le r&#233;gime a fait marche arri&#232;re : le port obligatoire du hijab reste formellement en vigueur, mais son application est devenue in&#233;gale, s&#233;lective et, dans de nombreux contextes &#8211; tels que les restaurants et m&#234;me certains rassemblements pro-gouvernementaux &#8211;, effectivement suspendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la convergence entre soul&#232;vements ponctuels, mobilisation &#233;lectorale au sein du syst&#232;me, mouvements organis&#233;s et semi-organis&#233;s, et d&#233;sob&#233;issance quotidienne diffuse qui a g&#233;n&#233;r&#233; une pression sur plusieurs fronts, for&#231;ant le r&#233;gime &#224; s'adapter d'une mani&#232;re qu'aucune forme d'action isol&#233;e n'aurait pu obtenir &#224; elle seule. De plus, la mort de Raisi, qui a fait dispara&#238;tre non seulement un pr&#233;sident en exercice, mais aussi l'un des principaux candidats &#224; la succession d'Ali Khamenei, a redessin&#233; l'&#233;quilibre des pouvoirs entre les factions rivales &#224; un moment o&#249; la question de la succession exacerbait d&#233;j&#224; les rivalit&#233;s internes et rendait possibles les ajustements de 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Action collective routini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sch&#233;ma similaire appara&#238;t dans des formes plus routini&#232;res d'action collective. Partout en Iran, les travailleurs, les travailleuses, les enseignant&#183;e&#183;s, les retrait&#233;&#183;e&#183;s et les infirmiers et infirmi&#232;res m&#232;nent depuis des d&#233;cennies des manifestations sectorielles soutenues, souvent hebdomadaires, parfois coordonn&#233;es entre plusieurs villes. Ces actions d&#233;g&#233;n&#232;rent rarement en confrontation directe avec les institutions centrales du r&#233;gime. Elles se heurtent g&#233;n&#233;ralement &#224; des niveaux de r&#233;pression moins &#233;lev&#233;s : arrestations, harc&#232;lement, violences occasionnelles, mais pas le recours syst&#233;matique &#224; la force l&#233;tale observ&#233; lors des soul&#232;vements nationaux. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles se situent en de&#231;&#224; du seuil de la &#171; menace existentielle &#187; pour le r&#233;gime qu'elles cr&#233;ent un espace, aussi restreint soit-il, pour l'organisation et la mise en place de r&#233;seaux, de routines et de r&#233;pertoires d'action susceptibles de se propager d'une localit&#233; &#224; l'autre, renfor&#231;ant ainsi leurs capacit&#233;s au fil du temps. Les recherches montrent que les districts ayant connu des niveaux plus &#233;lev&#233;s de manifestations sectorielles ant&#233;rieures &#233;taient plus susceptibles de participer aux mobilisations anti-r&#233;gime ult&#233;rieures en 2018, 2019 et 2022[11]. La conclusion n'est pas que les mouvements sectoriels se transforment en manifestations anti-r&#233;gime, mais que l'activit&#233; de protestation ant&#233;rieure dans un district est associ&#233;e &#224; une mobilisation ult&#233;rieure plus importante lorsque des soul&#232;vements plus larges se produisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats illustrent que diff&#233;rentes formes de protestation peuvent se renforcer mutuellement malgr&#233; les tensions et les diff&#233;rences dans leurs objectifs et leurs strat&#233;gies. Les manifestants sectoriels &#8211; travailleurs, enseignants, retrait&#233;s &#8211; ont largement continu&#233; &#224; d&#233;fendre leurs revendications &#233;conomiques et professionnelles sp&#233;cifiques plut&#244;t que de rejoindre les soul&#232;vements anti-r&#233;gime en tant que blocs organis&#233;s. Les gr&#232;ves des travailleurs du p&#233;trole sous contrat de 2022 en solidarit&#233; avec les manifestations pour Mahsa Amini ont constitu&#233; une exception notable plut&#244;t que la r&#232;gle, ce qui s'est v&#233;rifi&#233; m&#234;me lors des soul&#232;vements de 2026. Ces manifestants op&#232;rent selon ce que le th&#233;oricien politique Steven Klein [professeur au King's College de Londres] et le sociologue Cheol-Sung Lee [universit&#233; Sogang &#224; S&#233;oul] appellent une &#171; politique d'influence &#187; : ils font pression pour obtenir des revendications concr&#232;tes et r&#233;alisables &#8211; salaires, retraites, libert&#233; d'association, fin des ex&#233;cutions &#8211; tout en &#233;vitant d&#233;lib&#233;r&#233;ment de provoquer les forces de s&#233;curit&#233; ou de sombrer dans un affrontement direct avec l'&#201;tat[12]. M&#234;me leurs revendications les plus radicales s'abstiennent d'appeler &#224; la chute imm&#233;diate du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition en faveur d'un changement de r&#233;gime, en revanche, con&#231;oit sa propre pratique &#224; travers ce que Klein et Lee appellent une &#171; politique d'occupation &#187;, c'est-&#224;-dire un mode d'action orient&#233; vers l'escalade, la pr&#233;sence massive dans les rues et la confrontation directe, fond&#233; sur la conviction que le changement n&#233;cessite de s'emparer de l'espace politique et de le transformer plut&#244;t que d'exercer une pression depuis l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; civile[13]. Il s'agit l&#224; de tactiques diff&#233;rentes qui refl&#232;tent des th&#233;ories fondamentalement diff&#233;rentes sur la mani&#232;re dont le changement social s'op&#232;re. Les manifestants sectoriels peuvent chercher &#224; &#233;viter d'exposer leur mouvement et eux-m&#234;mes &#224; une r&#233;pression plus s&#233;v&#232;re en appelant ouvertement au renversement du r&#233;gime. Ils sont pourtant rest&#233;s coh&#233;rents dans leur critique de la brutalit&#233; du r&#233;gime, en exigeant davantage de libert&#233;s et en s'opposant &#224; la fois &#224; la r&#233;pression int&#233;rieure et &#224; l'intervention &#233;trang&#232;re et &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconsid&#233;rer l'&#233;chec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Pologne dans les ann&#233;es 1980, ce qui constitue un pr&#233;c&#233;dent historique int&#233;ressant, le mouvement Solidarnosc n'a pas initialement exig&#233; l'effondrement du r&#233;gime communiste, non pas parce qu'il acceptait le syst&#232;me, mais parce qu'il reconnaissait les limites impos&#233;es par le rapport de force. Sa revendication centrale en 1980 &#233;tait la l&#233;galisation des syndicats ind&#233;pendants : une concession sans pr&#233;c&#233;dent qui a ouvert la voie &#224; des millions de personnes pour s'organiser et pratiquer l'autogestion collective. Bien que ces acquis aient &#233;t&#233; annul&#233;s par la suite, les capacit&#233;s d&#233;velopp&#233;es au cours de cette p&#233;riode ont perdur&#233;. Lorsque les gr&#232;ves ont repris en 1989, les r&#233;formes n&#233;goci&#233;es ont conduit &#224; des &#233;lections qui ont abouti &#224; une victoire d&#233;cisive, ouvrant la voie &#224; une transformation plus large. &#192; court terme, Solidarnosc aurait pu appara&#238;tre comme un &#233;chec. Au fil du temps, il est devenu une force centrale de la transition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on &#224; en tirer est que des avanc&#233;es qui ne m&#232;nent pas &#224; la chute du r&#233;gime peuvent &#234;tre &#224; la fois radicales et d&#233;terminantes. Dans le cas de l'Iran, le changement politique pourrait &#234;tre plus facilement r&#233;alisable gr&#226;ce &#224; l'expansion progressive des forces de la soci&#233;t&#233; civile. Lorsque les strat&#233;gies fond&#233;es sur une escalade imm&#233;diate &#8211; les guerres &#224; l'&#233;tranger en t&#234;te &#8211; risquent de provoquer une r&#233;pression, la d&#233;sescalade, en tant que moyen de pr&#233;server et d'&#233;tendre les capacit&#233;s d'action collective, devient une composante essentielle de toute approche viable. Ici, la d&#233;sescalade n'est pas une d&#233;mobilisation, mais la promotion de revendications mesur&#233;es, le maintien d'une ligne de conduite non violente et le recours &#224; la persuasion plut&#244;t qu'&#224; la coercition. Les militants sectoriels ont adopt&#233; cette approche : faire pression pour des revendications importantes &#8211; libert&#233; d'expression, Internet libre, libert&#233; de r&#233;union dans les universit&#233;s et les espaces publics &#8211; sans en venir &#224; un affrontement direct avec l'&#201;tat. Au lieu d'exiger le renversement imm&#233;diat du r&#233;gime, ces mouvements &#233;rodent progressivement les conditions qui permettent &#224; l'autoritarisme de perdurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'exemple polonais illustre pourquoi les mouvements ne devraient pas &#234;tre &#233;valu&#233;s uniquement &#224; l'aune de leurs r&#233;sultats imm&#233;diats. Comme le sugg&#232;rent &#224; la fois les soul&#232;vements de 2022 et les manifestations sectorielles, l'affirmation selon laquelle rien n'a fonctionn&#233; est injustifi&#233;e. D&#233;finir le succ&#232;s exclusivement comme l'effondrement imm&#233;diat du r&#233;gime rend invisibles d'autres formes de changement politique, emp&#234;chant ainsi des discussions importantes sur la strat&#233;gie. Toute strat&#233;gie de changement politique doit partir d'une &#233;valuation lucide du r&#233;gime auquel elle est confront&#233;e. La R&#233;publique islamique n'est pas un syst&#232;me fragile au bord de l'effondrement. C'est un syst&#232;me r&#233;silient, dot&#233; de la capacit&#233; de mobiliser ses partisans et de coordonner sa r&#233;ponse en temps de crise, caract&#233;ris&#233; par une coh&#233;sion relativement forte de l'&#233;lite et un appareil coercitif &#224; plusieurs niveaux[14]. Ces caract&#233;ristiques d&#233;terminent la mani&#232;re dont il r&#233;agit &#224; la pression. Dans un tel contexte, une escalade rapide, en particulier si elle est fortement exclusive, est plus susceptible d'entra&#238;ner une consolidation qu'une fragmentation, et la guerre actuelle contre l'Iran a peu de chances de faire exception. Au contraire, l'ampleur des destructions caus&#233;es par la guerre am&#233;ricano-isra&#233;lienne en cours, ainsi que les formes de militarisation que la guerre tend &#224; engendrer rendent peu probable que la politique iranienne d'apr&#232;s-guerre ressemble &#224; sa trajectoire d'avant-guerre. Les &#233;quilibres institutionnels, les alignements sociaux et la marge de man&#339;uvre pour l'action collective pourraient tous &#234;tre remodel&#233;s, probablement de mani&#232;re plus restreinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, les trajectoires pass&#233;es des manifestations, des mouvements sociaux et de la r&#233;sistance quotidienne examin&#233;es ici restent pertinentes sur les plans analytique et politique. Les m&#233;canismes par lesquels une action collective soutenue remod&#232;le les incitations, repousse les limites et renforce les moyens d'action ne dispara&#238;tront toutefois pas avec le changement des conditions. Quelle que soit la contrainte du contexte d'apr&#232;s-guerre, la question de savoir comment la soci&#233;t&#233; iranienne s'organise et construit en vue d'un changement d&#233;mocratique restera centrale. La r&#233;ponse ne viendra pas de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; par Merip-Middle East Research and Information Project le 3 juin 2026 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohammad Ali Kadivar est professeur associ&#233; de sociologie et d'&#233;tudes internationales au Boston College.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Shola Lawal, &lt;a href=&#034;https://www.aljazeera.com/news/2026/4/6/has-trump-confirmed-irans-claim-that-protesters-were-us-armed&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;Has Trump confirmed Iran's claim that protesters were US-armed ?,&#8221;&lt;/a&gt; Al Jazeera, April 6, 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Claire Keenan, &lt;a href=&#034;https://www.bbc.co.uk/news/articles/c2057md3gvro&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;Trump warning over Iran protests &#8216;reckless' says foreign minister,&#8221;&lt;/a&gt; BBC, January 3, 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Hossein Razzaq, &#171; Az &#8216;Hame Rahha ra Raftim' ta &#8216;Faghat Jang Mande' : Royafurushi-ye Opozisyon-e Bi-Rahbord, &#187; Radio Zamaneh, April 25, 2026. [In Persian]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;https://www.en-hrana.org/wp-content/uploads/2022/12/82-Day-WLF-Protest-in-Iran-2022-English.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Human Rights Activists News Agency, Iran Protests 2022&lt;/a&gt;&#8212;Detailed Report of 82 Days of Nationwide Protests in Iran (2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Mahbubeh Moqadam, &#8220;Fractal Scaling of Feminist Politics and the Emergence of Woman Life Freedom Movement in Iran,&#8221; Social Forces 104/2 (December 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Mohammad Ali Kadivar et al., &#8220;Contingency of Structures : Triggers and the Social Geography of Revolutionary Episodes in Iran 2017-2022,&#8221; SSRN Electronic Journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Asef Bayat. Life as Politics : How Ordinary People Change the Middle East (Stanford : Stanford University Press, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Avenia Ghazarian, &#8220;Veils of Change : The Anatomy of Social Transformation in Post-Protest Iran,&#8221; Working paper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Farnaz Fassihi, &#8220;&lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2024/07/05/world/middleeast/iran-election-reformist-wins.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reformist Candidate Wins Iran's Presidential Election&lt;/a&gt;,&#8221; The New York Times, July 5, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Mohammad Ali Kadivar et al., &#8220;Contingency of Structures : Triggers and the Social Geography of Revolutionary Episodes in Iran 2017-2022,&#8221; SSRN Electronic Journal (December 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Steven Klein and Cheol-Sung Lee, &#8220;Towards a Dynamic Theory of Civil Society : The Politics of Forward and Backward Infiltration,&#8221; Sociological Theory 37/1 (March 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Steven Levitsky and Lucan Way, Revolution and Dictatorship : The Violent Origins of Durable Authoritarianism (Princeton : Princeton University Press, 2022).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Iran. Les gr&#232;ves dans le secteur p&#233;trolier et leur place dans les protestations sociales. Le pouvoir de la mollahcratie s'effiloche-t-il ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Iran-Les-greves-dans-le-secteur-petrolier-et-leur-place-dans-les-protestations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Iran-Les-greves-dans-le-secteur-petrolier-et-leur-place-dans-les-protestations</guid>
		<dc:date>2021-09-14T07:07:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Mehdi Hosseini, Peyman Jafari, Saber Khani, Mohammad Ali Kadivar</dc:creator>


		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-14</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 19 juin 2021, un jour apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au sein de la R&#233;publique islamique d'Iran, une vague de gr&#232;ves exigeant des salaires plus &#233;lev&#233;s, la s&#233;curit&#233; de l'emploi et de meilleures conditions de s&#233;curit&#233; et de sant&#233; a commenc&#233; dans l'industrie p&#233;troli&#232;re, gazi&#232;re et p&#233;trochimique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'actualit&#233; &#233;lectorale a d&#233;tourn&#233; l'attention des gr&#232;ves au cours de leurs premiers jours, mais &#224; mesure que la vague de gr&#232;ve s'&#233;tendait &#224; de nouvelles raffineries et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L149xH150/arton49437-1d5f1.jpg?1781429969' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 juin 2021, un jour apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au sein de la R&#233;publique islamique d'Iran, une vague de gr&#232;ves exigeant des salaires plus &#233;lev&#233;s, la s&#233;curit&#233; de l'emploi et de meilleures conditions de s&#233;curit&#233; et de sant&#233; a commenc&#233; dans l'industrie p&#233;troli&#232;re, gazi&#232;re et p&#233;trochimique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/moyenorient/iran/iran-les-greves-dans-le-secteur-petrolier-et-leur-place-dans-les-protestations-sociales-le-pouvoir-de-la-mollahcratie-seffiloche-t-il.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; &#233;lectorale a d&#233;tourn&#233; l'attention des gr&#232;ves au cours de leurs premiers jours, mais &#224; mesure que la vague de gr&#232;ve s'&#233;tendait &#224; de nouvelles raffineries et r&#233;gions p&#233;troli&#232;res et p&#233;trochimiques, toute une s&#233;rie de groupes sociaux et politiques en ont pris conscience. En raison de leur ampleur, de leur r&#233;partition g&#233;ographique et de leur force organisationnelle relative, les gr&#232;ves ont acquis une dimension politique. De plus, leurs griefs et leurs revendications trouvent un &#233;cho aupr&#232;s de larges secteurs de la population active et ravivent les souvenirs politiques du r&#244;le particulier des travailleurs du p&#233;trole dans les &#233;v&#233;nements historiques entourant la r&#233;volution iranienne de 1978-1979. Plus crucial encore, bien que plus petite que les manifestations de janvier 2018 et de novembre 2019 qui r&#233;sultaient d'une mobilisation spontan&#233;e autour d'une question nationale, la port&#233;e des r&#233;centes gr&#232;ves du p&#233;trole a &#233;t&#233; facilit&#233;e par une coordination nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique des gr&#232;ves p&#233;troli&#232;res de cet &#233;t&#233; est remarquable pour au moins quatre raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Cette vague de protestation des travailleurs contractuels et temporaires montre comment ils ont tir&#233; les le&#231;ons de leurs luttes pr&#233;c&#233;dentes et accumul&#233; de l'exp&#233;rience dans la conduite de leurs revendications. Selon une estimation datant de 2011, le nombre de travailleurs officiels dans l'industrie p&#233;troli&#232;re s'&#233;l&#232;ve &#224; 90 000 et [&#233;tant donn&#233; le processus de sous-traitance] celui des travailleurs contractuels et temporaires s'&#233;l&#232;ve &#224; 160 000 (soit 64% du total), tandis qu'une autre estimation indique qu'ils repr&#233;sentent 75% de la main-d'&#339;uvre [1]. Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels sur le nombre de gr&#233;vistes, on estime que 10 000 travailleurs ont, initialement, adh&#233;r&#233; aux gr&#232;ves, ce qui est sans pr&#233;c&#233;dent depuis les gr&#232;ves p&#233;troli&#232;res massives de la fin 1978. Un nombre important de travailleurs contractuels ont accumul&#233; des exp&#233;riences qui leur permettent de tirer des le&#231;ons des luttes pr&#233;c&#233;dentes, d'organiser des gr&#232;ves plus efficacement et de les prolonger sur une plus longue p&#233;riode. Cet avantage est en partie le r&#233;sultat de la relative continuit&#233; du militantisme syndical dans l'industrie p&#233;troli&#232;re. L'ann&#233;e derni&#232;re, par exemple, une gr&#232;ve similaire a vu le jour parmi les travailleurs contractuels, et des protestations ont eu lieu dans le secteur p&#233;trolier presque chaque ann&#233;e au cours des derni&#232;res ann&#233;es. La nature de l'industrie p&#233;troli&#232;re a &#233;galement facilit&#233; le processus d'apprentissage parmi les travailleurs du p&#233;trole, puisque, pour construire de nouvelles installations, ont &#233;t&#233; &#233;tablies des concentrations relativement importantes de travailleurs dans des r&#233;gions &#233;loign&#233;es comme le comt&#233; d'Asaluyeh, dans la province de Bushehr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Comme l'ann&#233;e derni&#232;re, les travailleurs temporaires ont form&#233; un comit&#233; pour coordonner cette vague de gr&#232;ves sur diff&#233;rents sites de l'industrie p&#233;troli&#232;re. [Voir &#224; ce propos les articles publi&#233;s sur ce site en date du 25 juin et du 17 juillet 2021]. Comme l'illustre la carte ci-dessous, l'&#233;tendue g&#233;ographique de la vague de gr&#232;ve actuelle est impressionnante, puisqu'elle concerne 102 usines et raffineries et 39 comt&#233;s du 19 juin au 11 juillet. Cette vague s'est d&#233;j&#224; plus &#233;tendue que celle d'ao&#251;t 2020, qui a touch&#233; 42 sites dans 17 comt&#233;s pendant environ deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/4-36.jpg?5961/36c9fbde6f64ded0fd7b817d91b6ed76c6f12ffcf3430439933071aef09b2cf2&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH869/36c9fbde6f64ded0-17edf1f4-34894.jpg?1781429969' width='500' height='869' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les sources des donn&#233;es de ces cartes sont les articles de presse publi&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
dans Hrana, Akhbar-e Rooz et Radio Zamaneh. La carte de 2020 couvre les gr&#232;ves signal&#233;es du 1er ao&#251;t au 6 septembre 2020, et la carte de 2021 couvre les gr&#232;ves du 19 juin au 2 ao&#251;t 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de coordination est particuli&#232;rement important car l'industrie p&#233;troli&#232;re est un secteur hautement s&#233;curis&#233; et surveill&#233;, et l'Etat r&#233;prime les organisations syndicales ind&#233;pendantes. N&#233;anmoins, les travailleurs contractuels de l'industrie p&#233;troli&#232;re ont form&#233; des organisations syndicales autonomes par des moyens inventifs tels que la cr&#233;ation d'une organisation &#171; fa&#238;ti&#232;re &#187; de coordination et l'organisation de rassemblements locaux. Dans certains cas, les travailleurs invitent, lors de leurs r&#233;unions, les autorit&#233;s afin de pr&#233;senter des revendications plut&#244;t que d'envoyer des repr&#233;sentants syndicaux aupr&#232;s des autorit&#233;s. Ces r&#233;unions sont importantes pour soutenir les mobilisations mais aussi pour favoriser une culture d&#233;mocratique radicale &#224; partir de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Gr&#226;ce &#224; cette force organisationnelle, les gr&#232;ves sont coordonn&#233;es entre les diff&#233;rentes localit&#233;s. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, de nombreuses manifestations ont eu lieu chaque mois. Pourtant, malgr&#233; leur grand nombre et leurs revendications similaires, ces protestations &#233;taient souvent ind&#233;pendantes les unes des autres. Parfois, des enseignants, des chauffeurs routiers ou des retrait&#233;s ont coordonn&#233; des manifestations le m&#234;me jour dans diff&#233;rentes villes, mais elles n'ont g&#233;n&#233;ralement pas dur&#233; longtemps. La coordination et la continuit&#233; des gr&#232;ves de cet &#233;t&#233; font qu'elles peuvent &#234;tre compar&#233;es aux manifestations qui ont &#233;clat&#233; environ trois semaines plus t&#244;t dans la province du Khouzestan [au sud-ouest, aux confins de l'Irak et du golfe Persique], le 15 juillet, pour protester contre la mauvaise qualit&#233; de l'eau. En raison de leur intensit&#233; et de leur localisation dans des espaces urbains, les manifestations du Khouzestan ont suscit&#233; beaucoup plus d'attention dans les m&#233;dias et l'opinion publique que les gr&#232;ves du p&#233;trole. Les manifestations contre la pollution de l'eau n'ont pas dur&#233; plus de dix jours car elles ont &#233;t&#233; soumises &#224; une s&#233;v&#232;re r&#233;pression gouvernementale. En revanche, les gr&#232;ves du secteur p&#233;trolier ont perdur&#233; au-del&#224; des manifestations pour l'eau et sont entr&#233;es dans leur neuvi&#232;me semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Une caract&#233;ristique remarquable des gr&#232;ves est le niveau &#233;lev&#233; de solidarit&#233; exprim&#233;e. Au d&#233;part, les travailleurs officiels de l'industrie p&#233;troli&#232;re ont d&#233;clar&#233; leur soutien et leur solidarit&#233; avec les travailleurs temporaires. Au fur et &#224; mesure que l'actualit&#233; leur accordait plus d'attention, d'autres groupes sociaux et politiques ont &#233;galement publi&#233; des d&#233;clarations de soutien &#224; la vague de gr&#232;ves. Parmi les groupes qui ont annonc&#233; leur soutien aux revendications des gr&#233;vistes, citons les sid&#233;rurgistes d'Ahvaz [capitale de Khouzestan], le syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de T&#233;h&#233;ran et de sa banlieue, le Conseil des retrait&#233;s, le syndicat des travailleurs de la canne &#224; sucre de Haft-Tappeh [syndicat cr&#233;&#233; d&#232;s 1974 dans le complexe agro-industriel du sucre d'Haft-Tappeh], l'association des enseignants d'Eslam-Shahr [province de T&#233;h&#233;ran] et de T&#233;h&#233;ran, un groupe d'avocats et diff&#233;rents groupes d'opposition politique dans le pays et au sein de la diaspora en exil. Des organisations syndicales de Su&#232;de, du Canada et de France ont &#233;galement d&#233;clar&#233; leur soutien. Si les protestations des travailleurs et d'autres groupes sociaux ont &#233;t&#233; fr&#233;quentes ces derni&#232;res ann&#233;es, un tel niveau de soutien social et politique est sans pr&#233;c&#233;dent. Par exemple, lorsque les travailleurs du p&#233;trole ont men&#233; leur gr&#232;ve l'ann&#233;e derni&#232;re, en m&#234;me temps que d'autres secteurs tels que les retrait&#233;s et les enseignants organisaient leurs gr&#232;ves, les diff&#233;rents secteurs n'&#233;taient pas connect&#233;s. Et on &#233;tait loin du niveau actuel de soutien social dont b&#233;n&#233;ficient les travailleurs du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs repoussent le n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de leur ampleur, de leur port&#233;e et de leur dynamique, les gr&#232;ves du secteur p&#233;trolier ont suscit&#233; une grande attention politique, tant de la part de &#171; l'&#233;lite &#187; politique iranienne que de son opposition. Le minist&#232;re du P&#233;trole a d&#233;clar&#233; que les revendications des travailleurs temporaires ne relevaient pas de sa comp&#233;tence et devaient &#234;tre adress&#233;es aux entreprises contractantes. Le pr&#233;sident Hassan Rohani a &#233;galement d&#233;clar&#233; que le probl&#232;me des travailleurs contractuels &#171; n'a rien &#224; voir avec l'industrie p&#233;troli&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux responsables iraniens, notamment aux niveaux r&#233;gional et local, ont sympathis&#233; avec les travailleurs contractuels en gr&#232;ve tout en rejetant la responsabilit&#233; de leurs mauvaises conditions sur des entrepreneurs [sous-traitants] cupides. Du c&#244;t&#233; de l'opposition, de la gauche &#224; la droite, &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur du pays, le soutien aux gr&#232;ves du p&#233;trole a &#233;t&#233; unanime. Parmi les personnalit&#233;s et organisations de l'opposition de droite, les mauvaises conditions de travail sont g&#233;n&#233;ralement imput&#233;es &#224; la mauvaise gestion, au copinage et &#224; la corruption. Sans aucun doute, ces facteurs jouent un r&#244;le. Dans l'industrie p&#233;troli&#232;re, par exemple, les contrats sont souvent attribu&#233;s &#224; des entreprises li&#233;es aux Gardiens de la r&#233;volution ou &#224; des organisations caritatives [du r&#233;gime], bien que des centaines d'entreprises priv&#233;es op&#232;rent &#233;galement dans ce secteur [2]. Le discours de l'Etat et de l'opposition ne tient pas compte de la mesure dans laquelle la situation critique des travailleurs contractuels est li&#233;e &#224; des forces mondialis&#233;es syst&#233;miques qui ont fa&#231;onn&#233; les choix politiques en Iran et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la fin de la guerre Iran-Irak en 1988, le gouvernement iranien, conform&#233;ment aux tendances internationales, a de plus en plus adopt&#233; des pratiques n&#233;olib&#233;rales telles que la privatisation et l'externalisation [sous-traitance] de la main-d'&#339;uvre. Dans le pass&#233;, les travailleurs de l'industrie p&#233;troli&#232;re &#233;taient employ&#233;s par le minist&#232;re iranien du P&#233;trole. Mais avec l'expansion de l'externalisation, le minist&#232;re du P&#233;trole engage d&#233;sormais des entrepreneurs priv&#233;s qui emploient alors des travailleurs sur une base temporaire, sans les avantages et les assurances accord&#233;s aux salari&#233;s de l'Etat et sans les protections offertes par les lois du travail qui s'appliquent aux salari&#233;s permanents. Ce syst&#232;me permet aux entrepreneurs d'embaucher et de licencier facilement, mais n'offre pas une grande s&#233;curit&#233; d'emploi [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'Iran a assist&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une forme de n&#233;olib&#233;ralisme qui n'est pas unique mais qui est une manifestation de sa position au sein de l'ordre &#233;conomique mondialis&#233;. Bien que les organisations syndicales ind&#233;pendantes soient interdites et que les protestations fassent l'objet de mesures r&#233;pressives &#8211; des facteurs qui rendent ce n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire, comme les relations entre l'Etat et la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral &#8211; le n&#233;olib&#233;ralisme en Iran est marqu&#233; par l'hybridit&#233; et par des p&#233;riodes d'ouverture et de fermeture [4]. Par cons&#233;quent, il existe encore des organisations qui fonctionnent, comme les conseils et les associations syndicales islamiques approuv&#233;s par l'Etat, ainsi qu'une pl&#233;thore de petits syndicats ind&#233;pendants, qui, malgr&#233; toutes leurs limites, ont fait remonter les pressions de la base vers l'Etat. Cette hybridit&#233; s'&#233;tend &#233;galement aux politiques n&#233;olib&#233;rales qui sont fa&#231;onn&#233;es par l'intervention de l'Etat dans l'&#233;conomie et un r&#233;seau de politiques sociales organisant subventions et assurances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du p&#233;trole s'opposent au n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire de l'Etat iranien lorsqu'ils expriment leurs revendications. Dans leur premi&#232;re d&#233;claration, les travailleurs temporaires en gr&#232;ve ont r&#233;clam&#233; des salaires plus &#233;lev&#233;s, un salaire mensuel minimum de 480 dollars (120 millions de rials), des salaires pay&#233;s en temps voulu et des contrats permanents plut&#244;t que temporaires. Ils ont &#233;galement d&#233;nonc&#233; les conditions de travail dangereuses, demand&#233; des mesures de s&#233;curit&#233; plus strictes et exig&#233; 10 jours de cong&#233; pour 20 jours de travail. Enfin, ils ont exig&#233; la fin des mesures r&#233;pressives contre leurs activit&#233;s et ont soulign&#233; leur droit de former des organisations ind&#233;pendantes et de se r&#233;unir librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse de l'Etat aux protestations croissantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; contrat social &#187; populiste post-r&#233;volutionnaire &#8211; par lequel une partie de la classe ouvri&#232;re et des pauvres des villes (mostazafin) a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e au syst&#232;me sociopolitique de la R&#233;publique islamique &#8211; est en train de s'effilocher. Avec la d&#233;t&#233;rioration des conditions &#233;conomiques due &#224; la corruption, aux politiques int&#233;rieures et aux sanctions des Etats-Unis, ainsi qu'avec l'affaiblissement des groupes politiques et sociaux et des institutions qui transmettaient les pressions sociales au sommet, on observe une augmentation constante du nombre de protestations avec des revendications de plus en plus radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accumulation de crises politiques et socio-&#233;conomiques en Iran, y compris les &#233;checs dans la gestion de la pand&#233;mie de Covid-19, mine l'efficacit&#233; et la r&#233;activit&#233; de l'establishment politique et de ses institutions, tandis que l'expansion de la privatisation et de l'externalisation du travail a entra&#238;n&#233; des gr&#232;ves et des protestations continues des travailleurs dans divers secteurs &#233;conomiques. Le graphique ci-dessous montre le nombre total de protestations des cols bleus, tels que les travailleurs des secteurs de l'industrie et de la construction, et d'autres protestations organis&#233;es par des cat&#233;gories sociales telles que les infirmi&#232;res ou les enseignants, les retrait&#233;s, les ind&#233;pendants et les ch&#244;meurs, ainsi que les actions des citoyens protestant contre des probl&#232;mes hors du lieu de travail, tels que la d&#233;gradation &#233;cologique, les r&#233;ductions de subventions ou la R&#233;publique islamique prise dans son ensemble. Les chiffres du graphique sont &#233;tablis chaque mois, de mars 2015 &#224; mars 2020. Ils sont bas&#233;s sur les rapports de l'Iran's Labor National News Agency (ILNA) dans lesquels le terme &#171; travailleur &#187; (worker) a &#233;t&#233; utilis&#233;, pour qualifier pour l'essentiel des cols bleus. Comme le montre le graphique 1, les protestations des cols bleus repr&#233;sentent une grande partie du total des protestations en Iran. En moyenne, ILNA a rapport&#233; environ 36 protestations de toutes sortes et 21 protestations d'ouvriers par mois. Au total, 2183 manifestations (427 par an) ont &#233;t&#233; recens&#233;es au cours de cette p&#233;riode. Les manifestations d'ouvriers repr&#233;sentent 57%. En termes de r&#233;partition g&#233;ographique, en moyenne 16,5 comt&#233;s ont connu une manifestation par mois, dont 11,4 (69%) ont connu une manifestation d'ouvriers. Sur l'ensemble de la p&#233;riode de cinq ans, 165 comt&#233;s, sur un total de 429, ont connu au moins une manifestation d&#233;clar&#233;e. Sur ces 165 comt&#233;s, 126 (76%) ont connu au moins une manifestation d'ouvriers (graphique 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graphique 1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/3-52.jpg?5962/62d4b8c94d9a01cbd4d4ebd121846c5ec8e7fd93b1107dd6de8d97ad1b1276d1&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/3-52.jpg?5962/62d4b8c94d9a01cbd4d4ebd121846c5ec8e7fd93b1107dd6de8d97ad1b1276d1' width='362' height='1024' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Manifestations mensuelles rapport&#233;es dans ILNA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graphique 2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/2-59.jpg?5963/afea436bc0ca5ac0bde12650274e4e2ab37953b4b88a0805e4e52067c3015136&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH177/afea436bc0ca5ac0-3c393cd2-c288a.jpg?1781429970' width='500' height='177' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nombre mensuel de comt&#233;s avec une protestation signal&#233;e dans ILNA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les protestations sont plus fr&#233;quentes, mais l'Etat a &#233;galement d&#233;montr&#233; sa capacit&#233; &#224; intervenir dans ces manifestations par le biais des institutions existantes, telles que les conseils locaux des villes et des villages et les conseils et associations islamiques du travail. Bien que l'efficacit&#233; des conseils du travail se soit affaiblie, leur nombre est pass&#233; d'environ 2000 en 1990 &#224; plus de 5000 en 2010, pour atteindre plus de 10 000 en 2018 [5]. Les repr&#233;sentants de l'Etat utilisent souvent ces institutions et d'autres pour canaliser les protestations des travailleurs par des n&#233;gociations encadr&#233;es, notamment lors des r&#233;centes gr&#232;ves du p&#233;trole. En outre, le gouvernement et leurs entrepreneurs ont intimid&#233; les travailleurs par des licenciements, des listes noires et la surveillance par les forces de s&#233;curit&#233;. Ils ont cr&#233;&#233; des divisions entre les travailleurs en engageant des n&#233;gociations s&#233;par&#233;es, en encourageant la cr&#233;ation et l'implication de conseils du travail islamiques et en faisant des concessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les travailleurs contractuels ont commenc&#233; leurs gr&#232;ves le 19 juin, ils esp&#233;raient que les travailleurs officiels de l'industrie p&#233;troli&#232;re les rejoindraient. Les travailleurs officiels avaient organis&#233; leurs propres manifestations &#224; T&#233;h&#233;ran, Ahwaz et Asaluyeh le 26 mai pour demander de meilleures conditions d'emploi. Ils avaient annonc&#233; qu'ils reprendraient leurs protestations le 30 juin si le gouvernement ne r&#233;pondait pas &#224; leurs exigences. Cependant, apr&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve des travailleurs contractuels, les responsables gouvernementaux ont rapidement pris des mesures pour n&#233;gocier avec les travailleurs officiels. La commission de l'&#233;nergie du Parlement a commenc&#233; &#224; enqu&#234;ter sur la question et le pr&#233;sident Hassan Rohani a d&#233;clar&#233; que le gouvernement allait fixer leurs salaires. Les conseils syndicaux islamiques des travailleurs permanents du sud de l'Iran ont &#233;galement intensifi&#233; leurs activit&#233;s, notamment en adressant des p&#233;titions au Parlement et au chef du pouvoir judiciaire, Ebrahim Ra&#239;ssi (qui a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en juin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les responsables au niveau local ont activement organis&#233; des r&#233;unions avec les travailleurs contractuels en gr&#232;ve, promettant de r&#233;soudre leurs probl&#232;mes et de faire pression sur les autorit&#233;s de T&#233;h&#233;ran. Bien que les responsables de l'Etat aient &#233;cart&#233; m&#234;me les conseils syndicaux islamiques de l'industrie p&#233;troli&#232;re au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, ils ont commenc&#233; &#224; les r&#233;activer en r&#233;ponse aux r&#233;centes gr&#232;ves du secteur. A Asaluyeh, certains fonctionnaires ont &#233;mis l'id&#233;e de transformer le bureau des relations industrielles contr&#244;l&#233; par les employeurs en un conseil du travail islamique afin de fournir aux travailleurs un canal officiel de n&#233;gociation. Le Conseil ind&#233;pendant pour l'organisation des protestations des travailleurs contractuels du p&#233;trole (Council for Organizing Protests of Contract Oil Workers) s'oppose toutefois &#224; ces initiatives, se pr&#233;sentant comme la seule v&#233;ritable organisation des travailleurs contractuels. La quatri&#232;me d&#233;claration des travailleurs en gr&#232;ve affirme :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Nous d&#233;clarons que la pr&#233;sentation des conseils islamiques ou de toute autre organisation en tant qu'organisations de travailleurs &#171; ind&#233;pendantes &#187; par le gouvernement est une action contre les travailleurs et n'est pas la r&#233;ponse appropri&#233;e &#224; notre &#233;gard. Le bilan des conseils islamiques et des autres organisations fantoches de ce type est clair. Ces organisations ont toujours &#233;t&#233; un outil pour contr&#244;ler les travailleurs et servir les employeurs. Les 40 000 membres du personnel de s&#233;curit&#233; dans l'industrie p&#233;troli&#232;re ne sont-ils pas suffisants pour que vous vouliez maintenant ajouter les conseils islamiques ? &#187; [6]&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Alors que ces tentatives pour ramener les conseils islamiques dans l'industrie p&#233;troli&#232;re d&#233;montrent l'importance des organisations interm&#233;diaires entre l'Etat et les travailleurs, la normalisation (banalisation) des protestations est en permanence compromise par le manque de volont&#233; et l'incapacit&#233; des repr&#233;sentants de l'Etat &#224; institutionnaliser les protestations des travailleurs et &#224; faire des concessions significatives. Cette situation cr&#233;e d&#232;s lors une dynamique dans laquelle les protestations ouvri&#232;res apparaissent continuellement en dehors des canaux officiels et transgressent les limites politiques du syst&#232;me. Elle cr&#233;e &#233;galement de graves divisions entre les militants syndicaux, en raison de leurs divergences de vues sur les strat&#233;gies et les tactiques. Le Council for Organizing Protests of Contract Oil Workers, par exemple, a adopt&#233; une approche radicale qui appelle les travailleurs &#224; poursuivre leurs gr&#232;ves, &#224; s'organiser en assembl&#233;es, &#224; organiser des rassemblements de protestation jusqu'&#224; ce que toutes leurs revendications soient satisfaites et &#224; exprimer des revendications politiques. Par contre, une autre structure &#8211; le Piping and Project Group of Iran qui a organis&#233; les gr&#232;ves des travailleurs contractuels l'ann&#233;e derni&#232;re &#8211; a mis l'accent sur les revendications socio-&#233;conomiques et a pris ses distances par rapport aux revendications plus politiques afin de r&#233;duire le risque de r&#233;pression et d'accro&#238;tre la volont&#233; d'un plus grand nombre de travailleurs de se joindre au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment interpr&#233;ter tous ces d&#233;veloppements ? Les protestations sont-elles en train de devenir une routine au sein du syst&#232;me politique existant, ou sont-elles, comme le pensent certains m&#233;dias et partis politiques d'opposition, le pr&#233;lude &#224; un soul&#232;vement plus important ? En formulant les gr&#232;ves de cette mani&#232;re dichotomique, on court le risque d'ignorer les revendications et les dol&#233;ances des travailleurs, ainsi que la diversit&#233; des opinions parmi eux. Les protestations sont devenues une pratique courante dans la soci&#233;t&#233; iranienne, mais le gouvernement a repouss&#233; et tent&#233; de restreindre les activit&#233;s de protestation en interdisant les syndicats ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'affirmation selon laquelle les gr&#232;ves du secteur p&#233;trolier repr&#233;sentent une &#233;volution in&#233;vitable vers un mouvement r&#233;volutionnaire visant &#224; renverser l'Etat ignore &#224; la fois les processus &#224; plusieurs niveaux qui servent encore de m&#233;diateur entre l'Etat et la soci&#233;t&#233;, et les limites r&#233;elles des gr&#232;ves actuelles du secteur p&#233;trolier. Les protestations ont raviv&#233; le souvenir des gr&#232;ves du p&#233;trole qui ont jou&#233; un r&#244;le important dans la chute de la monarchie en 1978-79. En raison de l'importance du p&#233;trole dans l'&#233;conomie iranienne &#8211; les revenus p&#233;troliers repr&#233;sentent une part importante des revenus du gouvernement &#8211; les gr&#232;ves des travailleurs de ce secteur pourraient rev&#234;tir une importance strat&#233;gique si elles aboutissaient &#224; arr&#234;ter r&#233;ellement la production de p&#233;trole. Toutefois, pour que cela se produise, les travailleurs officiels de l'industrie p&#233;troli&#232;re, en particulier ceux qui travaillent dans les puits de p&#233;trole et les d&#233;partements de traitement des raffineries, devraient se mettre en gr&#232;ve. Ce qui n'est pas facile en raison de la structure de l'industrie p&#233;troli&#232;re et des actions des autorit&#233;s. Ces obstacles peuvent &#234;tre surmont&#233;s, mais seulement s'il y a un mouvement de masse qui donne &#224; ces travailleurs officiels la confiance en soi n&#233;cessaire pour mener des actions industrielles, comme ce fut le cas pendant la r&#233;volution de 1978-79.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de protestation contre la monarchie a &#233;clat&#233; dans les zones urbaines de janvier &#224; l'&#233;t&#233; 1978. Inspir&#233;s par les manifestations de rue, diff&#233;rents travailleurs et employ&#233;s de l'Etat se sont &#233;galement mis en gr&#232;ve au cours de l'automne 1978. Parmi ces gr&#232;ves, les actions syndicales des ouvriers et des employ&#233;s de la Compagnie nationale iranienne du p&#233;trole (National Iranian Oil Company) ont &#233;t&#233; essentielles, car elles ont interrompu la production et la distribution du p&#233;trole dans le pays. La participation des employ&#233;s officiels du secteur a &#233;t&#233; cruciale pour ces gr&#232;ves, et ce n'est que dans les derni&#232;res phases que les ouvriers des raffineries se sont joints &#224; eux. Bien que le nombre de travailleurs contractuels ne soit pas aussi &#233;lev&#233; qu'aujourd'hui, ces travailleurs ont alors &#233;galement fait gr&#232;ve en exigeant d'&#234;tre officiellement employ&#233;s par l'industrie p&#233;troli&#232;re. Les divisions entre les cols bleus et les cols blancs, entre les travailleurs officiels et les travailleurs contractuels constituaient un s&#233;rieux obstacle en 1978 comme aujourd'hui, mais elles ont &#233;t&#233; surmont&#233;es dans le contexte d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui a radicalis&#233; le mouvement sur les lieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est tr&#232;s diff&#233;rente aujourd'hui, car les travailleurs p&#233;troliers officiels n'ont pas organis&#233; de gr&#232;ves, les travailleurs contractuels ont principalement des revendications socio-&#233;conomiques et un mouvement r&#233;volutionnaire de masse organis&#233; est absent. La crise politique et &#233;conomique en Iran a &#233;videmment influenc&#233; les pr&#233;sentes gr&#232;ves. Les protestations pourraient impliquer les travailleurs officiels et s'&#233;tendre &#224; d'autres secteurs &#224; l'avenir. Il est donc important d'appr&#233;cier la nature contingente et fluide de ces gr&#232;ves, plut&#244;t que de les concevoir comme des r&#233;p&#233;titions du pass&#233; ou de projeter sur elles des objectifs politiques particuliers dans un acte de v&#339;u pieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que des observateurs ext&#233;rieurs de diff&#233;rentes tendances politiques ont envisag&#233; les cons&#233;quences possibles des gr&#232;ves, la onzi&#232;me d&#233;claration du comit&#233; de coordination pr&#233;sente l'une des &#233;valuations les plus importantes des r&#233;sultats de leur campagne en cours. La d&#233;claration mentionne les concessions d&#233;j&#224; offertes par les entrepreneurs concernant l'augmentation des salaires et la sensibilisation &#224; la mauvaise qualit&#233; de la nourriture des travailleurs contractuels. En outre, la d&#233;claration souligne que les gr&#232;ves ont quelque peu r&#233;ussi &#224; briser l'atmosph&#232;re fortement s&#233;curis&#233;e de l'industrie p&#233;troli&#232;re. Enfin, la d&#233;claration mentionne l'&#233;mergence du pouvoir organisationnel des travailleurs comme leur principale r&#233;ussite &#224; ce jour : &#171; Plus important encore, nous avons fait l'exp&#233;rience de notre grand pouvoir en tant que travailleurs, ce qui nous place dans une position plus forte pour faire valoir nos revendications. En particulier, nous avons r&#233;ussi &#224; former un conseil d'organisation qui sera le v&#233;ritable repr&#233;sentant des travailleurs. &#187; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves du p&#233;trole sont repr&#233;sentatives d'une tendance importante en Iran &#8211; la croissance des protestations ouvri&#232;res. Il est trop t&#244;t pour tirer une conclusion d&#233;finitive quant &#224; leur issue, mais comme l'indiquent les travailleurs eux-m&#234;mes, elles pourraient contribuer &#224; la formation de nouvelles organisations de travailleurs. Au-del&#224; du mouvement ouvrier, la convergence de la protestation ouvri&#232;re et de la mobilisation politique plus large en 1978-1979 sugg&#232;re que ces deux tendances continues de la protestation dans le pays peuvent s'informer et se construire mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; sur le site de Middle East Research and Information Project, le 25 ao&#251;t 2021 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohammad Ali Kadivar est professeur adjoint de sociologie et d'&#233;tudes internationales au Boston College. Peyman Jafari est chercheur associ&#233; postdoctoral &#224; l'Universit&#233; de Princeton. Mehdi Hosseini est &#233;tudiant en sociologie au Boston College. Saber Khani est doctorat en sociologie au Boston College.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Mohammad Maljoo, &#8220;Temporalization of Labor Force Contracts in the Oil Industry After the War,&#8221; Negah-e No Quarterly 105 (2015). [Persian]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Frederic M Wehrey et al., The Rise of the Pasdaran : Assessing the Domestic Roles of Iran's Islamic Revolutionary Guards Corps (Santa Monica, CA : RAND National Defense Research Institute, 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Maljoo &#8220;Temporalization of Labor Force Contracts in the Oil Industry After the War.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Peyman Jafari, &#8220;Impasse in Iran : Workers versus Authoritarian Neoliberalism,&#8221; If Not Us, Who ? Workers Worldwide against Authoritarianism, Fascism and Dictatorship (Hamburg : VSA, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Peyman Jafari, &#8220;Impasse in Iran : Workers versus Authoritarian Neoliberalism,&#8221; p. 145.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] The Organizing Committee of the Protests by Oil Contract Workers, &#8220;&lt;a href=&#034;https://www.akhbar-rooz.com/?????-??????-???-???????-????-?????-?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;We Don't Want Islamic Councils ; The Response of Oil Temporary Workers to Raisi's Proposal&lt;/a&gt;,&#8221; Akhbar-e Rouz, July 3, 2021. [Persian]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] The Organizing Committee of the Protests by Oil Contract Workers, &#8220;&lt;a href=&#034;https://telegra.ph/??????-?????-??-??-??-????-??-??????-???-????-?????-???-07-25&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The 11th Statement ; Where Are We in Our Strikes ?&lt;/a&gt;&#8221; The Organizing Committee for The Strike of the Oil Contract Workers Telegram, July 25, 2021. [Persian]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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